30 janvier 2010

Les Abandonnés : Tripes à la mode de Campbell

Un nouveau titre s'ajoute à la mode des zombies dans les comics avec Les Abandonnés, publié chez Milady.

Un ouragan approche des côtes de Floride. La jeune Rylie ne compte pas partir malgré les alertes et recommandations des autorités. Elle pense à Naomi qui vient tout juste de s'installer dans le coin. Elle aimerait se rapprocher d'elle, devenir plus que des amies l'une pour l'autre...
La chaleur augmente encore, moite, étouffante.
Lorsque les premiers signes de la tempête arrivent, Rylie est dans la maison de retraite où elle a l'habitude de s'occuper bénévolement des personnes âgées. Au plus fort de l'ouragan, elles meurent toutes avant de revenir à la vie ! Les petits vieux se sont transformés en zombies. Rylie parvient à s'enfuir et, avec quelques amis, à rejoindre Naomi. Pendant un temps, ils se barricadent chez elle et cherchent à comprendre pourquoi les adultes semblent tous s'être changés en monstres.
Dans un espace aussi confiné, la chaleur aidant, la tension monte dans le groupe. Dehors, le danger est omniprésent. Isolés, les ados se sentent... abandonnés.

Le genre horrifique fonctionne plutôt bien en ce moment en ce qui concerne les comics. Cette fois, c'est Ross Campbell qui nous propose sa version des traditionnels survivants tentant d'échapper aux hordes de morts-vivants. Il signe d'ailleurs scénario et dessins.
Visuellement, le style ne manque pas de charme. L'auteur parvient notamment très bien à retranscrire la moiteur de la Floride et la lassitude de ses habitants. Une colorisation très douce, en sépia, a été adoptée. Seul le sang tranche sur ces planches monochromes, avec un rouge vif très gore.
Le récit en lui-même est intéressant mais manque malheureusement de profondeur. A part deux exceptions, la plupart des personnages ne sont que vaguement esquissés, ce qui nuit grandement à l'aspect dramatique. D'autant que depuis Kirkman et son The Walking Dead, le minimum requis en la matière a été nettement réévalué à la hausse. Pourtant les bonnes idées ne manquent pas ; Rylie est un personnage franchement atypique, le final est plutôt inattendu et l'on peut noter quelques détails sympathiques (comme le jeu de mot sur le nom de la boutique de crèmes glacées qui s'appelle "I Scream"). Malgré tout, un sentiment d'inachevé continue de prévaloir une fois la dernière page tournée.

Niveau adaptation, Milady a opté pour un format poche, une couverture souple et un papier glacé. Le prix est des plus raisonnables puisque l'ouvrage est vendu à moins de 10 euros. Quelques bonus ont été ajoutés : une galerie de six planches et, plus étonnant, une seconde galerie de "fan art" contenant cinq dessins. Pour ce qui est de la présentation de l'auteur, elle oscille entre le manque d'inspiration et le second degré un peu barré. On apprend notamment qu'il aime les moines shaolin et les chats ou qu'il déteste le ketchup et les grenouilles. Enfin, signalons que le lettrage est tout de même un peu fin et qu'il n'apporte pas un grand confort de lecture.

Une histoire prometteuse, à l'ambiance réussie, mais qui ne laissera pas un souvenir impérissable.

ps : n'oubliez pas le concours Milady, toujours en cours.

28 janvier 2010

Punisher : Girls in White Dresses

La série régulière du Punisher dans la collection Max accueille une nouvelle équipe créative. Sera-t-elle capable de nous faire oublier Ennis ?

Tierra Rota, une petite ville près de la frontière mexicaine, vit dans la terreur. Des groupes masqués enlèvent les femmes et jeunes filles de la communauté et les mutilent atrocement. La population ne peut pas compter sur la police locale. Par contre, les villageois ont entendu parler d'un homme. Un gringo au coeur noir qui apporte la punition à ceux qui la méritent.
Cet homme c'est Frank Castle. Il vit depuis trente ans avec le souvenir de sa famille massacrée par des ordures. Il sent encore la main de son fils dans la sienne, une main froide, fragile, qu'il n'a pas su protéger. Il sait qu'il ne pourra pas les ramener, que rien n'apaisera sa douleur. Mais il a décidé de renvoyer les balles à leurs expéditeurs. De faire couler le sang des criminels. Alors Frank part pour cette petite ville, afin de faire ce qu'il fait le mieux.
Sans se douter que, peut-être, cette mission de trop allait lui faire passer la frontière. Pas celle du Mexique mais bien celle qui sépare les justiciers, même expéditifs, des tueurs de gamines...

Cette suite du Punisher était attendue avec une certaine appréhension. Non seulement parce que succéder à Garth Ennis (cf tomes #13 et #14) n'est pas très évident, ensuite parce que le scénariste, Gregg Hurwitz, n'avait pas laissé un grand souvenir pour sa première démonstration sur la série Foolkiller.
Fort heureusement, il s'en sort ici beaucoup mieux. On reste dans une ambiance très violente mais l'auteur va explorer quelque peu le côté humain du Punisher en se servant de la terrible souffrance qui l'habite mais également en le mettant face à la plus terrible des erreurs. Seul, pathétique, au bord du suicide, Castle se révèle tragique et presque fragile. Une très bonne façon d'aborder le personnage et, tout en restant dans la lignée des épisodes précédents, de creuser un aspect important de sa personnalité.

Niveau dessin, c'est du très bon avec un excellent Laurence Campbell qui nous livre des planches sombres, jouant sur les contrastes et les grands aplats noirs. Certaines scènes sont un peu dures mais l'artiste n'en rajoute jamais dans le côté gore et parvient même à imaginer des procédés qui, tout en montrant fort peu de choses, permettent instantanément au lecteur d'imaginer l'essentiel. L'autopsie improvisée, dans la morgue, est à ce titre exemplaire.
Quant au Punisher, il reste toujours aussi impressionnant et son petit "coup de mou" ne lui enlève nullement son côté massif et implacable.
Pas de souci relevé dans la traduction (et pas de XXX à la place des gros mots cette fois, cf cet article).

Un arc de cinq épisodes, réussi et convaincant.
A réserver à un public adulte.

26 janvier 2010

Dark Reign : Elektra

Nouvel hors série chez Panini avec le Marvel Heroes Extra #1 qui est consacré au retour d'Elektra.

Nous le savions avant même le début de Secret Invasion, Elektra avait été enlevée et remplacée par un skrull. C'est d'ailleurs elle - ou plutôt son double - qui avait permis aux New Avengers de découvrir le complot orchestré par les extraterrestres. Comme tous ceux qui avaient été enlevés, la jolie mercenaire est de retour sur terre et fait déjà l'objet d'une attention toute particulière.
D'abord protégée par Stark, elle tombe entre les mains de Norman Osborn pour ensuite être victime d'une tentative d'assassinat. Quelqu'un a en effet engagé le Paladin pour la supprimer. Pas aussi facile qu'il n'y paraît car ses vacances forcées n'ont pas diminué l'habileté de la jeune femme dans le maniement des armes.
De nombreuses énigmes entourent notre amie grecque. Pourquoi a-t-elle été la seule prisonnière torturée par les skrulls ? Qui veut absolument se venger d'elle et pourquoi ? Et personnellement je rajouterais : puisque c'est une tueuse professionnelle et que ce genre de boulot réclame un minimum de discrétion, pourquoi s'habille-t-elle tout le temps en rouge ?

Ce nouveau trimestriel contient donc les cinq épisodes de la mini-série Dark Reign : Elektra. Le scénario est de Zeb Wells (Amazing Spider-Man, Venom : Dark Origin, SI : Who do you trust ?, CW : Young Avengers & Runaways), les dessins sont de Clay Mann.
Le récit, sans être d'une importance capitale, est très ancré dans la continuité. On retrouve d'ailleurs en guests Osborn, Foggy Nelson, l'Infirmière de Nuit, Wolverine et surtout Bullseye (l'actuel Hawkeye) qui s'offre une petite traque histoire de voir s'il peut tuer Elektra une deuxième fois. Oui, il l'a déjà tuée mais là elle va mieux (elle avait été ramenée à la vie par la Main). ;o)
Attendez-vous donc à quelques combats bien sanglants (en même temps, quand on dit "Wolvie, Bullseye et Elektra", y'a comme un côté tranchant dans l'air). Les questions soulevées plus haut trouvent leur réponses, l'histoire se lit plutôt bien même s'il manque un petit quelque chose, comme un soupçon d'humanité au personnage d'Elektra, pour être pleinement efficace. Il est vrai que la froideur et le côté silencieux de la guerrière ne jouent pas en sa faveur. Même si elle ne manque pas de classe, elle aura bien du mal à inspirer autre chose au lecteur qu'une crainte respectueuse.
Un peu dommage.

Une mini-série sympathique mais certainement vite oubliée.

ps : à venir dans les prochains jours ; le tome #15 du Punisher (avec une nouvelle équipe créative), une chronique sur la série Sleeper et une petite critique du Patrouilleur de Pierre Minne, série dont on verra si elle parvient à me réconcilier avec les "french comics". ;o)

Concours Milady Graphics

Pour bien commencer l'année, Univers Marvel & Autres Comics organise un concours en partenariat avec les éditions Milady Graphics.

A remporter : 5 exemplaires de "Les Mondes Fantastiques de Frank Frazetta" qui sortira le 12 février. Il s'agit d'un ouvrage regroupant plusieurs auteurs invités à imaginer des histoires à partir des célèbres illustrations de Frazetta, immense artiste ayant marqué le genre fantastique et ayant travaillé, entre autres, pour le cinéma ou des séries telles que Buck Rogers, Conan le Barbare, Vampirella ou encore Flash Gordon.

Pour participer, rien de plus simple, il suffit de répondre à quelques questions et d'envoyer vos réponses, accompagnées de vos coordonnées (nom, prénom et adresse complète), à comicsmarvel@laposte.net avant le 08 février 2010.
Le questionnaire porte sur des titres Milady déjà parus et qui ont tous été chroniqués ici même :

1. Dans Black Summer, comment s'appelle le personnage qui assassine le président des Etats-Unis ?

2. Quel est le nom de l'équipe de super-héros dont fait partie la charmante Empowered ?

3. Comment s'appelle la cité souterraine dont est issu Drizzt Do'Urden ?

Un tirage au sort départagera les participants ayant trouvé les bonnes réponses.
En attendant, voici quelques visuels qui vous permettront d'avoir un aperçu de l'ouvrage.
Bonne chance à tous ! ;o)

Copyright © Frank Frazetta. All Rights Reserved.

24 janvier 2010

X-Men Noir : Qui a tué Jean Grey ?

Les mutants plongent dans un polar des années 30 avec X-Men Noir, publié dans la collection 100% Marvel.

New York, 1937.
Le cadavre mutilé d'une jeune femme est venu s'échouer sur Welfare Island. Il s'agit de Jean Grey. La jeune fille était une ancienne pensionnaire de la maison de redressement de Westchester, dirigée par un psychologue du nom de Xavier. L'institut a fermé et, depuis, Xavier est en prison et ses anciens protégés, connus sous le nom de "X men", accumulent les mauvais coups et deviennent donc les premiers suspects.
Alors que le chef de la police, un certain Magnus, est totalement corrompu et aux ordres de la pègre, un homme va tout faire pour tenter de faire éclater la vérité et de retrouver les vrais coupables. Il saute d'un immeuble à l'autre dans un drôle d'accoutrement. Il a un idéal. Du courage. Il incarne un monde respectable, un futur qui rendrait l'humanité meilleure.
Mais dans une ville ou flics et voyous se valent, ou le blanc devient noir selon la volonté des plus puissants, y a-t-il seulement la place pour un héros de ce genre ?

Après Spider-Man Noir, voici donc la deuxième série Marvel du genre. Rappelons que le principe est de réinventer les personnages les plus connus de l'éditeur américain dans un cadre rétro particulièrement sombre. C'est cette fois Fred Van Lente (Marvel Zombies, Wolverine : First Class, Incredible Hercules) qui se charge du scénario. Les dessins sont l'oeuvre de Dennis Calero dont on a déjà pu apprécier le travail sur 28 jours plus tard ou, aux côtés de Peter David, sur la série X-Factor. L'artiste s'occupe également ici de la colorisation.
Graphiquement, le résultat est superbe. Peut-être un peu sombre mais c'est un parti pris clairement (sans jeu de mots) voulu. Du côté du récit, là aussi de nombreux points positifs. Les personnages sont recyclés de manière très habile et Van Lente parvient à retranscrire sans problème l'atmosphère de roman noir à l'ancienne qui donne toute sa saveur à l'histoire. Seul petit reproche, la narration n'est pas toujours limpide et il faut parfois revenir un peu en arrière pour comprendre qui fait quoi, d'autant que les visages, souvent dans l'ombre, n'aident pas à identifier les intervenants du premier coup.

Du point de vue du travail de Panini maintenant, il y a du bon et du moins bon. Dans le positif, l'éditeur nous a mis en bonus les covers et les variants mais, surtout, a choisi de publier la nouvelle en quatre partie qui accompagnait les épisodes US. Il s'agit d'un récit de science-fiction (évidemment lié à la mythologie X-Men) de douze pages. Il y a donc plus de bonus dans un 100% qu'un Deluxe, allez comprendre.
Le moins bon maintenant. Attention, c'est gratiné. Nous avions déjà parlé de la façon dont Panini masque certains gros mots dans ces publications kiosque (cf cet article) par des *%!& et autres chastes symboles. En général, cette façon de faire ne s'appliquait pas aux publications librairie, sauf qu'ici, on a droit à des "XXXX" dès qu'un personnage a le malheur de se lâcher. Donc, par exemple, on peut lire "il s'en bat les XXX" ou encore "ferme ta XXX". Mais ça va même plus loin avec un joli "on s'en XXX". Je suppose que les X cachent "tape" ou "fout" à la rigueur, ce qui n'est tout de même pas traumatisant au point de censurer l'expression ! A quoi sert l'avertissement "pour lecteurs avertis" en quatrième de couverture si tous les mots un peu grossier sont cachés ? D'autant que, comme le rappelait un lecteur dans les commentaires, l'on retrouve un "salope" dans le Spidey Poche spécifiquement destiné aux enfants.
A un moment, on a même une case avec trois bulles remplies uniquement de "X" ! A quand les cases peintes en noir lorsque la scène est jugée trop violente ou osée ? Nous sommes depuis peu en 2010, les vendeurs d'autocollants sont encore dans les 60's...

Une histoire dépaysante et fort bien dessinée, adaptée en VF avec un excès de prudence qui frise l'idiotie.

ps : pour ceux qui, comme l'ami Tep, ne l'auraient pas remarqué, je rappelle que Univers Marvel & Autres Comics est présent sur Twitter et Facebook et que chaque article y est automatiquement indexé. N'hésitez donc pas à utiliser ces services pour être averti de tout nouveau post. ;o)

22 janvier 2010

Walking Dead : vers quel avenir ?

Un point sur l'excellente série The Walking Dead à l'occasion de la sortie, chez Delcourt, du tome #10.

Tout d'abord, pour éviter de revenir sur ce qui a déjà été dit, voici un petit rappel des articles précédents concernant la série : Quand les vivants s'effondrent et Quand les morts marchent vous permettront de découvrir les bases de TWD, le comic culte de Robert Kirkman et Charlie Adlard.
Nous en sommes en France au dixième volume, autrement dit 60 épisodes ou encore 1320 planches. Et aucune baisse de régime, Kirkman parvenant à maintenir une qualité d'écriture constante. L'auteur a d'ailleurs opéré récemment un changement d'orientation majeur pour les personnages qu'il malmène avec talent depuis quelques années maintenant. En effet, alors que le groupe de survivants s'était établi dans une prison apportant une sécurité relative, une menace bien humaine les a obligés à quitter les lieux avec pertes et fracas.

Plusieurs conséquences à cela. D'une part nous avons pu vérifier que, comme l'affirmait Kirkman, personne n'était à l'abri dans Walking Dead. Même les personnages principaux peuvent passer de vie à trépas. D'autre part, après le long moment passé dans la prison, Rick a repris la route.
Les possibilités sont immenses et, déjà, de nouvelles rencontres se font. Surtout, une intrigue centrée sur une possible explication de l'épidémie se met en place (encore que le fameux scientifique, je sais pas pourquoi, mais je le sens vraiment pas).
Certaines choses pourtant demeurent inchangées, que ce soit la dangerosité des humains (bien plus épouvantables souvent que les morts-vivants) ou encore l'émotion qui se dégage de la grande profondeur des personnages et situations.
Ce nouveau recueil apporte donc son lot de surprises et cliffhangers tout en conservant le ton si sérieux et désespéré qui a fait le succès du titre.

Rarement d'ailleurs une série aura abordé autant de sujets dramatiques avec autant d'intelligence. Que ce soit les troubles psychologiques liés à la mort d'un proche, la violence inhérente à la nature humaine, le regard des enfants sur des parents qui se transforment en monstres (et pas forcément en zombies) ou encore le déni, le sentiment de culpabilité ou le simple et si cruel instinct de survie, rien n'est épargné aux personnages et, par leur intermédiaire, au lecteur.
Si l'on peut remercier Kirkman sur un point, c'est bien le fait de n'avoir rien cédé au politiquement correct. Et si les zombies permettent de maintenir une tension et une toile de fond, l'étude quasi comportementale à laquelle se livre le scénariste a pris depuis longtemps le pas sur le simple récit horrifique. La plus grande terreur à laquelle nous confronte Kirkman est la pire qui soit : ce que nous sommes capables de faire quand plus rien ne nous retient, quand morale et lois ont disparu. Quand seuls restent notre volonté et nos propres principes, mis à mal par l'urgence, la peur, les autres... car comme Rick le dit lui-même ; "On fait des choses terribles pour ceux qu'on aime."

Pas de surprise donc, Walking Dead reste un titre incontournable, peut-être même le plus grand comic jamais écrit. Ces soixante premiers épisodes sont passés avec une rapidité fulgurante et c'est peu de dire que j'attends avec impatience les soixante suivants, d'autant qu'il reste encore bien des domaines à explorer, que ce soit les débuts de l'épidémie (que l'on ne voit pas dans la série), son explication, les autres groupes de survivants dans le monde ou encore l'évolution des fameux zombies (ce volume nous apprenant un ou deux faits très importants les concernant).

Pour les anglophones, signalons l'existence, en VO, de The Walking Dead Compendium, énorme pavé qui reprend les 48 premiers épisodes (plus de 1000 planches) pour 41 euros (bonne affaire mais sans doute lourd à manipuler !).
Et pour marquer la sortie de ce 10ème tome français, je termine en vous proposant un petit hommage personnel, en images et en musique. ;o)


20 janvier 2010

Le Fléau de Stephen King chez Delcourt

Sortie aujourd'hui du premier tome VF de The Stand, le roman de Stephen King adapté en comics par Marvel.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas le roman de King ou qui n'auraient pas lu cet article sur la sortie du premier épisode VO, commençons par un petit résumé de l'histoire.
Alors qu'une arme bactériologique mortelle et extrêmement contagieuse contamine l'ensemble d'une base de l'armée américaine, Charlie Campion parvient à échapper au confinement avec sa famille. Il traverse plusieurs états et aboutit à la station-essence de Bill Hapscomb, dans la petite ville de Arnette, Texas. L'homme, en tentant de protéger les siens, vient de condamner l'humanité.
Une pandémie d'une violence exceptionnelle s'abat sur le monde. Seules quelques personnes semblent naturellement immunisées. Et dans le lot ; de braves types, une poignée de salauds, quelques lâches... bref, un condensé de ce que le genre humain fait de meilleur et de pire. Ils vont se trouver, s'allier et bientôt, ils s'affronteront. Car, dans l'ombre, rôde une menace bien pire que la grippe. Une menace qui a toujours été là et ne disparaîtra jamais.

Je vous ai épargné mon excellent jeu de mot de 2008 avec "superflu". Vous ne pouvez pas savoir combien il m'en a coûté. Bref, commençons par voir de quelle manière la série est adaptée chez nous. Normalement, l'histoire se décline en six arcs de cinq épisodes. Les deux premiers TPB sont déjà disponibles aux Etats-Unis et, logiquement, l'on pouvait s'attendre à ce que Delcourt nous propose un recueil reprenant l'intégralité du premier arc. Eh bien non. L'éditeur a opté pour un grand format, une hardcover et, surtout, un demi arc. Ce premier tome français contient donc les deux premiers épisodes et la moitié du troisième. Couper un épisode en deux, déjà ce n'est pas l'idée du siècle. Mais en plus, au lieu de six tomes, la série en fera donc douze en VF et reviendra en tout à... plus de 170 euros.
Ah ben ça calme tout de suite non ? Le côté très européen de l'album ne me plait guère non plus. Trop grand, trop rigide et, mine de rien, cela influe sur l'ambiance générale. Ce n'est pas courant chez Delcourt mais cette adaptation est une réelle déception. Et pour bien commencer, il y a une coquille dès la préface. J'essaie de gratter le "Delcourt" sur la couverture pour voir s'il n'y a pas un "Panini" caché en dessous, mais non.
Bizarre.

Ceci dit, il ne faut pas oublier que l'on a ici une excellente histoire et une très bonne adaptation en comics. Le scénario est de Roberto Aguirre-Sacasa, les dessins de Mike Perkins et la colorisation de Laura Martin. Si vous connaissez le roman originel, pas de surprise, l'auteur en suit scrupuleusement les grandes lignes (ce qui est ici tout à fait possible contrairement à La Tour Sombre, également publiée chez Marvel et beaucoup plus complexe à décliner en BD).
Graphiquement, le style est réaliste, léché, très détaillé. Les couleurs et jeux de lumière sont fort beaux, tout est fait pour faciliter l'immersion et en mettre plein la vue. Pour l'instant, à part une ou deux scènes, il n'y a encore rien de bien impressionnant (puisque cette partie présente surtout les personnages principaux et décrit le début de la propagation du virus) mais l'on se surprend à s'attarder sur de nombreux décors, que ce soit une petite maison de campagne, une station-essence ou une simple cuisine.
Le côté effrayant et inéluctable de ce fléau est parfaitement retranscrit et, hasard de l'actualité, flirte dans notre esprit avec la saloperie bien réelle (et heureusement bien plus bénigne) qui se tape un road trip depuis le Mexique. Bien entendu, ce comic ne vous dispense pas, si ce n'est déjà fait, de lire le roman. Parce que la plume du Maître dépassera toujours en intensité les plus belles des images mais aussi parce qu'évidemment l'histoire et les personnages y sont beaucoup plus développés.
Un très bon récit qu'il sera moins coûteux de se procurer en VO.

Si le fait d'opter pour un grand format peut encore se discuter, le choix de Delcourt de ne publier qu'une moitié d'arc ne joue guère en la faveur de cet éditeur qui ne nous avait pas habitué à d'aussi mauvaises surprises.


18 janvier 2010

Identity Crisis : Les Familles en Danger

La saga Identity Crisis est rééditée ce mois en DC Deluxe, une bonne occasion de se replonger sur ce drame touchant la Justice League of America.

Elastic Man est un héros. Mais c'est aussi le plus heureux des hommes depuis que Sue est devenue sa femme. Alors qu'elle a rencontré les plus grands, côtoyé Superman, Flash ou Batman, c'est lui qu'elle a choisi. Elle est sa "lady", toujours prête à lui concocter quelques surprises qu'il fait semblant de découvrir. Mais un soir un drame survient. Sue est assassinée alors que son détective de mari était loin de la maison familiale.
Tuer un Masque est une chose. S'en prendre aux familles en est une autre. Toutes les équipes se mettent en chasse pour trouver le responsable.
Lors de l'enquête, un terrible secret est découvert. Par le passé, certains membres de la JLA ont lobotomisé le Dr Light, un ennemi qui avait violé Sue et menaçait les proches des héros. Il se pourrait donc que le meurtre soit une vengeance.
Alors que l'étau se resserre autour de Light, d'autres secrets seront dévoilés, menaçant de faire exploser la JLA. Les attaques, elles, continuent. L'ex femme d'Atom est agressée, Lois Lane menacée... cette fois, la JLA se bat pour protéger les siens.

J'avoue avoir longuement hésité avant de me procurer ce Deluxe. Je ne suis pas vraiment un spécialiste de l'univers héroïque traditionnel de DC et les rares fois où j'ai eu l'occasion de m'y frotter un peu, j'avais été plutôt déçu (à part pour des récits hors continuité comme Batman : The Long Halloween ou Superman : For All Seasons). Eh bien je ne regrette pas l'investissement (certes conséquent) car ce récit est une pure merveille. Et en plus, il se révèle accessible, même lorsque l'on ne connaît pas parfaitement les nombreux personnages secondaires dont il est question ici.
Le scénario de Brad Meltzer est un modèle du genre. Cette histoire policière remarquablement bien ficelée, avec de jolies fausses pistes, est, comme le dit Joss Whedon dans son intro, particulièrement humaine. Elastic Man - pourtant pas le plus charismatique personnage DC - s'avère touchant. L'enterrement de Sue Dibny est déchirant. Le final, à la fois simple et tragique, encore plus. Bref, beaucoup d'émotion et une grande profondeur se dégagent de scènes parfois très dures. Surtout, l'on rentre avec une grande facilité dans l'intimité de ces encapés qui subissent des pertes ou s'inquiètent pour un père, une épouse ou un fils.

Si l'ambiance générale n'est pas forcément à la grosse déconne, l'auteur se permet quelques petites touches d'humour entre les crises de larmes. Et là encore, ça fonctionne plutôt bien. Notons également que les dialogues sont souvent très bons.
Graphiquement, c'est du très beau avec un Ralph "Rags" Morales nous livrant des planches magnifiques dans un style réaliste. On peut éventuellement émettre une très légère réserve sur certains visages qui se ressemblent parfois un peu, mais bon je chipote. La colorisation d'Alex Sinclair est, elle aussi, une réussite.
Pour le reste ben... c'est du Panini. Autrement dit la traduction est confiée à une illettrée qui nous fout du "ç'a" à tout bout de champ, comme dans "ç'a bien trop duré". Putain mais qui parle comme ça ? Même à l'oral, je n'ai jamais entendu un truc pareil. Dans un autre registre, l'éditeur nous présente la collection (sur le replis de la jaquette) comme prestigieuse et, surtout, précise que "chaque album accueille un récit complet accompagné de bonus et des covers". Déjà les bonus, vous pouvez toujours chercher, y'en a pas. Et pour la galerie de covers variant, les vendeurs d'autocollants poussent la pingrerie jusqu'à en mettre quatre par page. Donc elles sont minuscules. Ah ben des bonus comme ça, ça fait plaisir hein. Trois planches de machins réduits pour gagner de la place, c'est plus du prestige, c'est Byzance ! Si un jour vous êtes invité à un "festin de roi" chez Panini, surtout évitez de vous couper l'appétit avant d'y aller, ça serait trop con de ne pas pouvoir finir votre biscotte à la Vache qui Rit.

Une excellente histoire, profondément humaine et permettant de rentrer dans l'univers DC avec une étonnante facilité.
Très vivement conseillé.

"La famille est un ensemble de gens qui se défendent en bloc et s'attaquent en particulier."
Diane de Beausacq (je choisis une citation de cette femme de lettres non seulement parce qu'elle s'adapte particulièrement au récit développé dans Identity Crisis mais également parce qu'elle est à l'origine d'un autre aphorisme, employé dans l'histoire par Green Arrow. Des Masques qui citent Beausacq, c'est pas tous les jours, autant le préciser donc puisque ce n'est pas fait dans l'ouvrage)

16 janvier 2010

Ultimate Spider-Man réédité en format poche

Le Spider-Man Poche #13, publication initialement destinée aux enfants, propose un contenu qui pourrait bien intéresser les adultes également.

Spider-Man Poche est un trimestriel normalement prévu pour les jeunes amateurs du marvelverse. On a néanmoins pu y retrouver par le passé des séries de qualité comme Spider-Man loves Mary Jane. Pour ce nouveau numéro sorti hier, une surprise de taille attend le lecteur curieux puisque la revue accueille rien de moins que les débuts de Ultimate Spider-Man.
Après la version kiosque et les Deluxe (cf tome #1), Panini réédite donc USM dans un troisième format, certes plus petit, mais au prix défiant toute concurrence puisque, pour 3,90 euros, nous avons droit aux huit premiers épisodes, autrement dit 176 planches !
Rappelons que Ultimate Spider-Man modernise les origines du Tisseur (qui est donc ici un adolescent) et des différents personnages Marvel gravitant autour de lui. Le scénario est de Brian Michael Bendis, les dessins de Mark Bagley.

Outre ce long récit, dans lequel Parker découvre ses pouvoirs et affronte déjà le Bouffon Vert version Ultimate, la revue propose divers petits plus comme des fiches (relativement sommaires) de personnages, des jeux et de petits articles éducatifs traitant de sujets scientifiques. Vous avez aussi un crayon de papier Panini (avec gomme s'il vous plait) en cadeau. Ne riez pas, on a déjà vu beaucoup plus con et bien moins utile. ;o)
Tout à fait idéal en tout cas pour initier vos enfants à l'univers Marvel ou même pour découvrir vous-même le Spidey Ultimate si vous n'aviez jamais franchi le pas jusqu'ici. D'autant que si l'on compare cette publication Panini Kids avec, tiens au hasard, le Spider-Man #119 (et les saloperies issues du Summer Special qu'il contenait), on se dit que ce ne sont pas les plus grands qui sont toujours les plus favorisés par les choix étranges des vendeurs d'autocollants...

Une série de qualité à très bas prix.

14 janvier 2010

Wolverine : Griffes, Sabres et petites taquineries

Dans le Wolverine #192 de ce mois, Logan doit (encore) affronter son fiston. Coups de griffe en famille et révélations.

Le mensuel du Griffu contient deux épisodes de Wolverine : Origins. Le scénario est de Daniel Way et les dessins sont l'oeuvre de Doug Braithwaite.
On commence par une rencontre dans un bar où Nick Fury dévoile à Wolvie quelques informations sur son passé et le fameux Romulus. Petits flashbacks sur l'enfance du mutant (on voit notamment sa môman, découverte dans cette mini-série récemment rééditée), son passage entre les mains du si sympathique professeur Hudson du programme Arme X (cf ce Best Of) ou encore sa période Alpha Flight. Mais la plus grande révélation de Fury concerne le fils de Logan. Romulus souhaiterait en faire une arme capable de le contrer. Pour cela, il lui faut réunir Daken et le sabre Muramasa (dont la particularité est de causer des blessures ne pouvant être guéries par le facteur autoguérisseur de Wolverine).
De son côté, Cyclope, fidèle à son récent côté rentre-dedans (même Emma Frost est obligée de le freiner un peu, c'est dire), décide d'aller mettre justement une trempe à Daken histoire de lui faire passer l'envie de salir l'image des X-Men en s'alliant à Norman Osborn.

Voilà un arc qui brasse pas mal de souvenirs et de personnages. La revue est à juste titre estampillée Dark Reign puisque l'histoire se situe après la prise de pouvoir de Norman Osborn (ce dernier apparaît d'ailleurs un peu).
On peut s'interroger sur le bien-fondé de l'idée de Scott. Partir attaquer l'un des Dark Avengers en entraînant, entre autres, Armor avec lui, ce n'est déjà pas forcément le plan le plus futé de sa carrière. Mais se pointer avec le fameux sabre (qu'il détient depuis que Logan lui a remis), là ça frise l'inconscience. Puisque, évidemment, il va se le faire chaparder avec une facilité déconcertante. D'ailleurs l'ensemble des X-Men n'en finissent plus de tomber dans les pièges de Daken. On se demande ce qui se serait passé s'ils avaient dû affronter toute la bande d'Osborn en prime !
Cliffhanger final un peu surfait puisque l'on se doute bien que l'ami Summers ne va pas se faire décapiter.
Malgré ces quelques facilités et des X-Men qui passent pour des amateurs tombés de la dernière pluie (pourtant ils sont dans le circuit depuis un moment, ils devraient acquérir, à force, une sorte de légère méfiance), ces épisodes se lisent plutôt bien. Notons que les nombreuses références à un tas d'évènements d'un passé lointain ou plus récent pourront peut-être déconcerter un peu les nouveaux venus.

Plus anecdotique, signalons que Jérémy Manesse nous confirme que la traduction de "wolverine" est bien "glouton". Après l'énormité du Ultimate HS #9, ça fait du bien d'être rassuré en constatant qu'il y a encore quelqu'un qui sait ce qu'il dit chez Panini. ;o)

Un début d'année plutôt correct pour notre bon Wolvie.
A noter : Dark Wolverine, la nouvelle série concernant Daken, sera publiée dès février dans Astonishing X-Men.

12 janvier 2010

Chew : la Vérité est au fond du plat

Le mois dernier est sorti en VO le premier TPB de Chew, une série originale à déguster sans retenue.

Tony Chu est un agent de la toute-puissante Food and Drug Administration, une agence fédérale ayant pris une soudaine importance depuis qu'une pandémie de grippe aviaire a décimé 116 millions de personnes à travers le monde, dont 23 millions d'américains. Depuis lors, le temps de la prohibition est revenu. A cette différence près que ce n'est pas l'alcool qui est interdit mais le poulet. Les speakeasies ne vendent plus du whisky de contrebande mais de la volaille...
Mais Chu n'est pas un agent comme les autres. Il a un don. Il est cibopathe. En langage clair, cela signifie qu'il peut tirer des informations, sous forme de flash, des aliments qu'il ingurgite. En mangeant une pomme, il peut savoir où a grandi l'arbre dont elle est issue, quels pesticides ont été utilisés pour la protéger et quand elle a été cueillie. Rien de bien agréable en somme puisqu'un steak va ainsi lui montrer la manière dont est mort l'animal dont il est tiré.
Dans sa quête de vérité, Chu va être amené à goûter à bien des plats. Pas toujours des plus ragoutants. C'est en sacrifiant son estomac qu'il trouvera la paix de l'esprit.

Eh bien voilà une série qui sort des sentiers battus. Comme vous l'aurez compris, la nourriture y tient une place importante. Non seulement à cause des pouvoirs du héros et du récit ayant pour cadre une grave crise alimentaire (plutôt d'actualité puisque qu'entre la grippe aviaire, la tremblante du mouton et la vache folle, on ne pourra bientôt plus bouffer que des hérissons et des carottes), mais également au travers de nombreux autres détails : le frère de Tony anime une émission de cuisine sur le câble, la fille dont il est amoureux est critique gastronomique, etc. Et pour ceux qui ont l'estomac solide, vous aurez même droit à du café à base de crachat et un Big Mac avec une grosse surprise à l'intérieur. ;o)
Bien entendu, John Layman (Marvel Zombies : Army of Darkness, House of M : Fantastic Four), scénariste et lettreur, ne nous parle pas que de recettes et autres sandwiches. Une intrigue policière, plus complexe qu'il n'y paraît, est peu à peu mise en place et ce premier volume se termine d'ailleurs sur une scène spectaculaire et quelques révélations qui donnent envie de connaître la suite.

C'est Rob Guillory qui est en charge de l'aspect graphique. Il signe dessins et colorisation. Le style est agréable et cartoony, l'aspect gentillet tranche franchement avec le côté légèrement gore de certaines scènes et permet sans doute de mieux les faire passer. On est en tout cas tout de suite séduit par cette ambiance visuelle pleine de charme. On notera quelques petites trouvailles qui seront difficilement transposables en français, notamment une pancarte d'un fast food qui était censée annoncer "come dine with us" et dont le "n" est tombé (ce qui donne du coup, pour les plus réfractaires à l'anglais, "venez mourir avec nous"). Il y a donc de petites touches très acides dans ces dessins en apparence si doux.
Ce premier volume, intitulé Taster's Choice, est en plus vendu au prix fort raisonnable de 6,99 €. Pour cinq épisodes (donc 110 planches) de qualité, l'investissement est plus que rentable. Les bonus se limitent à une page de croquis préparatoires, mais vu le coût modique, c'est déjà énorme qu'il y ait un petit quelque chose en plus.

Beau, bon et pas cher.

10 janvier 2010

Marvel Heroes : Defining Moments

Le premier Marvel Heroes de l'année est plutôt réussi avec notamment un Straczynski en grande forme sur l'on-going Thor.

C'est le Hulk de Jeph Loeb et Ed McGuinness qui ouvre le bal.
Les Défenseurs de différentes époques affrontent des ennemis dans des environnements particuliers. Hulk et Rhulk se castagnent dans la légendaire cité d'Atlantis, le Silver Surfer et Terrax sont envoyés dans le Microvers, Namor et Requin-Tigre se taquinent dans la dimension Sans-Ame, et enfin le Docteur Strange et le Baron Mordo se battent sur Zenn-La.
Tout cela fait un peu "jeu vidéo de baston". On ne peut pas dire que Loeb soit particulièrement inspiré sur ce titre (en tout cas ce n'est pas cette facette de l'auteur qui est la plus impressionnante, cf Spider-Man : Blue, Batman : The Long Halloween ou encore Superman : For All Seasons).
Par contre, c'est très fluide et les dessins de McGuinness possèdent un dynamisme brut assez rafraichissant. Christian Grasse compare d'ailleurs ce style à un "Kirby moderne", et j'avoue que je suis assez d'accord pour une fois. C'est un peu la même énergie mais avec un graphisme remis au goût du jour. Quelque chose de beaucoup plus réussi à mon sens qu'un Godland qui, sous prétexte de s'inspirer des 60's et justement du grand Jack, s'enferme dans une narration dépassée et un style vieillot qui n'a rien à gagner à être réutilisé tel quel, sans nouvel apport.
Une mise en jambe bon enfant, avec splash pages et trip cosmique.

On passe ensuite aux Mighty Avengers. Scénario de Dan Slott, dessin de Rafa Sandoval.
Le premier arc de ces Vengeurs post Secret Invasion n'était pas bien folichon. Surtout on se demandait à quoi servait cette équipe qui, si elle était légitime après Civil War (puisqu'elle représentait les Vengeurs officiels), se retrouvait un peu "en trop" pendant Dark Reign, coincée entre les Dark Avengers d'Osborn et les New Avengers oeuvrant dans la clandestinité.
Pourtant, ce rassemblement de bric et de broc a bien un sens puisqu'il sert les desseins de l'infâme Loki. Le fourbe asgardien monte vraiment en puissance et, après avoir contribué au bannissement de Thor, il effrite un peu le pouvoir d'Osborn et s'avère particulièrement habile pour manipuler tous les membres, pourtant illustres, de la Cabale.
Quelques vannes, de l'action mesurée et le retour de Quicksilver (sur un gros mensonge) font de cet épisode l'un des plus agréables de ces derniers mois.

On attaque enfin la meilleure série de la revue avec Thor. Scénario de J.M. Straczynski et de magnifiques dessins de Marko Djurdjevic. Quand on voit la qualité du travail de Straczynski (que ce soit sur Thor ou l'ensemble de son oeuvre), on ne peut que penser qu'il est vraiment dommage qu'il ait été aussi mal considéré par Marvel. Avoir un génie dans son écurie et le traiter avec aussi peu d'égards, c'est carrément suicidaire (et dire que Panini le fait passer ensuite pour un type capricieux, arf...). Enfin bon, revenons sur l'épisode du mois. La qualité d'écriture est extraordinaire. C'est simple, il y a tout : de l'humour, de l'émotion, une vraie intrigue brillamment menée, des dialogues percutants et un vrai sens du rythme. C'est presque une leçon tellement ces 22 planches sont quasiment parfaites.
Au niveau de l'histoire, Loki continue donc de tirer les ficelles. Il parvient notamment à transférer Asgard d'Oklahoma en Latvérie. Cela donne lieu à une jolie passe d'armes verbale entre Fatalis et un Balder beaucoup plus malin que prévu. Et que dire de la cruauté de Loki qui vient enfoncer le clou d'une manière délicieusement perverse en déclarant à Donald Blake qu'il a "malencontreusement" emprunté le corps de Sif et que l'hôte qui abrite son âme mourra certainement lorsqu'il reprendra sa forme originelle ?
Bref, du tout bon, même si l'on n'apprécie pas pleinement le panthéon nordique, il sera difficile de ne pas être emballé.

Et on termine sur Avengers : The Initiative. L'épisode du mois dernier accusait une réelle perte de vitesse, cette fois-ci, l'on retrouve certaines qualités qui ont fait le succès des débuts de la série. Autrement dit, plus d'interaction entre les personnages et moins de bastons stériles.
Pendant que le camp Hammond et la petite ville de Stamford sont sous le choc des dernières destructions, les media se ruent sur Justice qui dénonce l'attitude de l'Initiative après la mort accidentelle de MVP. De leur côté, les membres de l'Initiative de l'Ombre vivent des moments difficiles à Madripoor. Non seulement l'Hydra a mis la main sur la technologie N.I.S.P. (un sérum à base de nanobots inhibiteurs de super-pouvoirs), mais elle l'a perfectionnée. Du coup c'est la débandade pour l'équipe qui doit même laisser la pauvre Komodo sur place...
Scénario écrit par Christos N. Gage, dessin de Humberto Ramos. Là encore un épisode vraiment agréable à lire et qui fait bien avancer les choses.

Un mensuel avec un contenu de qualité qui dépasse même le Dark Reign de ce mois.

08 janvier 2010

Strange de retour en kiosque

La nouvelle version de Strange, baptisée "journal des sup'héros", est sortie aujourd'hui en kiosque. Voyons le contenu en détail.

Tout d'abord une petite explication sur la renaissance de cette revue. Tout le monde connaît le Strange (de Lug puis Semic) qui a publié pendant des années les plus populaires séries Marvel. Semic perd la licence Marvel en 1996. Strange va alors publier du DC pendant deux ans avant de s'arrêter, en 1998, au numéro #335.
Organic Comix, une association lyonnaise, a fait revivre le titre en 2007. Depuis, il pouvait se trouver en librairie spécialisée. C'est la première fois qu'il sort en kiosque, adoptant du coup une triple numérotation. On peut en effet lire, en haut à gauche de la couverture, "n°1 Extra 345/10", ce qui signifie en fait qu'il s'agit du premier numéro disponible en kiosque mais du 10ème réalisé par Organic et du 345ème si l'on prend en compte la numérotation originale.

Niveau contenu, l'on trouve bien entendu des BD mais aussi quelques interviews et une sorte de mini revue de publications très confidentielles. Commençons par les comics.
La première série (24 planches) publiée est Godland de Joe Casey (scénario) et Tom Scioli (dessin). Classique récit de super-héros. Graphisme très moyen, colorisation flashy, narration "à l'ancienne", c'est dans l'ensemble assez enfantin et très loin de ce que l'on connaît de Casey. Le côté rétro est surement voulu, mais on ne voit pas bien l'intérêt de travailler, de nos jours, comme si l'on était encore dans les années 60.
La deuxième série (14 planches) est Lorelei, par Steven A. Roman (scénario) et Neil Vokes & Steve Geiger (dessin). Ambiance qui se veut un peu horrifique. Visuellement c'est déjà plus sympa, avec un joli effet sépia. Par contre c'est très verbeux et loin d'être enthousiasmant pour le moment.
Reste enfin la dernière série (10 planches), le Fantask' Force de Reed Man. Sans doute le titre le plus agréable à lire (malheureusement c'est aussi le plus court). La narration est un peu rapide mais largement plus moderne, avec de bonnes idées de cadrage et une colorisation qui oscille entre le très joli et le quelconque. Difficile de vous parler de l'histoire puisque cet épisode n'est qu'une courte introduction.

La partie éditoriale est composée essentiellement de deux entretiens. Le premier avec Alejandro Jodorowsky (qui est bien allumé quand même dans son genre, ou alors il n'aime pas les interviews et prend du LSD avant, histoire de rendre ça plus fun), le second avec Jean-Yves Mitton. On va revenir sur ce dernier parce qu'il parvient quand même à sortir quelques énormités. D'abord il s'envoie des fleurs en parlant de Mikros (réalisé avec Reed Man) et en soulignant le fait qu'ils ont envoyé le héros en Afghanistan pour qu'il y affronte des talibans, ce qui "change des super-vilains en slip de la Marvel" (putain, je déteste les types qui disent "la" Marvel...). Alors faudrait peut-être dire à Mitton que Marvel a un peu évolué depuis les années 60 quand même. Envoyer Mikros en Afghanistan en 2007 n'a rien de révolutionnaire. Tony Stark, alias Iron Man, a été envoyé en Irak en... 2004 (Marvel Monster Iron Man #2). Le Squadron Supreme de Straczynski intervient au Moyen-Orient en... 2006 (Supreme Power volume #7 en VF). Et je ne parle là que de ce qui me vient immédiatement à l'esprit. Marvel n'a pas attendu les français pour s'intéresser à l'actualité politique. Et quand on va dans des chiottes publiques et que l'on ne voit personne, ça veut pas dire non plus qu'on vient d'inventer l'envie de pisser.
Autre sortie fumeuse de Mitton, décidemment en forme : il évoque le rachat de Marvel par Disney en ponctuant l'info d'un sentencieux "aïe, aïe, aïe, gare à la mièvrerie". Encore un qui a tout compris et qui confond un montage financier avec une ligne éditoriale. Bref, un bien agaçant personnage.

Au final, voilà une revue qui aura du mal à se hisser à la hauteur de son illustre prédécesseur. L'on peut regretter que ce Strange ne soit pas plus axé sur des auteurs locaux. Tant qu'à publier des trucs très moyens, autant laisser Godland à nos amis américains et donner leur chance à des petits frenchies. Notons que l'effort de rajouter un contenu informatif est louable, même si les personnages interviewés sont loin d'être passionnants (entre un qui est sur une autre planète et l'autre qui ne connaît visiblement rien aux sujets qu'il évoque, ils font la paire).
La marge de progression est donc énorme.

Un titre mythique pour un contenu qui l'est beaucoup moins. Devrait plaire néanmoins aux grands nostalgiques.

ps : le blog Le journal de Matt Murdock ayant maintenant deux ans, j'en profite pour souhaiter un bon anniversaire à l'ami Matt et vous encourager à aller lui rendre visite. ;o)

06 janvier 2010

Révélations choc pour le Spider-Man cuvée 2010

Après une série noire qui avait fait toucher le fond au mensuel du Tisseur, Guggenheim redresse la barre dans le Spider-Man #120.

Voilà quelques mois qu'Amazing Spider-Man version Brand New Day devenait de plus en plus illisible, jusqu'à l'épouvantable numéro de décembre qui, de toute façon, mettait presque un terme à nos souffrances tant il était difficile voire impossible de faire pire. Et effectivement, l'on retrouve un certain plaisir de lecture avec cette première fournée de l'année.
On commence par le Amazing Spider-Man Extra #2. Scénario de Dan Slott et dessin de Chris Bachalo. L'épisode, duquel Spidey est totalement absent, est centré sur Anti-Venom, alias Eddie Brock. Ce dernier, qui se veut une sorte de héros ayant enfin trouvé la rédemption, montre toutefois quelques signes de faiblesse psychologique. Notamment lorsqu'il découvre la vérité sur son mentor, Martin Li. Souvenez-vous, le type est en fait Mr Negative, un nouveau super-vilain tentant de prendre le contrôle de la pègre.
Signalons que si Peter n'est pas là, la tante May, elle, est bien présente. Ah ben ça serait trop bête de ne pas profiter du taudis pendant un numéro. On ne remplace pas un personnage aussi glamour ! ;o)
Bref, une entrée en matière sympathique avec un graphisme qui convient parfaitement à un Anti-Venom aux portes de la folie.

On enchaîne ensuite avec le gros morceau du mensuel, à savoir les Amazing Spider-Man #584, #585 et #586. Le scénario est l'oeuvre de Marc Guggenheim, la partie dessin est assurée par John Romita Jr et Barry Kitson.
Cette fois, l'élection du nouveau maire de New York est imminente. Outre la bataille politique, dans laquelle sont impliqués J.J. Jameson ou encore la fiancée de Harry Osborn, l'on retrouve Menace et la fameuse histoire du tueur aux tracers. Mais cette fois, on avance enfin. A grands pas même puisque non seulement le lecteur découvre l'identité de Menace mais, en plus, une piste sérieuse et inattendue vient relancer l'intrigue du serial-killer.
Il faut être juste et reconnaître que Guggenheim est vraiment excellent sur ce coup. Il commence avec une introduction magnifiquement dialoguée mettant en scène Boomerang et le Shocker. Le genre de petits détails très second degré qui donnent un réel charme à ces personnages secondaires. Ce n'est pas tout, après une petite poursuite, le scénariste fait un clin d'oeil à l'une des scènes historiques d'Amazing en parodiant le célèbre moment où un Parker encore jeune laissait le futur meurtrier de son oncle s'enfuir. Cette fois, c'est Spidey en personne qui est dans le rôle du fugitif. Mais la scène la plus spectaculaire - fort bien amenée - est sans doute la demande en mariage d'Osborn (je reparle de cela ainsi que de deux ou trois autres choses dans le coin des spoilers afin de ne pas vous gâcher la surprise).

Guggenheim parvient, le temps de ces trois épisodes, à faire un peu oublier le Parker égoïste et gnangnan que l'on connait pour l'écrire de manière beaucoup plus enthousiasmante. Ce Spider-Man semble non seulement assez dépassé par les évènements (il est même franchement à la ramasse et a bien du mal à retenir les débris d'un échafaudage) mais surtout il va se prendre une dérouillée assez monumentale. Sans doute la pire depuis que Morlun lui avait gobé un oeil (cf Combats d'Anthologie, scène #4). Et psychologiquement, c'est un soulagement. Parce que ça fait un moment que j'avais envie de lui en coller une au fiston à sa mémère ! Merci Guggie. ;o)
Bref, on passe à la vitesse supérieure et l'on retrouve enfin du plaisir à suivre la série. Il était temps.
Mais rentrons tout de suite dans le vif du sujet avec...

Le Coin des Spoilers
(pour lecteurs avertis)

Très difficile de parler des épisodes du mois sans révéler certains aspects cruciaux. Je continue donc ici pour ceux qui ont déjà lu la revue. Et tout d'abord, punaise, c'est pas énorme la demande en mariage d'Harry ? Il loue Liberty Island le mec. Carrément. Mais ce qu'il y a d'encore plus énorme, c'est le vent qu'il se prend. Ben ça lui apprendra, au lieu de faire le guignol sur une statue française, il n'avait qu'à se payer un bon coiffeur.
Pour l'identité de Menace, là je dois dire que je n'avais pas vu le coup venir. Là encore c'est plutôt bien fait, en se basant sur des scènes passées qui prennent un tout autre éclairage (le baiser entre Lily et Peter par exemple). Et ce qui m'a vraiment tué, c'est quand finalement Lily dit "oui" à Harry. Deuxième coup dur ! Quand il pensait que c'était une fille géniale, elle l'envoie faire des crêpes, et maintenant qu'elle dévoile son nouveau visage (beaucoup moins sexy) et qu'il sait qu'elle est un peu frappadingue, elle accepte. La tronche d'Harry à ce moment là, punaise, ça vaut presque les souffrances passées de BND.
Sinon, pour revenir sur Spidey, un truc m'étonne toujours : pourquoi, puisqu'il se fait arrêter, les flics ne le démasquent-ils pas immédiatement ? C'est en fait cette interrogation qui m'a rappelé que l'on avait déjà eu droit à un teaser en mai dernier (cf Spider-Man #112) où l'on voyait justement les suites de cette arrestation. Y'aurait pas eu le coup du masque, je ne me serais jamais souvenu de ce truc dont j'avais estimé à l'époque qu'il était publié bien trop tôt. De là à dire que j'avais raison... ;o)

Voilà mine de rien un bon Spider-Man, amusant et bien écrit. Souhaitons que l'on reste sur la même voie pour la suite.

ps : j'en profite pour vous signaler la sortie, chez Delcourt, du tome #2 de Echo.

04 janvier 2010

Spawn, Haunt & Image United

Première sortie comics de l'année 2010 avec Les Chroniques de Spawn #28 qui contient notamment le lancement de l'évènement Image United.

La revue commence par l'épisode #194 de la série régulière Spawn ainsi que la quatrième partie de Spawn : Book of the Dead. Rappelons que ce fameux Livre des Morts retrace l'histoire des Hellspawn mais aussi des personnages qui gravitent autour, comme Malebolgia ou encore Sam et Twitch dans un registre plus... "humain".
Suite également de Haunt, la toute récente série créée par Robert Kirkman et Todd McFarlane. Le premier se charge du scénario, le second réalise l'encrage sur des dessins de Greg Capullo et Ryan Ottley. Nous n'en sommes qu'au deuxième épisode mais rassurez-vous, un résumé de l'histoire ainsi qu'une présentation des principaux personnages vous permettront de vous éclairer un peu si vous avez raté le début.
On garde un rythme assez soutenu, avec quelques confrontations musclées et sanglantes. Le fameux Haunt reste plutôt mystérieux (et conserve son cousinage esthétique avec Spider-Man). En fait la créature contient l'esprit des deux frangins Kilgore, qui d'ailleurs se détestaient. L'un est prêtre, l'autre est un agent secret ayant la particularité d'être décédé. La cohabitation forcée donne parfois lieu à quelques gags bienvenus, même si Kirkman pourrait largement pousser un peu plus ce côté humoristique.
En tout cas l'ensemble est plutôt sympathique pour l'instant même si ça ne brille pas par l'originalité des thèmes (que l'on retrouvaient déjà dans Spawn).

Passons maintenant à la nouveauté du mois, le lancement du fameux Image United. Petit lancement puisqu'il s'agit en fait d'un prélude de seulement huit planches. Rappelons tout d'abord le principe de cet évènement qui se veut, à l'échelle d'Image, l'équivalent des events de DC et Marvel. La série limitée (en six parties) sera scénarisée par Robert Kirkman et verra se rencontrer les personnages phares de l'éditeur, dessinés par les membres historiques d'Image, à savoir Marc Silvestri, Todd McFarlane, Erik Larsen, Rob Liefeld, Jim Valentino et Whilce Portacio. Jim Lee, le septième et dernier co-créateur, ne participera qu'au travers de covers, les personnages de son label Wildstorm appartenant maintenant à DC.
Au niveau des protagonistes et équipes qui rentreront en scène, l'on peut citer Witchblade, Darkness, Cyberforce, Youngblood, Savage Dragon ou encore Shadowhawk. Un nouveau personnage, Forteresse, fait ses débuts dès le petit épisode introductif du jour. Enfin, le "grand méchant" de l'histoire (ce n'est plus un secret) sera le Spawn originel, à savoir Al Simmons.
Le côté exceptionnel de cette réunion d'artistes et le brassage de persos devraient susciter l'intérêt des lecteurs même peu familiers avec l'univers d'Image. Le premier épisode a en tout cas reçu, paraît-il, un excellent accueil aux US.

On a droit à un petit cadeau puisque Delcourt nous offre un calendrier dont les illustrations sont tirées de Spawn, Haunt et The Walking Dead. C'est gentil mais il est agrafé dans la revue elle-même. Si on l'enlève - ce que je ne conseille pas - l'on se retrouve donc avec des feuilles volantes. Un truc à part aurait été plus malin (mais sans doute plus cher, évidemment, m'enfin le nouvel an, par principe, ça n'est qu'une fois dans l'année en général).
On termine avec les pages d'infos qui clôturent le numéro. Les sorties librairie sont notamment intéressantes puisqu'il y a du très très lourd. Pour janvier, le tome #10 de l'excellent Walking Dead, avec une nouvelle orientation pour la série. Lancement également de l'adaptation de The Stand (Le Fléau) de Stephen King. Par contre, il y a un truc bizarre, Delcourt annonce 64 pages pour ce premier tome. Or normalement, l'arc Captain Trips dont il est question fait cinq épisodes, autrement dit 110 pages réelles (je compte en nombre de planches effectives, pas comme les éditeurs). Il serait quand même étonnant que Delcourt décide de faire douze recueils au lieu de six (la série comprend 30 épisodes au total), d'autant que cela nécessiterait de couper à chaque fois un épisode en deux...
Ce n'est peut-être qu'une erreur, on verra ça le 20 janvier.
Le mois de février ne sera pas mal non plus avec la suite de Umbrella Academy et le tome #7 de The Goon.
Voilà de quoi bien commencer l'année, non ?