29 juin 2010

Zombies : La Divine Comédie

Le genre post-apocalyptique, bourré de types pas très frais qui vous voient comme un bon repas, on commence à connaître. Mais voyons comment se débrouillent les frenchies auteurs de Zombies.
Sam a survécu à la fin du monde. Alors que tout s'est écroulé autour de lui, qu'il a assisté à la chute du gouvernement, de l'armée, de la civilisation, il s'est enfui comme un lâche, sans se préoccuper de sa famille. Jusqu'au jour où il reçoit un appel de sa fille, Stacy.
Elle est quelque part, à Seattle.
Sam s'y rend alors et écume pendant des mois une ville qui s'étend sur 200 km². Il régresse au stade animal, devient rapide, silencieux. Il s'écarte des rares groupes de survivants qu'il croise. Ils sont trop dangereux, trop bruyants. Mais l'on n'est jamais totalement à l'abri des rencontres inopinées. A cause de l'une d'elle, Sam se retrouve en charge de Josh, un gamin de douze ans qui est trop jeune pour avoir abandonné tout espoir. Avec lui, Sam redécouvre qu'un semblant de vie normale peut revenir au milieu de cet enfer.
Ils parlent de comics, fument ensemble, se marrent un peu...
Combien de temps le monde les laissera-t-il profiter de cette parenthèse dans l'horreur ?

On le sait, en BD, ce ne sont pas les zombies qui manquent (cf cet article). Si l'on peut penser que le tour de la question a été fait, surtout depuis que Kirkman a placé la barre si haut avec The Walking Dead, l'on trouve encore tout de même des oeuvres qui méritent le détour et possèdent leur propre personnalité. Dont ce fameux Zombies qui nous intéresse ici.
Graphiquement tout d'abord, c'est un sans faute. Sophian Cholet nous livre des planches impressionnantes, dans un style réaliste et détaillé. Il est parfaitement secondé dans sa tâche par Simon Champelovier dont la colorisation, fort jolie, donne un résultat très agréable à l'oeil. L'ambiance est là, tout en évitant d'en rajouter dans l'inutilement gore.

Le scénario, signé Olivier Peru, était l'aspect qui, d'emblée, me causait quelques inquiétudes. Inquiétudes totalement balayées dès l'introduction, magistrale et inventive. La suite du récit, tout aussi bonne, se partage entre action pure et moments plus calmes où l'auteur pose son univers et en profite pour nous donner quelques infos sur les personnages ou l'épidémie. Plusieurs références à la pop culture sont disséminées au fil de l'histoire, parfois d'une manière vraiment très habile (la scène suivant la discussion sur Superman et le fait qu'il n'existe pas est vraiment bien amenée). Ce premier tome, dont la conclusion est aussi forte et inattendue que l'intro, peut se lire comme une histoire complète, même si évidemment de nombreux éléments ne sont qu'évoqués et serviront à développer la suite.

Une suite que l'on attend d'ailleurs avec impatience étant donné le soin apporté à ce premier opus.
L'album est disponible chez Soleil, au sein de la collection Anticipation. Grand format, hardcover et classique découpage européen de 46 planches, pour moins de 13 euros.

Une vrai réussite, dans un domaine où la concurrence est pourtant rude.