02 mai 2010

Encyclopédie Iron Man

Une nouvelle encyclopédie Semic est consacrée à Iron Man et présentée comme le guide ultime sur le super-héros en armure. Tout de suite, on vérifie si la promesse est tenue.

Après un ouvrage similaire centré sur Wolverine ou encore les Chroniques de Marvel, Semic, qui appartient aujourd'hui au groupe Tournon, s'intéresse cette fois de près à Tony Stark et ses armures.
On commence logiquement par une présentation générale du personnage et de sa genèse, notamment sa première apparition dans Tales of Suspense. L'auteur, Matthew K. Manning, s'attarde ensuite sur l'armure, avec par exemple une vue éclatée du casque. Un peu simpliste tout de même pour donner l'illusion d'un schéma technique.
Plus intéressant, l'on passe ensuite en revue les nombreuses armures utilisées par Stark au fil du temps. De la Mark I à Extremis, en passant par les versions Hulkbuster, furtive ou spatiale. Un joli condensé, en six planches, de plus de quarante ans d'évolution.

Après un topo sur les relations de Tony, ses plus célèbres adversaires, ou encore les Vengeurs, le lecteur pourra bénéficier d'une chronologie, simplifiée mais complète, des aventures de Iron Man. Les plus importantes sagas sont abordées également, avec parfois un épisode clé qui est disséqué et permet de rentrer dans les détails. Les derniers grands évènements ne sont pas en reste puisque House of M, Civil War et même Dark Reign sont évoqués. Une petite partie est en plus consacrée aux réalités alternatives et à l'univers Ultimate.

En apparence, voilà donc quelque chose de complet. Pourtant, le livre n'est pas exempt de défauts.
Tout d'abord, la mise en page (habituelle pour les encyclopédies Semic) donne une impression de fouillis et manque de la rigueur nécessaire à ce type d'ouvrage informatif. L'on gagne sans doute en illustrations ce que l'on perd d'un point de vue pratique.
Le texte et la traduction apportent leur lot d'étrangetés. Ainsi, Sentry est souvent appelé "the Sentry". Plus grave, son alter ego, Void, est ici affublé du nom de "Néant" (déjà que Panini l'appelle parfois "le vide", on se demande comment les nouveaux lecteurs peuvent encore s'y retrouver). Autre exemple, le Raft, quartier de la prison de Ryker's Island, généralement non traduit, est ici appelé "le radeau". Dans un autre registre, les Inhumains sont renommés "Non-Humains". Bref, des termes qui peuvent décontenancer et qui ne se retrouveront pas sous la même forme dans les comics, ce qui est un peu gênant pour une encyclopédie censée aider à la compréhension du vaste marvelverse.

L'on trouve quelques petites fautes d'impression également, comme dans "Tony prend Peter en fait son protégé", sorte d'amalgame entre les expressions "prendre sous son aile" et "en faire son protégé".
Les personnages et sagas présentent également des approximations. Le pouvoir de Sentry (encore lui, décidément) est décrit comme l'équivalent de "cent étoiles qui explosent", or, en général, l'on parle plutôt d'un million de soleils. Quand on se le prend dans la tronche, je sais bien que ça ne doit pas changer grand-chose, m'enfin...
Plus énervant, l'intrigue de Civil War est expliquée de manière très partiale (avec une vision millarienne intégriste) qui ne rend pas compte de la réalité et du rôle difficile de Stark. Ce dernier est même qualifié de "tortionnaire" de Steve Rogers, ce qui est tout bonnement absurde.
Mis à part ces quelques - sérieuses - réserves, l'ensemble n'est pas si mal mais ne mérite peut-être pas le titre ronflant de "guide ultime". Ceci dit, le prix, plutôt modeste (moins de 25 euros), reste assez attractif.

Une encyclopédie qui manque un peu de sérieux et peut même parfois plonger le nouveau venu dans la perplexité plus que l'éclairer vraiment. A réserver aux fans de Tête-de-Fer ou aux novices souhaitant connaître les grandes lignes de son épopée.


Un petit aperçu des pages intérieures
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