22 mars 2010

Fables : où il est question de Loups et de sentiments

Suite de la série Fables avec le tome #9 qui sort ce mois en VF et contient le déjà mythique épisode #50.

Il y a bien des séries de qualité publiées sous le label Vertigo, mais Fables fait assurément partie des incontournables, comme nous avions déjà pu nous en rendre compte à l'occasion de cette petite présentation ou encore pour la sortie du spin-off Jack of Fables.
Nous sommes arrivés maintenant à un moment charnière de l'aventure (attention, petits spoilers pour ceux qui n'auraient pas lu le début). Nous connaissons l'identité de l'Adversaire, Fableville a montré qu'elle pouvait soutenir un assaut de la part de l'Empire, et les remous internes consécutifs à la révolte de la Ferme sont en passe de s'apaiser. Et malgré tout, Bill Willingham, génial scénariste de cette saga, est loin d'avoir épuisé toutes les ressources du riche univers qu'il a su créer. Que ce soit par des intrigues diplomatiques, amoureuses ou policières, l'auteur parvient toujours à se renouveler et nous surprendre.

Ce tome commence avec un récit centré sur l'ennemi, et même plus particulièrement un soldat de bois qui s'éprend de l'une de ses semblables et va tenter de reproduire les gesticulations amoureuses des êtres de chair. A la fois drôles et émouvants, ces deux épisodes permettent non seulement de ne pas figer les sbires de l'Adversaire dans une position trop monolithique mais, en plus, ils débouchent sur une conclusion inattendue qui sert parfaitement l'histoire et aura sans doute des répercussions importantes.
On peut difficilement faire mieux au niveau de l'écriture.
La suite est tout aussi excellente, avec un Mowgli sur les traces de Bigby, ancien shérif de Fableville. Ce dernier est en effet rappelé par l'actuel maire afin d'accomplir une mission de représailles de la plus haute importance, non seulement pour l'ensemble des Fables mais pour son propre avenir (rappelons qu'il est en exil et ne peut rejoindre sa femme et ses enfants). L'heureux évènement de l'épisode #50 vaut à lui seul le détour tant on l'attendait avec impatience. Là encore on notera les nombreux détails sympathiques - et souvent drôles - dont est parsemé le récit. La gaffe du petit Spectre sur les "trucs d'amoureux" par exemple. ;o)

On termine sur une mission, diplomatique cette fois, menée par la belle et débrouillarde Cendrillon, toujours heureuse de pouvoir mener son ex mari à la baguette. Une bonne occasion également de découvrir un peu les Royaumes des Nuages et leurs habitants. L'ouvrage se termine sur une carte de la Ferme (plutôt jolie) et un plan de Fableville (fonctionnel mais laid).
Les dessins sont assurés par l'habituel Mark Buckingham ainsi que Jim Fern et Shawn McManus. Graphiquement, le style reste assez commun, ni moche, ni franchement exceptionnel (au contraire des magnifiques covers de James Jean).
Je ne peux en tout cas que vous inciter à plonger dans cette série, même si le concept vous paraît étrange, même si les planches ne vous attirent pas plus que ça, soyez certains qu'il s'agit là de l'un des meilleurs moments de lecture de ces dernières années, proposant une réécriture moderne des personnages de contes, de l'humour, quelques drames et romances, une lutte épique - politique et militaire - contre un ennemi original et... l'union magnifique du Grand Méchant Loup et de Blanche Neige.
Comme quoi, les méchants au grand coeur gagnent parfois à la fin.
Dans les comics en tout cas.

Enorme et addictif.