22 mai 2010

Irrécupérable : le protecteur de l'humanité devient le Mal incarné

Que se passe-t-il lorsqu'un super-héros ayant les pouvoirs d'un dieu bascule du côté obscur ? C'est ce que l'on découvre dans Irredeemable, disponible depuis quelques jours en VF.

Le Plutonien est le plus grand héros de la terre. Sa force est illimitée, ses sens améliorés, il peut voler, se déplace à une vitesse vertigineuse et est également télépathe. Mais est-il réellement à la hauteur de ses dons ? A-t-il un mental assez solide pour supporter les trahisons, les railleries et l'ingratitude ?
Un jour, il craque. Le bienfaiteur de l'humanité devient son pire cauchemar. Il tue ses anciens collègues du groupe Paradigme, rase des villes entières, assassine des millions d'innocents...
Rien ni personne ne semble pouvoir l'arrêter. Le monde est sous la coupe du plus puissant psychopathe ayant jamais existé.
Mais comment en est-il arrivé là ? Comment un homme serviable, gentil, ayant des valeurs et un sens aigu de la justice, peut-il se transformer en monstre sanguinaire ? Et si c'était simplement les petites bassesses et les déceptions quotidiennes qui avaient poussé ce héros sur la voie du Mal ?

Les six premiers épisodes de cette série, publiée aux Etats-Unis par Boom ! Studios, sont donc adaptés ce mois-ci par Delcourt. Le scénario est signé Mark Waid (Ruse, Amazing Spider-Man), les dessins sont l'oeuvre de Peter Krause.
L'on entre tout de suite dans le vif du sujet avec une impressionnante scène d'ouverture qui pose rapidement les bases du récit. L'auteur, comme il l'explique dans son petit mot d'introduction, souhaite explorer une piste relativement peu suivie dans les comics super-héroïque, à savoir un personnage ultra puissant qui, contre toute attente, n'est pas suffisamment stable psychologiquement pour supporter la charge qui est la sienne. Un peu comme si Superman devenait Lex Luthor.
Alors que la panique gagne l'ONU et que ses anciens coéquipiers tentent désespérément de trouver un point faible chez le Plutonien, l'on nous montre régulièrement des flashbacks permettant de découvrir comment Tony glisse peu à peu vers la folie meurtrière. Rien n'est encore résolu à la fin de ce premier tome qui donne vraiment envie de connaître la suite.
La partie graphique est soignée, dans un style réaliste. Le coloriste, Andrew Dalhouse, a su créer un changement d'ambiance astucieux entre le passé, lumineux, du Plutonien et l'époque actuelle, bien plus sombre.

Un "nervous breakdown" super-héroïque bien pensé et fort intéressant.