03 septembre 2009

Secret Invasion : Conclusion & Conséquences

L'évènement de l'année 2009 s'achevant ce mois en kiosque dans le huitième numéro de Secret Invasion, il est temps de voir dans quel état les auteurs nous ont rendu l'univers Marvel. Etat des lieux avec quelques spoilers, donc attention pour ceux qui n'ont pas encore lu le mensuel en question.

En vert et contre tous
Après huit mois d'invasion skrull, la situation se dénoue enfin et les gros méchants verdâtres se font sévèrement savater. La saga en elle-même n'aura pas été forcément passionnante, bien moins en tout cas que Civil War. Peut-être parce que le sentiment de paranoïa n'aura finalement pas été aussi bien exploité que prévu. Peut-être également parce que les nombreuses fausses affiches "Embrace Change" laissaient augurer au moins d'une petite période d'occupation et de cohabitation (un peu comme dans la série "V") qui n'a pas eu lieu. A la place, nous aurons eu de classiques gros combats et quelques tie-ins qui relèvent un peu le niveau (celui de Black Panther par exemple, publié en VF dans ce Monster) mais qui s'avèrent un peu maigres pour réellement imposer une vision alternative du conflit.
Quoi qu'il en soit, ce sont surtout les conséquences de Secret Invasion qui se révèlent intéressantes.

Chaises musicales
Niveau bouleversement, on tape dans le lourd. Tout d'abord Tony Stark, ex ministre de la défense, directeur du SHIELD et membre des Illuminati, tombe en disgrâce et se voit accusé d'être responsable de l'impréparation des différentes organisations infiltrées par les extraterrestres. Jugement un peu dur tout de même mais qui permet de mettre un terme au règne d'Iron Man en tant que super-boss.
A ce niveau de responsabilités, une place vide ne le reste jamais bien longtemps. Et le choix du successeur de Stark est pour le moins étonnant puisque c'est Norman Osborn, patron des Thunderbolts (série publiée un temps dans le mensuel Spider-Man), qui parvient à tirer les marrons du feu et à devenir patron du SHIELD (ou de ce qui le remplacera) et des Vengeurs ! Une sacrée promotion, un peu vite expédiée narrativement mais qui a le mérite d'ouvrir des possibilités sombres et immenses, un peu comme chez DC lorsque Lex Luthor devint président des Etats-Unis. Après tout le choix est logique, un personnage aussi détestable avec un pouvoir aussi grand entre les mains devient évidemment d'autant plus effrayant.
Le brave Norman ne perd d'ailleurs pas de temps puisqu'il a déjà réuni un petit groupe sympa (ses Illuminati à lui) composé de Namor, Fatalis, Loki, Hood et, curieusement, Emma Frost.

Face aux Ténèbres
Voilà donc le sens du label Dark Reign (cf cet article pour plus de précisions sur la mode des appellations définissant les séries subissant les effets des grands crossovers), non pas une victoire de la civilisation skrull mais la montée en puissance de personnages plutôt douteux. Car un Osborn en tant que Bouffon Vert était déjà dangereux, comme chef des Thunderbolts, il a prouvé son cynisme et son sens de la manipulation, mais en leader des Vengeurs et bras droit du président, il pourrait bien se révéler épouvantable.
Pour autant, il n'a pas entièrement le champ libre. On se doute bien que les anciens Vengeurs ("new" ou "mighty") ne vont pas subitement prendre leur retraite. Stark, même s'il accuse le coup et subit encore les remarques cinglantes d'un Thor, est plutôt du genre à rebondir. Enfin, Nick Fury est de retour et à la tête des Secret Warriors. Autant d'éléments qui, bien que disparates, devraient tenter de faire échec à la "normanisation" des esprits.
Nous pourrons suivre tout cela de près dès le mois prochain avec le lancement de Dark Reign, troisième revue "Heroes" de Panini, qui contiendra notamment les séries Dark Avengers et Secret Warriors.

Nouvelles cicatrices et vieilles rancunes
Ces dernières années, un évènement - toujours présenté comme important - chasse l'autre avec plus ou moins de réussite. Secret Invasion ne s'est pas révélé aussi inventif que nous pouvions l'espérer mais permet de redistribuer les cartes de manière intéressante. D'autant que les traces de House of M ou Civil War n'ont pas encore disparu. Ou pas complètement. Le recensement, l'Initiative, le nombre réduit de mutants et la surveillance dont ils font l'objet, tout cela contribue, dans le contexte actuel, à rendre l'avenir de l'univers 616 incertain et à offrir un large éventail de choix possibles à ses auteurs.
Certains personnages, comme Daredevil, sont un peu en marge des équipes de héros et des gros évènements récents. D'autres, comme Spidey, participent activement même si le récent reboot dont il a été victime, comme une vulgaire bécane sous Windows 95, a anéanti l'épaisseur dramatique du personnage. Mais au milieu de tout cela, Iron Man, Captain America, Hank Pym, la Guêpe, Ms. Marvel ou Arachne sont au coeur de la tourmente, que ce soit dans des séries phares ou plus confidentielles. Et chaque choc, chaque épreuve qu'ils subissent les font gagner en crédibilité et en capital sympathie auprès du lectorat. Du moins, tant que Marvel fait preuve d'audace et, surtout, ose pérenniser certains des changements orchestrés avec plus ou moins de brio.
Car ce qui fait la force d'un éditeur dans le domaine particulier des super-héros, ce n'est pas tant de leur en foutre plein la tronche mais plutôt d'avoir le cran de ne point effacer leurs cicatrices.
Embrace Change ?

ps : petite info sur la fréquentation. La rentrée démarre plutôt bien puisque, dès le 1er septembre, vous avez été 869 visiteurs uniques à venir vous donner rendez-vous sur ce blog. Content de retrouver les anciens. Et bienvenue aux nouveaux. ;o)