17 août 2010

Marvel Saga : Assault on New Olympus

Les héros du Marvelverse affrontent les dieux de l'Olympe dans le Marvel Saga #7, sorti aujourd'hui en kiosque.

Après la destruction de l'Olympe, les dieux et déesses se sont réfugiés sur le monde des mortels. Héra, depuis la mort de Zeus, dirige ainsi le groupe Olympus, une société qui, avec l'appui d'alliés tels que Norman Osborn et ses Dark Avengers, a mis au point Continuum. Le produit est présenté comme un remède aux soucis de la vie moderne, mais il s'agit en fait d'une arme terrible qui permettrait à Héra d'atteindre son but : l'avènement de la quatrième extinction et la création d'un nouvel univers.
Athéna va alors tout tenter pour contrer ce sordide projet. Elle va bien entendu demander de l'aide à Hercule, qui lui-même bat le rappel des troupes. Spider-Man, Wolverine, Hank Pym, Amadeus Cho et bien d'autres répondent présent et sont prêts pour une bataille qui s'avère décisive.
Les Masques modernes et les anciens Mythes vont s'affronter...

Athéna a un point commun avec la princesse Peach : elle parvient à se fourrer avec une régularité exceptionnelle dans les pires situations possibles. Alors bien sûr, après, on laisse faire le sale boulot aux autres, et vas-y que je t'attaque le sanctuaire en pétant la gueule à des mecs en armure, et si c'est pas suffisant, hop, vas-y que je me concentre pour atteindre le 7ème sens et faire exploser ma cosmo-énergie... tsss, peut pas rester tranquille cinq minutes non la gourdasse ? Bon, en plus là, Seiya, Hyôga et toute la clique sont en vacances, du coup, ce sont les Vengeurs qui s'y collent.
Cette mini-série en cinq chapitres est écrite par Greg Pak et Fred Van Lente. Les dessins sont de Rodney Buchemi et Reilly Brown. Visuellement, c'est classique, propre et efficace. Le récit, quant à lui, fait bien sûr la part belle à la mythologie grecque, avec de joyeux drilles tels que Thanatos ou Typhon en invités. Pour ce qui est des personnages de la Maison des Idées, l'on retrouvera Spidey, Wolvie, US Agent ou encore Quicksilver.

La saga se révèle plutôt sympathique, sans toutefois être exceptionnelle. Beaucoup de combats, un peu d'humour et quelques références à des évènements passés. D'ailleurs, à ce sujet, au lieu de donner un minimum d'explications, Panini nous renvoie à plusieurs reprises soit à la VO (judicieux conseil !) soit au Marvel Monster Dark Reign #3 qui... n'a pas encore été publié. Pratique, comme toujours avec les vendeurs d'autocollants.
Au niveau des thèmes abordés, l'on peut noter un intéressant parallèle entre certains mythes et leur interprétation super-héroïque moderne, mais les auteurs ne vont malheureusement pas très loin dans ce sens. Une allusion est également faite à la célèbre théorie des jeux et au dilemme des prisonniers*, mais là encore, l'idée est très largement sous-exploitée.
Au final, malgré le potentiel de la confrontation et une conclusion tragique, cet arc ne parvient pas à tenir toutes ses promesses.

Une lecture certes agréable mais qui manque de lyrisme et d'originalité pour vraiment devenir indispensable.

* Le dilemme des prisonniers présente une forme de raisonnement fondamentalement logique qui, en l'absence de coopération, aboutit à un choix néfaste pour l'ensemble des parties.
Dans ce fameux exemple, deux malfaiteurs sont interrogés séparément par la police qui soumet alors à chaque individu le marché suivant : s'il parle et dénonce son complice, il sera remis en liberté et l'autre écopera de 10 ans de prison. S'ils parlent tous les deux, ils feront 5 ans. Si aucun ne parle, la peine sera de 6 mois.
Chaque prisonnier suit le raisonnement logique suivant : "dans le cas où mon complice me dénonce, j'ai tout intérêt à parler car sinon je ferai 10 ans au lieu de 5. S'il se tait, je dois parler aussi pour être libéré au lieu de faire 6 mois." Quelle que soit l'attitude de son complice, le malfaiteur doit choisir de parler. Les deux aboutissent à la même conclusion, parlent, et écopent de 5 ans de prison alors qu'ils auraient pu faire 6 mois.
Cette théorie trouve des applications en économie, en politique ou même en sociologie, le principe évoqué étant que, sans possibilité de contraindre l'autre partie ou de s'assurer de son action, chaque groupe ou individu opte pour ses seuls intérêts immédiats, et ce d'autant plus facilement que le choix adverse n'influe pas sur la rationalité de la décision.