27 février 2010

Des insultes de la part d'un pseudo éditeur

On sait ici tout le "bien" que je pense de Thomas Rivière, pseudo scénariste et toxine du monde de l'édition (cf cet article sur LSA où je commente le manque de travail du guignol). Je viens de voir sur son blog (merci TdK pour l'info) qu'il m'y traitait aujourd'hui de "balai à chiotte" (dans les commentaires).
Je tiens à dire à ce monsieur que j'accepte de le rencontrer pour qu'on discute de son point de vue. Il se sentira peut-être moins fier en face de moi que derrière un écran.
Inculte, vulgaire, sans talent, ridicule dans ses émissions faites avec trois bouts de ficelle et des vannes carambar, aurons-nous la chance de nous rendre compte que le big boss des éditions fanfreluche est aussi un lâche ?
L'invitation est lancée en tout cas.

Et pour ne pas finir sur cette fosse à purin, sachez que ce post est le 800ème du blog, que ces 30 derniers jours vous avez été 27 068 visiteurs uniques à venir me rendre visite et que Univers Marvel & Autres Comics compte maintenant 805 amis sur Facebook (où j'ai eu la surprise de recevoir une invitation d'un certain Thomas Rivière, demande bien sûr refusée, ce qui explique la petite colère du tout petit monsieur, cf 2ème photo ci-dessous). Cette cinquième année d'existence devrait voir le blog dépasser les 1000 articles, ce que nous fêterons dignement avec de nouveau quelques comics à remporter.
Bref, merci à vous pour votre fidélité, cela me rassure sur les lecteurs et prouve que l'on peut être intègre, sans compromis, attaché à certaines valeurs et connaître tout de même une large adhésion populaire.
A bientôt pour un véritable article cette fois, qui j'espère sera débarrassé des effluves nauséabondes d'une certaine usine à news où le nombre de fautes n'a d'égal que la profonde stupidité de son abject propriétaire.

ps : et je vous laisse juge pour savoir si un type qui a ce genre de comportement devant une critique honnête de son travail mérite que l'on achète ses livres...

[Edit 03/03/2010 : merci à toutes les personnes qui, ces derniers jours, m'ont envoyé de nombreux messages de sympathie et de soutien. Parmi elles, des proches de l'individu en question, qui l'ont côtoyé ou le côtoient encore, et qui ont souffert de son comportement malsain. Ce que j'ai pu apprendre dépasse de loin la piètre opinion que j'avais déjà du personnage. Quant au fameux "balai à chiotte", il semble que nous soyons quelques-uns à avoir été affublés de ce gentil sobriquet (dont son propre co-scénariste, comme quoi personne n'est épargné). En même temps, on ne peut pas lui en vouloir étant donné qu'il se donne involontairement le rôle de la merde à nettoyer. Et comme le savent déjà les psychologues, l'inconscient ne ment jamais...
Et puis, dans le groupe des gens qui déplaisent à l'illustre Rivière, il finit par y avoir du beau monde puisqu'il avait, il n'y a pas si longtemps, qualifié Mark Bagley de... pédophile. Le seul domaine dans lequel le petit bonhomme fait montre d'un début de talent semble donc être la calomnie.]


25 février 2010

Powers : Scandale chez les Encapés

La suite de l'excellente série Powers contient ce mois l'un des arcs les plus réputés de la série. Et on commence tout de suite par une scène choc !

Les télévisions ne se lassent pas de diffuser la scène en boucle ; une vidéo de Red Hawk, super-héros reconnu et adulé, a été rendue public et montre le brave homme en pleine séance d'ondinisme avec une mineure. Niveau image, on a déjà fait mieux. Pourtant, le héros - qui n'est autre dans le civil que le sénateur Broderick - n'a guère le temps de s'inquiéter de sa popularité puisqu'il est retrouvé mort peu après.
Christian Walker et Deena Pilgrim, de la Criminelle, vont devoir enquêter sur le passé du sénateur masqué et sur les relations conflictuelles qu'il entretenait avec les anciens membres de Unity, une équipe divisée aujourd'hui par la rancune, l'amertume et les copyrights.
Après une explosion nucléaire sur le sol américain et l'assassinat du Pape, l'affaire paraît pourtant reléguée au second plan. A moins que tout soit lié et que les deux enquêteurs soient devant le cas le plus grave de leur carrière...

Déjà le tome #6 en VF avec ce volume intitulé Les Traîtres. L'on retrouve aux commandes le même duo créatif, à savoir Brian Michael Bendis (New Avengers, Torso, Goldfish, Daredevil, Total Sell Out...) au scénario et Michael Avon Oeming au dessin. Pour ceux qui ne connaîtraient pas la série, vous pouvez vous reporter à cet article. Pour les autres, pas de surprise puisqu'on reste dans un univers super-héroïque réaliste où les encapés ont des défauts, des besoins - parfois inavouables - à assouvir et, pour certains, un fort penchant pour la célébrité et l'argent.
Bendis commence ce récit de manière très brutale, décochant au passage aux media une sévère critique du traitement voyeuriste qu'ils appliquent bien souvent à l'information. Autre grand moment ; un vrai-faux épisode de Unity, façon old school pour les graphismes, mais avec des dialogues très... épicés. Les auteurs vont même jusqu'à se moquer gentiment des conventions ou du merchandising généré par les séries à succès. Savoureux. ;o)

N'allez pas croire pour autant qu'il ne s'agit que d'un prétexte pour balancer du vitriol et des sentences acides sur les planches. L'histoire prend, après quelques épisodes, une ampleur inattendue et se permet même de virer tout doucement au drame, d'autant que le "méchant" de l'histoire est loin d'être un salaud monolithique et que les héros ne sont pas vraiment des saints.
Au final, l'on retrouve ici tout ce qui fait la force de Powers : humour, relations entre protagonistes finement ciselées et une intrigue loin d'être aussi basique et provocante qu'on aurait pu le croire. Ajoutons que le sixième et dernier épisode de cette saga (le trentième de l'on-going) est plus long que d'habitude. Enfin, la traduction est tout à fait honnête.

Un exemple de réussite pour cette série décalée qui malmène les mythes super-héroïques avec intelligence.

ps : la suite de The Boys sort également ce mois (décidemment, février s'avère ruineux). J'ai déjà évoqué longuement la série ici (cf cette chronique) donc je ne parlerai pas de ce tome #5 en détail, sachez simplement qu'il est un peu court, très bon, et qu'il dévoile des infos importantes sur les Sept, Vought-American et leur implication dans certains évènements historiques réels. A conseiller également donc, mais avec Ennis, est-ce vraiment une surprise ?

23 février 2010

The Losers : Forces Spéciales contre CIA

Quand les membres d'une unité d'élite découvrent un secret qu'ils ne sont pas censés connaître, ils deviennent la cible de leur ancien employeur. Action et barbouzeries dans The Losers, autre série du riche label Vertigo.

Clay, Pooch, Jensen, Cougar et Roque, bientôt rejoint par Aisha, sont des habitués des black ops. Des hommes de l'ombre, intervenant dans le monde entier pour protéger les intérêts américains. Un jour pourtant, le système se retourne contre eux. Ils se retrouvent sur liste noire et leur supérieur tente de les éliminer. Les losers, comme ils se surnomment, vont devoir se battre pour récupérer leur vie.
Pour avoir un moyen de pression, ils s'attaquent aux plus grosses opérations de la CIA, impliquée dans de nombreux trafics. Il leur faut mettre tout leur savoir-faire au service de "coups" spectaculaires et audacieux qui leur rapporteront des preuves dont beaucoup de gens préfèreraient qu'elles restent à jamais cachées.
Vol de fourgon, attaque de terminal pétrolier, les losers ne reculeront devant rien pour être réhabilités.

Ce mois de février est décidément chargé en très grosses sorties puisque voilà encore une série de grande qualité, écrite par Andy Diggle (Thunderbolts) et dessinée par Jock (Faker).
The Losers est ici publiée en Big Book. Pourquoi ce format et non un 100% ? Tout simplement parce que le premier arc avait déjà été édité il y a quelques années par Semic et que, du coup, pour obliger les lecteurs à acheter une nouvelle fois cette partie, il était bien plus avantageux de sortir un gros volume de 12 épisodes. Oui, quand il s'agit de pognon, on réfléchit chez Panini. Nous reviendrons plus tard sur les différences de traduction mais voyons tout de suite l'essentiel, autrement dit l'histoire en elle-même. Il s'agit d'un récit nerveux, résolument orienté vers l'action. Les personnages acquièrent tous une certaine personnalité au fil des pages et les dialogues, souvent drôles, rythment les fusillades et autres phases d'infiltration. On est donc dans de l'espionnage pur et dur, avec de bons gros méchants et des complots internationaux.
Graphiquement, le style de Jock convient parfaitement à l'ambiance survitaminée. Contrastes, ombres, grands aplats mais surtout un vrai dynamisme et une manière presque cinématographique de mettre en scène les tueries ou les poursuites. Pas étonnant que cette BD soit adaptée sur grand écran (d'ailleurs Panini ne parle que de ça dans l'intro, ils nous font tout le casting et ont même foutu un macaron sur la cover... c'est des cinéphiles en fait les mecs).

Bon, penchons-nous sur la traduction. Pour être honnête, elle n'est pas catastrophique. Il y a même plusieurs passages qui me semblent bien meilleurs que celle de Semic. On est donc très loin du naufrage de Watchmen où le texte original avait été complètement amoindri par la nouvelle version.
Mais comme on a deux transpositions distinctes, autant regarder un peu les grandes ou petites différences. Dans la version Panini, le traducteur conserve par exemple l'acronyme GOD (Guns Oil Drugs, censé être présent dans la devise "In God We Trust" imprimée sur les billets de banque). Semic avait, à l'époque, francisé en DIEU (Dope, Impérialisme, Essence et USA). Toujours dans les sigles, Semic utilisait MLF (Moudjahidin Locales Féminines) en parlant de trafic de femmes, alors que Panini utilise OBM, qui a moins de sens et, surtout, ne correspond même pas à la traduction qu'ils en donnent (Objets Noirs en Mouvement). Autre petit détail, le Hummer de Semic devient Humvee chez Panini. Un point pour ce dernier puisqu'il s'agit d'un véhicule militaire et que le Hummer est en fait la version civile de l'engin.
Pour ceux qui n'ont jamais eu l'occasion de comparer, je vais donner un exemple très net que l'on trouve sur la première planche. Le "J'ai piraté leur brouillage radio. Ils sont dans nos filets" de Semic devient "Bon, on est dans le cryptage de leur fréquence. Maintenant, c'est à nous qu'ils parlent". Cela peut éventuellement surprendre mais il n'y a pourtant pas de version meilleure que l'autre vu qu'ici, les deux manières de procéder conservent l'essentiel. Ce qui n'était pas le cas du Watchmen de Panini où l'on trouvait des horreurs du genre "qui nous gardera de nos gardiens ?" qui devenait "qui surveillera nos gardiens ?" (perte de l'allitération) ou encore "you know I can't let you do that" qui devenait "il ne saurait en être question" (changement de niveau de langage, perte de l'implication directe).
Tout cela pour dire qu'une traduction est avant tout une adaptation, faite de choix, et qu'elle demande un grand talent littéraire en plus d'un bon niveau d'anglais. Celle de Losers me semble correcte dans l'ensemble, autant le préciser puisque je râle suffisamment quand ça ne va pas.
Autre différence notable au niveau de l'impression, la colorisation des planches est légèrement moins saturée et contrastée dans le tome de Panini. Globalement je trouve ça plus joli mais bon, histoire de goût...

Une série divertissante et rock n' roll, très agréable à lire.
A déguster avec une bande son bien couillue.

22 février 2010

Scalped : sexe et violence en territoire indien

La nouvelle série Vertigo qui débarque ce mois en VF a pour titre Scalped. Bienvenue en pays indien.

Dashiell Bad Horse revient à Prairie Rose, réserve indienne du South Dakota, après l'avoir quittée quinze ans plus tôt.
L'homme a bourlingué et s'est endurci, des tournois de boxe illégaux du Nevada jusqu'aux opérations militaires du Kosovo, il a pris des coups et en a rendu. Après quelques rixes, il devient bientôt officier de la police tribale, une force de sécurité sous la coupe de Red Crow, un ancien activiste également président du conseil Oglala et PDG d'un casino flambant neuf.
Dash va bientôt constater que rien n'a changé.
L'endroit est toujours aussi rude, pauvre, corrompu par la criminalité, l'alcoolisme et les trafics en tout genre. Il aurait souhaité ne jamais revenir dans ce trou mais un homme a les moyens de l'y obliger. Un homme qui connait son passé et qui a une vengeance à accomplir.

Alors Scalped, qu'est-ce que c'est ? Eh bien il s'agit d'un polar, âpre, parsemé de personnages cassés et en souffrance. Si l'on devait faire une comparaison, flatteuse, avec une série, ce serait un peu The Shield. C'est aussi un lieu - le Dakota du Sud - que l'on a peu l'habitude de côtoyer dans les comics, d'autant qu'ici le récit a pour toile de fond les amérindiens, que ce soit au travers de leur culture ou de leurs conditions de vie, souvent peu enviables.
Le scénario est signé Jason Aaron (Wolverine, Black Panther), les dessins sont de R.M. Guéra. Graphiquement, les planches sont à l'image de l'ambiance générale ; contrastées et sulfureuses. On sent le poids de la vie "peser" sur certaines tronches et la température monter lors des scènes un peu chaudes où la violence reste omniprésente.

On met un peu de temps avant de réellement rentrer dans l'histoire, peut-être parce qu'il est difficile de s'attacher immédiatement au personnage principal, sorte de brute renfermée peu amène et quasi suicidaire. Pourtant, au fil de ces cinq épisodes, une intrigue complexe se met en place et le passé des protagonistes est peu à peu dévoilé, rendant le tout finalement crédible et angoissant, jusqu'au cliffhanger final, aussi inattendu que brutal. Si l'on ajoute à cela des dialogues percutants et une narration dynamique, l'on peut affirmer sans trop de risques que l'on est devant une oeuvre réussie, maîtrisée et qui mérite de rencontrer un large public.

Une série coup de poing, sans concession, à réserver à un public adulte.

ps : une petite vidéo pour bien commencer la semaine : sur le site d'Arkham Comics, une scène vous permettant de constater que l'on ne peut pas aborder n'importe comment une jeune fille, même dans un comic shop.

21 février 2010

Et si la Sorcière Rouge avait dit "plus de Panini" ?

Le concept du "what if ?", on commence à connaître. On modifie un détail et la face du monde peut s'en trouver changée. En partant de ce principe, que se serait-il passé si Panini n'avait jamais hérité des droits Marvel puis DC ?
Bilan sur le plus honteux des "éditeurs" français.

Le français qu'on cause chez Panini
Effectuer un travail éditorial, ce n'est pas seulement transposer un texte d'une langue à une autre, mais cela en fait partie. On sait depuis longtemps que la grande majorité des gens bombardés "traducteurs" par Panini n'ont absolument aucun talent littéraire(1), pire, ils ne savent bien souvent même pas écrire correctement des expressions pourtant courantes. Bien entendu, une faute peut toujours échapper à la vigilance même d'un oeil aguerri de temps en temps, mais lorsque cela devient la norme et la qualité une exception, il est temps de s'en inquiéter.
Sans Panini, nous n'aurions donc jamais eu à nous interroger sur la signification du 09 novembre, employé à la place de 11 septembre(2), sur la présence du nom Tornade dans une série où elle n'apparaît pas, résultat de la confusion entre Storm, le nom de famille de la Torche, et Storm, le pseudo, signe évident que les traducteurs se foutent totalement de ce qu'ils sont censés lire(3), nous n'aurions jamais su que Wolverine signifiait "blaireau" et non glouton(4), ni que Andrea DiVito était une femme(5). Et je passe sur les expressions mal orthographiées ("autant pour moi" à la place de "au temps pour moi"), employées de manière incorrecte ("faire long feu" ne signifie pas "durer longtemps") et les innombrables fautes de conjugaison.
On pourrait continuer comme ça longtemps, c'est certainement assez drôle au premier abord, mais lorsqu'on y réfléchit, c'est dramatique. Non seulement parce qu'il s'agit d'un manque total de respect pour les auteurs et le lectorat mais également parce que faire preuve d'une telle légèreté lorsque l'on a la charge de publier des livres révèle les limites d'un système gangréné par le copinage et le j'm'en foutisme. Outre le fait que les plus jeunes ne peuvent même plus compter sur la chose imprimée comme référence correcte, les histoires en deviennent parfois incompréhensibles. Un exemple ? L'ahurissante traduction où, à la place de "univers de Supreme Power", nous nous retrouvons avec "pouvoir suprême de l'univers", qui ne veut strictement rien dire(6).
Sans Panini, on pourrait donc comprendre un peu ce qu'on lit.

Le monopole du Monstre
Normalement, lorsque l'on est totalement incapable, on ne devrait être qu'un acteur mineur du domaine dans lequel l'on sévit. Malheureusement, suite à divers concours de circonstances (dont le fait d'avoir été naguère racheté par le groupe Marvel Entertainment), Panini s'est vu confier de très nombreuses séries. L'ogre boiteux a non seulement en charge les titres Marvel, mais également ceux de DC. Pire, c'est encore eux qui obtiennent les droits des labels Wildstorm et Vertigo (de DC Comics mais qui se vendent séparément). Alors, bien entendu, ce n'est pas un réel monopole. Il reste un tas de choses, souvent de qualité d'ailleurs, que ce soit chez Image, Dark Horse ou chez les indépendants et artistes publiant à compte d'auteur. Mais tout de même, pour le mainstream grand-public, ça fait beaucoup. Pire encore, le Pantagruel des comics a également racheté le pourtant sérieux Comic Box, magazine totalement axé sur la BD américaine et faisant, jusqu'il y a peu, office de référence en la matière. Impossible évidemment de trouver maintenant d'objectives critiques sur cet éditeur en son sein.
Pour prendre un élément de comparaison assez proche de la réalité, c'est un peu comme si Eve Angeli se retrouvait demain en charge de la publication de la plupart des manga les plus connus, mais aussi du support journalistique de référence qui les chronique. Ah ben oui, ça fait peur.
Sans Panini, l'on peut supposer qu'une concurrence saine, issue de séries très différentes laissées aux mains de vrais professionnels, permettrait aux lecteurs de bénéficier d'un choix plus vaste et de prix souvent plus en rapport avec le contenu et la forme (ne serait-ce que sur les extravagants Monster et Big Book). Et sans Panini, des journalistes honnêtes pourraient, peut-être, remettre en question certaines pratiques.

On ne change pas une équipe qui merde
Ce qui est bien avec Panini au moins, c'est qu'ils sont prévisibles. Ils sont mauvais dans tous les compartiments du jeu. Bon, c'est un peu normal. Si vous êtes du genre distrait et bordélique, vous ne devenez pas un monstre de concentration et un type ultra ordonné dès que vous passez la porte de chez vous. Ben là, c'est pareil mais à l'échelle d'une entreprise.
Aucune vision éditoriale à long terme, les séries sont baladées d'un format à un autre et bien souvent tronçonnées, les bonus présents en VO sont passés à la trappe, des collections sont lancées et aussi vite abandonnées, du matériel adulte est publié dans des revues pour enfants(7), et pour couronner le tout, l'éditeur gaffe régulièrement en pensant s'adresser, dans ses revues adultes (pourtant flanquées du macaron "pour lecteurs avertis"), à des gamins(8). Bref, on peut difficilement faire plus brouillon.
Sur le Net également, Panini s'illustre à sa façon. Incapables de tenir une simple checklist à jour ou de modérer un forum, ils lancent une nouvelle formule pour l'annuler quelques jours plus tard. Même au niveau des relations presse, certains magazines pro ont du mal à obtenir des titres pour pouvoir en parler à temps. La communication est désastreuse, les campagnes de pub et de soutien pour certains titres inexistantes. Comment s'étonner alors qu'ils aient du mal à vendre les pourtant valables séries DC ou encore des titres excellents comme Loveless(9)? Lorsque l'on voit le travail de certains éditeurs, n'ayant pas ce statut de géant ou étant arrivés récemment sur le terrain des comics, avec des sites bien pensés, des previews en vidéo, des résumés bien rédigés, la possibilité de lire les premières planches de chaque oeuvre, on comprend vite le gouffre immense qui sépare Panini d'un simple type un peu sérieux et connaissant son boulot.
Sans Panini, DC pourrait peut-être se vendre en France, les internautes pourraient éventuellement découvrir l'immense variétés des comics sur le web et une couverture médiatique correcte se mettrait en place pour soutenir les publications.

On n'est pas dans un what if
Eh oui, même si tout cela commence à faire beaucoup, nous n'y pouvons pas grand-chose et il faut composer avec un Panini certes désastreux mais bien présent.
Pour parvenir à mettre nous-mêmes cette entité à terre, il faudrait massivement se mettre à la VO, ce qui semble impossible pour des raisons pratiques (et puis tout le monde n'a pas forcément l'envie ou le temps d'apprendre l'anglais). Le salut ne peut donc venir que des éditeurs américains. Marvel notamment pourrait, grâce au réseau Disney, se passer de ce peu flatteur partenaire. Il ne resterait guère alors que les titres Vertigo pour garder Panini un temps hors de l'eau avant que la bête ne sombre. Quant aux titres Marvel, ils pourraient tranquillement se retrouver chez de vrais éditeurs, après tout, nous en avons quelques-uns.
Mais ce n'est qu'un doux rêve et, pour l'instant, le milieu de l'édition est toujours pollué par des vendeurs d'autocollants qui ont cru, un jour, que l'on pouvait être nul sans que ça se sache ou que l'on pouvait vendre des produits culturels comme si c'était des radis.
Je continue à acheter ce qu'ils éditent, parce que je ne veux pas brider ma passion ou sanctionner, à travers ces incapables, les auteurs qui, eux, font un travail exceptionnel. Par contre, il est nécessaire, régulièrement, de rappeler que ces gens ne sont pas à leur place. Personne n'aurait envie d'être soigné par un type qui n'a pas son doctorat de médecine en poche. De la même manière, il est crucial de rappeler qu'il faut être éditeur pour bien s'occuper d'un livre. Cela suppose des connaissances. Un sérieux. Et, je le crois, un minimum de passion. Eléments cruellement absents chez Panini et absence qu'il serait dangereux de faire passer pour la norme.
La norme c'est Delcourt, Milady, Akileos, Kymera, Ankama, Casterman, Dargaud et bien d'autres encore. Non pas que l'on ne puisse rien leur reprocher, rien en ce bas monde n'est parfait, mais la qualité et l'envie de certains se voient trop pour que l'on pardonne la paresse de sagouins qui ont de l'or entre les mains et qui parviennent, régulièrement, à le transformer en merde.
Nous, lecteurs et auteurs, n'avons pas les pouvoirs magiques de la Sorcière Rouge.
Mais nous avons le pouvoir du Verbe.

"Ce qu'on est incapable de changer, il faut au moins le décrire."
Rainer Werner Fassbinder


1 : le Fury dans la collection Max ou l'épouvantable Elektra & Wolverine sont à lire pour se convaincre de l'étendue des dégâts
3 : j'en ai parlé dans cette chronique mais l'erreur a lieu précisément dans le Civil War #5
5 : erreur citée ici avec d'autres exemples
6 : cf la fin d'Ultimatum dans le Ultimates #43
8 : cf entre autres le X-Men Extra #76
9 : Loveless, l'excellente série d'Azzarello, a été stoppée après... un seul numéro VF

20 février 2010

Marvel Monster Dark Reign

Ms. Marvel, Deadpool et Black Panther sont au sommaire du premier Marvel Monster Dark Reign.

C'est un Monster avec un nouveau papier, de meilleure qualité, qui nous attend ce mois-ci. Vu le prix, c'est loin d'être un luxe. On commence avec Deadpool et plus exactement les épisodes #4 à #7 de son on-going (avant ceux que l'on a pu suivre dans le mensuel Dark Reign donc).
Dessins de Carlo Barberi et Paco Medina, scénario de Daniel Way. Pour ce qui est de ce dernier, autant l'on pouvait avoir des réserves parfois sur Wolverine Origins, autant il se débrouille très bien avec le mercenaire déjanté (et Dark Wolverine qui a commencé ce mois dans Astonishing X-Men et qui est vraiment excellent). Deux courts récits ici, le premier arc nous présente un Deadpool fauché, obligé d'aller quémander un contrat à Zeke, alias l'ordure ultime. De grands moments, ne serait-ce que lorsque Wade est en train de déconner sur l'identité de la cible à éliminer et qu'il finit vraiment par s'y perdre, ce qui n'est pas pour rassurer son commanditaire. Le deuxième arc oppose Wilson à un Requin-Tigre travaillant pour Osborn. Un peu moins fun malgré quelques petites références, dont une à Die Hard.
Dans l'ensemble ces épisodes sont plutôt sympathiques mais la moitié ne concernent pas du tout Dark Reign et les autres se déroulent avant les évènements du crossover avec les Thunderbolts. Donc, rien d'indispensable.

On enchaîne avec Ms. Marvel, une série partiellement inédite en France (mais que l'on peut suivre en TPB) et dont on découvre quelques morceaux à chaque grand évènement (Civil War ou encore Secret Invasion). Toujours Brian Reed au scénario, les dessins sont de Patrick Olliffe.
Seulement trois épisodes et heureusement, parce que ce The Death of Ms. Marvel se révèle assez fade. Osborn tente de faire éliminer Carol Danvers en refilant "ascension", un sérum expérimental, à Ghazi Rashid, un vieil ennemi de la miss. On reparle vaguement de certains trucs un peu anciens, comme Cru l'extraterrestre ou l'église de Hala, et on assiste à une grosse castagne qui se termine par une mort apparente, comme le titre l'indiquait.
Pas convaincu du tout, même graphiquement, ça ne casse rien. Là encore, rien de crucial non plus pour suivre Dark Reign.

On passe ensuite à Black Panther, avec encore un relaunch pour le titre puisque l'on retrouve ici les épisodes #1 à #6 du volume 5. Scénario de Reginald Hudlin, dessins de Ken Lashley.
Tout comme pour le tie-in Secret Invasion, la série mettant en scène le couple T'Challa/Ororo se révèle bien écrite et agréable à suivre.
Le Wakanda se trouve sans protecteur après que la Panthère Noire ait été grièvement blessée. Tornade doit assumer la gestion des affaires courantes alors qu'une menace épouvantable plane sur le pays. Et dans le rôle de la menace justement, l'on retrouve en fait Morlun, l'entité se nourrissant des pouvoirs de nature totémique (et qui avait naguère gobé un oeil à ce pauvre Spidey, cf le combat d'anthologie #4).
Le rapport avec les évènements actuels existe (puisque Namor et Fatalis jouent les guests) mais reste bien lointain. Pour être honnête, ce n'est pas spécialement une volonté de Panini de tirer sur la corde puisque les épisodes VO étaient également estampillés Dark Reign.

Un Monster qui réserve de bons moments grâce à Deadpool et Black Panther mais que l'on peut délaisser sans crainte si l'on n'est motivé que par la crainte de rater un fait important de la période Dark Reign.

19 février 2010

Grandville : polar steampunk et anthropomorphique

Grandville signe le retour de l'un des grands génies du comic britannique. Faisons un peu connaissance avec l'inspecteur LeBrock de Scotland Yard.

Lorsqu'un diplomate anglais est retrouvé chez lui, une balle dans la tête, tout le monde pense bien entendu à un suicide. Sauf LeBrock qui repère immédiatement des détails évoquant plutôt un assassinat.
Pour mener leur enquête, l'inspecteur et son assistant vont devoir partir pour Grandville, capitale des merdes de chien et, accessoirement, de l'empire de France, dirigé par Napoléon XII. Bientôt, une piste parsemée de cadavres les mène sur les traces d'un groupe de dangereux conspirateurs qui pourraient bien déclencher une guerre contre la petite république socialiste de Grande-Bretagne, fraîchement indépendante.
Pour faire éclater la vérité, LeBrock devra affronter le fort sentiment anti-anglais mais aussi la police secrète de l'Empereur. Il devra également employer des méthodes radicales, mais après tout, l'avenir de deux nations est en jeu...

Si vous ne connaissez pas Bryan Talbot, brillant scénariste et dessinateur anglais, il est temps de combler cette lacune. Nous avions déjà évoqué l'auteur à propos de Luther Arkwright, oeuvre dans laquelle il faisait preuve d'une maîtrise et d'un talent hors du commun. Il revient cette fois avec une nouvelle uchronie qui a la particularité d'utiliser des animaux comme personnages. L'inspecteur est un blaireau, le grand Napoléon un lion, etc.
L'univers décrit est particulièrement original puisque l'on plonge dans une Europe qui est restée à l'ère des machines à vapeur et qui est dominée par la France, seule superpuissance continentale. C'est l'occasion de découvrir un tas de véhicules ou d'objets au charme certain, du fiacre à vapeur à l'acoustitube remplaçant notre téléphone moderne. Outre ce décor steampunk, Talbot parsème son récit de nombreuses références, souvent liées à la culture française. L'on pourra ainsi rencontrer des figurants célèbres, comme Bécassine, Spirou et même ce pauvre Milou, devenu un paumé accro à l'opium et rêvant ses aventures passées ou imaginaires. Les clins d'oeil ne s'adressent pas uniquement aux fans de bande dessinée puisque l'on reconnaîtra également des pastiches de tableaux de Manet ou David. Enfin, l'auteur semble aussi connaître la politique française puisque le premier ministre de l'empire, un nationaliste convaincu, se nomme... Jean-Marie Lapin. ;o)

Comme toujours avec Talbot, tout est pensé, soigné, minutieusement mis en place. Les planches sont superbes et le récit, une histoire de complot somme toute classique, nous entraîne dans un univers bien plus dur qu'on n'aurait pu le penser.
Reste l'édition française, par Milady, et là encore le résultat est impressionnant de professionnalisme et de sérieux. Grand format, hardcover, papier glacé, pour une quinzaine d'euros, c'est déjà plus que correct. Mais l'éditeur ne s'est pas contenté de cela et a demandé une longue postface à Talbot, en exclusivité pour la version française ! En tout, 22 pages supplémentaires, avec illustrations et commentaires. L'artiste nous explique certaines phases de son travail, il revient sur des références ayant pu nous échapper et nous dévoile même la première planche du tome #2 de Grandville, car - et c'est une excellente nouvelle - il y aura une suite. Vu la richesse de l'univers et les capacités du bonhomme, gageons que le résultat sera à la hauteur de cet excellent premier opus.

Un album magnifique, une édition particulièrement soignée et l'incomparable style de Talbot. Autant de raisons pour se précipiter sur cette lecture.

17 février 2010

Marvel Saga spécial "What If ?"

Cinq What If au menu du Marvel Saga #5, sorti hier en kiosque.

Pour les lecteurs qui ne connaîtraient pas encore le principe, un What If est une histoire hors continuité qui explore ce qui aurait pu se passer si l'on changeait un élément important de certains grands évènements passés. L'un des avantages est que les auteurs peuvent se "lâcher" plus que d'habitude, le principal inconvénient étant que la tension ou le côté dramatique sont amoindris puisqu'il s'agit de récits n'ayant pas de conséquences sur les personnages de l'univers classique.
Mais commençons tout de suite avec le premier épisode. Scénario de Brian Reed et Jim McCann, dessins de Paolo Pantalena. Les auteurs revisitent ici la saga House of M avec une variante de taille : au lieu de prononcer les mots "no more mutants", la Sorcière Rouge murmure "no more powers". Tous les surhumains, dont Spidey et les Vengeurs, sont donc touchés. Redevenus des citoyens ordinaires, ils doivent pourtant faire face à Crâne Rouge qui a pris le contrôle de l'Hydra, l'AIM et de la Main. Une petite réflexion sympathique sur les responsabilités sans pouvoirs. Je me demande si le final n'est pas une allusion à Araña...

On poursuit avec un épisode mettant en scène les nouveaux Fantastic Four. Au lieu du quatuor habituel, le casting est composé de Spider-Man, Hulk, Wolverine et Iron Man. L'équipe doit lutter contre un Thanos surpuissant qui s'amuse avec son Gant de l'Infini pour épater sa belle (la Mort). Scénario de Paul Tobin, dessins de Patrick Scherberger. Le résultat n'a rien d'exceptionnel, c'est même sans doute la partie la moins intéressante de la revue.

On continue avec cette fois un petit détour par Back in Black, la période du Tisseur pendant laquelle il était bien en colère parce que le Caïd avait fait buter sa chère tantine. Cette fois, c'est Mary Jane qui se fait descendre. Du coup il le prend mieux, il épouse sa tante et ils ont beaucoup d'enf... heu, non, attendez, en fait il n'est pas trop content et va se venger. Stark essaie de l'en empêcher, petite course poursuite, finalement Spidey liquide le Caïd (alors qu'il menaçait de buter May Parker) et là, je vous le donne en mille, la vioque engueule son neveu parce qu'il "a pas été élevé comme ça et que ça se fait pas de tuer les gens !"
Dessins de Gus Vasquez, scénario de Steven Grant qui nous apprend qu'à l'article de la mort ou bien vivante, la tantine est toujours aussi emmerdante.

On arrive ensuite au What If Secret Wars dans lequel Fatalis conserve les pouvoirs quasi infinis du Beyonder à l'issue des Guerres Secrètes. Scénario de Karl Bollers, dessins de Jorge Molina. Très certainement l'épisode le plus beau graphiquement. Fatalis se tape un trip mégalomaniaque et va jusqu'à affronter les races extraterrestres connues ou même les plus puissantes entités cosmiques. Je ne sais pas si c'est volontaire, mais une scène fait un peu penser au Dr Manhattan de Watchmen, à la différence que la photo qu'il regarde sur Mars, tout en expliquant son étrange perception instantanée du temps, est remplacée par le masque de Fatalis sur la Lune. Le même procédé narratif est employé, avec cette manière bien particulière de décrire les évènements à venir (la photo et le masque sont déjà au sol alors que le narrateur parle de leur futur chute).
Un peu dommage que cette thématique (solitude et détachement généré par un pouvoir divin) ne soit pas plus poussée ici. Cela reste tout de même intéressant.

Et enfin on termine par une variation sur Fallen Son. Cette fois, au lieu que Captain America soit abattu après sa reddition à la fin de Civil War, c'est Tony Stark qui est exécuté par le neveu de Bill Foster. Scénario de Marc Sumerak, dessins de Trevor Goring. Les auteurs reprennent les différents sentiments suscités chez les héros par la disparition d'un de leur camarade (déni, colère, acceptation, etc.) et terminent par une longue lettre post mortem de Stark et les prémices de Secret Invasion.
Plutôt sympathique même si la charge émotionnelle aurait pu être plus importante.
Il faut signaler qu'un autre What If, mettant en scène les Runaways devenant les Young Avengers, avait été découpé en cinq parties et publié en VO dans ces épisodes. Panini n'a pas jugé bon de nous en faire profiter.

Des histoires à la qualité variable et à l'intérêt anecdotique.
Dispensable.

15 février 2010

Battlin' Jack Murdock : Drame sur le Ring

Le célèbre Daredevil laisse la place, le temps d'une mini-série, à son boxeur de père dans Battlin' Jack Murdock.

Jack Murdock est un raté. Un alcoolique qui a raccroché les gants et fait une croix sur sa carrière de boxeur. Sa femme l'a quitté, il élève seul son fils, Matt. Pour gagner sa vie, il travaille pour la mafia comme encaisseur. Parce que cogner, c'est tout ce qu'il sait faire.
Un jour pourtant, il en a assez. Le regard effrayé d'une petite fille qui l'a surpris en train de tabasser son père a été le déclic. Il arrête l'alcool et remonte sur le ring. Les combats s'enchaînent, les victoires également, jusqu'au mythique Madison Square Garden et son championnat du monde des poids lourds. Malheureusement, Jack apprend que la plupart de ses combats étaient truqués. S'il veut survivre et empocher un paquet de fric au passage, il devra se coucher à la quatrième reprise.
Pour Battlin' Jack commence le match de sa vie. Une rencontre où il peut perdre la vie mais regagner son honneur...

Voici un nouveau tome de la série Daredevil dans la collection 100% Marvel. Il ne s'agit pas de la suite de l'on-going par Brubaker mais d'une mini-série en quatre épisodes. Le scénario est de Zeb Wells (Civil War : Young Avengers & Runaways, Amazing Spider-Man, Dark Reign : Elekra, Venom : Dark Origin), les dessins sont de Carmine Di Giandomenico.
Tout le monde ou presque connaît les grandes lignes du passé de Jack Murdock mais les auteurs vont ici développer le personnage et combler quelques blancs. Le récit est dur et se déroule en quatre parties dédiées à la fois aux quatre rounds du fameux combat mais aussi à quelques flashbacks fort intéressants. L'on comprend notamment beaucoup mieux pourquoi il est si difficile pour Jack de perdre volontairement un combat qui lui semble jouable puisqu'un parallèle est fait entre cette victoire qui aurait dû lui revenir et la femme avec qui il aurait pu finir ses jours. Jack est un personnage tragique et très attachant. Fier, courageux, il a aussi ses failles morales et ses faiblesses qui le hantent. Heureusement, être un type bien ne veut pas dire n'avoir aucun défaut. Jack saura jusqu'où aller pour ne pas se perdre et entrer dans la légende.

Bien entendu, Matt est également présent. On retrouve les différentes étapes bien connues de son début de carrière, que ce soit l'accident, ses études de droit, son entraînement une fois ses pouvoirs acquis. Par contre, tout cela n'est qu'évoqué et présenté du point de vue de son père. Visuellement, le résultat est plutôt sympa également, Giandomenico réussissant surtout à dessiner des visages expressifs, ravagés par les coups ou la peine.
L'on peut noter diverses références aux thèmes présents dans le mythe Daredevil. La fameuse croix, que l'on retrouvera souvent par la suite, ou encore de petits détails comme les motifs d'un tapis qui rappellent curieusement ceux des vitraux d'une église, lieu hautement symbolique pour le protecteur de Hell's Kitchen, ne serait-ce que pour l'allusion à la mort de Karen Page (cf ce Deluxe).
Signalons aussi une magnifique pleine page montrant la première rencontre, poignante, entre la brute au grand coeur et son fils. Le type à genoux, le tapis, le bébé recouvert d'un simple linge, l'éclairage, là encore la symbolique est très forte et mystique. D'une manière générale, on notera la profonde maîtrise des procédés narratifs, ce qui donne un récit à la fois simple mais d'une grande efficacité.

Une histoire émouvante et bien menée, qui met en scène un brave type plus qu'un super-héros.

13 février 2010

Block 109 : Uchronie, Horreur et Complot au sein du IIIème Reich

La grosse surprise de ce début d'année est une BD atypique, au croisement de plusieurs genres. Tout de suite, une plongée dans Block 109 et l'épouvantable projet du Nouvel Ordre Teutonique.

Le 22 mars 1941, Adolf Hitler est assassiné. L'Histoire vient de basculer. Goering, Hess et de nombreux dignitaires du parti sont éliminés dans la foulée. Himmler devient chancelier et crée, deux ans plus tard, le Nouvel Ordre Teutonique pour contrer l'influence des SS.
Juin 44, la première bombe atomique allemande est opérationnelle. Juin 45, l'opération "Nuit Noire" déclenche le feu nucléaire sur la Grande-Bretagne et les Etats-Unis.
Le IIIème Reich n'a plus d'adversaire à l'Ouest. A l'Est par contre, la situation se complique. Les soviétiques se rapprochent sans que les nazis puissent tirer avantage de leurs nouvelles armes par crainte des retombées radioactives. La Wehrmacht, exsangue, manque de recrues. Le Grand Conseil autorise bientôt l'incorporation des sujets non allemands puis des femmes, sans que cela soit suffisant.
En 1953, après la mort d'Himmler et alors que le tout puissant Hochmeister Zytek est à la tête du Reich, les savants allemands font une découverte inattendue. Alors qu'ils cherchaient à mettre au point le sérum du super-soldat, appelé le "Sang des Dieux", leurs recherches ont en fait permis d'élaborer un virus redoutable qui transforme n'importe quel être en monstre violent, incontrôlable et... cannibale. Zytek souhaite utiliser cette arme virale à grande échelle. Mais son véritable projet est encore plus terrifiant et pourrait causer la fin du monde. Entre les partisans de diverses factions se joue maintenant l'ultime bataille qui mettra fin aux horreurs nazies ou accouchera de la plus terrible.

On se souvient que les éditions Akileos nous avait déjà réservé des ouvrages de qualité, que ce soit WhiteOut, Strangehaven, Courtney Crumrin ou encore un magnifique artbook consacré à Tim Sale. Cette fois, ce sont deux frenchies qui sont à l'honneur avec une première oeuvre étonnante et plutôt épaisse (environ 200 pages).
Le scénario est signé Vincent Brugeas, les dessins sont de Ronan Toulhoat.
Graphiquement, le lecteur se prend d'entrée une bonne claque en découvrant les planches, réellement magnifiques. Style crayonné, pourtant hasardeux, mais ici parfaitement maîtrisé, avec des décors sublimes et des visages émaciés et inquiétants. Les scènes de combat, les postures, les tirs sont représentés avec une grande habileté et un dynamisme étonnant. Une colorisation subtile, dans des tons gris et bruns, vient apporter une touche réellement envoûtante et originale à l'ensemble.
Voilà longtemps que je n'avais pas été autant emballé par un nouveau dessinateur.

Intéressons-nous maintenant un peu au récit. L'on sent ici les influences, conscientes ou non, de nombreux films ou romans (ou peut-être même comics). Imaginez un étrange mélange allant de Fatherland à 28 jours plus tard, en passant par Aliens ou 1984. Voilà un cocktail surprenant, certainement peu évident à doser, mais ici parfaitement servi.
De nombreux éléments historiques réels viennent apporter de la crédibilité au cadre (on croise même Stauffenberg qui n'a pourtant pas ici un rôle important). D'une sorte de thriller politique complexe, Block 109 parait basculer vers l'épouvante, le fantastique ou la science-fiction, sans pourtant vraiment totalement adhérer à l'un de ces genres. Il en résulte un grand sentiment de fraîcheur et de liberté qui permet aux auteurs d'avancer masqués jusqu'au dénouement, inéluctable, atroce, pathétique.
Les thèmes abordés sont cruciaux (un but noble justifie-t-il tous les moyens ? l'homme porte-t-il en lui les éléments déclencheurs de sa propre destruction ?) mais le scénariste a le bon goût de ne pas nous imposer de réponse et de nous laisser seul juge de l'impitoyable mécanique qu'il met en oeuvre. Un fait suffisamment rare pour être souligné.

Une oeuvre crépusculaire, visuellement irréprochable et passionnante par son approche mesurée et ses références multiples. Une putain de BD avec du talent et des neurones autour. Enorme.

11 février 2010

Green Lantern Corps : Recharge

Retour sur l'une des rares séries du Green Lantern Corps disponibles en VF avec le DC Universe hors série #4.

Alors que le corps des Green Lantern avait été dissout, les Gardiens lancent une large campagne de recrutement afin de le reconstituer. Kyle Rayner et Guy Gardner rejoignent Kilowog sur Oa pour assurer la formation des nouvelles recrues. Munis de leurs anneaux, les membres de cette force intergalactique doivent protéger chaque secteur de l'univers contre d'éventuelles menaces.
Ces dernières ne se font pas attendre puisqu'un appel à l'aide est intercepté. Des troupes Thanagariennes, bientôt suivies par une flotte de Rann, menacent le système de Mogo. De son côté, Soranik Natu, qui considère que le Corps est un symbole d'oppression, a refusé d'être incorporée. Alors qu'elle recherche le corps d'un camarade afin de lui rendre un dernier hommage, elle est aspirée par un trou noir. Le puits de gravité, loin de la détruire, l'amène sur Véga, une planète peuplée d'araignées qui drainent l'énergie des étoiles mortes via une toile du subespace.
Pour la sauver, les Lantern vont devoir transgresser le code des Gardiens et mettre Oa en danger...

Eh bien voilà, il fallait bien que ça arrive un jour, j'ai cédé à l'appel des Green Lantern, un peu comme Joe Dassin à l'époque avec son célèbre titre "I wanna be a Green Lantern". ;o)
Ce Green Lantern Corps : Recharge est une mini-série qui précède l'on-going du même nom. C'est bien sûr disponible en TPB mais - fait rare - également en français, Panini l'ayant publiée dans un hors série en février 2007.
Le scénario est de Geoff Johns et Dave Gibbons, les dessins sont de Patrick Gleason. Graphiquement, c'est plutôt correct, avec toutefois une colorisation parfois très flashy. Le principal intérêt du récit réside dans le fait qu'il constitue une très bonne introduction à l'univers des Lantern et des Gardiens. Non seulement les personnages principaux y font tous au moins une apparition (même Hal Jordan), mais surtout la plupart des principes liés au Corps sont relativement bien expliqués, que ce soit le rôle des Gardiens, le fonctionnement des anneaux ou encore leur faiblesse face à la couleur jaune.

Bien entendu, nous sommes ici dans un genre cosmique. Il faudra donc apprécier l'espace, les planètes lointaines et les créatures étranges. L'humour est toutefois présent, notamment grâce à la présence de Gardner, la forte tête du groupe. Avant de quitter la terre, il ira même jusqu'à dire au revoir à Batman en lui montrant... une partie intime de son anatomie. Autant dire que peu de gens ont l'habitude de saluer le justicier de Gotham de cette manière. ;o)
Si maintenant vous hésitez entre les versions américaines et françaises, sachez que le TPB ne contient pas de bonus et que le DC Universe de Panini propose un rappel sur les grandes lignes de l'histoire du Corps. Un petit plus sympathique qui peut aider à se mettre dans le bain.

Une entrée en matière accessible pour découvrir une série qui reste inédite en France et qui est liée à l'un des grands évènements DC du moment.

09 février 2010

Dark Reign : La Cabale / Deadpool in Love

Au menu du Dark Reign #5 de ce mois : les membres de la Cabale et un Deadpool amoureux.

On commence par Dark Reign : The Cabal, une série d'histoires courtes consacrée à chacun des membres du groupe mis sur pied par Norman Osborn. Au scénario alternent Jonathan Hickman, Kieron Gillen, Matt Fraction, Peter Milligan et Rick Remender. Les dessins sont réalisés par Adi Granov, Carmine Di Giandomenico, Daniel Acuña, Tonci Zonjic et Max Fiumara.
Le récit consacré à Loki aurait pu être publié plus tôt, le personnage y évoque son intention d'évincer Thor et de déplacer Asgard en Latvérie, évènements qui ont déjà eu lieu dans Marvel Heroes. On retiendra surtout la partie dédiée à Fatalis pour la beauté visuelle et le scénario, très habile, de celle qui développe The Hood, personnage complexe, parfois même sympathique, mais dont la cruauté n'a rien à envier à celle du Caïd.
Dans l'ensemble, ces petits one-shots permettront aux nouveaux lecteurs de cerner un peu mieux les ambitions ou le caractère des protagonistes.

On passe ensuite à la fin du crossover entre Deadpool et les Thunderbolts. Andy Diggle et Daniel Way au scénario, Bong Dazo et Paco Medina aux dessins. Deadpool affronte toujours les Thunderbolts avec l'aide de Taskmaster (qu'il paiera avec une carte bancaire volée à... Osborn). Ambiance délirante, comme d'habitude avec le mercenaire, d'autant qu'il est amoureux de la Veuve Noire (Yelena Belova, pas Natasha). Ce brave Wade est bien plus doué pour la castagne que pour draguer. Entre ses approches dignes d'un ado un peu timide et ses idées de génie (il loue un avion avec une banderole pour refiler son numéro à Yelena), c'est un véritable plaisir de le voir à l'oeuvre.
Le premier épisode est d'ailleurs le plus réussi sur le plan de la comédie pure.
Signalons qu'entre les deux, on a l'impression que Yelena est passée en vitesse chez le coiffeur le temps de se faire une couleur. C'est normal, une héroïne ça soigne son look.

Pas de Secret Warrior ni de Dark Avengers dans ce numéro. Panini complète le mensuel avec Breakfast in America, un récit de huit planches tiré de Dark Reign : New Nation. Scénario de Adam Felber, dessins de Paulo Siqueira.
Ryder, un membre du Skrull Kill Krew, dégomme quelques bovins qui sont en fait des skrulls. Même si ça peut paraître bizarre, figurez-vous qu'à une époque, Reed Richards persuadait les extraterrestres de se transformer en vaches afin de s'en débarrasser. Je rappelle que c'est l'un des types les plus intelligents de l'univers. Je vous laisse imaginer la solution qu'aurait trouvée le premier crétin venu. ;o)

Un numéro plutôt sympathique, qui permet notamment de retrouver un Deadpool en pleine forme.

ps : à venir ; Green Lantern Corps, Scott Pilgrim ou encore Scalped, bref, un mois chargé et varié.

08 février 2010

Résultats concours Milady Graphics

Voici les résultats du concours organisé en partenariat avec Milady Graphics. Tout d'abord, les réponses. Rien de bien compliqué puisqu'elles se trouvaient toutes sur ce blog. ;o)

1. Dans Black Summer, comment s'appelle le personnage qui assassine le président des Etats-Unis ?
John Horus

2. Quel est le nom de l'équipe de super-héros dont fait partie la charmante Empowered ?
La Super-Bande (ou Super-Homeys en VO qui était aussi accepté)

3. Comment s'appelle la cité souterraine dont est issu Drizzt Do'Urden ?
Menzoberranzan

Cinq chanceux remportent donc chacun un exemplaire des Mondes Fantastiques de Frank Frazetta, ouvrage qui sort le 12 de ce mois.
Les gagnants sont :

Aymeric Cingal de St Xandre (17), Emmanuel Lopez de Nice (06), Jean-Phillipe Martin de Paris (dans le 10ème arrondissement), Simon Iermann de Longjumeau (91) et Eric Jentile de Marseille (13).

Je me suis chargé de prévenir chaque gagnant par mail et de transmettre leurs coordonnées complètes à l'éditeur qui s'occupera des expéditions.
Bravo à tous et merci de votre participation !

07 février 2010

War of Kings : Guardians of the Galaxy

Suite de la série Guardians of the Galaxy dans le Marvel Universe #19. Au menu : vannes, action et entités cosmiques.

Le Marvel Universe de ce mois est entièrement consacré aux Gardiens de la Galaxie avec les épisodes #7 à #12 de l'on-going. Rappelons que nous avons commencé à suivre l'équipe dans les MU #14 et #15. Nous avions laissé la petite bande alors qu'elle se séparait, les membres ayant découvert que Peter Quill, alias Star-Lord, avait demandé à Mantis de manipuler leurs esprits afin qu'ils acceptent de le rejoindre. Inutile de dire que la nouvelle n'a pas été très bien accueillie.
Finalement, Star-Lord, qui se rend sur Hala, capitale de l'empire Kree, est expédié par Ronan dans la zone négative. Là, il tombe sur Blastaar dont les troupes assiègent la prison 42, bâtie par Stark et Richards pendant Civil War. Le dictateur a en effet l'idée de profiter de la porte dimensionnelle située dans celle-ci pour envahir la terre. Quill rejoint les prisonniers (libérés par les gardes qui, eux, se sont enfuis) et, ensemble, ils tentent de résister aux assauts de Blastaar. Bientôt complètement dépassés, ils lancent un appel à l'aide psionique en espérant que les Guardians puissent venir leur prêter main forte.
De leur côté, Drax et Phyla-Vell, toujours à la recherche de Dragon-Lune, vont devoir affronter l'un des serviteurs du Néant, le facétieux Maelstrom.

Encore une très bonne fournée pour cette série qui, avec Nova, permet même aux plus réticents de retrouver goût pour le cosmique. Le scénario est écrit par Dan Abnett & Andy Lanning, les dessins sont de Paul Pelletier, Brad Walker et Wesley Craig. Petite confusion pour l'épisode #9 puisque Brad Walker et Carlos Magno sont crédités dans la VF alors que le site officiel Marvel annonce Bong Dazo (en même temps, au lieu de Wesley - ou "Wes" - Craig, Panini lui colle "Weg" comme prénom à un moment, deux lettres sur trois de bonnes, c'est pas si mauvais comme pourcentage).
Bon, peu importe, le résultat est de toute façon de grande qualité, avec des planches magnifiques et fort bien colorisées. Au niveau de l'histoire, rien à dire, c'est excellent. Abnett et Lanning parviennent à mettre parfaitement en scène des entités cosmiques qui pourraient fort bien, sans leur habileté, virer au ridicule. Ils désamorcent d'ailleurs eux-mêmes ce risque en parsemant le récit de très nombreuses touches d'humour. Entre deux moments de tension, Jack Flag (qui avoue détester ces "trucs cosmiques"), Drax (qui confond les limbes avec la petite ville de Reno) ou Rocket Raccoon (qui peste contre Cosmo, le chien communiste (heu, oui, ça existe)) viennent un peu dédramatiser les évènements.

Outre les allusions à la guerre qui se prépare, les auteurs inscrivent leur saga dans la continuité, en se servant notamment de la fameuse prison de l'Initiative et en ramenant sur le devant de la scène un Maelstrom particulièrement bavard et charismatique. En ce qui concerne la traduction, c'est plutôt correct si l'on excepte un présent mis à la place d'un subjonctif passé, le genre de chose qui écorche bien les oreilles (ou fait mal aux yeux au choix). Mais bon, nous en sommes au point ou un comic sans aucune faute est devenu une exception.
Et pour l'anecdote, vous avez dans cette revue la sixième et dernière partie du poster géant offert ce mois dans les publications Panini. Mince alors, je vais devoir enlever tous mes posters d'Iron Maiden et de Samantha Fox pour pouvoir l'accrocher... ah, non, je m'emporte, on n'est plus en 1990 et les murs de ma chambre sont vides maintenant. Tant pis, c'est l'intention qui compte.

Un très bon trip cosmique, bien dialogué et dessiné. Avec ses 132 planches pour 5,60€, ce Marvel Universe, vu sa qualité, s'impose comme la bonne affaire du mois.

ps : je rappelle que vous pouvez encore participer au concours Milady Graphics jusqu'à ce soir, minuit.

05 février 2010

Avant-première : Star Wars Marvel Comics

Delcourt et les éditions Atlas s'associent pour rééditer les tout premiers comics Star Wars, à l'époque publiés chez Marvel. Voyons de plus près le numéro #1 de Star Wars Comics Collector dont la sortie est prévue le 25 février.

En 1977, Lucasfilm confie à Marvel le soin de décliner Star Wars en comics. Les six premiers épisodes vont reprendre la trame du premier film et les suivants poseront les jalons de ce que l'on appellera l'univers étendu. 107 épisodes et 3 annuals vont donc voir le jour, relayés en France par la revue Titans qui n'en publiera qu'une partie.
Pendant longtemps considérée comme hors continuité, cette série a été depuis plus ou moins réintégrée à la saga (certains évènements nécessitant tout de même une petite gymnastique mentale de la part du lecteur, sorte de "doublethink" à laquelle les fans des grands univers partagés sont habitués).
Delcourt, qui détient les droits Star Wars, s'est donc associé à Atlas pour proposer ces épisodes en fascicules, agrémentés de divers bonus.

Le premier numéro contient les Star Wars #1 et #2 de juillet et août 1977. Le scénario est de Roy Thomas (Conan, La guerre Krees/Skrulls) dont on retrouve ici certains tics, comme le fait de décrire, par de petits pavés de texte, l'action qui serait tout à fait lisible sans. Les dessins sont de Howard Chaykin qui, à l'époque, était bien meilleur que sur ses dernières prestations (War is Hell, Punisher War Journal).
Globalement, l'histoire se lit plutôt agréablement. Pour l'instant on en connaît les grandes lignes mais dès l'épisode #7, des aventures totalement originales nous attendrons. Notons que les planches ont été remasterisées et qu'un papier très vintage, rappelant celui des années 70/80, a été choisi.

Les petits plus maintenant. Tout d'abord, les Holo-News. Il s'agit de quatre pages de contenu éditorial permettant d'en apprendre un peu plus sur le vaste univers dans lequel évoluent Luke Skywalker ou Han Solo. On a droit notamment à une fresque chronologique, une fiche de personnage et un point assez complet sur la planète Tatooine, avec des informations sur la géologie, les moeurs, la faune ou encore la technologie. Très utile pour ceux qui ne seraient pas encore de fins connaisseurs de ce mythe de la science-fiction.
La deuxième partie des bonus s'intitule Arrêt sur image et propose un court récit ou des scènes coupées. Pour ce numéro, il s'agit du premier cas, avec une tranche de vie de cinq planches tirée de Star Wars Empire #8 (2003, scénario Paul Chadwick, dessin Doug Wheathley).

Chaque numéro sera vendu au prix de 5,99 €, le premier étant fixé à 0,99 €.
Un site, proposant un concours permettant de remporter des abonnements, va être mis en place. Pour l'instant il ne semble pas encore accessible mais je vous donne déjà le lien : http://quizstarwarscomics.editionsatlas.fr/

Une collection bien pensée, permettant de découvrir ou redécouvrir une saga culte partiellement inédite en VF. Le contenu éditorial constitue une réelle valeur ajoutée.
Sortie le 25 février

04 février 2010

Geek saison 2 - spécial BD

Le premier numéro de la saison #2 du magazine Geek sort demain en kiosque. Petit coup de projecteur sur cette revue consacrée à la pop culture.

Pour ceux qui ne connaitraient pas encore ce bimestriel, il s'agit du pendant français du magazine Geek Monthly qui existe depuis quelques années déjà aux Etats-Unis.
La revue aborde de nombreux sujets tels que le cinéma, la musique, les jeux vidéos, la science, les séries TV, les jeux de rôle et la bande dessinée. Pour ce S02E01 (le mag adopte une numérotation de série), un spécial BD est au menu, dossier auquel j'ai modestement participé pour la partie comics. En outre, vous trouverez également une analyse sur l'éventuel décès de la BD franco-belge (ça fait peur hein dit comme ça ?) ou encore quelques révélations sur les péchés des grands éditeurs français qui passent au confessionnal de David Bianic.

En dehors de la partie BD, on peut signaler une interview de l'énorme et toujours caustique Jean-Pierre Dionnet, la deuxième partie du Survival Guide qui s'intéresse cette fois-ci aux robots qui ne peuvent pas s'empêcher de nous trucider dès qu'ils sont dotés d'une vague intelligence artificielle, du nippon fripon avec la sexploitation japonaise des 70's, les nouveaux MMORPG de 2010, quelques pages sur Iron Man II et le futur Avengers, la nouvelle saison de Hero Corp, le remake de V (vous savez, cette série dans les années 80 où de jolies extraterrestres bien coiffées se goinfraient de petits rongeurs), et un tas d'autres infos. Le mieux est encore de jeter un oeil au sommaire sur le site officiel.
Signalons également la suite de la BD Feel Good, avec trois planches bourrées d'humour et de références (aah, Casus Belli...).

Alors, je vais me lancer dans une petite explication préventive. Ceux qui suivent ce blog savent que je n'aime pas beaucoup le terme "geek". Du coup, un ami me demandait récemment si je ne trouvais pas un peu paradoxal de travailler pour un magazine qui porte ce nom. Ben non.
Ouais, je sais ce que vous vous dites, "ben non" ça fait court comme justification. Bon, je vais préciser un peu. Je considère toujours que "geek" est un vilain mot. D'abord parce qu'il englobe trop de sphères différentes pour réellement désigner quelque chose, ensuite parce que c'est à la base une insulte et que ce n'est pas toujours bon de reprendre à son compte ce que les autres vous crachent à la gueule. Mais, comme certains s'en doutent peut-être, on ne vient pas me demander mon avis sur les titres dès qu'un projet de magazine voit le jour. ;o)
Et surtout, c'est le contenu qui m'importe. J'ai découvert cette revue avec le numéro #4 et j'ai tout de suite été emballé par le ton général, la qualité des textes et la variété des thèmes abordés. J'ai notamment trouvé passionnant un sujet apportant des questionnements philosophiques sur la téléportation, ou encore une comparaison entre les fameux "geeks" modernes et les hoboes post civil war (la vraie celle-ci) qui disposaient déjà de codes et d'un réseau (ferré à l'époque). Bref, une manière passionnante d'allier la pop culture et des domaines plus "établis", comme l'Histoire ou la psychologie. C'est cette démarche que je cautionne et qui me parait intelligente et novatrice.
Et du coup ça pourrait bien s'appeler "soupe à la tomate" ou "mon cul sur la commode" que je serais tout aussi heureux d'essayer d'apporter ma pierre à l'édifice.
Oui, vous l'aurez compris, j'aime beaucoup ce mag. ;o)