05 septembre 2009

Spider-Man : Jackpot, Colbert et... quelques soldats

Quittons un peu les soubresauts de Secret Invasion pour feuilleter aujourd'hui le Spider-Man #116. Au menu, révélations choc et épisodes bouche-trous.

Le mensuel commence avec le premier annual de Amazing Spider-Man. Le premier depuis Brand New Day s'entend. L'histoire, écrite par Marc Guggenheim et dessinée par Mike McKone, est consacrée à la mystérieuse Jackpot. Le Tisseur va surtout se mettre à enquêter sérieusement sur elle afin de percer à jour son identité secrète.
Voilà qui nous donne l'occasion de nous pencher sur la jolie rousse. Editorialement, le choix de mettre en scène un tel personnage est loin d'être innocent. Rappelez-vous, alors qu'elle apparaît, le lectorat est sous le choc de One More Day et de l'annulation du mariage entre Peter et MJ. Seulement, Marvel a semble-t-il tiré quelques leçons de sa gestion désastreuse des évènements lors de la désormais célèbre Saga du Clone. Plutôt que de laisser le fan de base ronchonner, il faut l'étourdir. D'abord en triplant les doses d'Amazing, ensuite en lui faisant miroiter un retour ultra-rapide de MJ. Car, évidemment, la fameuse Jackpot est son sosie parfait. Tout en annonçant que le passé de Spider-Man n'est nullement effacé, voilà qui permet de détourner un peu l'attention du "package Mephisto" qui contient tout de même, en plus du mariage en question, l'identité de Spidey, la toile organique ou divers nouveaux pouvoirs, aussi vite alloués qu'effacés.
L'idée est d'ailleurs bonne, un lecteur intrigué est toujours préférable à un lecteur en colère. L'annual de ce numéro permet d'en terminer avec ce leurre d'une manière assez inattendue. Le personnage aura en tout cas permis d'amortir le choc de l'éviction de Mary Jane... et même si ça se voit un peu, c'est malin quand même.

L'épisode suivant est issu de la série régulière. Toujours Guggenheim à l'écriture associé pour l'occasion à Barry Kitson aux crayons. C'est cette fois Flash Thompson qui est au centre de l'intrigue. Ce dernier étant parti se battre en Irak (exit sa période Vietnam évidemment, les plus anciens sont habitués à pratiquer ce "doublethink" permettant de corriger les aberrations générées par la continuité), les auteurs en profitent pour rendre hommage "aux hommes et aux femmes qui servent, ont servi et serviront courageusement en Irak et en Afghanistan". Une excellente idée, que j'avais déjà mise en pratique à la fin de cet article en évoquant le 8ème RPIMa, et à laquelle je m'associe en rendant hommage à toutes les forces occidentales en présence et tout particulièrement à la mémoire du caporal Johan Naguin du 3ème RIMa de Vannes. Mes pensées vont à sa famille, ses proches et ses frères d'armes.
Du coup ça plombe un peu l'ambiance tout cela mais bon, ça ne fait pas de mal parfois de rappeler ce qui se passe de ce côté-ci des planches. Et surtout de saluer le courage et l'abnégation de ceux qui font qu'ici, nous pouvons lire à l'abri des bombes et nous comporter comme si nous n'étions pas en guerre.

Et on en arrive, avec une transition très difficile, au King Size Spider-Man Summer Special. A part le fait que l'on dirait le nom d'un menu au Mac Do, ce truc s'avère franchement indigeste. Spidey y fait équipe avec un Sam Wilson - alias le Faucon - très rétro. Ils tentent à eux deux de mettre fin à un trafic d'armes issues de l'équipement de certains super-vilains. Ben, comment dire... c'est très mauvais, très mal dialogué et sans le moindre intérêt.
Pourtant on peut faire pire avec une courte histoire finale qui met en scène Stephen Colbert. Si vous ne savez pas qui c'est, c'est normal, il s'agit d'un animateur et humoriste américain (une sorte de Cauet en plus classe, sans le côté caca-prout). Alors je suppose que cette chose a été commise sur la lancée de la fausse bonne idée d'associer Obama, à la va-vite, à ce pauvre Parker qui n'en demandait pas tant. C'est tout aussi mal écrit sauf qu'ici ça ne représente strictement aucun intérêt pour la VF (parce que si le clin d'oeil pouvait être compris pour Obama, je suis curieux de savoir qui en France connaît Colbert. Enfin, ce Colbert là quoi).

Un numéro de rentrée mitigé avec des révélations sur certains personnages secondaires mais également des choix éditoriaux discutables de la part de Panini. En même temps on est habitué à la manière de faire des vendeurs d'autocollants, mais là il serait intéressant de savoir qui a pu penser un instant que huit planches mal torchées sur Stephen Colbert pouvaient admirablement clore cette fournée de septembre... surtout sans un seul mot d'explication sur l'identité du type, ce qui n'aurait pourtant pas été de trop.