25 octobre 2010

The Stand : American Nightmares

Suite de la saga Le Fléau, de Stephen King, avec un deuxième TPB intitulé American Nightmares.

Le cauchemar est maintenant total. Une pandémie mortelle s'est abattue sur le monde. L'arme bactériologique, particulièrement virulente et échappant au contrôle des militaires, se révèle malheureusement extrêmement efficace. Seuls quelques chanceux semblent naturellement immunisés. Encore que le terme de "chance", dans un monde en ruine, n'est peut-être pas le plus approprié.
Nick Andros se retrouve à garder des cellules dans lesquelles les prisonniers meurent un par un. Larry Underwood est au chevet de sa mère lorsqu'elle agonise. Frannie Goldsmith, enceinte, doit enterrer seule la dépouille de feu son père. Quant à Stuart Redman, il est enfermé. D'abord dans un hôpital militaire, puis dans ce qui ressemble de plus en plus à une prison. Transformé en animal de laboratoire, il accumule les tests.
Et puis il y a cet homme. Le Walkin' Dude. Certains l'appellent Randall Flagg mais son nom a peu d'importance. Il a toujours été là, distillant la haine, attisant le feu, se nourrissant des pires catastrophes. Aujourd'hui, il a repris sa route, marchant même jusque dans les rêves des survivants...

Voici donc le deuxième arc de l'adaptation comics du roman fleuve du grand King. Suite à certaines décisions de Delcourt (cf ce premier tome VF), j'ai choisi de lire la suite en VO. Non seulement parce que le format me paraît mieux adapté, mais surtout parce que la collection entière reviendra beaucoup moins chère, Delcourt ayant choisi de scinder chaque volume (de cinq épisodes) en deux parties, ce qui a pour effet de couper à chaque fois l'un des épisodes et, bien plus grave, de ne pas respecter la manière dont la narration a été pensée. En plus la VO contient quelques bonus que je détaillerai ci-après.
Ne vous y trompez pas, je considère toujours que Delcourt est une maison sérieuse qui se caractérise par un professionnalisme que je ne remets nullement en cause. Mais personne n'est à l'abri de choix hasardeux (ou d'impératifs économiques) et ne pas se montrer complaisant est aussi une forme de respect envers cet éditeur, puisque les nombreux compliments dont on l'abreuve en d'autres occasions n'en sont du coup que plus crédibles. Perso, mais si vous suivez ce blog depuis quelque temps vous devez le savoir, je pense que lorsqu'un travail est bon, il faut le dire, lorsqu'il est moins bon, il faut le dire aussi et essayer d'expliquer pourquoi.
Bref, après ces éclaircissements sur mon "abandon" de la VF, nous passons maintenant au TPB en version originale.

Le scénario est de Roberto Aguirre-Sacasa, les dessins sont de Mike Perkins, la colorisation de Laura Martin. Visuellement, c'est beau, très beau même, bien que l'on puisse, en chipotant un peu, trouver parfois quelques défauts mineurs (dans la position des corps notamment).
Pour ce qui est du récit, on le doit évidemment à King mais le scénariste parvient ici à livrer une adaptation qui tient la route et garde le lecteur en haleine, malgré un recours (quasiment inévitable) à de nombreux pavés de texte explicatifs. L'ambiance du roman est en tout cas fidèlement retranscrite, avec une situation angoissante mais, surtout, des personnages fouillés et touchants. Le passé de Donald (le "trashcan man") est très bien retranscrit, malgré une trop grande ressemblance physique avec le si sympathique Lloyd Henreid.
Mais l'essentiel est là et l'on se laisse prendre au jeu, même lorsque l'on connaît l'histoire. Si le coeur vous en dit et si ce n'est déjà fait, n'hésitez pas d'ailleurs à lire par la suite le roman, forcément bien plus détaillé. Et puis les histoires contées par ce bon vieux Stephen, c'est quand même quelque chose. Par parce que c'est de l'épouvante, mais parce qu'il parvient, avec une facilité hallucinante, à vous impliquer dans les pires saloperies aussi bien que dans les plus beaux moments d'émotion.

Au niveau des spécificités de l'édition VO, il faut signaler, malgré la jaquette, une très belle et luxueuse hardcover. On est loin des jaquettes des Deluxe de Panini qui font office de cache-misères. L'on a droit en plus à une introduction de Ralph Macchio, à une galerie de covers (avec variants), à un petit speech de Perkins sur l'encrage (avec des illustrations en exemple), et à une très intéressante comparaison entre les photos de New York, prises par Perkins lors d'un repérage des lieux, et le résultat dessiné.
Pour moins de 18 euros, frais de port compris (pour 5 épisodes et non les étranges 2,5 de la VF), la balance penche donc très largement en faveur de l'édition proposée par Marvel, d'autant que le niveau d'anglais requis est tout à fait basique.

Un très bon roman, transposé en comics de fort belle manière par Marvel.