30 août 2009

UMAC : Season Finale

Eh bien voilà, c’est bientôt la rentrée.
Le premier article de septembre sera le 700ème de ce blog qui entamera, dans quelques mois, sa cinquième année d’existence.
Il y a eu des hauts et des bas, certainement amplifiés ou adoucis par cet étrange medium qu’est le Net, mais globalement c’est surtout de comics dont j’ai envie de me souvenir lorsque je fais un petit point sur tout ce temps passé à écrire, certes, mais surtout à découvrir de nouvelles planches. Et je n’ai pourtant toujours l’impression de n’avoir appréhendé qu’une bien petite parcelle de cet art.
Comme vous l’avez remarqué, bien que conservant toujours une très large place pour les œuvres Marvel, je chronique de plus en plus souvent des comics issus d’autres éditeurs. Voire même des BD européennes même si je garde, pour le style américain, une préférence très nette et teintée autant de nostalgie que d’espoir, surtout lorsque l’on voit la qualité globale de la production actuelle.
Je vous propose, pour clôturer cette saison, de nous remémorer quelques moments forts de l’année écoulée.


Septembre 2008
C’est le mois de la sortie du premier tome de The Boys. Putain, presque un an déjà ! Bon, les suivants sont un peu en dessous, mais cette on-going se suit toujours avec plaisir pour peu que l’on sache déchiffrer ce que cache le trash assumé de m’sieur Ennis. Une bonne manière aussi de désacraliser le mythe du super-héros.
En même temps, des mecs en tenue moulante avec des capes, on n’allait pas non plus en faire des intouchables. ;o)


Octobre 2008

Deuxième Marvel Deluxe pour les Runaways ! Une véritable consécration pour cette excellente série qui avait démarré en Mini Monster et dont la survie en VF était plus qu’hypothétique. Finalement, Nico, Karolina, Molly et toute la sympathique bande vont accomplir un réel exploit : constituer le premier matériel totalement inédit dans la collection Deluxe.
Ils assurent les p’tits jeunes non ?



Novembre 2008

En novembre, c’est le mois de la pub.
Pourquoi ?
Parce que !
Ah bon…
Heu, bon ok, on peut aussi se rabattre sur la réédition de Sandman. Mais c’est bien parce que c’est vous.





Décembre 2008

Ah, la première fois où j’ai lu un volume de la série Fables
Pour être franc, ni le sujet ni les dessins ne m’attiraient vraiment au départ. Et j’ai vite compris à quel point je me trompais ! C’est fin, passionnant, drôle, plein de suspens et très vite addictif. Une manière intelligente de réinterpréter tous ces personnages tombés dans le domaine public.



Janvier 2009

On commence l’année 2009 avec la Maison des Idées et notamment avec l’une des mes petites "protégées" puisque la douce Araña est (avec Spider-Girl) l’une des héroïnes dont je regrette l’absence (ou plus exactement l’arrêt de la publication des séries qui leur étaient dédiées) en VF.
C’est frais, sympa à lire et on se tape pas la tante May tout en restant dans de l’arachnide. ;o)




Février 2009

Un petit sujet sur Luther Arkwright nous emmène dans une uchronie dont les multiples univers sont en danger. Les dessins de Brian Talbot sont magnifiques. Rarement un N&B aura été aussi impressionnant visuellement.
Les effets, les plans, tout est très travaillé et, en plus, soutenu par une histoire aux références historiques et culturelles nombreuses.




Mars 2009

Amour, flingues et petites culottes, voilà une manière fort imparfaite de résumer le Strangers in Paradise de Terry Moore. L’on fait connaissance, dans cette série à part, avec la pétillante Katchoo, qui va se révéler drôle, émouvante, tantôt pleine de ressources et d’autres fois bien fragile. Bref, un personnage attachant et diablement bien écrit. Avec du romantisme pas nunuche à l’intérieur.
Que demander de plus ? ;o)


Avril 2009
Difficile de ne pas revenir, encore et toujours, sur The Walking Dead, série que je considère comme absolument incontournable tant elle se révèle riche, surprenante et parfaitement bien pensée. Bizarrement, je me rends compte que c’est encore du noir et blanc, enfin, du niveaux de gris quoi. Moi qui adore les jolies ambiances pastel, pour le coup, c’est raté ! M’enfin, lorsqu’une histoire est aussi bien contée, les couleurs finissent par sembler bien secondaires. Les covers permettent tout de même de se rendre compte du rendu qu'aurait pu donner une version (bien) colorisée.


Mai 2009
On n’y croyait plus, Powers revient en VF après une très très longue absence. La série en elle-même est un petit bijou, Bendis s’amusant à non pas parodier les super-héros mais à les placer dans des situations finalement naturelles bien qu’embarrassantes. A noter qu’ici, un virage plus sombre s’amorce. Les persos n’en prennent, avec des révélations prudemment dosées, que plus d’épaisseur.
Mai, c'est aussi l'anniversaire du début de la saga One More Day pour le Tisseur... avec les conséquences que l'on sait.


Juin 2009
Je vais retenir de ce mois l’étrange et doux-amer Meurtre au Paradis, une nouvelle de Gaiman adaptée ici en bande dessinée. Ce n’est pas une sortie récente mais, dans le lot des anciennes publications Semic bradées cette année, sans doute l’une des plus intéressantes.
Avec en prime la petite surprise finale qui va bien.





Juillet 2009

LA grosse claque que je n’attendais pas avec une BD française (et réversible) de Davy Mourier (cf la chronique et l'interview). En général, je suis plutôt réticent par rapport aux récits autobiographiques mais ici, contrairement à certaines romancières égocentrées avides de rappeurs (mais si, vous l’avez reconnue ! ;o)), l’auteur ne se montre aucunement nombriliste. Il parvient même, en alternant moments touchants et humour corrosif, à toujours trouver le décalage nécessaire, le mot juste, le trait adéquat pour embarquer le lecteur et le bombarder de sentiments contradictoires. Un pur et vrai bon moment de lecture et de découverte.


Août 2009

Boum, de nouveau du N&B (heureusement que je répète à l’envie que je n’aime pas ça !) avec Courtney Crumrin. Là encore c’est inattendu, acide, bien amené, bref, on se laisse happer par cet univers magique mais pas si enfantin que ça. Et pour terminer, je vais quand même ajouter Bone (mais la série colorisée, ouf, l’honneur est sauf ! ;o)) qui est un génial cocktail d’humour, d’heroic-fantasy et de ces petites choses presque indéfinissables qui font de quelques pages un moment magique et hors du temps.



Voilà pour les planches. Pour les réflexions qu’elles peuvent nous inspirer, nous pouvons retenir cet article sur les héros et leurs tentatives, vouées à l’échec, de trouver durablement l’amour, ou encore ce petit essai sur l’évolution des crossovers. Et puis 2009, tout de même, sera l’année où, pour une fois, j’ai apprécié une adaptation ciné. Petit retour sur le sujet avec cette chronique sur Watchmen.

Un an, lorsqu’il faut le résumer, c’est vite passé finalement.
Il y a les projets, les envies, les moments furtifs et étranges où l’on découvre de nouvelles choses et où tous les espoirs sont permis. Le printemps en quelque sorte.
L’été serait, du coup, plutôt les réalisations de l’année. Ce que l’on a construit, ce qui est solide et restera à jamais intact dans nos cœurs et nos âmes.
L’automne, je le verrais comme un moment amer où l’on fait le compte des déceptions et des amitiés jaunies et tombées à terre. Un passage dur mais nécessaire.
Et puis l’hiver. Ce froid qui nous enveloppe. La certitude d’être seul quand les oiseaux s’en vont chanter ailleurs et que la verdure se fait plus rare. Le retour des longues nuits et du vent qui souffle tard. Presque la mort et son bilan glacial, net, précis. Et quelques remords, comme par exemple celui d’avoir parfois malmené, par le verbe, des gens qui ne le méritaient pas tant. Mais bon… être un rustre a un avantage : on survit à bien des hivers.
Sauf un.


Ne ratez pas la saison #5, avec des comics, quelques gros mots, des masques, un flingue toujours chargé et, sans doute, encore de bien belles planches à découvrir. Bonne rentrée à tous. ;o)

28 août 2009

Send me an Angel

Panini publie ce mois une mini-série Marvel Knights sobrement intitulée Angel. Une vision très christique du fameux mutant à plumes.

Warren Worthington, troisième du nom, est un élève brillant, un athlète accompli, il est populaire, riche, bref tout va pour le mieux à Saint Joseph, l'établissement huppé qu'il fréquente. Pourtant depuis quelques temps, Warren n'est plus tout à fait le même. Il maigrit sans raison, ses performances sportives s'améliorent de manière exceptionnelle et, surtout, deux énormes hématomes s'étendent sur son dos.
Pendant que Warren cherche à dissimuler son état, son meilleur ami vit des moments difficiles. Non seulement Andrew est la cible d'un groupe d'élèves qui vont en faire leur souffre-douleur mais le Père Reynolds va également s'intéresser de près à lui. Et le moins que l'on puisse dire est que ses intentions ne sont pas très catholiques...
Pendant que la tension monte dans l'école, un tueur s'approche. Il a juré d'éliminer ces monstres qui, un peu partout, se mettent à accomplir des miracles. Car seul Dieu est digne de posséder ce genre de pouvoirs. Mais entre cet étrange serviteur du Seigneur et les innocents qu'il menace, bientôt se dressera un Ange.

Très bonne surprise pour cette série publiée en français dans la collection Marvel Graphic Novel. Le scénario tout d'abord, de Roberto Aguirre-Sacasa (Secret Invasion : Fantastic Four, Sensationnal Spider-Man, Young Avengers, The Stand), est une indiscutable réussite. Les débuts du X-Men qui sera plus tard connu sous le nom d'Angel sont fort bien décrits, que ce soit l'angoissante découverte de sa mutation ou encore l'ambiance générale du lycée. Mais surtout, au lieu de verser dans une histoire super-héroïque classique, l'auteur va explorer le côté symbolique de ce personnage si particulier. Tout tourne autour de la religion ou de ses représentants, que ce soit un prêtre pédophile, un illuminé convaincu d'avoir à accomplir une mission divine ou même Warren lui-même qui va apparaître sous les traits de Michel, l'archange vengeur. Même les premiers contacts télépathiques du professeur Xavier raisonneront comme la voix du Tout-Puissant dans la tête du jeune Worthington.
Une manière habile de nous rejouer la partition des origines tout en ne déplumant pas le mythe mais en y ajoutant, au contraire, un peu de mysticisme.

Du côté de l'aspect graphique, après un possible temps d'adaptation, l'on se prend à tomber sous le charme des dessins de Adam Pollina. L'artiste utilise des personnages aux corps longs et effilés, de la même manière il va se servir de la démesure en exagérant les flèches des bâtiments qui s'élèvent agressivement vers le ciel ou encore en transformant une simple écharpe en mouvement presque infini qui enveloppe son possesseur. Tout cela est finalement original et très esthétique, d'autant que la colorisation de Matt Hollingsworth est un modèle du genre et permet de diversifier les ambiances, de la clarté bleutée d'une chapelle, l'atmosphère moite et étouffante des couloirs en passant par un crépuscule rougeoyant ou la lumière crue des premières neiges.
Les covers, également presque toutes signées Pollina, sont plutôt jolies aussi. Malheureusement, Panini a choisi la plus fade (celle de Aja) pour illustrer l'ouvrage. Sans doute parce que c'est celle où Angel est le plus facilement identifiable, enfin bon, en même temps c'est écrit "Angel" en gros, ainsi que "Marvel" partout, on se doute bien que l'on n'achète pas la bible...

Une histoire solide mélangeant plusieurs intrigues - de la plus banale à la plus dramatique - et mise en images d'une manière atypique et expressive. Très vivement conseillé à moins d'être totalement allergique au style (la petite galerie ci-dessous vous permettra de vous faire déjà une petite idée).

Galerie
(cliquez sur les photos pour obtenir la taille réelle)

26 août 2009

Marvel Max : Legion of Monsters

La deuxième fournée librairie du mois d'août nous emmène aux portes de l'horreur avec La Légion des Monstres. Carpe Noctem !

Une jeune loup-garou prise en chasse par des villageois peut-être plus monstrueux qu'elle. Un vampire cherchant vainement à mettre un terme à sa sanglante addiction. Une créature, faite de boue et de masse végétale, dévorée vivante par une étrange assemblée ou encore une momie dans l'obligation de s'acquitter d'une lourde promesse, voilà quelques-unes des légendaires abominations que vous pourrez retrouver dans cette compilation d'histoires courtes qui permet à Panini de flirter de nouveau avec l'épouvante, tout comme dans sa collection Dark Side à la différence près que les zombies et succubes mis en scène ici font tous partie de l'univers Marvel.
Les nostalgiques de Werewolf by Night ou Man-Thing vont donc pouvoir renouer avec la nuit et ses frissons grâce à ce volume de la collection Max, paru aujourd'hui.

Voyons tout d'abord les nombreux auteurs qui participent à cet ouvrage. L'on retrouve au scénario Mike Carey (X-Men : Original Sin, Neverwhere), Charlie Huston (Moon Knight), Robin Furth (La Tour Sombre), C.B. Cebulski (Mystic Arcana,) ou encore Bill Mantlo. Aux crayons, également du beau monde avec Greg Land (Uncanny X-Men, Ultimate Fantastic Four), Michael Gaydos (Alias, New Avengers, The Pulse), David Finch (Ultimate X-Men, Ultimatum, New Avengers)... notons que Jonathan Hickman, Ted McKeever (Matrix) et Skottie Young (Legend of the Spider-Clan) signent à la fois histoire et illustrations de leurs one-shots respectifs.
La plupart des récits, bien que fort brefs, parviennent à installer une ambiance douce-amère plus que réellement horrifique, les fameux "monstres" étant souvent en fait plutôt incompris et animés de bons sentiments. Il existe cependant des exceptions, comme Satana, délicieusement cruelle et sexy. L'une des histoires ouvrant le plus de possibilités est sans doute "La Pomme et l'Arbre", dans laquelle Cebulski - aidé par les magnifiques planches de Finch - dépeint une guerre de clans qui voit s'affronter avec cynisme Dracula et Lilith. Le prix de l'originalité revient sans contestation possible à "La Momie Vivante" de Hickman, ce dernier associant un graphisme très stylisé à une forme narrative assez particulière qui permet, en plus de s'affranchir d'un découpage traditionnel, de pénétrer avec intérêt dans les mythes et coutumes de l'ancienne Egypte.

Une bonne impression générale se dégage de l'ensemble même si quelques épisodes sont un peu en dessous. Les dessins de Gaydos se révèlent finalement un peu décevants en comparaison de certains de ses anciens travaux. De même, l'on était en droit d'attendre un peu plus d'émotion lors de l'apparition de Man-Thing, personnage au potentiel dramatique très important mais largement sous-employé ici.
Quant à l'épisode datant de 1976 qui clôture l'ouvrage, même si l'on peut à juste titre le considérer comme un simple bonus, l'on ne peut pas dire qu'il laisse le lecteur sur une bonne impression tant dessins et storytelling sont datés et peu enthousiasmants.
Des défauts donc mais aussi de belles choses permettant de rendre hommage aux monstres les plus populaires des années 60/70. La brièveté du format est un choix qui peut se discuter mais il faut reconnaître également la grande habileté des auteurs : pratiquement tous parviennent à s'en accommoder pour construire une histoire solide et faire passer des émotions avec pourtant très peu de pages à leur disposition. Un exploit technique intéressant puisqu'il ne fonctionne véritablement que si l'auteur va droit à l'essentiel tout en conservant ce qui constitue, au final, l'essence même d'une bonne histoire. Nous n'en sommes pas encore à l'haïku en BD mais qui sait, ce cheminement nous y mènera peut-être un jour. ;o)

Un comic constitué de petits moments émouvants ou dérangeants plus que véritablement effrayants. Si les amateurs de longues sagas seront certainement déroutés, l'achat reste conseillé tant les artistes présents ici font preuve, dans une grande majorité, d'une réelle efficacité.

ps : le prochain article sera consacré à "Angel", un titre publié dans la collection Graphic Novel et également disponible, depuis aujourd'hui, en librairie.

24 août 2009

L'étrange périple des cousins Bone

La sortie du tome #7, colorisé, de la série Bone nous permet de faire un petit point sur cette saga mêlant humour, heroic fantasy, romance et drame.

Ils sont trois. Trois cousins chassés de Boneville à cause des malversations de Phoney, un arriviste grincheux prêt à tout pour quelques piécettes. Fone Bone, n'écoutant que sa gentillesse naturelle, n'a pu se résoudre à laisser le grippe-sou partir seul. Ils sont accompagnés par le troisième larron, Smiley, qui a toujours le sourire aux lèvres mais n'est pas bien malin.
Après s'être perdus dans le désert et avoir ensuite traversé de hautes montagnes, les voici arrivés dans une vallée dont ils ignorent tout, peuplée de bien singulières créatures. Il y a les bestioles, plutôt amicales, mais aussi ces saletés de rats-garous, dont la bêtise n'a d'égale que l'appétit. Et puis Fone va également découvrir la douce et belle Thorn, sans savoir que la jeune fille est menacée. Car le Sans-Visage a décidé de mener une vaste offensive et, surtout, le Seigneur des Criquets est de retour.
Pour les Bone, c'est le début d'une aventure extraordinaire qui leur fera découvrir l'amour, la guerre, quelques secrets et... les courses de vaches !

Si vous ne connaissez pas encore Bone, je vous envie presque car le meilleur est devant vous. J'ai moi-même mis un certain temps à m'intéresser à ces personnages au gros nez, un peu simplistes, avant de devenir complètement accro à cette oeuvre magistrale de Jeff Smith. L'auteur, qui signe scénario et dessin, sort le premier épisode, qu'il auto-édite, en 1991. Plus de 10 ans plus tard - et quelques prix prestigieux en poche - il met un terme à cette épopée qui, si elle se veut humoristique, prend le temps également de s'aventurer sur le terrain de l'émotion et du suspense.
C'est avec un talent peu commun que Smith nous plonge, dès les premières planches, dans son petit monde. Les personnages principaux sont vite cernés et deviennent bigrement attachants alors que nous découvrons avec eux les us des habitants de la vallée ainsi que la faune locale. Bien que les gags soient souvent présents, une trame sérieuse se dessine peu à peu. Fone découvre l'amour d'une manière naïve et attendrissante alors que la menace se concrétise au fil des tomes. Et si l'on finit par ne plus trop craindre ces gros idiots de rats-garous, le lecteur sent très vite que derrière eux, quelque chose de noir et malsain est tapi dans l'ombre.
Bien sûr les sources d'inspiration sont nombreuses, l'on peut voir si l'on y tient la trace de Tolkien ou Uncle Scrooge, mais Smith s'approprie suffisamment les mythes qu'il revisite pour que l'on parvienne aisément à oublier les références, volontaires ou non.

Pour ce qui est de l'aspect visuel, Jeff Smith mélange un dessin très cartoony avec des décors et personnages plus réalistes mais aux traits doux et charmeurs. La saga est publiée en France chez Delcourt. Il existe une première version, en noir & blanc, et une seconde (dont le tome #7 est sorti ce mois) colorisée. C'est sans conteste cette version en couleurs que je vous conseille. Le travail subtil et délicat de Steve Hamaker permet, dans la plupart des cas, de magnifier l'histoire et d'ajouter un vrai pouvoir de séduction supplémentaire à l'univers de Smith (voir à ce sujet les exemples à la fin de l'article). Belle manière de clouer le bec aux snobinards toujours prêts à se palucher sur de la grisaille sans pour autant comprendre si c'est une volonté artistique ou au contraire une contrainte économique ou liée à un délai de parution.
Attention cependant, pour ceux qui auraient déjà commencé à acheter les premiers tomes en N&B, les deux versions ne sont pas découpées de la même façon. La première comporte onze tomes alors que la version colorisée n'en comptera au final que neuf. Signalons que les livres en couleurs sont également dotés d'une carte de la vallée, absente des volumes N&B (certains contiennent même, plus anecdotiquement, des magnets en cadeau).

La traduction est bonne à part une énorme et irritante faute qui se trouve sur la première planche du premier tome. Si je vous dis "au temps pour moi", vous vous doutez un peu de la manière dont le traducteur a déformé cette expression... je ne vais pas en rajouter, j'ai tellement parlé de cette mauvaise habitude que ça va finir en running gag. ;o)

Une oeuvre drôle, tendre et passionnante. Du très grand art à la frontière de genres multiples.

Comparaison des différentes versions
(cliquez sur les images pour obtenir la taille réelle)

23 août 2009

X-Men : Original Sin

La saga Péché Originel débute ce mois dans le X-Men #151 et le Wolverine #187.

Après Messiah Complex, un nouveau crossover (classique celui-ci, en opposition aux "events" modernes dont nous avons parlé ici) mutant vient de débuter dans les séries X-Men : Legacy et Wolverine : Origins. Les trois premiers épisodes sont maintenant sortis en France et nous permettent de nous faire une petite idée sur ce nouveau récit plutôt violent.
Notre brave Wolvie demande à Charles Xavier de l'aider à déprogrammer son fils, Daken. Un service que le télépathe hésite à rendre étant donné les anciennes manipulations mentales dont il est responsable et qui ne lui ont pas valu que des remerciements. Pour tout compliquer, Daken est enlevé et Logan se retrouve au milieu d'une lutte pour le pouvoir au sein du tristement célèbre Club des Damnés.
Le scénario est signé Daniel Way et Mike Carey, les dessins sont de Scot Eaton et Mike Deodato. Visuellement, rien à signaler, c'est plutôt bien réalisé, quant à l'histoire, elle surfe sur les évènements récents, que ce soit la culpabilité du professeur X ou la récente paternité du Griffu. Un peu tôt pour en tirer encore une conclusion définitive même si les manigances de Sebastian Shaw peuvent sentir un peu le réchauffé.

Les deux revues proposent bien entendu la suite des autres sagas en cours. Dans X-Men, l'on retrouvera donc le tie-in lié à Secret Invasion - avec notamment un Beast qui découvre une arme anti-skrull assez redoutable - ainsi qu'un épisode, plutôt bon, des Young X-Men qui vont tenter de mettre fin au petit commerce d'un tatoueur, mutant de son état, qui refile des pouvoirs à tous les voyous qu'il croise.
Dans les pages du mensuel Wolverine, c'est la suite de Old Man Logan que l'on découvre avec toujours autant de plaisir. D'autant que l'on assiste à un moment crucial de l'histoire puisque l'on va apprendre pourquoi Logan a décidé de ne plus jamais remettre son costume et comment l'alliance des plus grands criminels a pu venir à bout des super-héros. Quelques scènes choc sous la plume de Mark Millar et toujours de superbes planches dessinées par Steve McNiven.

Un crossover de plus pour les mutants qui ne laisse pas, pour l'instant, une très grande impression. De bons épisodes complètent néanmoins les deux revues.

21 août 2009

Le sexe (dit) faible dans nos comics

Dans un genre réputé musclé et au milieu d’un lectorat majoritairement masculin, la place de la femme a-t-elle évolué dans nos comics ? Est-elle seulement suffisamment grande ?

Mythes et stéréotypes
Il faut bien l’avouer, certains personnages féminins sont passés à la postérité pour de bien mauvaises raisons. La pauvre Gwen Stacy sera ainsi devenue mythique pour avoir été jetée du haut d’un pont par l’ignoble Bouffon Vert. La fiancée de Peter Parker n’avait pourtant rien de bien charismatique avant de mourir et était finalement parfaitement dispensable. D’ailleurs, lorsque de nos jours des auteurs se penchent sur cette époque, c’est surtout le chagrin de Peter qu’ils mettent en avant, et non réellement sa petite amie (cf Spider-Man : Blue).
Et si Mary Jane se révèle sur la longueur quelque peu plus épicée, les scénaristes vont surtout en faire un motif d’inquiétude pour Parker. Le mythe de la princesse à sauver a la vie dure…
Lorsque la femme est bardée de pouvoirs, celle-ci n’a pas pour autant toujours un rôle crucial. Dans les années 60, Sue/Jane Storm/Richards est sans doute le membre le plus effacé des Fantastic Four. Son apport au groupe (en tant que mère ? (dans l’inconscient collectif à l’époque)) est d’ailleurs, pendant longtemps, purement défensif. Son accueil par le lectorat est mitigé, à un point tel que les auteurs (en VF dans un album Lug dont je n’ai plus la référence, si quelqu’un peut m’aider, je suis preneur) vont se fendre, en adresse directe au lecteur, d’un plaidoyer pro-Jane en rappelant ses hauts faits d’arme...
De nos jours, Jane/Sue est plus sexy (sous le crayon de McNiven par exemple) et est considérée comme le membre le plus puissant de l’équipe. Pendant Civil War, elle va même s’opposer assez violemment à son mari. Mais très vite la situation se dénoue et la belle rentre au bercail et range par la même occasion les papiers du divorce. Emancipée, oui, mais pas trop.

Du cul et des nichons
Si le Comics Code Authority aux Etats-Unis, ou la Commission de Surveillance et de Contrôle en France, parviennent après-guerre à imposer une certaine frilosité sans réelle censure, les années 90 voient apparaître bon nombre d’héroïnes mettant généreusement leur plastique en avant. Sara Pezzini ou Lara Croft vont ainsi endosser le rôle emblématique de la nana « libérée » mais finalement définie par un point de vue très masculin. Des flingues et un décolleté, voilà bien de quoi satisfaire le primate de base et l’adolescent prépubère. ;o)
Du faire-valoir bien sous tout rapport, nous voilà passé à l’objet de fantasme. Entre les deux, il existe bien évidemment des nuances et des exceptions mais pour l’essentiel l’évolution, pendant longtemps, se résume à cela.
Faut-il y voir pour autant un manque de talent des auteurs ou un mépris pour la gent féminine ? Non, ce serait évidemment céder à un raccourci trop facile. Un personnage comme Emma Frost, né dans les années 80, va évoluer en sacrifiant aux tenues légères mais en s’affirmant comme un sacré caractère et une héroïne franchement atypique. Chez DC, Wonder Woman, dont l’origine remonte pourtant aux années 40, va apparaître comme profondément féministe et finira dans le trio de tête des persos cultes de l’éditeur.
Mais malgré cela, le traitement réservé aux héroïnes reste assez particulier.

Le gaulois, macho ?
La VF actuelle n’a pas vraiment de quoi s’enorgueillir question défense des persos féminins, surtout du côté de Panini. Spider-Girl est passée à la trappe, tout comme la prometteuse Araña. L’on-going Ms. Marvel n’a pas trouvé sa place dans les mensuels Heroes et l’accueil réservé à Miss Hulk (une série au ton certes particulier) a été plus que moyen.
Là encore, il existe des exceptions à la règle mais elles n’ont pas une grande durée de vie. La série Alias de Bendis, mettant en scène Jessica Jones, une femme moderne et attachante, ne durera que le temps de remplir cinq numéros de la collection 100% Marvel. Dans un autre genre, Elektra (pourtant bien plus masculine dans l’âme et à la psychologie bien moins travaillée) aura droit à une série plus étoffée. Faudrait-il, pour qu’une femme réussisse dans les comics, qu’elle ait les attributs d’un homme ?
Fort heureusement non.

Vers l’essentiel
La véritable évolution, bien qu’elle soit palpable dans le mainstream, doit aller se chercher un peu hors des sentiers battus. Le vaste monde des comics n’étant pas peuplé que de super-héros, nous pouvons notamment nous pencher sur des titres tels que Strangers in Paradise. Voilà une série où, sur trois personnages principaux, deux femmes tiennent le haut du pavé. Et quelles femmes ! Si Francine assume ses faiblesses, ses rondeurs et son addiction aux sales types, Katchoo parvient à imposer une image féminine à la fois forte et complexe, débarrassée du rôle de victime ou de copine un peu chiante. Le véritable défi (parfaitement réussi) de Terry Moore consiste ici à donner la priorité au point de vue féminin de ses personnages.
Et quand le talent est là, nous nous rendons compte que les a priori des éditeurs ne tiennent pas la route. Un lecteur aurait besoin d’un personnage qui lui ressemble pour s’identifier à lui ? Faux. Ou, en tout cas, il ne faut pas limiter la fameuse « ressemblance » aux seuls critères physiques, sexuels ou générationnels. Personne n’a jamais accroché un lecteur grâce à la forme d’un nez ou l’âge supposé d’un perso mais plutôt en parvenant à créer une proximité de sentiments.
Et Katchoo, pour nombre d’entre nous, sera toujours plus proche qu’un Superman.

Dangerous
Débarrassées du côté paternaliste – pour ne pas dire misogyne – de la première moitié du vingtième siècle, certaines séries actuelles réservent tout de même à la femme une place peu enviable. Dans le Girls des frères Luna, les auteurs décrivent, à travers une image féminine séductrice et sensuelle, une menace extrême menant aux pires drames. Avec un peu de facilité l’on pourrait même penser que ces filles, bien qu’extraterrestres, révèlent par leur nudité une sorte de message sous-jacent mettant en garde contre le pouvoir de séduction ou la vraie nature de la femme.
Une autre série moderne et fort bien écrite réservant une place particulière à la femme est Y, the last man. Le héros est un homme mais, en fait, il est surtout le seul homme du récit. Et les nombreux personnages féminins décrits ici font froid dans le dos tant ils endossent, avec un empressement coupable, les pires stéréotypes masculins. Ici encore, le danger vient des femmes. Et entre le rôle de mère/épouse modèle, celui d’objet sexuel et l’incarnation des pires dangers, les séries offrant une place enviable à leurs protagonistes féminins ne sont pas légion, même si des exceptions notables, comme Naifeh dans Courtney Crumrin, osent représenter le mythe de la « gentille fillette » d’une manière originale voire délicieusement misanthrope, ce qui ne la rend pas foncièrement sympathique mais la place avantageusement au-dessus de la "meute".

Dans les vieilles marmites…
Il faut se tourner vers Marvel, maison supposée parfois (à tort) conservatrice et frileuse, pour finalement découvrir des femmes ou jeunes filles débarrassées des vieux clichés scénaristiques. Une série comme Spider-Man loves Mary Jane, malgré son titre, fait la part belle à la fiancée de Parker. Et bien que destinée à un public jeune, elle met en avant de fort belle manière une MJ qui, ici, est au centre de l’histoire, Spidey n'étant qu'une petite peluche entre ses mains... moyen de fantasmer le héros idéal mais aussi de remettre à sa place une araignée parfois irritante par son côté bêtement (et aveuglément, dans One More Day par exemple) protecteur.
Dans un autre registre, Vaughan va accorder, dans la série Runaways, une place très importantes au sexe faible. Faible n’est d’ailleurs pas le mot puisque le leadership de l’équipe revient à Nico Minoru et que le membre le plus puissant du groupe est la petite Molly. Avec une certaine audace, la question de l’homosexualité féminine est même abordée dans cette on-going qui permet presque, du coup, de libérer totalement la femme de l’influence masculine.
Certaines mini-séries, comme Les Filles du Dragon, tout en surfant sur des références très liées à l’univers de Tarantino (Jackie Brown et Kill Bill précisément), permettent de donner la tête d’affiche à des femmes fortes et au cynisme n’ayant rien à envier à celui de leurs couillus confrères.
D’autres personnages, comme X-23 ou White Tiger, s’ils sont fortement liés à leurs clones ou prédécesseurs à la voix grave, permettent également d’explorer des voies intéressantes et de transmettre un héritage revu et corrigé par des héroïnes fragiles, cassées, malmenées par la vie… car en n’étant plus caricaturée, la femme peut maintenant « bénéficier » des pires traitements et coups durs.

De l’Art et de l’Ego
La représentation de la femme lorsqu’elle est liée, comme dans les comics, à une vision très majoritairement masculine doit s’affranchir, avec le temps et l’audace, de réflexes presque inconscients qui la cantonnent à des rôles ingrats et absurdes. L’imagerie de la mère/épouse parfaite n’a pas plus de réalité que celle de la guerrière combattant en string (cf Red Sonja). Et il n’y a d’ailleurs rien de bien intéressant dans ces deux extrêmes tant ils sont typiquement masculins.
Pour parvenir à concevoir des personnages féminins séduisants, réalistes, profonds, il ne faut pas que l’auteur projette sur eux ses fantasmes mais bien qu’il parvienne, au moins un peu, à voir à travers leurs yeux, à leur accorder une sensibilité différente qui ne sera ni nunuche ni putassière.
Et ce n’est pas évident. Cela demande du travail (beaucoup), du talent (un peu) et, pour les scénaristes hommes, cela demande une ouverture d’esprit suffisante pour vaincre idées reçues et dogmes sociaux.
Le fait que la plupart des super-héros (ou des personnages de BD) soit des hommes n’est pas selon moi une conséquence des désirs du lectorat mais un manque d’ambition et de courage de certains éditeurs, confortés dans leur erreur par des auteurs qui, parfois, se montrent trop frileux – ou à l’inverse trop couillons – lorsqu’ils doivent donner vie à une femme de papier.

Au final que penser ?
Le domaine des comics est si vaste que tout le monde ou presque pourra toujours y trouver de quoi se satisfaire. Globalement, ce genre n’échappe pas à la sottise ambiante ou aux préjugés. Encore que, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ces publications bon marché, qui ne paient pas de mine, ont toujours été plus ou moins en avance sur leur temps ou à la pointe de l’actualité. Cette capacité de réaction, d’adaptation immédiate, génère à la fois des idioties pondues à la va-vite (comme la navrante tentative d'incorporer Obama à une histoire d'une pauvreté affligeante) mais aussi des œuvres à la liberté de ton et à la forme exceptionnelles.
Que la femme puisse prendre aujourd’hui, même chez les éditeurs grand public, une place multiforme est plutôt un signe de bonne santé de la part d’un medium que beaucoup dénigrent et rangent dans la catégorie des publications infantiles.
Pour autant, la Dame a-t-elle la même valeur que le Roi ? Pas encore… mais il ne faut pas oublier qu’aux échecs tout comme souvent dans la vie, l’essentiel dépend d’elle et de la place qu’on lui laisse. Ou, mieux encore, qu’elle impose…
Mais en attendant que des artistes féminines viennent un peu maltraiter les bonhommes et s’affirmer dans nos planches, nous aurons encore droit à quelques gros clichés de nanas enchaînés et soumises, les nibards en évidence. Parce que certains travers, même s’ils ont des conséquences visuellement agréables, ont la vie dure. Et puis peut-être aussi parce que nous sommes obligés de réduire les femmes à une seule de leurs facettes pour oublier à quel point elles sont fascinantes, désarmantes et, pour certaines, bien au-dessus de nos viles préoccupations.

Le poète prétend que la femme est l’avenir de l’homme. Il serait temps qu’elle devienne son présent. Parce que, franchement, ça peut pas être pire. Et puis, avouons-le, sa version papier nous séduit tout autant que les modèles bien réels dont elle est issue. A condition qu'elle soit correctement mise en scène. Et donc qu'elle ne soit pas soumise ou effacée mais surprenante, indépendante et, si possible, tendre. Car après tout, même le plus con des guerriers a parfois besoin d'un regard aimant. Et ce genre de regard est moins facile à maîtriser qu'un coup d'épée. C'est un peu pour cela que l'on fait du bruit et que l'on fanfaronne. Parce que nous n'aurons jamais ce petit quelque chose en plus dans le regard... nous, à la place, on pisse debout.
Et je suis pas sûr qu'on gagne au change bordel !

Ultimate Spider-Man : Annual & Ultimatum

Un numéro plus épais que d'habitude pour l'Ultimate Spider-Man #68, sorti ce jour et estampillé Ultimatum.

Changement d'attitude de la police envers Spidey ! Alors que d'habitude il doit faire face à des tentatives d'arrestation, voilà que les forces de l'ordre le remercient et, surtout, lui demandent son aide pour mettre la main sur un criminel du nom de Mysterio.
Mais la vie d'un adolescent n'est heureusement pas faite que de bastons avec des tarés costumés. Peter doit passer un cap avec Mary Jane et cela n'est pas évident pour les deux jeunes gens lorsqu'il s'agit de savoir si "ils vont le faire" ou non. De son côté Johnny Storm, alias la Torche des Fantastic Four, en a assez des filles superficielles et ennuyeuses qui constituaient son lot quotidien. Alors qu'il fuit une starlette, il tombe sur une inconnue masquée qui lui rappelle curieusement son pote Peter. La rencontre ne le laisse pas indifférent et le brûlant jeune homme rêve déjà de conquérir la demoiselle...
Quant à tante May, elle doit maintenant, en tant que tutrice, faire admettre au lycée de Midtown l'étrange résurrection de Gwen. Mais la pauvre n'est pas au bout de ses surprises et l'ombre de Spider-Man n'a pas fini d'obscurcir sa vie.

Le bimestriel du Tisseur accueille donc le troisième annual de la série ainsi que le début de l'arc Ultimatum, lié évidemment aux évènements dramatiques qui bouleversent actuellement le monde Ultimate. Il y a donc plus de pages que d'habitude mais Panini, dans sa grande sagesse, en a profité pour augmenter le prix de la revue. Pas de petit profit. Christian Grasse nous annonce dans son édito 16 pages supplémentaires alors qu'il n'y en a que 14 (11 en plus pour l'annual et 3 pages d'interview). Toujours dans les approximations, Grasse explique que Kitty Pryde a eu une aventure avec Peter avant qu'il ne sorte avec MJ. Plus précisément, pour les nouveaux lecteurs, précisons qu'il est sorti avec Kitty après avoir eu une longue relation avec MJ qu'il avait quittée par peur des conséquences, pour elle, de son statut de super-héros. Leur séparation n'a duré qu'un temps et ils sont actuellement de nouveau ensemble.

Revenons aux histoires du jour. L'annual, scénarisé par Brian Michael Bendis, a un peu baladé les lecteurs avec des rumeurs d'éventuelles coucheries alors que le sujet est finalement traité à la va-vite et de manière très soft. L'essentiel est donc ailleurs. Dans l'entrée en jeu du Mysterio ultimisé notamment ou encore dans l'enquête menée par la pétillante Jessica Jones (personnage déjà créé par Bendis dans l'univers classique, cf ce petit portrait) qui pourrait bien poser quelques problèmes à Peter. En même temps, il ne reste plus grand monde qui ne soit pas au courant de ses activités...
Notons que les dessins sont ici l'oeuvre de David Lafuente qui prendra la suite d'Immonen sur USM.
Le deuxième épisode est une pure réussite à la Bendis, avec un maximum de scènes intimistes, drôles ou tendues, qui se concentrent sur la vie des personnages et remisent pour un temps le côté super-héroïque pur. Que ce soit la vie amoureuse des adolescents (avec une grosse surprise en préparation pour Storm qui ignore évidemment que la fille qu'il a rencontrée est le clone de Peter, cf la Saga du Clone ultimate) ou un nouveau coup dur qui tombe sur la tête de cette pauvre May Parker (oui, celle-ci je l'aime bien contrairement à la vioque du 616), tout est parfaitement orchestré et permet d'enchaîner les coups de théâtre sans pour autant oublier de développer les relations entre les différents protagonistes.

Pour ce qui est du bonus (qui n'en est pas un puisqu'on nous le fait payer), le lecteur pourra découvrir une petite interview de Stuart Immonen qui évoque rapidement l'évolution de son travail, ses différentes séries (dont Nextwave) ou encore sa collaboration avec Bendis. L'ensemble est plutôt sympa et, en plus, illustré.

Une nouvelle bonne fournée pour une série très ancrée dans l'adolescence mais qui, grâce à la qualité de son écriture, convient aussi bien aux adultes qu'aux enfants.

19 août 2009

Daredevil : With or without Fear

Le tome #17 de Daredevil en 100% Marvel est intitulé "Sans Peur". Un titre qui pourrait se révéler finalement bien trompeur...

Matt Murdock a été exposé au gaz anxiogène de Mister Fear. Mais pour Daredevil, ce n'est pas bien grave, l'homme sans peur en a vu d'autres. Pour Milla, son épouse, la situation est par contre plus délicate. Le poison qui est en elle lui a fait perdre la raison. La voici accusée de meurtre.
Le défi est double pour le protecteur de Hell's Kitchen. L'avocat doit tout tenter pour faire sortir sa femme de prison alors que le justicier doit retrouver le coupable et le faire payer. Chèrement.
Mais tout n'est pas si simple. Alors que Fear reste introuvable, Matt sent monter la peur en lui. Une peur non artificielle cette fois. La peur de voir mourir, encore une fois, un être cher. La peur de perdre Milla comme il a perdu Karen. Et puis la peur aussi, sans doute, de ne pas contrôler sa colère et de laisser le monstre en lui l'emporter.
Pour Daredevil, la pire des rencontres vient de commencer. Une rencontre avec la peur et ses milliers de nuances.

Et voici la deuxième sortie de la journée. Car si les revues kiosque ont connu quelques problèmes ce mois-ci, avec un Marvel Heroes perdu dans la nature, les parutions librairie semblent tenir bon malgré la canicule et les étourderies des distributeurs. ;o)
Alors, petite particularité de ce 100% Marvel, il contient le centième numéro de l'on-going (deuxième du nom) consacrée au Diable Rouge. Pour fêter dignement cet anniversaire, Marvel a invité pas mal d'artistes. Outre Michael Lark, Stefano Gaudiano et Paul Azaceta qui signent l'essentiel des dessins de l'arc Without Fear, quelques noms sympathiques s'ajoutent pour participer à l'évènement. L'on va ainsi retrouver John Romita Sr, Alex Maleev, Lee Bermejo, Gene Colan ou encore Bill Sienkiewicz histoire de marquer le coup.
Au niveau des initiatives paniniennes, rien du tout puisque seules les covers font ici office de bonus. Et encore, la cover du numéro #100 est tronquée...

Pour ce qui est de l'histoire, nous retrouvons bien sûr Ed Brubaker au scénario. Certains évènements cruciaux étaient d'ailleurs narrés dans le volume précédent (cf Daredevil #16). En fait, l'on peut craindre au départ une sorte de redite de ce qu'avait fait Bendis avec l'hallucinant récit opposant Murdock au Caïd (cf ce Deluxe et le duel #11 des Combats d'Anthologie). Le fait d'être face à un adversaire surpuissant et déterminé, d'être poussé dans ses derniers retranchements, tout cela peut avoir un goût de déjà-vu. Heureusement, Brubaker ne se contente pas de rejouer la même partition et explore ses propres voies.
La présence de Hood tout d'abord apporte à la fois une référence directe à la continuité mais permet également de décrire la lutte pour la suprématie dans la sphère criminelle new-yorkaise. Le destin de Milla est également particulièrement bien géré par Brubaker qui, sans nous refaire une version de la triste fin de Karen Page (que l'on peut lire dans ce Deluxe), va lui réserver un sort peut-être pire encore. Enfin, Matt subit encore une fois un sacré choc et, tout héros qu'il est, semble être allergique aux happy ends (ou peut-être est-ce un effet de cette fameuse loi qui voue le héros à la solitude et les couples marvelliens à l'échec).
Bref, on reste dans du polar noir, très dur, quitte à frôler l'overdose. Un petit arc - voire un simple one-shot - plus léger ne serait pas de trop, d'autant que Brubaker ne distille pas comme Bendis les petites pointes d'humour qui permettait au lecteur de se décrisper un peu. Ceci dit, l'histoire est bonne, les dessins sont bons, c'est bien là l'essentiel même si l'on voit difficilement comment Daredevil pourrait tenir à ce rythme sans souffler un peu (d'autant que le trip "descente aux enfers" a déjà été exploité, et de bien belle manière).

Du Daredevil musclé et presque classique malgré quelques petites surprises. La tension dramatique est encore présente mais après l'incarcération de Murdock, son identité dévoilée par les media ou son combat épique contre le Caïd, on se demande ce qu'il va falloir maintenant lui faire subir pour maintenir une intensité qui semble devenir la marque de fabrique de la série.

Hit the road Jack !

Sortie aujourd'hui du premier volume de Jack of Fables, spin-off de la mythique série Fables.

Jack Horner est ce que l'on appelle un Fable. Il a bâti sa réputation autour d'un haricot magique et de quelques géants mais c'est surtout à Hollywood qu'il s'est révélé au monde en produisant une trilogie basée sur sa légende et, accessoirement, en faisant fortune. Fableville ayant ses règles, Jack est retrouvé par la Bête - remplaçant Bigby Wolf dans le rôle de shérif - qui lui confisque ses biens et lui signifie qu'il est banni du petit monde abritant secrètement les siens dans New York.
Une peine bien légère pour Jack, habitué à n'en faire qu'à sa tête et à parcourir le monde. Sauf que cette fois, Jack de tous les Contes risque de tomber sur plus fort que lui. Enlevé par une mystérieuse organisation, il découvre une prison, dirigée par Revise, que l'on appelle également le Bibliothécaire en Chef. L'homme s'est donné pour mission d'éradiquer toute magie de la surface de la terre. Pour cela, il retient captifs les Fables qui tombent entre ses mains et les condamne à l'oubli. Privés de la croyance populaire, les êtres mythiques perdent ainsi avec le temps leurs pouvoirs...
Voici un défi à la hauteur de Jack : s'évader de là où personne n'a jamais réussi à s'enfuir. Il va lui falloir déjouer bien des pièges et affronter une armée de gardes, les étranges bagmen.

Voici donc la série dérivée du riche univers de Fables (l'un des excellents titres Vertigo) et accordant la tête d'affiche au roublard Jack Horner. Ce dernier avait déjà pris son indépendance il y a quelques temps, dans le tome #8 en VF de la série régulière. Après qu'il ait été banni, la tentation était grande de suivre les pas de l'ex vedette hollywoodienne, voilà qui est fait avec toujours Bill Willingham au scénario, épaulé par Matthew Sturges. Pas de grande surprise donc sur le ton du récit qui reste aussi moderne et percutant.
Si l'on retrouve quelques scènes drôles ou osées, les auteurs conservent également ces petits moments d'émotions qui éclairent d'un jour nouveau les figures légendaires que nous connaissons tous au moins un peu. Pour ce premier arc de cinq épisodes, Boucle d'Or - toujours aussi délicieusement haïssable - fait notamment son grand retour mais l'on pourra également découvrir des personnages issus du Magicien d'Oz ou la célèbre Alice du pays des merveilles. Et même le lièvre et sa non moins célèbre adversaire, la tortue !

Question dessin, c'est Tony Akins qui se voit chargé de donner consistance aux mythes. Le style est tout à fait comparable à celui de la série mère, là encore le lecteur ne sera donc pas traumatisé par un grand changement. Un petit carnet de croquis, à la fin de l'ouvrage, permet d'ailleurs de profiter plus longuement du style simple, mais efficace et expressif, de l'artiste.
Les covers, elles, sont toujours signées James Jean.
Au final, ceux qui sont déjà conquis par Fables adoreront les aventures de Jack, palpitantes et gentiment épicées. Pour les nouveaux venus, il est tout de même préférable de commencer par la série principale si l'on veut saisir toutes les allusions et les rapports installés de longue date entre certains protagonistes (notamment ici la rancoeur de la jolie "bouclette" à l'égard de Fableville et de ses habitants).

Plus qu'une façon d'exploiter un filon, cette série est un ajout de qualité à l'univers de Fables. Il faut dire que les contes sont suffisamment nombreux et le talent de Willingham suffisamment grand pour pouvoir supporter encore de nombreuses ramifications.
Autant de raisons pour emboiter le pas au vieux Jack.

17 août 2009

Venom : Dark Origin

Aujourd'hui sort en kiosque le Spider-Man hors série #28 qui accueille la mini-série Venom : Dark Origin. Une saga qui revisite la naissance de l'un des plus célèbres ennemis du Tisseur.

La vie n'est pas facile pour le petit Eddie qui sent bien, malgré son jeune âge, qu'on lui reproche la mort de sa mère, décédée après l'avoir mis au monde. Pour attirer l'attention et devenir un héros, il est prêt à tout. Même à tricher. Pour un enfant, ce n'est pas bien grave. Il enlève un chat pour ensuite le rendre à sa propriétaire et passer pour le sauveur. Mais devenu adulte, Eddie continue à s'arranger avec la vérité.
Pour cela, il a trouvé la profession idéale : journaliste. Etant celui qui est censé rapporter les faits, il peut les modifier à sa convenance. Puisque c'est un larbin, il va devenir un grand reporter. Puisqu'il est lâche, il va s'inventer du courage. Et quand les ennuis arriveront et qu'il ne pourra s'en prendre qu'à lui-même, toujours par habitude il inventera un responsable à blâmer. Mieux, un ennemi. Spider-Man...

Après le grand retour d'Eddie Brock dans Amazing Spider-Man (cf Spider-Man #114), voilà une mini-série qui revient sur ses origines. Une aubaine pour les nouveaux lecteurs (surtout ceux qui ne connaissent Venom que par le biais du volume des Incontournables lui étant consacré) mais aussi pour les plus anciens puisque Zeb Wells, au scénario, va développer une histoire qui comble certains blancs et nous dévoile même un pan de l'enfance et de l'adolescence de Brock.
C'est d'ailleurs lorsqu'il est enfant que ce dernier est le plus émouvant. Les années passant, Eddie va se transformer en un monstre d'égoïsme et de lâcheté auquel, bien plus tard, le fameux symbiote fera écho. Certaines scènes sont bien pensées et impressionnantes, comme la première union entre le symbiote et son hôte, particulièrement bien décrite (avec même un petit flash nous faisant entrevoir une bataille des Guerres Secrètes).

C'est Angel Medina qui se charge des dessins. L'artiste nous offre un Venom qui en impose et qui, peu à peu, va s'unir de plus en plus profondément à son hôte si particulier. Autre bonne idée des auteurs ; alors que l'on remonte dans le passé d'Eddie, l'on va également découvrir la planète d'origine - franchement hostile - du symbiote et une partie de la faune exotique qui va avec.
Spidey ou MJ font bien sûr leur apparition bien que la saga se concentre sur la psychologie de Brock et sa fuite en avant. Bref, du tout bon qui ferait presque regretter que le tout soit expédié en seulement cinq épisodes. La jeunesse d'Eddie aurait peut-être mérité d'être un peu plus exploitée tant elle permet de donner une réelle densité au personnage. Mais bon, ne boudons pas notre plaisir, voilà longtemps que l'on n'avait pas eu un Spider-Man HS aussi bon (la rencontre avec Red Sonja, le spécial annuals ou la saga de Kevin Smith n'ayant pas été vraiment passionnants).

Un récit qui ne se contente pas de moderniser du déjà-vu mais apporte un réel plus à un personnage ambigu et inquiétant.

15 août 2009

L'Oeuf, la Poule et les Gros Cons

Je profite de ce jour férié pour vous parler un peu d'un sujet n'ayant rien à voir avec les comics. Vous le savez peut-être, je suis assez sensible à la question de la souffrance inutile infligée aux animaux.
Pourquoi "inutile" ?
Parce que je bouffe des bestioles et que je n'ai rien contre l'expérimentation animale si cela peut faire avancer la science et si l'on n'ajoute pas aux expériences une souffrance qui peut être évitée. Je ne tiens donc pas à "sacraliser" les animaux et à tomber dans l'anthropomorphisme. Par contre il me semble judicieux, en tant que consommateur, d'agir de manière responsable.

Ce qui m'amène à vous parler... des poules.
Alors forcément, pour les media, c'est moins "sexy" qu'un chien que l'on maltraiterait mais ce n'est pas une raison pour s'en désintéresser. Vous allez me dire "c'est bien joli mais qu'est-ce qu'on y peut ?"
Eh bien, il existe un petit truc tout simple qui permet de savoir avec précision dans quelles conditions vivent les poules qui ont pondu les oeufs que vous achetez.
Sur chaque oeuf est imprimé un numéro. Dans ce numéro, le chiffre figurant avant les lettres "FR" indique le type d'élevage :

0 : agriculture "bio" (poules élevées en plein air)
1 : poules élevées en plein air (mais ne disposant que de 4m² de "surface de vie")
2 : poules élevées sans cage mais restant à l'intérieur d'un bâtiment
3 : poules élevées en batterie (dans une cage dont la surface est équivalente à une feuille A4 !)

Autrement dit, le 2 est à éviter et le 3 se devrait d'être totalement interdit.
En évitant d'acheter des oeufs provenant de cette dernière catégorie, les éleveurs industriels sont frappés là où ça fait mal, autrement dit en plein dans la caisse enregistreuse.
Acheter un oeuf plutôt qu'un autre permettrait donc, sur le long terme, à toutes les poules de se dégourdir un peu les jambes, ce qui ne semble pas être un luxe excessif...

Une campagne est actuellement menée par la PMAF (Protection Mondiale des Animaux de Ferme) afin d'interdire l'élevage en batterie dès 2012. Vous pouvez également signer un Manifeste en faveur de cette cause animale.
Je vous encourage à visiter ce site mais rappelez-vous que les euros sont souvent plus efficaces que les lois.
Soyez dignes et responsables, n'hésitez pas à proclamer sur vos sites et blogs que le numéro 3 ne passera pas par vous !
Oui au jogging pour les poules ! ;o)
Et pour garder tout de même une touche "comics" tout en restant dans le domaine animal, je vous invite à lire - si ce n'est déjà fait - l'article consacré à l'excellent We3 de Morrison et Quitely. Une oeuvre pleine de tendresse et d'intelligence, un mélange rare de nos jours.