15 septembre 2010

Punisher Noir : la Guerre pour Patrie

C'est au tour du Punisher de rejoindre ce mois la gamme Noir de Marvel, un concept plongeant les célèbres héros de l'éditeur dans les années 30.

Frank Castelione est un vétéran de la Grande Guerre, celle qui sera appelée à tort la "der des ders". Depuis son retour aux Etats-Unis, il a dû faire face à la disparition de sa femme et élève maintenant seul son fils. Une tâche qui n'est pas très aisée, d'autant que le petit Frank junior commence à traîner avec une bande de voyous.
Pourtant, Castelione va très vite avoir d'autres sujets de préoccupation. La petite épicerie qu'il possède subit une tentative de racket, pratique plutôt courante dans le Bronx. Mais Castelione n'a pas l'habitude de céder devant le chantage. Il met en fuite les deux mafieux qui s'en prenaient à son commerce et s'attire alors la colère d'un boss du milieu.
Des tueurs de premier ordre sont maintenant à ses trousses. Et là où une armée entière d'Allemands avait échoué, les voyous réussissent.
Le petit Frank se retrouve seul au monde. Pourtant, il a un avantage : le temps joue pour lui. Il va grandir, devenir plus fort, s'entraîner... et un jour, il s'attaquera au milieu et traquera ceux qui ont tué son père. En attendant, il écoute une fiction diffusée régulièrement à la radio. L'émission raconte les aventures d'un justicier implacable. On l'appelle le Punisher.

L'on commence à bien connaître le principe de ces déclinaisons "polar" des grands noms de la Maison des Idées (cf Spider-Man Noir, X-Men Noir, Wolverine Noir). C'est donc au tour de Frank Castle d'être plongé dans l'ambiance sulfureuse des années 30. Le scénario est de Frank Tieri, les dessins de Paul Azaceta et Antonio Fuso.
Visuellement, pas grand-chose à dire, les planches sont plutôt réussies, si ce n'est un encrage parfois très appuyé qui donne des traits assez grossiers aux différents visages. Le récit, bien que prévisible, avec des rebondissements très téléphonés, reste agréable. L'idée de transposer l'expérience guerrière de Castle dans l'Europe de 1918 est excellente. Il est même un peu dommage que cette partie ne soit pas plus développée. Il faut noter que le rôle du Punisher n'est pas ici assuré par un seul homme mais est partagé entre le père, le fils et... une fiction radiodiffusée, ce qui constitue une intéressante référence à la Trinité chrétienne.
Pour ce qui est du casting, Tieri a puisé intelligemment dans les grandes figures de ces dernières années, et notamment celles utilisées par Ennis dans son long run sur la série Max du Punisher. L'on retrouve ainsi Puzzle, Soap, dans une version plus sérieuse cependant (cf la scène #31 du Bêtisier pour ceux qui ne connaissent pas le flic malchanceux), et même... Barracuda (cf Punisher #8 & Punisher #10 ainsi que la scène #36 du Bêtisier), l'un des ennemis les plus impressionnants de ce vieux Frank. Autant dire que les versions Tieri paraissent tout de même bien fades en comparaison des modèles signés Ennis, mais bon, les références sont sympathiques.
Comme souvent, la fin est ouverte et une suite est donc envisageable.

Un travail honnête mais qui manque un peu d'originalité.
Pour 10 euros, l'on peut tout de même se laisser tenter.