22 février 2010

Scalped : sexe et violence en territoire indien

La nouvelle série Vertigo qui débarque ce mois en VF a pour titre Scalped. Bienvenue en pays indien.

Dashiell Bad Horse revient à Prairie Rose, réserve indienne du South Dakota, après l'avoir quittée quinze ans plus tôt.
L'homme a bourlingué et s'est endurci, des tournois de boxe illégaux du Nevada jusqu'aux opérations militaires du Kosovo, il a pris des coups et en a rendu. Après quelques rixes, il devient bientôt officier de la police tribale, une force de sécurité sous la coupe de Red Crow, un ancien activiste également président du conseil Oglala et PDG d'un casino flambant neuf.
Dash va bientôt constater que rien n'a changé.
L'endroit est toujours aussi rude, pauvre, corrompu par la criminalité, l'alcoolisme et les trafics en tout genre. Il aurait souhaité ne jamais revenir dans ce trou mais un homme a les moyens de l'y obliger. Un homme qui connait son passé et qui a une vengeance à accomplir.

Alors Scalped, qu'est-ce que c'est ? Eh bien il s'agit d'un polar, âpre, parsemé de personnages cassés et en souffrance. Si l'on devait faire une comparaison, flatteuse, avec une série, ce serait un peu The Shield. C'est aussi un lieu - le Dakota du Sud - que l'on a peu l'habitude de côtoyer dans les comics, d'autant qu'ici le récit a pour toile de fond les amérindiens, que ce soit au travers de leur culture ou de leurs conditions de vie, souvent peu enviables.
Le scénario est signé Jason Aaron (Wolverine, Black Panther), les dessins sont de R.M. Guéra. Graphiquement, les planches sont à l'image de l'ambiance générale ; contrastées et sulfureuses. On sent le poids de la vie "peser" sur certaines tronches et la température monter lors des scènes un peu chaudes où la violence reste omniprésente.

On met un peu de temps avant de réellement rentrer dans l'histoire, peut-être parce qu'il est difficile de s'attacher immédiatement au personnage principal, sorte de brute renfermée peu amène et quasi suicidaire. Pourtant, au fil de ces cinq épisodes, une intrigue complexe se met en place et le passé des protagonistes est peu à peu dévoilé, rendant le tout finalement crédible et angoissant, jusqu'au cliffhanger final, aussi inattendu que brutal. Si l'on ajoute à cela des dialogues percutants et une narration dynamique, l'on peut affirmer sans trop de risques que l'on est devant une oeuvre réussie, maîtrisée et qui mérite de rencontrer un large public.

Une série coup de poing, sans concession, à réserver à un public adulte.

ps : une petite vidéo pour bien commencer la semaine : sur le site d'Arkham Comics, une scène vous permettant de constater que l'on ne peut pas aborder n'importe comment une jeune fille, même dans un comic shop.