30 mars 2009

En mars du Glouton tu mangeras

Le plus célèbre canadien du Marvelverse est - encore - à l'affiche du X-Men Extra #73 de ce mois pour une compilation de six histoires courtes.

Wolverine est, après Spider-Man, le plus populaire personnage Marvel, ce qui l'a d'ailleurs conduit à intégrer un nombre conséquent d'équipes de super-héros. La sortie du film dédié au griffu approchant, Panini exploite à fond le filon en nous sortant Graphic Novel, Deluxe, Intégrale et cie. Mais les revues kiosque ne sont pas oubliées avec donc cet X-Men Extra présentant l'avantage de contenir des récits, certes brefs, mais complets.
L'on a ici le one-shot Wolverine : Firebreak, deux épisodes tirés de Wolverine : Dangerous Games et enfin trois autres issus de Wolverine : The Amazing Immortal Man & Other Bloody Tales. L'on retrouve Mike Carey (Neverwhere, God Save the Queen), Simon Spurrier, Rick Remender (Punisher War Journal) et David Lapham (With Great Power) au scénario tandis que les dessins sont confiés à Scott Kolins, Ben Oliver, Jerome Opena, Johnny Timmons, Stefano Gaudiano et Kelly Goodine.

Le one-shot est un art périlleux car, bien évidemment, moins l'on dispose de planches, plus il est difficile de bâtir une histoire solide et une intrigue valable (dans un genre encore plus court et casse-gueule, l'on peut citer les Strips de Lee et Romita, un parfait exemple de maîtrise narrative). Heureusement, Logan est un personnage qui convient assez idéalement au genre puisqu'il s'avère suffisamment connu de tous pour qu'il n'y ait pas besoin de perdre du temps à le présenter ; ses griffes et son côté rentre-dedans sont maintenant célèbres et sont passés dans l'inconscient collectif des lecteurs. L'on rentre donc, le plus souvent, directement dans le vif du sujet. Wolvie va ainsi aider une famille à échapper à un incendie de forêt, il va servir de gibier pour une partie de chasse à courre ou encore jouer les bêtes de cirque.
Lapham s'en sort plutôt pas mal, avec des fins au goût amer très prononcé, comme dans Animal Man ou Un bébé de Coney Island. Il s'agit là finalement plus de tranches de vie dans lesquelles Logan joue un rôle mineur que de véritables odes au griffu, ce qui permet sans doute d'éviter l'overdose. Le tout est servi saignant et déclenche, du coup, l'apparition du fameux macaron "pour lecteurs avertis".

Au chapitre des points négatifs, l'on peut noter le découpage confus de l'épisode réalisé par le duo Spurrier/Oliver ou encore un Remender surfant sur la peu originale opposition entre l'homme qu'est Logan et son côté bestial. Le cadre, pourtant exotique, sent le déjà-vu et n'est guère rattrapé par la tentative de fond philosophico-martial aussi cliché que peu convaincant. Même le meurtre final, censé être choquant, reste plutôt fade.

Une petite récréation dont le prix réduit permettra de passer aisément sur l'inégalité qualitative des histoires publiées.

27 mars 2009

Le Tisseur contre Omega Red et le Shocker

Deux super-vilains mineurs ce mois-ci au menu de Ultimate Spider-Man #64.

Depuis décembre dernier, nous retrouvons exceptionnellement USM à un rythme mensuel, ceci afin de pouvoir coordonner la série avec le fameux crossover Ultimatum dont on nous vante encore, dans l'édito du mois, les mérites. Vu le tapage et les bouleversements promis (y'a comme un air de déjà vu non ?), il va falloir que ce soit à la hauteur, surtout que l'univers Ultimate en soi devrait, normalement, être plus propice aux coups de théâtre que le 616... à voir.

Mais occupons nous des deux épisodes de ce mois. Il s'agit de deux one-shots qui se révèlent plutôt sympathiques sans être vraiment exceptionnels. Dans un premier temps, Parker va affronter Omega Red, un mutant venu régler quelques comptes avec Jonah Jameson. Le combat n'a rien de bien folichon mais l'intérêt du récit repose surtout sur ses conséquences. Peter et Kitty Pryde doivent en effet s'occuper d'un faux bébé dans le cadre d'un travail scolaire, ce qui n'a rien d'évident lorsque l'on a une vie mouvementée.
Un petit détail, Christian Grasse nous dit dans son speech du mois que Omega Red n'est qu'un obscur produit, sans intérêt, des années 90. Bizarre pour quelqu'un qui, il n'y a pas si longtemps encore, se moquait des lecteurs qui confondaient personnages classiques et ultimates en affirmant - avec raison - que les versions "ultimatisées" n'avaient rien à voir avec leurs prédécesseurs. Il n'y a donc aucune raison valable pour faire une exception et juger ce mutant sur la base de son homologue des 90's. Mais bon, il y a des logiques qui resteront à jamais impénétrables... ;o)

Le second épisode est un peu moins gentillet puisque Spidey se retrouve en très mauvaise posture et à la merci du Shocker, un loser de base qui prend ici une dimension un peu plus dramatique (encore que le coup de l'inventeur grugé par sa société ne date pas non plus d'hier). On entend parler de nouveau de la fameuse société Roxxon, une boîte particulièrement louche qui met au point des armes dans le plus grand secret alors qu'elle est censée être un labo pharmaceutique. En voilà qui ont su se diversifier avant la crise !
L'ensemble est bien sûr toujours scénarisé par Brian Michael Bendis et les dessins sont de Stuart Immonen. Kitty Pryde et Mary Jane n'ont pas encore retrouvé le charme de l'époque Bagley mais je crains qu'il faille en prendre durablement notre parti. Snif.

Le mois prochain, la revue accueille le début de l'arc War of the Symbiotes, avec à l'affiche Venom, Carnage et Gwen Stacy.

25 mars 2009

Magus : Le Fossoyeur

Petit détour par la BD européenne avec le premier tome de Magus, intitulé Le Fossoyeur. Et si l'époque médiévale n'avait pas livré tous ses secrets ?

Le Moyen Age. Innocent IV s'est débarrassé des sorciers grâce à l'édit de Mônes, instaurant une répression sévère censée assurer à l'Eglise le monopole du pouvoir et des croyances.
Dans un petit village, Stanislas vit à l'écart des habitants qui ne lui dispensent que quolibets et railleries. Il veille sur sa soeur, muette, et tente de découvrir la vérité sur le passé de leurs parents, accusés d'être des créatures du diable. Mais pour cela, il faudrait consulter les archives, tenues par le père Aristide qui en interdit l'accès. Par soif de connaissance, Stan va se retrouver en fâcheuse posture. Enrôlé de force dans l'armée, le voici maintenant fossoyeur, obligé, en plus, de dépouiller les morts pour le compte d'un odieux chevalier.
Qu'est-il advenu de sa soeur ? Est-il vraiment le fils maudit d'un mage ? Et si, à force de creuser des trous pour y enterrer des corps, il finissait par mettre à jour bien plus que la vérité ? Comme, peut-être, un destin...

Voilà une oeuvre dont le pitch m'a tout de suite titillé lorsque j'en ai eu connaissance. L'on pourrait presque comparer Magus au Civil War de Marvel puisque, dans les deux cas, un pouvoir cherche à se préserver "des" pouvoirs (le gouvernement et les surhumains dans le premier cas, l'Eglise et les mages dans ce qui nous intéresse ici). Bon, les similitudes s'arrêtent là bien sûr. ;o)
Le scénario est co-signé par Cyrus et François Debois. Le duo parvient à créer, d'emblée, un univers cohérent et crédible qui mélange fiction et références historiques réelles. Le personnage principal est attachant et, très vite, l'on comprend qu'il n'est pas au bout de ses peines et nous de notre jubilation. Car, il faut l'avouer, l'intrigue est captivante (ce volume se termine d'ailleurs sur un coup de théâtre assez étonnant) et les méchants de l'histoire particulièrement bien campés. L'époque - le bas Moyen Age - est rude, les hommes le sont tout autant et la moindre parcelle de douceur ou de compassion devient alors particulièrement remarquable dans cet environnement aussi hostile que fascinant. Or, l'une des grandes qualités de ce premier tome est de ne pas se contenter de verser dans l'aventure épique mais de prendre le temps de construire des personnalités contrastées permettant de donner une réelle saveur aux évènements contés ici.

Les dessins sont réalisés par Annabel, une jeune artiste particulièrement douée, et la colorisation est assurée par Isabelle Merlet. L'ouvrage possède une identité visuelle forte, avec des couleurs où dominent d'élégantes teintes brunes et ocres. Le trait d'Annabel est à la fois précis et juste en ce qui concerne les décors et paysages (parfois magnifiques) et nous offre, pour ce qui est des personnages, une belle palette de visages expressifs et émotionnellement chargés. Eloïse, par exemple, peut ainsi se révéler dure et arrogante et, l'instant d'après, terriblement fragile. Et ne parlons même pas du détestable Aristide dont le regard narquois et le sourire glacé permettent de cerner rapidement le bonhomme et de susciter, chez le lecteur, les sentiments adéquats.
Quand c'est beau et, en plus, intelligent, l'on aurait tort de bouder son plaisir.

Une entrée en matière réussie et clairement addictive, publiée chez Glénat.

23 mars 2009

Wolverine : des lendemains qui saignent

Les complexes origines de Wolverine ont donné naissance à une seconde série régulière mais, avant cela, la petite enfance du griffu avait été dévoilée dans une magnifique saga aujourd'hui rééditée en Marvel Deluxe.

James, l'héritier souffreteux, Logan, le fils turbulent d'un ivrogne et Rose, jeune et jolie demoiselle de compagnie, sont les trois seuls enfants dans les parages de la grande propriété Howlett. Naturel alors qu'ils deviennent amis. Mais les balades et les rêveries ne durent qu'un temps et les enfants grandissent. Entre le fragile James et un Logan plus violent que jamais commence alors une lutte pour la conquête d'un coeur.
Lors d'une terrible soirée, un drame se noue. Accusés de meurtre, James et Rose se retrouvent seuls sur les routes, sans argent, sans but. De la richesse du château Howlett ils vont passer aux mines du grand Nord. Là, ils vont découvrir un monde terrible où personne ne fait de cadeau, ou chaque instant est une lutte pour la survie. Et un jour, leur passé les rattrapera, réclamant, encore et encore, son lot de sang.

Si le récent Logan était très décevant, nous sommes ici devant un récit particulièrement réussi et maîtrisé (déjà édité en Marvel Best Of). Le scénario est issu d'un travail commun de Joe Quesada, Bill Jemas et Paul Jenkins (qui signe aussi les dialogues). Les auteurs prennent le temps d'installer des personnages attachants et font monter la tension peu à peu, ils cachent suffisamment bien leur jeu pour nous mettre sur une fausse piste dès le départ, histoire de nous balancer ensuite une révélation, plutôt surprenante, sur le jeune Wolverine. L'on apprend également d'où lui vient son surnom et comment, dès le plus jeune âge, le personnage a baigné dans l'hémoglobine.
Les dessins sont à porter au crédit de Andy Kubert qui fait ici un travail exceptionnel. Il parvient à nous montrer la beauté des paysages ou la douceur des moments d'accalmie tout en suggérant également avec habileté la rudesse des types, souvent louches, venus travailler dans les carrières du Nord canadien. Les scènes où Logan se laisse aller à con côté bestial, au plus profond de la forêt et en compagnie d'une meute de loups, rivalisent de sauvagerie brute et de poésie. Bref, c'est beau et le style de Kubert convient tout à fait à cette époque lointaine. Signalons également la colorisation de Richard Isanove qui nous en met plein les yeux avec des peintures numériques du plus bel effet (que l'on avait déjà pu admirer sur 1602).
Au final, le lecteur est happé par un récit haletant et un graphisme plein de charme, peu prétentieux mais efficace.

La seconde partie de ce Deluxe est consacrée à Origins and Endings, un arc publié dans Wolverine #36 à #40 (correspondant aux numéros #150 à #153 de la revue française du griffu). Le scénario est écrit par Daniel Way, les dessins sont de Javier Saltares et Mark Texeira. L'action se situe après House of M et avant Civil War. Logan, qui a retrouvé ses souvenirs, se met sur la piste de gens capables de lui en dire plus sur certains évènements de son passé pour le moins mouvementé. Il y a là aussi une grosse révélation (à propos de Bucky, encore Soldat de l'Hiver à l'époque) mais tout de même plus de questions que de réponses, un peu normal étant donné que cet arc n'est pas conçu comme une histoire complète mais n'est qu'une partie de la continuité liée à la série mensuelle. Il est d'ailleurs fait référence à des évènements et personnages (comme le Dr Cornelius du projet Arme X) qui plongeront certainement les nouveaux lecteurs dans la perplexité.
Les bonus sont plutôt pauvres étant donné que l'on n'a même plus les maigres et traditionnelles covers. Du moins, celles de Wolverine : Origin sont publiées normalement mais celles des épisodes de l'on-going sont de taille réduite (deux par planches), ce qui fait tout de même un peu rapiat.

Une excellente histoire que vous pouvez vous procurer si vous ne possédez pas déjà la version Best Of qui contenait une introduction de Jemas (intéressante dans le sens où elle révélait un peu les dessous de la mise en chantier de cette saga) et des études de personnages (commentées par l'auteur) absentes ici. Un comble pour une édition "Deluxe"...

20 mars 2009

Wolverine : Logan

Du mutant à la sauce nippone dans Wolverine : Logan, sorti ce mois en librairie.

Depuis que Wolverine a retrouvé la mémoire, des pans entiers de son passé le hantent. Et le canadien a bourlingué, c'est le moins que l'on puisse dire. Il y a une éternité, en pleine seconde guerre mondiale, il s'est même retrouvé prisonnier dans un camp japonais. Il va bien sûr s'en échapper, entraînant avec lui le lieutenant Warren. Alors que ce dernier s'apprête à tuer une civile, le mutant prend le parti de la belle nipponne.
Mais s'amouracher du griffu ne porte jamais chance. La mort rode. Sous forme de soldats et de baïonnettes. Sous la forme également d'un B-29 qui va larguer une bombe. Une seule. Et dans un grand éclair blanc, l'ère de l'atome débutera...

Si vous n'aimez pas ce sacré Wolvie, ce n'est pas votre mois car il est plus ou moins partout ! En plus de sa revue mensuelle attitrée, il est présent dans un Deluxe revenant sur ses origines, il est la tête d'affiche du dernier X-Men Extra et, enfin, il pointe également son nez dans la collection Marvel Graphic Novel avec l'ouvrage dont il est question ici. Je n'ai évidemment pas besoin de vous expliquer que ce battage autour du personnage est lié à la sortie prochaine du film portant son nom, Panini le claironne d'ailleurs à longueur d'éditos. Cette politique de vendeur de godasses correspond mal à ce que l'on est en droit d'attendre d'un éditeur mais, au moins, ils ne s'en cachent pas. Pour ma part, je trouve toujours aussi aberrant que le rythme des sorties ciné puisse dicter sa programmation à un éditeur. Il n'y a pourtant aucune raison de courir ainsi derrière un autre medium, comme si le Livre devait quémander les miettes du "grand écran". Non seulement un spectateur n'est pas forcément un futur lecteur mais, en plus, cela donne des comics en général une image exécrable alors qu'ils sont scénaristiquement bien supérieurs, la plupart du temps, aux saloperies affligeantes qui osent revendiquer le nom d'adaptations.
Voilà, ça, c'est fait. ;o)

Revenons à ce Logan. Le scénario est signé Brian K. Vaughan, un bonhomme qui peut se révéler génial (comme sur Runaways, The Hood ou Y, The Last Man) ou parfois peu inspiré (Dr Strange, Buffy). Là, pas de bol, ce n'est pas un de ces grands jours. L'histoire est convenue, l'enfoiré de service très quelconque et, globalement, l'on a vraiment énormément de mal à ressentir quoi que ce soit dans ce récit qui contenait pourtant suffisamment d'éléments émotionnellement lourds pour permettre un peu plus que ce minimum syndical. Et Wolvie est tellement surexploité que l'on est en droit d'attendre un peu plus d'originalité dans la forme ou de conviction dans le propos.
Les dessins sont l'oeuvre de Eduardo Risso. Alors, ça tombe mal, c'est un adepte de "l'école" clair-obscur (qui n'est pas tellement ma tasse de thé). Je veux bien qu'il y ait de jolis contrastes (d'ailleurs certaines planches sont vraiment belles) mais l'on ne m'ôtera pas de l'idée que c'est quand même un sacré truc d'escroc (de gentil escroc hein) permettant d'expédier les décors et même quelques personnages à coups d'ombres et de silhouettes. Du coup, il y a de beaux effets mais la plupart servent tout de même à gagner du temps ou masquer des lacunes.

Ce comic est pourvu d'une galerie présentant les covers et quelques croquis. Et il bénéficie d'un prix raisonnable (14,00 €). Reste qu'il va falloir faire preuve d'énormément d'optimisme ou de pas mal de mauvaise foi pour trouver de l'intérêt à ça. Le fait qu'il puisse y avoir de tels écarts qualitatifs dans les oeuvres de Vaughan est assez surprenant. On peut être plus ou moins inspiré mais passer de l'excellence à la platitude totale, c'est tout de même peu courant. Il sous-traite certaines de ses histoires ou quoi ? ;o)

Une classique histoire de vengeance sur fond de drame fadasse. Pas de quoi casser trois pattes à un glouton.

ps : ajout de Moon Knight dans les figurines Marvel.

18 mars 2009

Marvel Icons : lancement d'Invincible Iron Man

Le Marvel Icons #47 de ce mois nous offre notre dose mensuelle de Vengeurs et se met à l'heure de la nouvelle série dédiée à l'ami Tony Stark.

On commence par les New Avengers, toujours plongés en pleine Secret Invasion. L'épisode du jour fait intervenir Ka-Zar et Shanna et revient sur la première escapade des Nouveaux Vengeurs en Terre Sauvage (un peu après leur formation, cf ce Deluxe). A l'époque, l'on voyait des agents du SHIELD piller des mines de vibranium sans vraiment comprendre de quoi il retournait. L'on sait maintenant que les bestioles vertes y étaient pour quelque chose.
Brian Michael Bendis revient donc habilement sur des indices qu'il avait semés voici déjà un bon moment. Le dessin est signé Billy Tan.

Le big boss du SHIELD, alias Tony Stark, se voit doté d'une nouvelle série intitulée sobrement Invincible Iron Man. Matt Fraction est au scénario, Salvador Larroca aux crayons. Visuellement, c'est d'ailleurs superbe.
L'histoire est centrée autour d'Ezekiel Stane, fils d'Obadiah, qui se révèle être une tête à claques particulièrement dangereuse. Je sens que l'on va adorer le détester celui-là. Tout se met en place rapidement, l'on a même déjà droit à quelques scènes spectaculaires. Le but avoué serait apparemment de surfer sur le succès du film avec un Iron Man plus proche de sa version cinématographique. Bof, à part pour le relookage de Pepper Potts, je ne vois pas en quoi les auteurs s'inspirent du film (il y a d'ailleurs un tas de références purement comics, comme le virus Extremis ou le SHIELD). Tiens, un détail irritant, Stark perd ici son bouc au profit d'une simple et laide moustache (pourtant Robert Downey Jr a bien un bouc lui... pour une fois qu'un personnage Marvel ressemble à quelque chose sur grand écran).
Bref, ça démarre plutôt bien et sans être trop scotché au film. On ne s'en plaindra pas. ;o)

On continue avec Captain America de Steve Epting (dessin) et Ed Brubaker (scénario). James Barnes a à peine pris la relève de Steve Rogers que, déjà, certains viennent lui mettre la pression. Hawkeye notamment semble tenir à ce que le "petit" soit digne de l'héritage de l'homme au bouclier. Heureusement, Sam Wilson, plus connu sous le nom de Faucon, va apporter son aide à Bucky et, ensemble, ils vont tenter de libérer Sharon Carter, toujours prisonnière de Crâne Rouge et, accessoirement, enceinte de Rogers...

Enfin on termine par Fantastic Four. La plus célèbre famille du Marvelverse doit faire face à un puissant méchanoïde (c'est un joli mot pour dire "foutue machine") appelé CAP et qui a pour fonction de détruire toute arme sur terre. Cela part des missiles nucléaires jusqu'à l'antique carabine de pépé (si vous êtes en train d'éplucher une pomme, par mesure de prudence, mieux vaut lâcher votre économe). Et évidemment, le robot ne s'embarrasse pas avec les dommages collatéraux.
Le premier arc de Mark Millar s'achève donc. Bon, c'était honnête même si, finalement, les meilleures trouvailles sont plus des petits "à-côtés" que l'intrigue elle-même. Reed va par exemple offrir à sa dulcinée une micro galaxie montée en bague. 74 mondes habités et 40 milliards de couples sur un seul doigt, ça en jette plus qu'un rubis ! ;o)
Tout cela est mis en images par Bryan Hitch qui nous offre un George W. Bush et une Condoleeza Rice assez ressemblants. Avec l'arrivée de Sa Sainteté Barrack 1er, on se demande sur qui Millar va pouvoir se défouler à l'avenir, histoire d'avoir l'air rebelle. Je parie sur le pape...

Du très bon avec des séries agréables et des graphismes de grande qualité.

16 mars 2009

Preacher : Les Enfants du Sang

Dans deux jours sort le tome #5 de l'excellente série Preacher, voilà donc l'occasion de reparler de Jesse Custer, Cassidy, Dieu et quelques saints.

Pas de bol pour Cassidy. Pour une fois qu'il rencontre un type comme lui, un vampire donc, voilà qu'il tombe sur Eccarius, un snobinard ayant cédé à tous les clichés de la littérature horrifique et s'étant acoquiné avec une bande de gothiques rêvant de se faire pomper le sang pour accéder à la vie éternelle. Un peu trop pour le vieil irlandais plus habitué à dormir, ivre mort, dans un bon lit plutôt que dans un cercueil...
Jesse, lui, recherche toujours le Tout-Puissant, histoire d'avoir une "petite conversation" avec lui. Pour cela, il doit accéder à Genesis (qui, accessoirement, se la coule douce dans son esprit). Cassidy tente alors de venir en aide à son pote en lui présentant un prêtre Vaudou censé lui ouvrir les portes de son inconscient. Quant à Tulip, elle manque de se faire enlever. Malheureusement pour les ravisseurs, la dame est hargneuse et armée.

J'avais déjà eu l'occasion d'évoquer cette série Vertigo il y a deux ans en présentant le tome #1. Quelques albums plus tard, le ton reste le même et la qualité est toujours au rendez-vous.
Le duo créatif est bien sûr identique avec Garth Ennis (The Boys, Punisher, La Pro) au scénario et Steve Dillon (Wolverine : Origins, Supreme Power) aux crayons. Les auteurs continuent dans l'irrévérencieux et le langage fleuri mais avec un talent et un sens de l'humour qui font largement accepter ce qui, dans d'autres conditions, aurait pu passer pour du trash sans intérêt. Plusieurs scènes sont vraiment drôles (dans le sens où l'on - enfin moi en tout cas - se marre vraiment, sans se contenter de sourire d'un air entendu). Non seulement les dialogues sont bien écrits mais, chose finalement pas si courante que cela, la drôlerie vient parfois aussi de l'aspect visuel. En effet, si Dillon n'est pas vraiment un génie en matière de visages (tous plus ou moins semblables sauf Tête-de-Fion évidemment), il maîtrise parfaitement ses effets narratifs. Ennis, lui, profite de ce "road-comic" très rock n' roll pour nous offrir son point de vue, plutôt décapant, sur certains sujets (il n'est pas très copain avec les psychologues par exemple).
Le tout est direct, cru, pas du tout politiquement correct et clairement assumé.

Les différents recueils déjà parus chez Panini creusaient parfois le passé d'un personnage en particulier (le tome #2 notamment revenait sur l'épouvantable enfance de Custer), celui-ci développe un aspect un peu plus dérangeant de Cassidy. C'est d'ailleurs fait, contrairement à ce que l'on pourrait croire, avec une grande délicatesse qui permet de rendre les réactions de l'immortel à la fois crédibles et très humaines.
Ce volume contient les covers de Glenn Fabry, toujours illustrées par de courts commentaires d'Ennis ou du dessinateur lui-même.

Un vrai bon comic avec des gros mots à l'intérieur mais aussi une liberté de ton rafraîchissante et un réel sens du rythme. A offrir après la messe au curé de votre paroisse.
Sortie le 18 mars.

"Imagine que t'es un type normal, pas comme nous, et que tu t'écrases en avion dans la putain de jungle. Pas d'autres rescapés. Aucun signe de civilisation. T'es coincé là. Par miracle tu tombes sur un exemplaire de Tarzan. Tu le lis. Est-ce que tu vas pour autant vivre dans les arbres et parler aux singes ?
- Non.
- Et attention hein, j'adore Dracula. Je l'ai lu un paquet de fois. Mais à chaque fois que j'arrive à la fin, je me dis... quel trou du cul ! Putain, pas question que je me fasse avoir comme ça ! [...] On a le monde entier qui nous tend les bras, et l'éternité pour en profiter. Et voilà l'essentiel mon pote : faut profiter de la vie. Pas se vautrer dans la mort ou une crétinerie du genre."
Cassidy et Eccarius, sous la plume de Garth Ennis.

13 mars 2009

Les mystères de Strangehaven

Voyage dans l'étrange avec Strangehaven, une série anglaise au charme certain.

Alex Hunter se balade dans la campagne anglaise lorsque, croyant apercevoir une femme au milieu de la route, il fait une brusque embardée et envoie sa Triumph se planter contre un arbre.
Lorsqu'il revient à lui, il est dans une chambre du Bed & Breakfast de Strangehaven, un médecin à ses côtés. Commence alors, le temps de sa convalescence et de la réparation de son véhicule, la découverte de ce petit village si particulier. Le lieu est calme, beau. Les habitants sympathiques. L'endroit idéal pour se ressourcer.
Et quand Alex reprend la route pour rentrer chez lui, il se perd et revient... à Strangehaven. Là, il va trouver un nouveau job, une maison et même l'amour. Tout cela va vite, très vite. Trop vite pour être tout à fait sain.

Voilà un ouvrage assez particulier (je n'ai lu que le premier tome pour l'instant) mais qui mérite que l'on s'y attarde un moment. L'auteur, Gary Spencer Millidge, est un passionné de littérature et a tenu un magasin de comics pendant un temps. Il se lance dans l'aventure de la publication en 1995 avec Strangehaven qu'il auto-édite, démarche risquée tant sur le plan financier qu'artistique mais qui s'avère payante dans ce cas précis.
La version française est disponible chez Akileos, éditeur déjà évoqué ici à l'occasion de la chronique concernant le superbe artbook sur les oeuvres de Tim Sale.

Alors, Strangehaven, ça raconte quoi ? Ben, je serais tenté de dire que je n'en sais rien.
Le personnage principal est assez terne et c'est surtout la faune locale qui va s'avérer folklorique et surprenante. Les habitants de ce charmant petit village sont plutôt normaux (pas d'encapés ou de tueur en série dans la bande) mais ils ont tous un... truc qui cloche. Millidge s'amuse à dresser une galerie de portraits originaux qui, pour la plupart, intriguent et apportent un lot de questions ne semblant pas toujours avoir un rapport avec une quelconque intrigue principale. L'auteur avoue d'ailleurs pudiquement que son histoire ne possédait pas de "fin préétablie" lorsqu'il a commencé à l'écrire. Une manière sophistiquée de dire qu'il ne savait pas trop où il allait mais qu'il était bien résolu à y aller quand même. ;o)
L'ambiance tient un grand rôle dans ce récit. L'atmosphère n'est pas spécialement effrayante mais a cette étrange saveur que peut avoir le rêve. Et si tout n'a pas forcément de sens sur le moment, bien peu importe du moment que l'on se sente bien.
Il serait faux pourtant de croire que tout est totalement décousu, certains thèmes reviennent à plusieurs reprises et sont plutôt intéressants. L'on va ainsi rencontrer un étrange shaman, à l'aspect très occidental, débarqué d'Amazonie, un type se proclamant venu d'une autre planète et parlant de physique quantique ou encore une étrange société secrète à mi-chemin entre la franc-maçonnerie pour les rites initiatiques et le Ku Klux Klan pour les accoutrements et les titres improbables.

L'on ne sait jamais vraiment si l'on est dans le fantasme ou la réalité, si les gens mentent ou sont sincères, s'ils sont en plein délire ou flirtent vraiment avec le paranormal. Ce procédé, aussi casse-gueule que subtil, déboussole un peu mais permet au lecteur de se poser des questions, d'échafauder des hypothèses et, finalement, de prendre une part active à l'aventure. L'expérience est en tout cas loin d'être désagréable.
Les dessins sont en noir & blanc, le style plutôt réaliste et quelques photographies sont parfois insérées dans les planches.
La quatrième de couverture annonce un cousinage avec les séries TV Le Prisonnier et Twin Peaks, ce qui est aussitôt démenti, dès l'introduction, par Dave Sim. Une note de l'auteur conclut ce premier volume, il y parle notamment, de manière trop succincte à mon goût, de l'immense charge de travail que constitue l'auto-édition (charge souvent sous-estimée par les auteurs en herbe et parfois ignorée par les microstructures qui polluent le monde de l'édition actuel).

Un moment décalé et hors du temps pendant lequel l'on sent presque l'odeur du thé chaud nous chatouiller les narines. A conseiller, même si l'on n'aime pas le thé.

11 mars 2009

Avengers/Invaders : Anciens Soldats & Nouvelles Guerres

Les Vengeurs rencontrent les Envahisseurs dans le Marvel Universe hors série #3, fraîchement débarqué en kiosque ce matin.

Captain America, la Torche Humaine, Namor... les héros ont rejoint l'Europe pour lutter contre les armées d'Hitler. Avec à sa tête d'aussi puissants combattants, l'Amérique ne peut pas perdre. Sauf si un grain de sable venait changer le cours naturel des choses.
Décembre 1943. Les Invaders se battent à Monte Cassino (*). Et là, quelque chose tourne mal, les expédiant vers le futur. Pour les combattants, c'est incompréhensible, le New York de 2008 ne peut être qu'une ruse des nazis ! Et qui sont ces gens qui s'interposent, ces Thunderbolts dont l'un d'eux à un accent allemand prononcé ?
Loin dans le passé, leur absence se fait déjà sentir et l'Histoire se modifie. Londres tombe. Les allemands sont proches de New York. La statue de la liberté s'effondre... lorsque la vague de changement arrivera à notre époque, que restera-t-il des victoires passées ?

Petit point tout d'abord sur cette fameuse revue. Annoncée un temps sous l'appellation "Marvel Crossover", elle va finalement être publiée comme hors série du bimestriel Marvel Universe. Les numéro #1 et #2 s'ornent pourtant d'un énorme "crossover" en couverture, logique puisque le rôle de cette publication est, selon Panini, de faire se rencontrer des héros de la Maison des Idées et des "protagonistes venus d'autres horizons éditoriaux". Nous ne sommes donc déjà plus dans cette optique puisque les deux groupes dont il est question ici sont tous les deux issus de l'univers Marvel.
Petite astuce tout de même, le projet Avengers/Invaders ayant été sous-traité par Dynamite, il y a bien une forme de rencontre éditoriale, même si celle-ci ne concerne plus du tout les personnages mis à l'affiche.
Un petit point irritant : la maxi-série dont il est question contient douze épisodes, ce qui aurait pu être publié en 2 x 6, or c'est vers trois comics de quatre épisodes que Panini a porté son choix, ce qui rend les volumes bien moins intéressants, niveau prix, que les habituels hors série ou même la série mère.

Revenons maintenant au contenu.
L'histoire est signée Alex Ross (qui réalise également les covers) et Jim Krueger (auteurs notamment de la trilogie Earth X). Steve Sadowski s'occupe, lui, d'illustrer les pages intérieures. Le récit se déroule après Civil War et avant Secret Invasion. Les fameux Invaders vont donc rencontrer les Vengeurs officiels de Stark mais aussi le groupe de rebelles mené par Luke Cage. Pour l'instant, c'est plutôt basique avec castagnes et présentation succincte des personnages (dont la première Torche qui donnera son nom au Camp Hammond de l'Initiative).
Il faut bien un peu d'action et de spectaculaire, mais tout de même, l'on peut regretter cette manière obtuse qu'ont certains héros de taper sur tout ce qui bouge dès qu'ils sont confrontés à une situation étrange. Stark passe son temps à essayer de calmer Rogers qui a décrété, tout comme son équipe, que les Avengers 2008 étaient à la solde des nazis !
Graphiquement, c'est plutôt pas mal, c'est même franchement bon, sauf peut-être lorsque les visages sont relativement petits. Il semble y avoir, à ces occasions là, un problème d'encrage peut-être qui les rend assez grossiers (on a l'impression que ça "bave" un peu, ou que leur rimmel se met à couler pour donner une image). Les gros plans et les décors sont, eux, mieux maîtrisés.

Une drôle de rencontre interne qui aurait pu être proposée en seulement deux parties.

(*) Monte Cassino n'est pas la bataille la plus connue de la seconde guerre mondiale et même lorsqu'elle est évoquée, c'est souvent de manière superficielle. Il faut savoir qu'après la victoire alliée et la rupture de la ligne Gustav, d'épouvantables exactions furent commises par les goumiers français. Pillages, exécutions sommaires et surtout viols de masse (plusieurs centaines voire milliers de femmes selon les sources) furent perpétrés par les militaires sous commandement français, traumatisant ainsi une population civile déjà durement éprouvée par les combats.
Le général Juin, commandant à l'époque le Corps Expéditionnaire Français, et à ce titre responsable du comportement de ses hommes et de la discipline dans leurs rangs, ne fut jamais inquiété pour ces crimes de guerre. Grand-Croix de l'Ordre National de la Légion d'Honneur, il fut élevé au rang de Maréchal de France en 1952 et élu à l'Académie Française la même année.
Vae victis...

Marvel Heroes tendance Full Metal Jacket

Secret Invasion continue dans le Marvel Heroes #17 de ce mois.

La revue commence par un épisode des Mighty Avengers qui tourne essentiellement autour de Sentry. Ce dernier avait connu un passage à vide (un de plus !) lors d'un combat contre les skrulls en Terre Sauvage (cf Secret Invasion #2), les raisons de son comportement sont ici un peu plus développées. On assiste également à une réunion de skrulls infiltrés (tous déjà connus comme Jarvis, Elektra ou Hank Pym) évoquant le cas de Robert Reynolds. Celui-ci est si puissant et si instable qu'il embarrasse tout le monde, même les extraterrestres !
Scénario de Brian Michael Bendis, dessins de Khoi Pham. Les deux séries régulières des Vengeurs sont particulièrement intéressantes à suivre en ce moment puisqu'elles permettent de creuser ce qui n'est que vite évoqué dans Secret Invasion. Evidemment, le procédé n'évite pas certaines redites mais il permet d'enrichir une saga qui, sans cela, paraîtrait bien fade.

Passons à Avengers : The Initiative qui, encore une fois, se révèle particulièrement réussi. L'épisode du jour met en scène de nouvelles recrues, certaines sont plus ou moins connues, comme Prodigy ou Annex, d'autres sont complètement nouvelles comme Bloqueur. Ce personnage est l'anti-héros type, guère doué pour le combat et doté d'un pouvoir "passif" à l'intérêt mineur. Rapidement, il devient la tête de turc du sergent instructeur (notre brave Taskmaster), ce qui permet aux auteurs de revisiter, à leur façon, une ou deux scènes issues du Full Metal Jacket de Stanley Kubrick (Bouboule s'en tirant heureusement mieux que l'engagé Baleine).
Christos Gage au scénario et Steve Uy au dessin nous livrent une excellente histoire avec des personnages bien campés, des moments drôles (la "punition" nocturne) ou plus graves (on revient un peu sur l'épineux sujet du recensement) et un graphisme agréable. Dans la scène finale, les deux bougres se permettent même d'explorer, pour Taskmaster et Constrictor, une facette originale (et peu connue !) de leur personnalité.
Au final, ces nouvelles recrues du Camp Hammond apparaissent comme la plus grande réussite - avec les Thunderbolts - des séries post Civil War.

On termine le mensuel avec deux épisodes de Thor : Ages of Thunder et Reign of Blood. Après Secret Invasion et l'Initiative, la série consacrée aux dieux nordiques tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, d'autant qu'il s'agit ici d'évènements purement asgardiens, sans aucun rapport avec Midgard (notre terre). Exit donc, pour le moment, Donald Blake et les scènes en Oklahoma.
Ce n'est pas mauvais en soi mais ces récits au fort parfum d'heroic-fantasy peuvent décontenancer par leur manque de liens avec le marvelverse traditionnel. Le tout est écrit par Matt Fraction et dessiné par Patrick Zircher.

Une fort bonne fournée, partagée entre l'actualité et des légendes plus intemporelles.

ps : le prochain article, cet après-midi, sera consacré à la rencontre entre les Vengeurs et les Invaders.

09 mars 2009

Still Loving You ?

Le héros Marvel possède, on le sait bien, un côté humain qui rend son aspect « civil » aussi important, sinon plus, que son alter ego costumé. Mais qu’en est-il des relations amoureuses au sein du Marvelverse ? Peut-on être heureux en couple sur la terre 616 ?

Si l’on prend pour exemple le personnage le plus emblématique de l’éditeur, autrement dit ce bon vieux Spidey, le côté "romantisme et vie de famille" semble bien mal engagé. En effet, l’une des premières petites amies de Peter Parker, Gwen Stacy, succombe après avoir été jetée du haut d’un pont par le Bouffon Vert (1). Plus tard, lorsque Peter demande Mary Jane en mariage, celle-ci refuse, prétextant préférer une vie volage et sans attache. Enfin, récemment, l’on sait bien que MJ a été priée, par Mephisda (fusion de Mephisto et Quesada) d’aller voir ailleurs si l’air y était plus frais.
Au final, Spider-Man reste prisonnier de ses origines et du prototype de l’ado malchanceux.
Mais il existe d’autres figures importantes qui, elles aussi, semblent être vouées à un destin tragique. Daredevil notamment passe son temps à voir ses petites amies se faire occire sous son nez. Pire encore, Karen Page, avant d’être assassinée (dans une église (2), détail hautement symbolique) par Bullseye, va subir une descente aux enfers qui la mènera à sombrer dans l’alcool, à tourner des films porno et, histoire de terminer sur une note joyeuse, les scénaristes lui refileront également le SIDA.
Là, déjà, si vous êtes une fille et que vous voyez un mec avec un masque s’intéresser à vous, vous devriez vous méfier un tantinet...

Certains héros sont, presque par nature, voués à la solitude. L’on voit mal le Punisher par exemple avoir une vie de famille. En même temps, c’est l’assassinat de son épouse et de ses enfants qui a fait de lui ce qu’il est, presque comme s’il fallait se détacher de liens affectifs stables et forts pour accéder au statut de super-héros ou d’aventurier-baroudeur.
Sentry (3) est marié mais il est tellement instable psychologiquement qu’il a demandé un temps à être enfermé au Raft car il était persuadé d’avoir assassiné… sa propre femme ! Lorsque le héros est suffisamment puissant pour protéger ses proches, le danger vient de lui.
Hulk, cette grosse brute verte, a un cœur et s’est même trouvé une épouse et une reine sur Sakaar (4). Malheureusement, la donzelle se fait atomiser suite à l’explosion du vaisseau dans lequel le terrien était arrivé. Indirectement, il est responsable de sa mort.
Une sorte d’atroce négation du couple commence à se dessiner.

Steve Rogers, alias Captain America, se fait assassiner par Sharon Carter, sa petite amie ! Bien entendue, celle-ci est sous une influence hypnotique, mais tout de même, la valeur symbolique est là : un héros attaché à une femme est voué à la mort, il faut donc éliminer l’une ou l’autre partie.
Le cas d’Iron Man (5) est assez parlant également puisqu’il s’agit ici presque d’une tactique d’évitement. Dans un passé lointain, Stark met de côté son amour pour Pepper Potts et se sacrifie au profit de son ami Happy Hogan (6). L’homme va également multiplier les conquêtes d’un soir – et accessoirement devenir alcoolique – afin de décourager toute candidate potentielle au « grand amour ». Enfermé dans son armure comme dans une tour, Stark fait passer devoir et travail avant vie personnelle.

Existe-t-il, dans toute cette négation affective, des exceptions ?
Oui, heureusement. Mais elles sont loin d’être des modèles de perfection. Prenons le couple ultime, LA famille du Marvelverse : Reed et Sue Richards des Fantastic Four. Ils sont ensemble depuis des lustres, ils ont des enfants, une relation durable… cela ne les empêche pas, pendant la guerre civile, de connaître une grave crise conjugale. D’une manière générale, le détachement de Reed et sa passion forcenée pour la science a tendance à l’éloigner de son épouse. Délaissée, celle-ci entretient une relation ambiguë, mal dissimulée, avec Namor. Sous un vernis apaisant se cache finalement presque un avertissement : « regardez ! il est impossible de s’aimer vraiment ! » semblent hurler, inconsciemment ou non, les scénaristes.
Plus récemment, nous avons vu le couple Luke Cage/Jessica Jones se former. Mais à quel prix ? Jones (7), à l’époque, collectionne les aventures sans lendemain et a, également, un sérieux penchant pour… la fête dirons-nous pudiquement. Elle sort un temps avec Scott Lang (qui se fera pulvériser lors de House of M) avant de, finalement, entreprendre une relation plus sérieuse avec Cage, relation qui, très vite, à l’occasion de Civil War, va prendre un tournant cruel, Jessica s’enfuyant, avec son bébé, vers le Canada pendant que Luke reste défendre ses idées et foutre en l’air son couple. Plus tard, une passe d’armes a lieu entre les deux « tourtereaux », Jessica ayant décidé de s’enregistrer auprès des autorités afin d’en finir avec la vie de fugitif qui ne convient guère, il est vrai, à l’enfant dont elle a la charge.

Eternels célibataires, couples au bord de la rupture, assassinats et coups du sort, tout semble nier aux héros le droit à l’amour. Et lorsque ce ne sont pas des clones qui viennent troubler le jeu, c’est le destin ou le diable en personne qui s’en mêlent.
Faut-il y voir un parallèle avec le vœu de célibat des prêtres ? Le héros, voué qu’il est à sauver la vie d’autrui, se devrait alors de ne pas être accaparé par une vie amoureuse « normale » ? Car le mythe de « l’identification » au personnage ne tient qu’un temps. Les lecteurs grandissent et il n’est pas spécialement plus intéressant, pour un éditeur, d’aller vers les plus jeunes (moins fortunés) plutôt que d’accorder à son lectorat historique le droit à l’évolution. Il y a donc quelque chose de plus profond, de plus caché, dans ces échecs à répétition.
Faut-il y voir une simple dramatisation d’auteur, un tour de passe-passe en quelque sorte ? Ou, peut-être, plus encore ? N’y a-t-il pas, dans cette souffrance, cette solitude, cette totale impossibilité de construire, une mise en abîme de nos propres échecs, de cette fascination de l’ego pour l’absolu et son caractère irréalisable ?
C’est là encore, peut-être, donner trop de sens à nos comics.
Mais c’est aussi, sans aucun doute, une manière de montrer qu’en grattant un peu le papier, surgissent bien souvent des éléments inattendus, teintés de sang, de larmes et de talent.

"Quand on perd quelqu’un, on vous dit de tourner la page et de continuer à vivre. « C’est ce qu’elle voudrait. » Ça me fait sourire. Pourquoi est-ce que je voudrais t’oublier ? Oublier ta façon de boire ton soda. Tes cheveux dans le vent.
Bonjour Gwen.
Ma mutine Valentine."
Peter Parker, sous la plume de Jeph Loeb
(8)

"If we'd go again
All the way from the start,
I would try to change
The things that killed our love."
Still Loving You, Scorpions

Intégrale Spider-Man : Ballade en 1978

Le 17ème tome de L'intégrale Spider-Man reprend les publications consacrées au Tisseur datant de 1978. Petit rappel des évènements marquants de l'année.

En 78, je vous le donne en mille, l'on commence par la traditionnelle crise cardiaque de la tante May. Les circonstances sont d'ailleurs assez rock n' roll puisque la tantine part manifester et n'hésite pas à flanquer une rouste à un flic avec sa pancarte ! Encore un peu et elle arborerait un t-shirt du Che tout en se roulant un joint... finalement, c'est trop d'émotions pour elle et, hop, à l'hôpital. Les premiers épisodes voient également le retour du Bouffon Vert sous sa troisième incarnation (puisqu'il ne s'agit pas du père ou du fils Osborn cette fois). Pour continuer dans les super-vilains, notre Monte-en-l'air affrontera également le Caméléon, Electro ou encore le Roller Skater. Ce dernier n'est évidemment pas la trouvaille du siècle niveau personnage mais l'on peut toujours se délecter du côté kitsch du look comme du concept.

La vie privée de Peter Parker n'est pas en reste puisque c'est l'année de la remise des diplômes (avec une petite surprise à la clé pour notre bon élève de service). Parker songe également à se ranger et fait sa première demande en mariage à Mary Jane qui décline l'offre d'une manière assez insouciante. Eh oui, à l'époque les scénaristes jouaient à se faire peur mais ne songeaient pas encore vraiment à rompre le célibat du grand dadais à sa tata. ;o)
Autre point important, Spidey voit ses rapports avec la presse et surtout la justice s'améliorer nettement, ce qui constitue un peu une rupture avec le mythe du héros incompris de tous mais ce qui donne à ce pauvre Parker une occasion de moins de pleurnicher. Pas plus mal.

Si le dernier tome des Intégrales contenait les débuts de la série Peter Parker : The Spectacular Spider-Man, nous revenons donc ici à la série phare, autrement dit Amazing Spider-Man. Ce sont les épisodes #176 à #187 qui sont rassemblés ici, ainsi que les covers originales. Côté auteurs l'on retrouve Len Wein, Marv Wolfman, Bill Mantlo et Jim Starlin. Les dessins sont l'oeuvre de Ross Andru, Sal Buscema, Keith Pollard et de nouveau Jim Starlin.
Tout cela se laisse lire finalement assez bien. Une petite coïncidence à signaler : une sorte d'épisode "tampon", présent dans ce volume, revient sur les origines du Tisseur et ses premières aventures, or, ce mois-ci, l'on peut lire le même genre de one-shot dans le mensuel Spider-Man. La comparaison peut être intéressante, d'autant qu'ils sont loin, chacun à leur façon, d'être mal fichus. Notons également la présence anecdotique de Captain America dans l'épisode final, ce qui donne lieu à une rencontre des plus traditionnelles avec une baston entre les deux héros puis une alliance contre un ennemi commun.

Un ouvrage classique et plutôt agréable.
Sortie le 18 mars.

07 mars 2009

Batman : La Résurrection de Ra's Al Ghul

Cette semaine est sorti un crossover lié à Batman et à ses séries dérivées. Petit coup d'oeil sur La Résurrection de Ra's Al Ghul.

Ra's Al Ghul est un vieil ennemi du Chevalier de Gotham. Et bien qu'ayant rendu l'âme, il cherche maintenant à se réincarner. Pour cela, il lui faut un corps, et son choix va se porter sur Damian, fils de Batman et de sa propre fille, Talia.
Pendant que certains aspirent à la vie éternelle, d'autres cherchent surtout à donner la mort. Le Senseï, le Spectre Blanc, les Messagers de Mort et une armée de ninja sont autant de menaces que devront affronter Robin et Nightwing, venus en aide à leur père spirituel. Et avant que ne se termine cette petite réunion de famille, bien du sang aura coulé. Et bien des espoirs auront été déçus.

Voici donc l'intégralité du crossover consacré au retour de Ra's Al Ghul, prologues et épilogue inclus. Ces épisodes, tirés des séries Batman, Robin, Nightwing, Detective Comics et de deux annuals, n'avaient pas trouvé leur place dans les revues kiosque VF et sont aujourd'hui publiés dans la collection Big Books de Panini (l'équivalent des Marvel Monster niveau couverture, papier et but).

Crossover oblige, il y a un grand nombre d'auteurs sur le coup. En ce qui concerne le scénario, il est écrit par Paul Dini, Grant Morrison (We3), Peter Milligan, Fabian Nicieza et Keith Champagne. Pour la partie dessin, le générique est encore plus long puisque se sont succédés : David Lõpez, Jason Pearson, Tony Daniel, Freddie E. Williams II, Don Kramer, Carlos Rodriguez, Ryan Benjamin et David Baldeõn. Si l'on ajoute les encreurs et coloristes, ça fait tout de même du monde !
Le grand point positif de cette histoire reste sans doute son accessibilité. En effet, même si vous ne connaissez pas grand-chose de Batman et de l'univers DC, vous parviendrez à suivre sans problème les péripéties qui sont contées ici. Une petite introduction permet même de présenter dans les grandes lignes Ra's Al Ghul, Talia et Damian. Le déroulement de cette saga est assez classique : quelques combats dans divers lieux à travers le monde, le tout agrémenté d'un petit dilemme moral pour l'un des personnages secondaires. Pas de quoi fouetter une chauve-souris mais un honnête divertissement tout de même. Le rôle de l'horripilant Damian aurait sans doute gagné à être approfondi, tout comme les relations entre Batman et Talia, mais visiblement, le but n'était pas ici de trop s'appesantir sur la psychologie des protagonistes.

Une histoire complète et sympathique handicapée par un prix relativement élevée (ces 11 épisodes sont, au final, plus chers qu'un Deluxe). Ce n'est pas encore cet ouvrage qui tirera les titres DC de leur marasme actuel, d'autant qu'il arbore un "pour lecteurs avertis" assez peu justifié (il n'y a ni sexe, ni langage ordurier, ni violence extrême). A trop vouloir aseptiser la lecture des plus jeunes, l'on finit par ne plus pouvoir faire la distinction entre ce qui relève clairement du domaine adulte et ce qui n'est qu'une frilosité absurde. Mais c'est une autre histoire... ;o)

ps : je signale un jeu Illuminati, concocté par Biaze, avec des lots Ultimate à gagner. N'hésitez pas à participer ici.

05 mars 2009

Strangers in Paradise : Amour, Flingues et Petites Culottes

Habile mélange de romance, comédie et polar, Strangers in Paradise est l'une des grandes réussites de la bande dessinée indépendante US.

Francine Peters et Katina Choovanski, alias "Katchoo", sont amies depuis très longtemps et partagent le même appartement. La brune est douce, romantique et court après une hypothétique relation amoureuse idéale. La blonde est une artiste vive, violente même parfois, qui se verrait bien partager le lit de Francine et qui n'hésitera pas à la venger d'un rustre particulièrement odieux.
Au milieu de ce duo arrive David, subjugué par la personnalité de la jolie Katchoo qui, elle, aime plutôt les femmes.
Passé mystérieux, ennuis avec la police, accointances mafieuses et autres moments joyeux ou douloureux se succèdent pour ces trois personnages attachants qui, sans amour, se sentent comme des étrangers au paradis...

Attention, ne vous laissez pas abuser par ce résumé qui peut paraître sirupeux car nous sommes ici devant un comic particulièrement brillant, sorte de soap expurgé de toute niaiserie. Mais commençons par le début. SiP est une - longue - série de Terry Moore qui signe dessins et scénario. Elle est divisée en trois "volumes" (un genre de "saisons" en fait) qui contiennent respectivement 3, 14 et 90 épisodes.
En France, le parcours éditorial de Strangers in Paradise va se révéler pour le moins chaotique. Les premiers épisodes sont publiés chez Le Téméraire, c'est ensuite Bulle Dog qui reprend le titre qui échouera, enfin, chez Kymera (un petit éditeur qui abrite quelques perles comme Luther Arkwright). Pour compliquer le tout, les premiers tomes, présents au catalogue de ces trois maisons d'édition, ne possèdent pas les mêmes titres (et apparemment pas le même découpage pour les deux premières versions). Du coup, mieux vaut commencer cette lecture avec les exemplaires de Kymera, cet éditeur présentant l'avantage de publier les nouveaux volumes mais aussi de rééditer les anciens. Ouf ! J'espère que c'est clair... ;o)

L'histoire en elle-même se révèle difficile à résumer. Ou plutôt, en la résumant, on ne lui rend pas service. Notamment parce que Terry Moore la sert avec un traitement narratif particulièrement intelligent qui lui donne toute sa saveur. Dès la première planche d'ailleurs, le lecteur est tout de suite accroché par un style direct et inspiré. Sa grande force réside surtout dans le mariage d'un humour efficace et d'une poésie touchante, ce qui constitue un sacré tour de force tant il n'était pas évident de parvenir à des moments de vraie émotion entre deux rires. Le but est pourtant parfaitement atteint.
Les dessins sont en Noir & Blanc, le trait est économe et, là encore, une facilité et une grande élégance se dégagent des planches. Les visages notamment sont particulièrement expressifs et bien réalisés. Katchoo, loin des caricatures habituelles et des formes très exagérées des super-héroïnes, est une pure merveille de charme et de sensualité. Rarement une fille de papier aura été aussi séduisante et charismatique !

Les thèmes abordés vont du plus courant (la recherche de l'âme soeur) au plus dramatique (le viol) et sont enrobés de scènes plus anecdotiques mais souvent très acides (un voisin voyeur par exemple). Rien n'est jamais vulgaire ou raté, tout tombe juste et finit par avoir l'effet voulu, que ce soit un sourire ou un sentiment plus poignant qui soient recherchés. Et si les personnages se construisent sur la durée, avec fort peu d'informations sur eux dans un premier temps, ils possèdent tout de suite une réelle consistance, un caractère, un côté réaliste qui les rend, sinon proches, du moins infiniment sympathiques (pour ceux qui sont censés l'être bien sûr), à un point qu'une fois commencée, il serait étonnant que vous abandonniez cette série en route, son pouvoir addictif étant peut-être le seul reproche que l'on puisse lui faire.

La traduction d'Eric Bufkens est plutôt bonne dans un premier temps, je n'ai relevé que deux petites erreurs dans le tome #1, malheureusement cela se dégrade nettement dans les suivants.
Kymera propose un grand format agrémenté d'une jolie couverture souple. Quelques pages de croquis, avec annotations de l'auteur, complètent l'ouvrage.

Une série drôle, sensible et intelligente. Du grand art. Elle a, paraît-il, un grand succès parmi la gent féminine. Mais ne vous inquiétez pas messieurs, les bonnes histoires sont, par nature, destinées à tout le monde. ;o)



" - J'ai entendu quelque chose ! Comme des coups de feu... dans la chambre de Katchoo !
- C'est sans doute son vibro qui a encore explosé ! Je te dis que cette nana devrait sortir plus."
Francine et Freddie, sous la plume de Terry Moore.



En savoir plus :

Site officiel et blog de Terry Moore

04 mars 2009

Who do you trust ?

Hier est sorti en kiosque le deuxième numéro de Secret Invasion. Voyons ce que nous réserve la déferlante skrull.

Nous avions laissé le mois dernier nos héros en bien mauvaise posture puisque, pour rajouter à la paranoïa ambiante, ils voyaient débarquer... leurs doubles venus du passé, chaque groupe étant persuadé que l'autre est composé de pâles imitations skrulls. C'est donc essentiellement à une longue baston que l'on assiste ici.
Pendant que la plupart des Masques se mettent copieusement sur la tronche en Terre Sauvage, une première vague skrull arrive sur terre, appuyée bien sûr par les infiltrés qui ont pris la place, sans que l'on sache encore depuis combien de temps, de certains personnages clé. L'on sait que Dugan (du SHIELD) est un skrull, tout comme Black Bolt ou encore Jarvis (le majordome des Vengeurs). Pour ce dernier, cela expliquerait pourquoi il flirtait à une époque avec la tante May ! Ces extraterrestres ont vraiment des goûts bizarres. ;o)

En plus de ce deuxième épisode de SI, la revue contient trois mini histoires tirées de Secret Invasion : Who do you trust ? La première partie est consacrée à Captain Marvel (que l'on a récemment vu dans Marvel Universe #13), les deux autres sont centrées sur Marvel Boy et l'agent Brand. Pour ce qui est du scénario, ce sont Brian Reed, Mike Carey et Zeb Wells qui s'y collent. Les dessins sont assurés par Lee Weeks, Timothy Green III et Steve Kurth. Mention spéciale pour Carey qui nous livre une histoire originale et bien construite qui tourne autour des relations diplomatiques et de la perfidie du représentant skrull.
L'ensemble est plutôt intéressant et permet de contrebalancer la partie, un peu trop axée sur les combats, de Bendis et Yu. Pour revenir d'ailleurs sur cette confrontation, l'on peut remarquer, dans le foisonnement de personnages, la présence de Jessica Jones à son époque "Jewel" (la fille avec les cheveux roses et le costume bleu clair). Autre petit point anecdotique, lors d'une scène avec Sentry, il est fait allusion à Void qui, cette fois, est correctement traduit (ça n'a pas toujours été le cas, cf cet article). La présence de Jérémy Manesse à la traduction n'est certainement pas étrangère au fait que celle-ci soit plus cohérente que ce que l'on avait vu sur World War Hulk.

L'invasion commence à peine, il faudra donc attendre la suite pour une véritable montée en puissance.

03 mars 2009

Le grand oublié des Césa... heu, du classement Alexa



Bon, je vais prendre un petit moment pour faire mon Dany Boon.
Figurez-vous que j'errais sur le Net à la recherche de chiffres de vente lorsque je tombe par hasard sur un classement des sites français de BD, classement basé sur le traffic ranking donné par Alexa.
Voici le supposé top 70 sur superpouvoirs.com (le classement provient de bandedessinee.info mais je n'ai pas trouvé la page précise sur ce site).

Tout de suite, je suis un peu surpris de voir que 70 sites me passent devant le nez, d'autant que la fréquentation d'Univers Marvel est plutôt bonne (entre 550 et plus de 600 visiteurs uniques par jour, soit plus de 18 000 visiteurs par mois).
Je convoque alors mes gens pour mener l'enquête (quoi, vous n'avez pas de petit personnel ?).
Il ne faut pas plus de huit heures de travail acharné pour que Siegfried, mon majordome, arrive en hurlant :
- Herr Nölt, herr Nölt, z'est une tromberie ! (je fais super bien l'accent allemand)
- Ciel, Siegfried, vous pourriez éviter de débarquer ainsi en hurlant, je viens de renverser mon lait au chocolat !
- Ze n'est bas du Baileys ?
- Chuuut, ah, mais c'est pas vrai, qu'il est con ! J'enregistre pour mettre ça sur mon blog, c'est malin maintenant, tout le monde va croire que je suis un alcoolo !
Du coup, je vais reprendre ce post normalement mais je vous assure que c'était du lait au chocolat.

Bref, après vérification, Alexa m'attribue un traffic rank de 1,109,993 (ce dont vous pouvez vous assurer en cliquant sur l'image en haut du post ou, tout simplement, en allant le vérifier sur Alexa directement). Ce score me place donc en 35ème position, juste devant 1001BD qui affiche un TR de 1,147,104.
Non seulement je devrais donc faire partie de ce classement mais je devrais même me retrouver au milieu, ce qui n'est pas si mal pour un blog dont je m'occupe seul et qui doit lutter contre des usines à news qui postent essentiellement des images accompagnées de trois pauvres lignes de texte.

Pedro, mon garçon d'écurie (les mexicains sont super à l'aise avec les chevaux) me disait récemment : "Te gusta mucho la cerveza" (ce qui signifie "monsieur est un bon maître"). Ce à quoi je lui ai répondu, le regard perdu vers un horizon enflammé par un soleil qui, épuisé, s'en allait rejoindre Morphée : "Tu sais mon vieux Pedro, lorsque les autres t'oublient, il ne faut pas hésiter à penser un peu à soi de temps en temps."
;o)

--------

[Edit : aujourd'hui, 18h20]
Comme je le précisais dans les commentaires de ce post (que je vous invite à lire), il ne m'est jamais venu à l'idée que Thomas Clément, l'auteur du classement dont il est question ici, nourrissait un quelconque sentiment négatif à mon égard. Il a eu la gentillesse de m'apporter, par mail, quelques précisions que je vais vous livrer ici (avec son accord bien entendu).

Thomas Clément : [...] Tu n'as pas été oublié dans le classement (je ne peux pas prétendre ne pas connaître ton site), mais volontairement écarté pour une seule et unique raison: ton site ne possède pas de nom de domaine propre. J'avais cru bon de ne prendre en compte dans mon classement que les sites en nom de domaine propre, car Alexa n'était pas en mesure de donner des statistiques concernant les sous-domaines. Concrètement, un site comme http://leonard.bd.free.fr/ se voyait attribuer le même Alexa Rank que http://www.free.fr (et ledit site consacré à la bd Léonard était du coup considéré comme le 115ème en termes de trafic au niveau mondial: http://www.alexa.com/data/details/traffic_details/leonard.bd.free.fr !) Apparemment, il semblerait que les blogs hébergés par blogspot aient droit à un traitement de faveur et qu'un rank leur soit attribué. Et vu les chiffres que tu donnes, ce rank me paraît crédible. Mais je préfère me limiter à une règle simple et facile à comprendre par l'ensemble des internautes: aucun site en sous domaine n'est pris en compte dans mon classement. Il est bien évident que ce n'est pas du tout une quelconque attaque personnelle à ton encontre (tu l'as d'ailleurs signalé dans les commentaires), mais je ne veux pas créer d'exceptions à la règle, afin d'éviter des discussions à n'en plus finir avec tous les mécontents qui ne manqueraient pas de se manifester.

Voilà une intervention précise et rapide qui permet d'y voir plus clair.
Il s'agit donc d'un problème lié aux noms de domaine. Ceci dit, je tiens à dire que si de nombreux blogs, dont l'url est un "sous-domaine", sont crédités du TR de leur domaine de référence, cela est très clairement précisé sur Alexa, ce qui n'engendre aucune confusion. A l'inverse, certains "sous-domaines", comme mon propre blog, bénéficient d'un TR propre (ce qui est peut-être lié à l'ancienneté ou à un certain niveau à dépasser, j'avoue ne pas savoir), ce qui est également clairement indiqué.
Je comprends néanmoins qu'il ne soit pas évident d'incorporer dans le classement, pour des raisons pratiques, des blogs qui n'ont pas tous un nom de domaine propre.
Merci à Thomas pour cet éclaircissement.
Et tant pis pour ceux qui ont des url de sous-domaine. ;o)