11 juin 2010

Batman : Arkham Asylum

Le chevalier de Gotham pénètre au coeur de la folie dans L'asile d'Arkham, réédité dans la collection DC Icons de Panini.

L'asile d'Arkham abrite les plus dangereux psychopathes de Gotham. Emmenés par le Joker, ces derniers vont prendre le contrôle de l'établissement et exiger que Batman vienne les rejoindre. Ne pouvant décemment pas laisser exécuter les otages, Bruce Wayne accepte et rejoint ses pires ennemis.
Le héros plonge alors dans l'antre de la démence, au sein d'un lieu impressionnant, marqué par les troubles de son fondateur. En effet, le journal d'Amadeus Arkham va progressivement livrer les secrets du médecin et de sa sinistre institution.
Pour Batman commence un périple à travers les coups, le sang et les apparences, souvent trompeuses. Et si, finalement, il finissait par douter de sa propre santé mentale ?

Voilà donc la réédition d'un Graphic Novel très particulier, scénarisé par Grant Morrison (We3) et dessiné par Dave McKean, connu notamment pour ses magnifiques covers de la série Sandman.
Le récit pourrait se résumer à une série de confrontations entre Batman et certains de ses vieux ennemis s'il n'était pas complètement transcendé par les peintures exceptionnelles de McKean. C'est le style très impressionnant de l'artiste qui va ainsi donner tout son sens et sa puissance émotionnelle à l'histoire. L'ambiance visuelle, faite de visages déformés, d'ombres inquiétantes et d'étranges symboles, est encore renforcée par l'utilisation de photos ou de textures qui contrastent fortement avec l'aspect onirique de l'ensemble.
Au final, une forte et malsaine tension semble émaner des planches et crée un véritable malaise chez le lecteur. Ce tour de force peut d'ailleurs se rapprocher un peu du travail de David Mack (sur Echo notamment), bien que ce dernier me semble être plus inventif encore.

L'ouvrage, bien que ne s'inscrivant pas spécialement dans la continuité de l'univers DC Comics, n'est tout de même pas si facilement abordable qu'il n'y parait. En effet, alors que Batman rencontre une vaste galerie d'adversaires (comme Harvey Dent ou le Chapelier Fou), ceux-ci ne sont parfois pas réellement nommés et il faut donc une certaine connaissance des personnages pour pouvoir les reconnaître et apprécier véritablement leur entrée en scène. D'ailleurs, il est dommage que la petite présentation des protagonistes, que l'on trouve à la fin, ne soit pas plus complète, les auteurs ayant privilégié une esthétique et une économie de mots qui prolonge et soutient l'ambiance du récit mais perd en valeur informative.

Enfin, précisons que ce fort beau comic, avec hardcover, contient également les croquis et le découpage originel de Morrison, ainsi qu'une postface de Karen Berger, responsable éditoriale, qui nous conte la genèse du projet. De petits plus fort appréciables. Comme quoi, ce n'est pas si difficile de faire du bon travail.

Une expérience graphique intéressante et originale.