29 mai 2010

X-Men Forever

Le X-Men Extra #79 contient la nouvelle série de Claremont, X-Men Forever. Tout de suite, le point sur les premiers épisodes et sur une traduction qui restera dans les annales.

Resituons tout d'abord un peu le contexte. Le scénariste, Chris Claremont (X-Men : Vignettes, Exiles, Wanderers), a profondément marqué le destin des mutants en écrivant leurs aventures pendant des années. Il quitte les X-Men en 1991, après avoir participé à des sagas devenues cultes et avoir été à l'origine de nombreux personnages toujours exploités aujourd'hui. L'auteur, à l'époque, ne part pourtant pas par lassitude, mais sur un différend l'opposant à la Maison des Idées. Il emporte avec lui les pistes qu'il avait proposées et qui n'avaient pas reçu l'aval des responsables.
Vingt ans après, la brouille est oubliée et Marvel publie un titre, hors continuité, qui décrit ce qui se serait passé si Claremont était resté en charge des mutants.
La partie dessin, elle, est assurée par Tom Grummett.

Cette ancienne-nouvelle saga débute après la mort de Magneto. Gambit vient d'arriver à l'école de Xavier, Jean Grey est secrètement amoureuse de Logan et Nick Fury surveille de près les affaires mutantes.
Claremont commence par ramener Kitty Pryde et Kurt Wagner au sein des X-Men, ces derniers quittant donc Excalibur. Après un combat contre Fabian Cortez, l'équipe doit faire face à une attaque surprise et découvrir qui a bien pu causer la mort de l'un d'entre eux...
Beaucoup de bastons et de dialogues peu inspirés pour cette première fournée. Les pistes suivies par le scénariste peuvent parfois se révéler intéressantes, mais le sont-elles suffisamment pour générer un réel engouement, vingt ans après ? L'on peut se poser la question, d'autant qu'évidemment, tous ces évènements n'auront aucun impact sur l'univers 616 actuel.
Les nostalgiques y trouveront peut-être tout de même leur compte, mais difficile de s'enthousiasmer réellement pour cette narration à l'ancienne qui se révèle parfois assez lourde.

Passons maintenant à la traduction avec le grand retour de la Mata Hari du Verbe, la Rémy Julienne de la langue française, celle qui ose tout, je veux bien sûr parler de Geneviève Coulomb (cf Fury ou encore Wolverine/Elektra pour l'admirer en pleine action). Je passe rapidement sur les élisions aventureuses, l'absence de forme négative correcte et les erreurs grossières (du genre "vous me larguer ici") pour en venir aux expressions si particulières qui font toute la richesse du style coulombien.
On a donc droit, par exemple, à de jolies tournures, comme "on voit pourquoi tu étais copain de l'autre", ou encore "on essaie, mais on est eus à chaque tournant". Pas mal aussi le "je tiens à te surveiller au doigt et à l'oeil", ainsi qu'un étonnant "je fais solo". Et ce qui est bien, c'est que l'on peut en trouver des tonnes : "il est mort à bout d'usure", "elle peut pas faire de vitesse" (en parlant d'un perso qui ne peut aller bien vite), "le complexe souterrain en sous-sol de l'école" (par opposition aux souterrains que l'on construit dans les étages sans doute), et cetera.
Geneviève est donc en passe de réaliser son rêve : inventer son propre patois régional. Et ce qui est admirable, c'est que là où d'autres pencheraient pour une forme claire, juste, agréable, précise, Geneviève, elle, n'hésite pas à refuser la facilité et à opter pour la traduction expérimentale. Et ça, c'est beau.

Une histoire guère passionnante rehaussée toutefois par une version coulombienne du plus bel effet.
Collector.