25 août 2010

Spider-Woman : Marvel invente le dessin animé... 100 ans trop tard !

Sortie aujourd'hui de la mini-série Spider-Woman : Agent du S.W.O.R.D., un titre un peu particulier puisqu'il est sorti aux Etats-Unis sous forme de Motion Comics. Tout de suite, plus d'infos sur cet étrange hybride.

Jessica Drew est encore sous le choc de son enlèvement. En effet, lors d'une vaste tentative d'invasion de la Terre, les Skrulls se sont infiltrés dans la communauté super-héroïque en prenant la place de certains de ses membres. En plus de son incarcération et des portions de vie qu'on lui a volées, Jessica doit également faire face à une certaine hostilité ambiante puisque son visage est maintenant connu dans le monde entier comme celui de la reine skrull qui commandait les forces extraterrestres.
Pas vraiment la meilleure image qui soit donc...
Spider-Woman va bientôt être contactée par l'agent Brand, du SWORD, une organisation qui lutte justement contre les menaces galactiques. Le boulot d'agent secret, Jessica connaît un peu. Et cela pourra aussi lui permettre de se défouler, d'autant que la mission qu'on lui propose concerne justement quelques Skrulls encore présents sur la planète.
C'est dans l'ambiance étouffante de Madripoor que la traque va avoir lieu. Car dorénavant, la véritable Spider-Woman est de retour !

L'on connaît l'attachement de Brian Michael Bendis pour Jessica Drew, aussi il n'est pas étonnant qu'il ait fini par s'y intéresser de nouveau (rappelons qu'il avait déjà revisité ses origines). Il opère ici avec Alex Maleev, son ancien compère sur la série Daredevil. Le dessinateur se charge d'ailleurs également de la colorisation et effectue dans l'ensemble un excellent travail.
Ces épisodes sont à l'origine sortis aux US sous forme de Motion Comics. Alors, un Motion Comic, c'est quoi exactement ? Ben, pour faire simple, c'est une fausse bonne idée qui donne un croisement peu concluant entre une BD et un dessin animé. Ce n'est pas si nouveau que ça puisque l'on a déjà vu par le passé des bandes annonces agrémentées d'effets sonores et de petites animations. Seulement, ce qui fonctionne pour un teaser censé nous mettre l'eau à la bouche n'a pas forcément le même impact quand il s'agit d'utiliser le même procédé pour raconter toute une saga.
En fait, en empruntant à deux media différents, le Motion Comic finit par n'en garder que les pires aspects. Non seulement l'oeuvre s'avère affublée d'animations ridiculement pauvres, mais en plus, malgré l'aspect statique de l'ensemble, il n'est pas possible de s'attarder sur les dessins et de lire à son rythme (il ne s'agit plus de lecture du tout en fait). Bref, au mieux un gadget, au pire une saloperie pour attirer ceux qui trouvent qu'il y a encore trop de texte dans une bande dessinée.

Heureusement, il s'agit ici de la version papier, éditée par Panini qui nous gratifie de ses coquilles habituelles. Une originalité supplémentaire cependant ; alors qu'habituellement l'on parle "du" SHIELD ou "du" HAMMER, la traductrice évoque plusieurs fois ces organismes comme s'il s'agissait d'un individu. "Comment ça marche avec H.A.M.M.E.R. ?", "H.A.M.M.E.R. travaille au niveau local", et cetera. Une petite allergie aux articles définis peut-être ? Du coup, l'effet est presque comique, on s'attend à voir surgir Stacy Keach et son feutre mou au détour d'une case... (si vous ne savez pas qui est cet acteur, c'est une honte, il est arrivé tout de même deuxième, derrière Tom Selleck, au classement du magazine Guns & Mustaches en 1985 !).
Bon, dans les points positifs, l'éditeur a ajouté une postface de Bendis. Un petit plus sympathique et assez rare pour être souligné.
Pour ce qui est du récit en lui-même, eh bien, rien d'extraordinaire. C'est joli, ça se laisse lire, mais l'on est très loin de la qualité et de l'humour d'un Alias par exemple (du même Bendis qui avait créé le personnage de Jessica Jones à l'époque parce qu'il ne pouvait pas disposer de... Jessica Drew). Les auteurs passent par ce qui semble être des figures imposées (l'Hydra, Madripoor, les Vengeurs...) mais ne parviennent pas à susciter un véritable engouement. L'on peut se demander si cette histoire de Motion Comics n'a pas justement empêché une écriture plus poussée, l'on ne retrouve pas en tout cas, dans ces planches trop banales, ce que peut faire un Bendis en pleine forme.
Détail intéressant tout de même pour les nouveaux lecteurs : le scénariste parvient à placer un petit topo sur le passé de Drew. Ce n'est qu'un bref résumé sur deux pages, mais cela permet de ne laisser personne dans le brouillard. Louable attention.

Une mini-série visuellement attrayante mais peinant à réellement donner de l'épaisseur à une Spider-Woman bien fade.