05 avril 2010

Scène atroce dans le dernier Spider-Man

Le Spider-Man #123 marque le début de la saga American Son et contient une scène particulièrement traumatisante, sans doute la pire jamais dessinée dans un comic.

Attention ami lecteur, si tu n'as pas le coeur bien accroché, il serait préférable de laisser de côté pour ce mois la revue du Tisseur et même sans doute ne pas aller plus loin dans cette chronique tant ce que j'y dévoile peut être source de traumatismes psychologiques sévères.
Toujours là ? Ah, je vois. On joue les aventuriers, les fier-à-bras, on veut connaître des sensations fortes et se prouver que l'on est un dur. Soit, si tel est ton choix, je l'accepte, mais je ne pourrai en aucun cas être tenu pour responsable des conséquences probables, telles que la perte du sommeil, de l'appétit et de la libido.
Bon, commençons par un petit rappel. Le mois dernier, Spidey était parti en virée avec les Fantastic Four dans le macroverse (cf cette chronique). Lors de leur séjour assez bref, deux mois se sont en fait écoulés sur la Terre 616. A son retour, Parker a donc pu constater notamment que J. Jonah Jameson était devenu maire de New York. Après une petite tentative de rapprochement, Peter décide de pousser à bout son éternel détracteur en restant Spider-Man 24h/24. On a droit du coup à de petites scènes un peu ridicules, comme Spider-Man offrant des parapluies en toile aux passants, ou Spider-Man faisant taire un type qui parle un peu trop fort au téléphone... les activités super-héroïques ne sont plus ce qu'elles étaient.

Mais surtout ce brave Spidey, qui ne s'est pas lavé depuis trois jours, décide d'aller prendre une douche chez sa tante May qu'il pense absente. Rappelons pour ceux qui ne connaitraient pas encore la tantine que c'est pour la sauver que Peter a sacrifié sa femme (cf One More Day) et qu'il préfère aller la rejoindre plutôt que répondre aux avances des jeunes filles qui essaient de flirter avec lui (cf Spider-Man #119). Alors, on sentait une montée en puissance de la sexualité de la tante May, qui après s'être tapé Jarvis avait déjà un nouveau prétendant, eh bien cette fois, Mark Waid au scénario et Mike McKone au dessin ont franchi un cap supplémentaire. Ce qui devait arriver arrive. Peter entend du bruit dans la chambre de la tantine et, trahi par son 6ème sens qui d'habitude l'avertit d'un danger, il ouvre et découvre un spectacle abominable : May à poil en train de faire des galipettes avec le père de Jameson. C'est à ce moment-là que j'ai perdu connaissance. Quand je suis revenu à moi, trois heures plus tard, j'avais choppé une conjonctivite nerveuse et c'est en tremblant, l'estomac au bord des lèvres, que j'ai courageusement poursuivi la lecture de ce mensuel érotico-gérontophile.

Plus sérieusement, il se passe tout de même pas mal de choses ce mois-ci. Durant cet arc complet et l'épisode ouvrant la saga American Son, avec Joe Kelly au scénario et Phil Jimenez au dessin, l'on découvre tout de même un nouveau vilain, un nouveau personnage secondaire, on assiste à une demande en mariage et l'on apprend qu'une connaissance est enceinte. Sans compter que l'on a Wolverine en guest et que l'on assiste à une réunion de famille avec les tourtereaux du 3ème âge et leurs rejetons respectifs (Jonah et Peter vont être de la même famille maintenant, May leur fera-t-elle bientôt un petit frère ou une petite soeur ?).
Dans l'ensemble, tout cela se laisse lire tout en restant assez moyen, le plus intéressant étant sans doute les projets que Norman Osborn nourrit pour son fils. Il faut dire que depuis Brand New Day, il est assez difficile de nous passionner pour un Spider-Man totalement vidé de son vécu et de toute profondeur. Parker lui-même peine à être pris au sérieux tant il est devenu égoïste, borné et benêt. Autre problème plus grave, en le faisant régresser au stade adolescent, les scénaristes lui font vivre des "épreuves" qui ne sont pas de son âge (il est censé avoir pas loin de la trentaine tout de même). Il n'arrive pas à draguer une fille, il a un colocataire, il est tout le temps fourré dans les jupons de sa tante (maintenant il la reluque même quand elle... heurk, je peux pas le dire, j'ai encore cette image atroce devant les yeux alors que pourtant j'ai arraché et brûlé la page), bref, les fameux fondamentaux qui ont été si mal interprétés par Quesada (cf ce débat ou ce petit bilan) conviendraient à un Parker à la fac, pas à celui que l'on connaît et qui a déjà été marié et quasiment père.

Pour en terminer, Panini nous informe sur la cover qu'il s'agit d'une nouvelle formule pour le mensuel. Effectivement, la mise en page du sommaire et de l'édito a très légèrement changé. Heureusement qu'ils nous le disent quand même parce que c'est si subtil que ça n'aurait pas été évident de s'en rendre compte seul. Remercions-les pour ce travail qui a bien dû prendre une bonne demi-heure de leur si précieux temps.

Une série à prendre de plus en plus au second degré.
A conseiller aux amateurs d'octogénaires dévergondées.