28 janvier 2010

Punisher : Girls in White Dresses

La série régulière du Punisher dans la collection Max accueille une nouvelle équipe créative. Sera-t-elle capable de nous faire oublier Ennis ?

Tierra Rota, une petite ville près de la frontière mexicaine, vit dans la terreur. Des groupes masqués enlèvent les femmes et jeunes filles de la communauté et les mutilent atrocement. La population ne peut pas compter sur la police locale. Par contre, les villageois ont entendu parler d'un homme. Un gringo au coeur noir qui apporte la punition à ceux qui la méritent.
Cet homme c'est Frank Castle. Il vit depuis trente ans avec le souvenir de sa famille massacrée par des ordures. Il sent encore la main de son fils dans la sienne, une main froide, fragile, qu'il n'a pas su protéger. Il sait qu'il ne pourra pas les ramener, que rien n'apaisera sa douleur. Mais il a décidé de renvoyer les balles à leurs expéditeurs. De faire couler le sang des criminels. Alors Frank part pour cette petite ville, afin de faire ce qu'il fait le mieux.
Sans se douter que, peut-être, cette mission de trop allait lui faire passer la frontière. Pas celle du Mexique mais bien celle qui sépare les justiciers, même expéditifs, des tueurs de gamines...

Cette suite du Punisher était attendue avec une certaine appréhension. Non seulement parce que succéder à Garth Ennis (cf tomes #13 et #14) n'est pas très évident, ensuite parce que le scénariste, Gregg Hurwitz, n'avait pas laissé un grand souvenir pour sa première démonstration sur la série Foolkiller.
Fort heureusement, il s'en sort ici beaucoup mieux. On reste dans une ambiance très violente mais l'auteur va explorer quelque peu le côté humain du Punisher en se servant de la terrible souffrance qui l'habite mais également en le mettant face à la plus terrible des erreurs. Seul, pathétique, au bord du suicide, Castle se révèle tragique et presque fragile. Une très bonne façon d'aborder le personnage et, tout en restant dans la lignée des épisodes précédents, de creuser un aspect important de sa personnalité.

Niveau dessin, c'est du très bon avec un excellent Laurence Campbell qui nous livre des planches sombres, jouant sur les contrastes et les grands aplats noirs. Certaines scènes sont un peu dures mais l'artiste n'en rajoute jamais dans le côté gore et parvient même à imaginer des procédés qui, tout en montrant fort peu de choses, permettent instantanément au lecteur d'imaginer l'essentiel. L'autopsie improvisée, dans la morgue, est à ce titre exemplaire.
Quant au Punisher, il reste toujours aussi impressionnant et son petit "coup de mou" ne lui enlève nullement son côté massif et implacable.
Pas de souci relevé dans la traduction (et pas de XXX à la place des gros mots cette fois, cf cet article).

Un arc de cinq épisodes, réussi et convaincant.
A réserver à un public adulte.