17 décembre 2009

Introduction à Queen & Country

Le premier tome de Queen & Country se trouvait récemment dans le lot des anciens titres Semic bradés, une bonne occasion de découvrir cette excellente série d'espionnage.

Tara Chace est un agent du Secret Intelligence Service anglais. Elle fait partie d'une section employée pour des opérations spéciales à l'étranger. Sa dernière mission en date, éliminer un ancien général russe se livrant à du trafic d'armes au Kosovo, lui a valu une légère blessure mais aussi un contrat sur sa tête. La mafia russe est d'ailleurs déjà passée à l'action en s'attaquant aux locaux du service avec rien de moins qu'un lance-roquettes.
Crocker, le directeur des opérations, souhaite avoir la tête des responsables mais se heurte à ses supérieurs et au MI5, seul organe habilité à opérer sur le territoire britannique.
Bien décidés à se faire respecter et à venger leurs collègues, Crocker et ses hommes vont devoir se débrouiller avec les moyens du bord, en l'occurrence de faux flingues et l'aide de la CIA.
Pendant ce temps, Tara peine à se remettre de l'assassinat qu'elle a commis. Et alors que le danger se rapproche, elle tente de noyer la raison d'état sous des litres d'alcool.

Ce premier tome de Queen & Country, publié à l'époque par Semic, se trouve encore d'occasion à des prix parfois assez élevés mais il a surtout été soldé il y a quelques mois (en grandes surfaces) à trois euros à peine. Le reste de la série est aujourd'hui édité par Akileos. Le scénariste, Greg Rucka, dépeint le monde cynique et dangereux des services secrets avec un certain réalisme et en se basant sur des évènements réels. Dans ce premier tome, l'action prend par exemple appui sur l'intervention de l'OTAN et l'ONU en Europe de l'Est ou encore le régime des talibans en Afghanistan, avant leur chute.
Une grande place est laissée aux protagonistes et aux relations qu'ils entretiennent entre eux ou avec leur hiérarchie. Tout comme dans Whiteout, Rucka va se servir d'une femme comme personnage principal. Tara a d'ailleurs quelques points communs avec Carrie puisqu'elle ne manque pas de caractère et qu'elle aussi est allée en mission au pôle Sud. Si les arcs sont plus ou moins indépendants, avec une thématique propre à chaque fois, les évènements ont des conséquences sur le long terme et la personnalité des agents se dévoile peu à peu. L'emploi d'une psychologue attachée au SIS est notamment une manière de lever le voile sur les traumatismes ou les effets du stress subis par chacun.

Pour la partie dessin, les quatre premiers épisodes sont l'oeuvre de Steve Rolston, les trois suivants de Brian Hurtt. Noir & Blanc, style simple voire un peu trop dépouillé sur certaines cases. Les décors, lorsqu'ils sont importants, sont plus travaillés. On s'habitue pourtant assez facilement au graphisme (moi qui déteste le N&B, j'ai l'impression d'être condamné à ne lire que ça !) et l'on rentre très vite dans l'histoire.
L'efficacité est certainement due également aux dialogues, parfois empreints d'un humour pince-sans-rire typiquement anglais et propre aux gens habitués à faire face à des situations risquées.
Au final, on s'attend à faire une bonne affaire avec un comic à 3 euros et l'on se retrouve en train de commander la suite... ce qui fait sans doute mal à votre compte en banque mais ne peut que réjouir le lecteur avide de bonnes choses à se mettre sous l'oeil. Ou les yeux si vous en avez deux.

De l'espionnage à échelle humaine qui n'occulte pas les scènes d'action mais s'intéresse aussi à leurs effets psychologiques.