31 mars 2010

Dark Reign : Young Avengers

Des nouvelles des Young Avengers dans le Dark Reign Saga #2 de ce mois.

Il y a quelques temps, une bande de gamins s'était proclamée héritiers des Vengeurs en prenant un nom d'équipe très proche du leur, ce qui n'avait pas manqué d'attirer l'attention de leurs aînés. Aujourd'hui, les Young Avengers sont confrontés à un problème quasiment similaire puisqu'ils découvrent à la télévision qu'un nouveau groupe de héros porte le même nom qu'eux.
Aussitôt, ils décident de les rencontrer puis de leur poser un ultimatum. Ces nouveaux Young Avengers devront changer de nom ou rejoindre l'équipe originelle, mais seulement s'ils le méritent. C'est en combattant l'Hydra que les premiers Jeunes Vengeurs vont tester les seconds.
Très vite, des problèmes moraux se posent avec certaines des recrues potentielles. Big Zero et Crâne d'Oeuf sont partisans d'une idéologie discutable, l'Exécuteur a comme modèle le Punisher et Fusion a l'air de craindre son pouvoir et de cacher quelques douloureux secrets. Seules Blason et l'Enchanteresse semblent dignes d'embrasser une carrière de super-héros.
Reste à savoir si les jeunes gens accepteront d'être séparés...

Petit rappel pour les nouveaux arrivants. Nous avons pris l'habitude d'avoir de temps en temps des mini-séries mettant en scène les Young Avengers, soit en compagnie des Runaways lors des tie-ins de grands évènements, comme Civil War (cf Marvel Icons hors série #10) ou Secret Invasion (cf Secret Invasion hors série #1), soit de manière autonome, comme dans le Marvel Heroes hors série #4 qui permettaient de creuser un peu le passé et la psychologie des adolescents costumés.
Dans le mensuel qui nous intéresse aujourd'hui, la situation est un peu différente. Bien que les Young Avengers que nous connaissons soient présents, ce sont surtout les Young Masters (qui se proclament eux aussi Young Avengers au départ) qui sont au centre de ce récit en cinq chapitres.

Le scénario est de Paul Cornell (auteur de l'excellent Wisdom), et il est accompagné par Mark Brooks aux crayons. Graphiquement c'est vraiment du très bon boulot, tant au niveau des dessins que de la colorisation. Seul petit bémol : certains personnages, censés être des ados, font tout de même beaucoup plus vieux. Ce n'est pas bien grave en soi, mais cela empêche un peu de se mettre dans l'idée que l'on a affaire à des gamins.
L'histoire est très bonne et débute sur un premier épisode qui installe parfaitement la nouvelle équipe et nous assène même quelques scènes choc. Tout l'intérêt réside évidemment dans le jeune âge des protagonistes, ce qui entraîne maladresses et questionnements philosophiques. Livrés à eux-mêmes dans un monde où Osborn fait la pluie et le beau temps, ils cherchent leur voie et leurs limites.

Certaines idées, comme l'approche artistique de l'héroïsme que l'on trouve chez Blason, sont vraiment originales. Malgré tout, certains petits points peuvent éventuellement poser problème. Les Dark Avengers sont utilisés sans se montrer vraiment à la hauteur, alors qu'il y a pourtant Daken, Bullseye et le poids lourd Sentry dans leurs rangs, pas vraiment des débutants donc. Leur intervention - et surtout son échec - a du mal à paraître crédible. Un autre élément étonnant qui n'était peut-être pas voulu par le scénariste : étant donné que les Young Masters sont fort bien et longuement décrits, et que les Young Avengers eux ne sont pratiquement employés que dans le rôle de donneurs de leçons, ces derniers finissent par apparaître comme antipathiques. Un comble pour une mini-censés êtresérie dont ils étaient les héros. Le résultat est toutefois largement à la hauteur et bien plus recommandable (et bon marché) que le War Machine de ce mois par exemple.

Une très bonne série dont les rares petits défauts ne parviennent pas à occulter l'aisance de Cornell qui donne corps à de nouveaux personnages avec un talent indéniable.

ps : le Geek So2E02 est disponible en kiosque. Pour le sommaire, c'est par ici.

30 mars 2010

Guide de Survie en Territoire Zombie : Attaques Répertoriées

On reste aujourd'hui encore au milieu des zombies avec Attaques Répertoriées, un comic tiré du Guide de Survie en Territoire Zombie. La sortie française est prévue pour le 1er avril, et ce n'est pas un poisson !

Un mot d'abord sur l'auteur, Max Brooks, fils du célèbre Mel et spécialiste en morts-vivants et autres goules. L'écrivain a connu un certain succès à travers deux oeuvres plutôt originales : Le Guide de Survie en Territoire Zombie et World War Z. Le deuxième ouvrage raconte une guerre mondiale contre les zombies à travers les souvenirs de rescapés, publiés sous forme d'entretiens. Le premier est en fait un guide pratique censé nous donner des conseils en cas d'épidémie de solanum, le virus à l'origine des zombifications. Le livre est scindé en diverses parties assez inégales, certaines fort intéressantes, d'autres plus rébarbatives. La section qui nous intéresse ici est intitulée Recorded Attacks. Brooks y décrivait en détail les différentes attaques de zombies répertoriées à travers les âges.
Ce sont ces cas historiques qui sont donc adaptés en bande dessinée et publiés en VF chez Calmann-Lévy. Logique puisque l'éditeur avait déjà les droits des livres.

Première constatation plutôt positive, la version française est sensiblement plus grande que l'originale (on gagne 2,5 cm en hauteur et en largeur), pour un prix identique (17$/12,90€). Autre détail qui n'intéressera pas tout le monde mais auquel je suis sensible ; le nom de l'illustrateur apparaît sur la cover de la VF, ce qui n'était honteusement pas le cas pour la VO qui ne mentionnait l'artiste que sur la quatrième de couverture (et à l'occasion d'une petite ligne dans les pages intérieures). Les planches d'Ibraim Roberson étant particulièrement belles, le dessinateur méritait bien de figurer en meilleure place.
Voyons maintenant le contenu. Les différents cas, douze au total, sont organisés par ordre chronologique. L'on a ainsi l'occasion de traverser les siècles, en partant de l'Afrique Centrale, 60 000 ans avant notre ère, pour aboutir aux Etats-Unis en 1992. Entre temps, le lecteur sera invité à faire quelques détours par la Calédonie (Ecosse) antique, le japon féodal, la Mandchourie en pleine deuxième guerre mondiale ou encore la Sibérie dans les années 60.

Précisons que le mode narratif utilisé est un peu spécial. Il s'agit de faits exposés de manière assez froide, à la manière d'une étude historique ou d'un article journalistique. Il n'y a donc pas de personnages ou de dialogues, mais uniquement de l'information brute. L'ambiance s'en ressent forcément mais reste fidèle au parti pris de l'auteur.
Si vous avez aimé les précédents ouvrages de Brooks, celui-ci vous séduira certainement. Ce complément peut également intéresser les amateurs de jeux de rôles de par les cas, nombreux et relativement bien documentés, qui sont évoqués. Dans le cadre d'une lecture plus "classique", même si le comic est graphiquement irréprochable, la succession de brefs comptes-rendus très impersonnels pourra dérouter.

Des attaques de zombies étudiées d'une manière scientifique, sans le petit côté dramatique qui aurait pu donner un charme supplémentaire à l'ensemble.

29 mars 2010

Marvel Zombies : Les Fils de Minuit

La nouvelle mini-série consacrée aux Marvel Zombies met en scène les Midnight Sons. Cette technique du Mal par le Mal s'avère-t-elle efficace ?

La Terre 616 est infectée par les zombies ! Bien que l'A.R.M.O.R. (une agence gouvernementale chargée de surveiller les réalités parallèles) ait réussi à repousser l'essentiel de la menace, deux morts-vivants se sont échappés et ont contaminé une race sous-marine.
Cette fois, un groupe bien particulier est mis sur pied afin de partir à la chasse aux zombies. Morbius, un vampire qui a mis au point un vaccin contre l'infection, fait équipe avec la sorcière Jennifer Kale, Hellstorm, fils de Satan, Jack Russel, le loup-garou, et même Man-Thing, la créature des marais.
Ils doivent intervenir sur l'île de Taino, en mer des caraïbes, le repaire de l'Ergot Noir. Ce dernier, régnant sur le plus grand centre de production de cocaïne de cette partie du monde, détient le virus à l'origine de la peste zombie et se propose tout simplement de vendre cette arme biologique à The Hood, criminel ayant la particularité d'être possédé par Dormammu...

Cette suite est toujours scénarisée par Fred Van Lente, auteur qui était déjà en charge du tome précédent. Les dessins, fort bons, sont de Kev Walker.
En gros, même reproches que pour le dernier opus : non seulement on ne peut pas dire que les zombies et la menace qu'ils sont censés représenter soient réellement effrayants mais, en plus, l'on n'a plus du tout le côté transgressif et méchamment drôle des premiers épisodes de Kirkman. Exit Cap, Spidey, Richards, Pym ou Stark et place aux personnages horrifiques du marvelverse. Certains manquent cruellement de charisme, le lycanthrope et Kale en tête. Seul Deadpool, réduit à une simple tête mais toujours aussi cinglé, parvient à insuffler un peu d'humour noir dans ce récit.
Au final, même si ces quatre épisodes ne sont pas complètement ratés, ils déçoivent tout simplement parce qu'ils ne contiennent aucun des ingrédients qui font l'intérêt de ce genre d'exercice. Le côté spectaculaire d'une épidémie et de ses ravages est absent, tout comme l'angoisse sourde que devraient susciter les morts-vivants. Si l'on rajoute en plus l'absence des héros emblématiques de la Maison des Idées, le concept de départ est quasiment vidé de toute substance. Reste une histoire, honnête mais banale, qui aura du mal à passionner les foules.

Attention, l'abus de zombies est dangereux pour l'inspiration.

26 mars 2010

Dark Reign : Sinister Spider-Man

Le Spider-Man hors série #30 est consacré à Venom, autrement dit Spider-Man version Dark Reign.

Mac Gargan, ancien Scorpion, s'est transformé en Venom depuis qu'il est devenu l'hôte du symbiote extraterrestre. N'étant pas à un changement d'identité près, il endosse maintenant le rôle de Spider-Man. En effet, depuis que Norman Osborn est devenu le big boss en ce qui concerne la sécurité des Etats-Unis, Venom a quitté les Thunderbolts pour rejoindre les Dark Avengers sous une forme moins effrayante.
Etonnamment, alors que Parker avait toujours eu énormément de mal à ne pas passer pour un criminel, sa version "normanisée" connaît un certain succès populaire, notamment auprès de la gent féminine.
Mais si en surface ce Spidey noir sauve les apparences, les véritables motivations de Mac Gargan sont moins avouables. En plus de dévorer de temps en temps un bras ou une jambe des criminels qu'il est censé arrêter, il planifie une petite vengeance contre le nouveau maire de la ville, un certain J. Jonah Jameson.
Dans le même temps, un groupe composé de ses anciennes victimes va tenter de le remettre dans le droit chemin...

Si le Spider-Man hors série #28 revenait, l'année dernière, sur les origines d'un Venom à l'époque incarné par Eddie Brock, c'est donc à Mac Gargan que l'on s'intéresse aujourd'hui. Brian Reed (Ms. Marvel) au scénario et Chris Bachalo aux crayons sont les auteurs de cette mini-série en quatre épisodes. Graphiquement, même s'il y a parfois de jolis plans, il faut reconnaître que certaines cases ne sont pas très lisibles. On oscille donc entre le fort beau et le brouillon, avec utilisation de différents effets comme l'incrustation de photos pour les arrière-plans ou le passage brutal à un noir & blanc très stylisé.
Au niveau du récit, même si l'on parle de meurtres, de vengeance et de cannibalisme, l'auteur donne la priorité à l'humour et au second degré, avec le Rédempteur et sa bande d'éclopés en tête. Tout n'est pas forcément toujours très drôle (ça vire même à l'absurde lorsque Bullseye utilise un caniche comme projectile !) mais on notera quelques dialogues amusants et une belle parodie du Dr Manhattan, transformé en Dr Tout qui ne voit plus l'intérêt de porter des vêtements depuis qu'il a atteint l'omnipotence, ce qui lui sera quelque peu reproché par ses collègues. ;o)
Cet arc est aussi l'occasion pour le lecteur de découvrir les premiers pas de Jameson en tant que maire de New York. Le pauvre semble complètement dépassé par les évènements et il devra très vite demander l'aide d'Osborn. Déjà que le Bugle lui causait du souci, il n'est pas au bout de ses peines...

Une série en demi-teinte, qui permet de se pencher sur ce Venom/Spider-Man et ses étranges appétits, mais qui, pour comparer avec un autre Vengeur actuel, est loin d'égaler Dark Wolverine.
Un Dark Reign pas si sombre que ça et un peu léger (même en nombre de planches pour un HS).



ps : j'en profite pour vous signaler un nouveau crossover inter-blogs des Illuminati, consacré cette fois à Garth Ennis. Une sympathique exploration de l'univers de cet auteur particulièrement talentueux, par Vance, Wade, Matt et Biaze.
Garth Ennis 1/4 : Une Vallée de Larmes
Garth Ennis 2/4 : Sex Power
Garth Ennis 3/4 : Irish Bastard
Garth Ennis 4/4 : Fun et Réflexions

24 mars 2010

Smile : the first dental drama

Aujourd'hui, de la VO et surtout de l'original avec une histoire vraie : Smile, ou le premier comic à base de dramaturgie dentaire.

Raina va bientôt avoir douze ans lorsque, un soir, en rentrant chez elle, elle fait une chute sur le bitume et l'amortit involontairement avec les dents. Les routes américaines ayant la particularité d'être un peu plus dures qu'une mâchoire de fillette, ce sont les deux dents de devant qui cèdent.
Pour n'importe qui, ce serait déjà gênant, mais pour une adolescente, scolarisée, qui découvre ses premiers émois amoureux, c'est quasiment dramatique. D'autant que cet incident va avoir de très longues répercussions, étalées sur plus de quatre ans. Pour Raina commence en effet une longue quête pour retrouver un sourire "normal". Dentistes, orthodontistes et autres spécialistes défilent et mettent en oeuvre diverses solutions, à base d'appareils, de fausses dents, d'arrachages et de rabotages...
Et bien sûr, il faut ajouter à cela les réactions des amis, de la famille et des possibles futurs prétendants. Tant qu'on ne l'a pas perdu, on ne se rend pas compte de l'importance d'un simple sourire.

Smile fait partie de ces ouvrages autobiographiques, à la fois simples et touchants, qui finissent par parler à tout le monde tant ils prennent racine dans des expériences communes (pas forcément les dents hein, tout le monde ne se mange pas un trottoir dès que l'occasion se présente... moi c'était un mur. En crépi. Et oui, pour ceux qui se demandent, ce n'est pas une bonne idée de freiner sa chute avec son visage).
L'auteur, Raina Telgemeier, signe ici scénario et dessins. Le style graphique est très agréable, avec de nombreux effets fort drôles. Le comique des situations est d'ailleurs inversement proportionnel à l'horreur des épreuves que la pauvre jeune fille doit subir (ceux qui ont comme moi la phobie du dentiste comprendront aisément de quoi je parle).
Alors évidemment, tout n'a pas forcément rapport avec la dentition de l'artiste. Elle met également en scène les grandes premières que l'on a tous connues, comme le changement d'école, ou encore certains moments importants, notamment le déclic qui lui fera découvrir sa voie professionnelle. Bref, en apparence des petits riens, contés avec humour et talent, qui finissent par composer un récit à part qui vous laisse le coeur léger et le sourire aux lèvres.

Petit format, papier de qualité et prix attractif.
Si vous êtes sur Paris, n'hésitez pas à aller vous procurer ce comic chez Arkham, 7 rue Broca, dans le 5ème, je suis certain que si vous venez de ma part, ils vous feront un grand sourire. ;o)

Une BD drôle et positive, l'idéal pour aborder le printemps avec optimisme et les dentistes avec moins de crainte.

22 mars 2010

Fables : où il est question de Loups et de sentiments

Suite de la série Fables avec le tome #9 qui sort ce mois en VF et contient le déjà mythique épisode #50.

Il y a bien des séries de qualité publiées sous le label Vertigo, mais Fables fait assurément partie des incontournables, comme nous avions déjà pu nous en rendre compte à l'occasion de cette petite présentation ou encore pour la sortie du spin-off Jack of Fables.
Nous sommes arrivés maintenant à un moment charnière de l'aventure (attention, petits spoilers pour ceux qui n'auraient pas lu le début). Nous connaissons l'identité de l'Adversaire, Fableville a montré qu'elle pouvait soutenir un assaut de la part de l'Empire, et les remous internes consécutifs à la révolte de la Ferme sont en passe de s'apaiser. Et malgré tout, Bill Willingham, génial scénariste de cette saga, est loin d'avoir épuisé toutes les ressources du riche univers qu'il a su créer. Que ce soit par des intrigues diplomatiques, amoureuses ou policières, l'auteur parvient toujours à se renouveler et nous surprendre.

Ce tome commence avec un récit centré sur l'ennemi, et même plus particulièrement un soldat de bois qui s'éprend de l'une de ses semblables et va tenter de reproduire les gesticulations amoureuses des êtres de chair. A la fois drôles et émouvants, ces deux épisodes permettent non seulement de ne pas figer les sbires de l'Adversaire dans une position trop monolithique mais, en plus, ils débouchent sur une conclusion inattendue qui sert parfaitement l'histoire et aura sans doute des répercussions importantes.
On peut difficilement faire mieux au niveau de l'écriture.
La suite est tout aussi excellente, avec un Mowgli sur les traces de Bigby, ancien shérif de Fableville. Ce dernier est en effet rappelé par l'actuel maire afin d'accomplir une mission de représailles de la plus haute importance, non seulement pour l'ensemble des Fables mais pour son propre avenir (rappelons qu'il est en exil et ne peut rejoindre sa femme et ses enfants). L'heureux évènement de l'épisode #50 vaut à lui seul le détour tant on l'attendait avec impatience. Là encore on notera les nombreux détails sympathiques - et souvent drôles - dont est parsemé le récit. La gaffe du petit Spectre sur les "trucs d'amoureux" par exemple. ;o)

On termine sur une mission, diplomatique cette fois, menée par la belle et débrouillarde Cendrillon, toujours heureuse de pouvoir mener son ex mari à la baguette. Une bonne occasion également de découvrir un peu les Royaumes des Nuages et leurs habitants. L'ouvrage se termine sur une carte de la Ferme (plutôt jolie) et un plan de Fableville (fonctionnel mais laid).
Les dessins sont assurés par l'habituel Mark Buckingham ainsi que Jim Fern et Shawn McManus. Graphiquement, le style reste assez commun, ni moche, ni franchement exceptionnel (au contraire des magnifiques covers de James Jean).
Je ne peux en tout cas que vous inciter à plonger dans cette série, même si le concept vous paraît étrange, même si les planches ne vous attirent pas plus que ça, soyez certains qu'il s'agit là de l'un des meilleurs moments de lecture de ces dernières années, proposant une réécriture moderne des personnages de contes, de l'humour, quelques drames et romances, une lutte épique - politique et militaire - contre un ennemi original et... l'union magnifique du Grand Méchant Loup et de Blanche Neige.
Comme quoi, les méchants au grand coeur gagnent parfois à la fin.
Dans les comics en tout cas.

Enorme et addictif.

20 mars 2010

Kick-Ass : vrai super-héros et vraies raclées

Le premier tome de Kick-Ass sort enfin en France et nous conte les déboires d'un jeune fan de comics bien décidé à imiter ses idoles de papier.

Dave Lizewski, un gamin comme les autres, obnubilé par une question : pourquoi, alors qu'il existe tant de lecteurs de comics mettant en scène des super-héros, personne n'a-t-il jamais essayé de suivre leur exemple ?
Lentement, l'idée fait son chemin puis se transforme en obsession. Dave se confectionne un costume, se cherche un pseudo puis effectue ses premières patrouilles. L'excitation est là, même la journée, le simple fait de porter sa tenue de héros sous ses vêtements civils transforme le jeune garçon.
Bientôt pourtant, il va être confronté à une véritable altercation avec des voyous. Le résultat est épouvantable. Dave en ressort grièvement blessé, couvert de sang et bon pour plusieurs opérations et des mois de rééducation. Il est passé très près de la mort mais cela ne l'arrêtera pas. Le virus du super-héros sera plus fort que la peur et la douleur.
Après s'être fait un nom, la popularité va encore plus doper le justicier costumé maintenant connu sous le nom de Kick-Ass. Et lorsque les premiers meurtres arriveront, il faudra en assumer les conséquences...

Il aura fallu attendre bien longtemps avant de voir arriver Kick-Ass dans nos contrées puisque cela fait deux ans déjà que je vous avais parlé du premier épisode, en VO, de la série (cf cet article).
Le scénariste est Mark Millar (Wanted, 1985, Old Man Logan...), les dessins sont de John Romita Jr qui signe ici des planches superbes, dans un style brut et dynamique. Le récit est particulièrement bien mené et explore des thèmes riches et intéressants, comme l'influence de la fiction sur la réalité ou les dangers d'une représentation édulcorée de la violence en art. Les auteurs font preuve d'une très grande maîtrise, que ce soit pour la scène d'introduction, le premier combat ou simplement la présentation du personnage principal. Tout ici est fluide et bien en place.
Si l'on devait être pointilleux, l'on pourrait faire un petit reproche au niveau du questionnement de départ, puisqu'il existe en fait de vrais "super-héros" aux Etats-Unis, et ce depuis bien longtemps. Certains patrouillent sur les routes les plus fréquentées et portent secours aux victimes des accidents, d'autres gênent parfois le travail des dealers, beaucoup sont relativement bien vus par les polices locales. Mais bon, Millar n'a peut-être pas suffisamment de temps pour se documenter, occupé qu'il est à se faire le plus de pognon possible. On sait qu'il a notamment vendu le nom de son personnage sur ebay et que, depuis, il a retenté l'opération avec succès pour d'autres séries. La démarche me semble limite, ne serait-ce que parce que même les noms peuvent parfois avoir dans une histoire un sens particulier, autre en tout cas que celui de représenter le gars qui a remporté une vente aux enchères. Quand on pense que cette idée est issue du cerveau du type qui faisait semblant de nous faire la morale à la fin de Wanted... [Edit 20/03/2010 - 18h20 : on me précise dans les commentaires qu'il s'agit en fait d'une action à but caritatif et que les fonds ont été reversés à la recherche sur la maladie de Crohn, ce qui change évidemment tout. Je présente mes excuses aux lecteurs pour les avoir induits en erreur sur le sens de la démarche de l'auteur.]
Pour revenir à la série en elle-même, elle est fort bien partie, mais Millar ayant la désagréable habitude de gaufrer ses conclusions, espérons qu'elle gardera le même niveau du début à la fin. Ce ne serait pas trop lui en demander pour une fois.

Un petit mot sur l'introduction de l'édition française. Non seulement Millar y est encensé par tous les moyens (même son run sur Fantastic Four est cité en exemple de réussite, c'est dire !) mais Romita y est présenté comme "le meilleur dessinateur de comics américains". Même si l'on ne tient pas compte du pléonasme "comics américains" (en fait je pense qu'ils voulaient dire le meilleur dessinateur américain de comics, mais ils n'ont pas été capables de bien placer et accorder l'adjectif), cette affirmation péremptoire me semble hautement déplacée.
Quel besoin y a-t-il de créer une hiérarchie entre les artistes ? Surtout basée sur du vent et rien d'autre qu'un avis subjectif. Romita serait-il supérieur à Mack, Maleev, Gaydos, Mignola ou Guice ? Différent certes, mais de là à être affublé d'un titre de champion qu'il ne voudrait sans doute pas lui-même, il y a un gouffre.
Et on termine par l'inévitable laïus sur l'adaptation ciné et son casting (ils se sont retenus de qualifier Nicolas Cage de "meilleur acteur de tous les temps" mais on sent qu'il leur en a coûté).
Bref, du n'importe quoi avec un peu de hors-sujet sur la fin, autrement dit du Panini dans toute sa splendeur.

Une excellente série qui démarre de manière énorme avec ces quatre épisodes survitaminés et passionnants.

18 mars 2010

Le Projet Bone

Une bonne occasion de plonger au coeur d'une saga mythique avec Le Projet Bone, un imposant artbook qui s'avère un complément indispensable à la série de Jeff Smith.

Un petit mot sur Bone tout d'abord. Ne vous laissez pas abuser par l'aspect enfantin de certains personnages à "gros nez", car vous manqueriez alors un véritable chef-d'oeuvre, drôle, émouvant et passionnant. Le récit de Jeff Smith (dont j'avais parlé plus en détail dans cet article) commence comme une bonne BD humoristique et évolue au fil des tomes en drame épique. L'auteur parvient à mélanger personnages cartoony et décors réalistes avec une rare maîtrise des effets narratifs, à tel point que si je devais conseiller un comic à une personne n'en ayant jamais lu, ce serait certainement Bone.
Non seulement parce que c'est une excellente histoire - et c'est déjà une sacrée bonne raison en soi - mais aussi parce qu'il est impossible, après cette lecture, d'ajouter foi aux idées préconçues qu'un non initié peut avoir à propos des comics.

Cette fois-ci, je ne vous parlerai pas d'un tome en particulier (la suite de la version couleur devrait paraître bientôt chez Delcourt) mais d'un artbook, publié par Presses Aventure, une maison d'édition canadienne, québécoise même précisément, ce qui nous permet d'avoir droit à des textes d'accompagnement en français.
Déjà, le livre est plutôt esthétique et imposant. Grand format, titre en relief, papier glacé, couverture souple mais épaisse, un bien bel objet. L'intérieur va vite se révéler à la hauteur de la première impression que l'ouvrage dégage.
Bien entendu il y a énormément d'illustrations, avec de magnifiques pleines pages et des extraits de la série, mais c'est également à un voyage dans l'univers de Smith auquel le lecteur est convié. L'on peut voir des photos de lieux dont s'est inspiré l'auteur pour ses décors, des ébauches, des comparaisons entre différentes versions d'une même planche ou encore quelques petites pépites, comme la reproduction du premier récit mettant en scène les cousins Bone, BD réalisée au stylo à bille alors que Smith n'avait que... 10 ans. Et je vous assure que sa technique, pour un gamin, est impressionnante !

Les commentaires qui accompagnent les illustrations sont souvent intéressants, avec des explications techniques sur les effets recherchés par le cadrage ou encore l'utilisation ou non de "bruits". Certains dessins sont incroyablement drôles ou, au contraire, dégagent une émotion étonnante en regard de l'économie de moyens et du style particulier employé par Smith, l'un des rares génies à pouvoir, en quelques traits, capturer l'essence même d'un personnage.
L'on pourra trouver également d'autres petites choses plus anecdotiques, comme des cartes de voeux, des dessins préparatoires pour la réalisation de figurines et même une Thorn dessinée par Frank Miller.

Un superbe livre, qui permet de mieux comprendre le travail de Smith ou, tout simplement, de se laisser emporter par la magie des dessins.
Attention cependant, si vous n'avez pas encore lu la série, Le Projet Bone contient quelques spoilers importants. Si par contre vous connaissez déjà la saga, pour moins de 25 euros, voilà un excellent moyen de prolonger un peu le rêve...

Galerie
(cliquer sur les photos pour obtenir la taille réelle)

17 mars 2010

War Machine : Ennui Mécanique

Début ce mois de la série War Machine dans la collection 100% Marvel. Au menu : gros flingues et petits boulons.

Après avoir été instructeur de l'Initiative à Camp Hammond, James Rhodes est maintenant établi à bord d'un satellite de Stark. De là, il intervient partout où des crimes de guerre sont commis. Il faut dire que depuis qu'il a été rafistolé, Rhodes est plus un cyborg qu'un humain. Cela a sans doute des avantages physiques mais le principal inconvénient est qu'il est obsédé par les tonnes de données qu'il a emmagasinées. Il a une conscience absolue de chaque meurtre, chaque exaction perpétrés ces dernières années.
War Machine se lance donc dans une croisade, des charniers de Santo Marco jusqu'au royaume d'Aqiria qui connaît de sérieux troubles. Là où les nations se contentaient d'envoyer des observateurs impuissants, Rhodes va faire parler la poudre.

La dernière saga de l'on-going Iron Man (v. IV) mettait déjà en scène James Rhodes (cf ce Monster). Cette fois, une série à part entière lui est consacrée. Le scénario est de Greg Pak, les dessins sont l'oeuvre de Leonardo Manco.
Ce premier arc de cinq épisodes s'avère résolument orienté vers l'action. Malheureusement, rien ne s'en dégage si ce n'est un ennui profond. Grosse baston à longueur de planche, tirs, explosions et, pour bien plomber le tout, des dialogues insipides. Les personnages sont d'une fadeur effarante et l'on se fiche totalement de ce qui peut bien leur arriver. L'on est même parfois à la limite du ridicule, avec un Rhodes version Lego dont les membres peuvent s'assembler ou se déboiter à volonté. On nous répète plusieurs fois qu'il risque d'y passer, franchement, l'on finit par espérer que ce soit vrai pour abréger nos souffrances.
Bref, le bilan n'est guère brillant. Vu que c'est estampillé Dark Reign, les auteurs nous ont mis un peu de Osborn et Ares en guest. Rien d'indispensable en tout cas pour ce qui est de la compréhension du marvelverse actuel.

Un War Machine au rabais, soporifique et lourdingue.
A envoyer d'urgence à la révision.

16 mars 2010

Zombie Highway : braqueurs vs morts-vivants

Les comics avec zombies "inside" ont plutôt le vent en poupe en ce moment. Petit retour sur Zombie Highway, une variation pleine d'humour et de situations improbables.

Yeti, Tag, Mouse et Kuji sont des voyous engagés pour dérober un livre ancien traitant de puissances occultes. Le cambriolage ne se passe pourtant pas très bien puisque les voilà cernés par la police et retranchés dans une maison isolée. Alors que la situation semble être dans une impasse, les quatre voleurs sont tirés d'affaire grâce à un retournement de situation inattendu : les flics viennent d'être dévorés par des morts, revenus à la vie !
La petite bande en profite pour tailler la route. Cependant, les zombies ne sont pas - et de loin - leur seul sujet de préoccupation. Non seulement le type à qui ils doivent remettre leur butin s'avère être un véritable psychopathe, mais en plus, les rencontres qu'ils feront en chemin ne seront pas toutes très agréables, surtout lorsqu'il s'agit d'une bande de ploucs à la gâchette facile...

Des zombies l'on connaît les versions Marvel, l'aspect dramatique et réaliste de The Walking Dead, ce que Hitler a voulu en faire ou encore leur présence inquiétante dans la moite torpeur de Floride. Cette fois, nous allons en découvrir un côté bien moins effrayant avec ce Zombie Highway écrit par Jason Pell et dessiné par Roberto Viacava.
Le ton est tout de suite donné avec l'un des protagonistes qui, pour échapper aux hordes affamées, se retrouve rapidement à moitié nu puis très bizarrement vêtu. Chaque membre du quatuor tient d'ailleurs un rôle précis : le souffre-douleur, le taciturne qui bute tout le monde, le boss qui a la tête sur les épaules et le frimeur un peu chiant. Cela pourrait
paraître caricatural si ça ne fonctionnait pas finalement très bien. Ainsi, entre les (rares) attaques de zombies et une sorte de remake soft de Deliverance, le lecteur a surtout droit à des moments loufoques, que ce soit une drague un peu poussée d'un patron de bar ou encore une envie de monopoliser les toilettes qui se termine de façon assez violente. ;o)
Si le premier tome est en noir et blanc, le deuxième gagne à passer à la couleur. Les deux sont disponibles en VF chez Wetta Worldwide. Si vous avez du mal à trouver le premier, sachez qu'il est encore disponible sur Cuult (site testé : envoi très rapide et emballage béton).
D'un point de vue pratique, l'éditeur nous offre une adaptation sérieuse, avec hardcover, papier glacé et une traduction de qualité. Une occasion de rappeler le professionnalisme dont fait régulièrement preuve Frédéric Wetta, que ce soit à travers des titres super-héroïques (Batman vs Predator) ou plus rock n' roll (Kiss).

Une lecture agréable et divertissante, sur un ton décalé et sans prétention.

15 mars 2010

Star Wars Comics Collector 2 & 3

Deuxième fournée des Star Wars Comics Collector avec le numéro #2 et le #3 en cadeau.

Ces deux nouveaux numéros couvrent donc, avec le premier, l'épisode IV de la saga. Toujours Roy Thomas au scénario et Howard Chaykin & Steve Leialoha aux dessins. Pas de surprise niveau récit donc, à moins de n'avoir jamais vu le film mythique du même nom. Le prochain volume par contre s'écartera de la saga et dévoilera les premiers épisodes formant les prémices du fameux "univers étendu".

Niveau bonus, toujours de nombreuses infos : suite de l'historique qui se penche actuellement sur l'ère de l'Ancienne République, des présentations assez complètes de différentes planètes (ici Bestine IV et Rodia), avec leurs aspects culturels, géologiques ou encore technologiques, et enfin les fiches de personnages (avec Biggs Darklighter et Greedo).
Globalement, ce contenu éditorial apporte un réel plus aux publications et permet aux lecteurs qui feraient leurs premiers pas dans le riche univers Star Wars de ne pas être trop désorientés.
Une petite réserve toutefois, le lettrage de cette partie est un peu petit.

Enfin, la section Arrêt sur Image propose cette fois deux contenus fort différents. Tout d'abord une histoire courte de Paul Chadwick (scénario) et Doug Wheatley (dessin), tirée de Star Wars Empire #8. Style beaucoup plus moderne puisque ces planches datent de 2003. Le second numéro inaugure une nouvelle rubrique qui s'intéresse aux coulisses des publications. Pour commencer, une galerie de covers dédiée aux différentes éditions de l'adaptation du premier film. Au menu : covers originales de l'époque Marvel, travaux commandés plus tard par Dark Horse, et même une illustration de Jean-Yves Mitton pour la VF parue à l'époque chez Lug.

Initiative toujours aussi intéressante mélangeant sagas historiques et suppléments plus récents.

12 mars 2010

Scott Pilgrim : Rock, Flirts et Combats

Sortie aujourd'hui du premier tome de Scott Pilgrim, une série déjantée qui a pour but affiché de vous dérider.

Scott Pilgrim a 23 ans. Il habite Toronto, ne travaille pas (lui préfère dire qu'il est entre deux boulots), a un colocataire gay, joue dans un groupe de rock et sort avec une lycéenne, ce qui lui vaut quelques moqueries de temps en temps.
Scott fait également souvent ce rêve étrange et pénétrant, d'une fille inconnue, qu'il aime et qui finit par l'obséder. Jusqu'au jour où il la rencontre. Car elle existe bien, elle s'appelle Ramona Flowers et bosse pour Amazon.ca... quelques commandes de CD, un premier rencard et voilà Scott avec deux petites amies sur les bras.
La gestion de sa vie sentimentale n'est cependant pas le principal problème dont Scott devra s'occuper puisqu'il va maintenant devoir combattre les sept anciens ex maléfiques de Ramona. Heureusement, le jeune homme sait se défendre. Et il est très motivé.

Alors là, on laisse tomber les indiens badass, les encapés psychopathes et les morts-vivants affamés pour rentrer dans le petit monde de Scott Pilgrim, imaginé et dessiné par Bryan Lee O'Malley.
Style graphique simple et efficace pour cette saga qui commence comme une comédie sentimentale et prend un subit virage vers la folie furieuse avec des autoroutes subspatiales et des combats chorégraphiés par un Kamel Ouali sous acide. Tout cela est plutôt drôle, notamment grâce à des dialogues qui font souvent mouche (en vous arrachant plus de sourires que de rires, mais ce n'est déjà pas si mal). On rentre en tout cas très vite dans l'histoire, l'auteur utilisant des moyens assez originaux pour présenter les personnages et leur situation (le diagramme des possessions de l'appartement est une trouvaille excellente).
Seul petit reproche, les protagonistes se ressemblent beaucoup et l'on a parfois du mal à les reconnaître.

Scott Pilgrim est édité chez Milady Graphics, en format poche. Par contre, je ne sais pas ce que c'est que ce papier, mais le contact sous les doigts est absolument horrible. Du papier de verre serait presque plus agréable au toucher. Et tourner les pages avec des moufles, ce n'est pas évident...
Reste le prix, moins de sept euros, ce qui incitera certainement les plus réticents à donner une chance à ce titre, un peu survendu par un Scott McCloud qui prétend, en quatrième de couverture, qu'il s'agit de "la BD la plus drôle de la planète". Le genre de compliment qui part d'une bonne intention mais qui s'avère difficile à porter.

Une série originale, amusante et bien barrée.
A tester.

Remerciements : Paul Verlaine, Kamel Ouali, Albert Hofmann.

11 mars 2010

Preacher : Salvation

Le 7ème tome de Preacher vient de sortir en VF et porte le nom de la douce ville de Salvation.

Mauvaise passe pour le révérend Jesse Custer puisque, après une chute d'avion (sans parachute, ce qui constitue la plus mauvaise façon de quitter un avion en vol), une rencontre furtive avec Dieu et la perte d'un oeil, voilà qu'il doit se faire à l'idée que la femme qu'il aime est maintenant en couple avec son meilleur ami. Même pour quelqu'un habitué aux coups durs, ça commence à faire beaucoup.
Aussi, quand l'occasion se présente de faire une petite pause pour se remettre les idées en place, Jesse n'hésite pas. Il s'installe à Salvation, petite ville texane dont il ne tarde pas à devenir le shérif, ce qui implique de ramener un peu d'ordre dans cette bourgade tombée sous la coupe de Quincannon, un puissant industriel, psychopathe de son état.
Une guerre ouverte est déclarée, impliquant le Ku Klux Klan, une avocate sado-maso néo-nazie et quelques pécores locaux. Autrement dit, pour Jesse, une bonne façon de se changer un peu les idées.

Petit rappel si vous avez raté le début avec ces chroniques sur les tomes #1 et #5. Toujours le même tandem aux commandes, à savoir Garth Ennis (The Boys, Punisher, La Pro, The Authority, Just a Pilgrim, Ghost Rider, Fury) pour le scénario et Steve Dillon pour les dessins.
On pourrait prendre cet opus pour une pause dans le récit et craindre du coup une baisse d'intérêt, d'autant que Tulip et Cassidy sont totalement absents, mais ce serait compter sans le génie de l'auteur qui, ici, se livre à un vibrant hommage aux classiques du western. Tous les stéréotypes sont réunis : le type puissant qui terrorise la région, ses hommes qui descendent en ville et maltraitent les habitants, l'étranger qui vient remettre de l'ordre et qui séduit la belle du coin... mais bien sûr, tout est accommodé façon Ennis, c'est à dire relevé à coups de perversions et de personnages déjantés. L'adversaire de Jesse, baron de la viande, pervers au possible, est à lui seul un pur délire d'écriture, à la fois comique et repoussant.
En parlant de viande, signalons une scène qui se passe dans un abattoir insalubre, où les employés urinent au milieu des pièces de boeuf. Une image quasiment semblable est visible dans la série 303, du même Ennis. Petit clin d'oeil volontaire ou réelle obsession pour les boucheries dégueulasses ? Bonne pub pour les végétariens en tout cas. ;o)

L'histoire principale progresse également, avec notamment des informations importantes sur les parents de Custer (on sait qu'il n'a pas eu une enfance des plus heureuses) et un grand moment lorsqu'il se souvient de sa rencontre mouvementée avec Dieu.
Voilà donc encore un volume excellent, comme les précédents. Si certains évènements sont prévisibles, Ennis nous ménage aussi quelques véritables surprises, notamment un joli retournement de situation à propos d'un personnage secondaire. Et bien sûr, comme à son habitude, le scénariste mêle à la violence et au trash un humour acide et irrésistible qui permet de ne pas tomber complètement dans le glauque (les scènes avec le KKK sont un régal au niveau des dialogues). Bref, un sans faute.

L'une des meilleures séries d'un des plus grands auteurs actuels.

- Une fichue ligue de handball dont personne n'entendra jamais parler. Merde, personne n'a jamais gagné quoi que ce soit en jouant à ce jeu débile...
- On ne peut jamais savoir quand il s'agit d'argent Cosmo.
- Non mais on peut faire des pronostics. C'est pour ça que les gens investissent sur l'or et pas sur la merde de buffle en poudre.
Cosmo et Jesse, sous la plume de Garth Ennis

10 mars 2010

Odd Thomas de Dean Koontz version manga

Un nouveau Koontz adapté en BD avec Odd Thomas, un récit à mi-chemin entre polar et fantastique.

Pico Mundo, Californie. 40 000 habitants dont Odd Thomas, un jeune cuisinier qui a deux particularités : il fait les meilleurs pancakes de la ville et il peut voir les morts.
Des morts parfois célèbres, comme Elvis Presley qui... habite maintenant chez lui, et des anonymes, comme ce petit garçon qui a récemment été assassiné. Avec l'aide de sa petite amie, l'énergique Stormy, Odd va tenter de retrouver le tueur. D'autant que ce dernier menace maintenant d'autres gamins et une baby-sitter dont il semble connaître parfaitement les habitudes.
Les esprits réclament justice. Et Odd est toujours prêt à rendre service, même lorsqu'il faut pour cela affronter un psychopathe.

Nous avions déjà eu l'occasion d'évoquer Dean Koontz lors de la sortie de Frankenstein (article que je vous invite à lire si vous ne connaissez pas l'auteur), cette fois une autre de ses oeuvres est adaptée, non en comics mais en manga. Façon manga disons, puisque la BD n'a pas grand-chose de japonais à part le style graphique. Précisons que l'ouvrage est publié dans le sens de lecture occidental, ce qui est logique pour un livre traduit en français mais qui devient malheureusement de plus en plus rare, on a même vu des BD européennes être éditées dans le sens de lecture nippon par simple effet de mode (si on obligeait les gens à regarder la télévision la tête en bas, je suis certain qu'il y en aurait quelques-uns pour trouver ça cool).

Koontz scénarise lui-même ce Odd Thomas, les dessins sont réalisés par Queenie Chan qui participe également à l'écriture.
Première constatation : l'histoire est bien plus réussie et intéressante que celle du Frankenstein précité. Le ton général laisse supposer qu'un public plutôt jeune est visé, mais même les adultes passent un bon moment. Polar pas trop effrayant, fantastique light, répliques parfois amusantes et personnages attachants composent les ingrédients principaux.
Petite précision au niveau de l'intrigue, si Odd peut voir les morts, il faut savoir que ceux-ci ne parlent pas. Ils se contentent d'être là, de faire des signes ou de laisser transparaître des émotions. Du coup, c'est moins pratique pour le personnage principal mais cela permet aux auteurs de bâtir une enquête qui dure plus de trois pages. ;o)

Le seul reproche que l'on peut faire au niveau du scénario est l'extrême complaisance de la police envers les jeunes détectives amateurs. On leur file des infos, on les laisse un peu tout faire, c'est assez étonnant (même si le chef de la police locale est au courant des dons de Odd).
Bref, tout cela est un peu naïf (voire gentillet) mais bien écrit et plutôt agréable à lire.
Ce premier volume, publié par Music & Entertainment Books, est vendu au prix de 12,50 €. Un peu cher pour du petit format en noir et blanc. Malgré tout, cette édition est complétée par quelques bonus intéressants : une postface de Koontz, le premier chapitre de l'un des quatre romans centrés sur Odd (six en tout sont prévus), un petit topo sur les auteurs et, enfin, un carnet d'esquisses (commentées par la dessinatrice). Des petits plus appréciables.

Signalons tout de même la cover, d'une rare laideur. Heureusement qu'il y a un gros "Dean Koontz" pour attirer l'oeil, m'enfin, encore faut-il connaître l'auteur pour que cela fonctionne, ce qui n'est peut-être pas le cas du jeune public.

Une manière très soft d'aborder Koontz.

09 mars 2010

Spider-Man & les Fantastic Four

Le Spider-Man #122 voit le Tisseur faire équipe avec les Fantastic Four. Une occasion de "régler" l'un des (nombreux) problèmes causés pas son retour forcé à l'anonymat.

On commence avec Amazing Spider-Man #589 et le retour de Spot (alias la Tache en VF), un super-vilain faisant partie de la Légion des Losers. Scénario de Fred Van Lente, dessins de Paulo Siqueira.
L'espèce de dalmatien ne s'en sort pas si mal et apparaît ici comme un adversaire tout à fait respectable, voire même assez effrayant. Pour ceux qui ne le connaissent pas, sachez que cet ennemi de Spidey est lié à la dimension noire (dont se sert la Cape), et qu'il peut donc se téléporter comme bon lui semble. Après être resté coincé un petit moment dans son anti-dimension, le voilà de retour pour se venger d'une bande de criminels russes.
Un bon petit one-shot apéritif, bien écrit et disposant de graphismes plaisants.

On continue ensuite avec deux épisodes où Spider-Man fait équipe avec les FF pour se porter au secours d'un peuple vivant dans le macroverse. Là encore le résultat est plutôt sympa, avec une histoire à l'ancienne qui permet aux auteurs de tenter de régler l'épineux problème de continuité posé par les conséquences de One More Day.
On apprend donc ici (attention, petit spoiler) que tous les anciens souvenirs d'une personne qui a connu Parker reviennent lorsque ce dernier (re)dévoile son identité. L'on tente aussi de nous expliquer le fonctionnement du sort de Mephisto en nous parlant d'un "point aveugle psychique" qui ne permet pas au cerveau de faire les connexions permettant d'aboutir à la conclusion que Spidey et Parker sont une seule et même personne, même si un individu possède en fait suffisamment de renseignements pour normalement aboutir à cette conclusion. Ah c'est quand même bien foutu la magie hein ?
Par contre là, il y a un truc que je ne comprends pas : comment Parker est-il au courant ? Mephisto lui explique ses tours ? Et en plus, est-ce qu'il n'est pas censé avoir oublié le pacte ? Sinon, pourquoi ne se souvient-il pas de Mary Jane ? Y'a pas à dire, l'idée de Quesada a vraiment tout simplifié...
Sinon, la tante May tient toujours la forme puisque après Jarvis, elle s'attaque au père Jameson. Il les lui faut tous ! Un moment révélateur ; elle appelle Peter, elle tombe sur son répondeur et elle lui dit de passer à la maison parce qu'elle veut lui présenter quelqu'un. Et elle ajoute "ne t'inquiète pas, ce n'est pas une fille."
Donc elle le sait aussi qu'il est gay ? ;o)
Scénario de Dan Slott, dessins de Barry Kitson et Dale Eaglesham.

On termine par un épisode tiré du Amazing Spider-Man Family #4.
Pour une fois, ce n'est pas simplement un bouche-trou sans intérêt puisque l'on découvre la réaction de Peter lors de l'annonce du retour de Harry Osborn. Quelques flashbacks sur cette tumultueuse relation amicale ponctuent le récit de J.M. DeMatteis (scénario) et Val Semeiks (dessin).

Un mensuel plutôt bon (on finit par s'en étonner maintenant !) mais qui est loin de régler toutes les anomalies issues du regrettable effet Mephisto...

08 mars 2010

Bloody September : du cul entre les twins

Un polar dur et captivant, des personnages sordides et une fin... discutable. Voilà ce que l'on pourrait dire pour résumer Bloody September, publié en début d'année chez Casterman sous son label KSTR.

Statistiquement, un homme a plus de chance de réussir son suicide qu'une femme. Essentiellement parce qu'il utilise pour cela des moyens en général plus violents et définitifs. Pourtant, la jeune fille qui est retrouvée en décembre 2000 au pied d'un immeuble en plein Manhattan ne s'est pas ratée. Elle s'est jetée dans le vide pour mettre un terme à sa vie, douze étages plus bas.
L'inspecteur Pezzulo se tient au même endroit que la victime quelques heures plus tôt. De là il peut voir les twin towers du World Trade Center. La statue de la liberté aussi. Et des taches de sang, preuve que l'inconnue était blessée avant de faire le grand saut.
Qu'est-ce qui peut faire mal au point que l'on décide d'en finir ainsi ?
Les mois passent. Louise tourne des films pornographiques. Ed s'occupe de sa vieille mère et fait semblant de lutter contre ses pulsions sexuelles déviantes. Pezzulo ne touche plus sa femme depuis qu'elle est handicapée. En septembre, quelque chose de bien pire encore se produira, un point final sur une longue litanie de vies gâchées.

Ce n'est pas la première BD de Will Argunas, alias Arnaud Guillois, mais c'est bien avec ce titre que je découvre pour la première fois cet artiste qui signe ici scénario, dessins et colorisation. Le style graphique est réaliste mais conserve toutefois une force émotionnelle brute très importante. Pour l'anecdote, l'auteur s'est servi de têtes connues pour ses personnages. L'on reconnaîtra ainsi James Gandolfini, Glenn Close ou encore, entre autres, l'une des actrices de Bound (des frères Wachowski). Casting sympathique donc (l'on peut noter aussi des références plus morbides, comme Ed Myers, probable mélange entre Michael Myers et le bien tristement réel Ed Gein).
Pourtant, c'est surtout le récit en lui-même qui se révèle particulièrement intéressant. Argunas met en scène des personnages confrontés au sexe sous toutes ses formes, que ce soit les pires des perversions, l'industrie qu'il peut générer ou même son absence et ses conséquences psychologiques. Il en résulte un propos parfois très explicite à réserver bien sûr à un public adulte.
D'un point de vue narratif, l'on peut saluer la grande maîtrise de l'auteur qui fait s'entrecroiser des destins différents avec habileté et parvient très vite à instiller une impression de malaise tant certains aspects de l'histoire peuvent paraître glauques. La catastrophe finale apparaît presque comme une délivrance, une manière surréaliste d'abattre deux immenses symboles phalliques, responsables indirectement de tant de maux.

Tout est donc quasiment parfait jusqu'à l'épilogue où l'auteur, sautant du coq à l'âne, nous assène violemment son point de vue, totalement hors sujet, sur le Patriot Act. Un peu déconcertant. A la fin de l'ouvrage, diverses infos sur l'industrie du porno mais aussi une liste de livres ou DVD ayant rapport avec le 11 septembre. Dans le tas, les éructations fanatiques de Michael Moore mais aussi l'ouvrage, truffé d'inepties (voir ci-dessous) de Thierry Meyssan.
Dommage de s'éloigner ainsi du sujet, surtout en citant d'aussi piètres références.

Voilà donc un polar excellent, qui fait s'interroger le lecteur sur bien des pratiques et réussit à développer une intrigue efficace et peu conventionnelle, mais qui se termine dans une étrange queue de poisson.
Cette lecture est toutefois vivement conseillée.



Quand Jean-Pierre Otelli démonte les inepties de Meyssan
Jean-Pierre Otelli, pilote totalisant plus de 13 000 heures de vol, consultant, leader de patrouille acrobatique, est également écrivain. Il a démontré, dans Les fous du ciel : que s'est-il vraiment passé dans les avions ? (Altipresse), que les fumeuses théories de Meyssan étaient basées sur des absurdités évidentes. Voici les plus comiques.

Dans son livre (à la gloire d'une théorie nauséabonde bricolée à partir de... 7 photos trouvées sur le Net !), Meyssan affirme entre autres :
- que les trains d'atterrissage des avions sortent automatiquement lorsqu'on baisse l'altitude.
--> évidemment faux, c'est d'ailleurs devenu depuis une blague dans le milieu aéronautique.
- que les avions sont faits dans la même matière que les camions (en acier donc).
--> un fuselage, pour des raisons évidentes de poids, est généralement fabriqué en alliage d'aluminium, avec certaines parties en titane ou en matières composites comme la fibre de carbone. Tous ces matériaux brûlent dans les incendies (à plus forte raison lors d'un crash violent avec réservoirs pleins).
- qu'une ou deux balises ont été installées dans le WTC pour attirer les avions sans que les pilotes ne puissent rien faire.
--> une balise n'est pas un petit boitier que l'on fourre dans sa poche, pour porter à 500 kilomètres (distance à laquelle se trouvait le vol 77 lors de son détournement), une "balise" est en fait une Beacon/NDB, autrement dit une antenne de 20 à 30 mètres de haut (et autant en largeur pour l'haubaner) pesant plusieurs tonnes.
- que des pilotes inexpérimentées n'auraient pu percuter les tours, notamment la deuxième. Pour appuyer ses dires (attention, c'est la meilleure du bouquin) il explique que les avions, qui volaient à 700 km/h, parcouraient 55,65 m (la demi-largeur d'une tour) en 3/10 de seconde et qu'il était donc impossible de "bien viser" à une telle vitesse.
--> l'avion n'évolue évidemment pas à cette vitesse lors d'un déplacement latéral. Si vous doublez un véhicule sur l'autoroute et que vous gardez une vitesse constante de 120 km/h, vous ne vous déplacez pas latéralement à cette vitesse, sinon au moindre coup de volant, vous détruiriez les barrières de sécurité... et vous avec !

Tout cela pourrait être simplement une bonne occasion de rire si ce torchon ne constituait pas une insulte envers l'intelligence des lecteurs et surtout la mémoire des victimes. Mais bon, un scandale, même faux, fait toujours vendre.

06 mars 2010

Astonishing X-Men : Tendances Suicidaires

Au sommaire du Astonishing X-Men #58 sorti hier : la suite de la nouvelle série Dark Wolverine ou encore un Madrox à la dérive.

Depuis le mois dernier, l'on-going Wolverine a été renommée Dark Wolverine et est maintenant publiée dans ce mensuel. L'on s'intéresse ici au fils de Logan, Daken, qui a récemment rejoint les Vengeurs de Norman Osborn. Le scénario est de Daniel Way et Marjorie Liu, les dessins sont l'oeuvre de Giuseppe Camuncoli.
Evoluer au sein d'un groupe de criminels à moitié dingues n'a rien d'évident mais il faut dire que le digne fils de Wolvie sait nager au milieu des requins. Après avoir jeté le discrédit sur Bullseye (officiellement devenu Hawkeye), Daken se rend chez les Fantastic Four et leur propose une alliance inattendue. A moins que ce ne soit encore un double jeu de sa part.
Way se débrouille pour l'instant fort bien, donnant enfin un peu de corps à un Daken qui en manquait cruellement dans Wolverine : Origins. L'atmosphère tendue qui règne chez les Dark Avengers est parfaitement retranscrite et, même si cet épisode est un peu en-dessous du précédent, l'écriture se révèle habile et prenante. Plutôt un très bon début donc.

On continue avec Cable. Le mutant éponyme et Hope, premier bébé mutant (qui a bien grandi) depuis le Jour M, sont toujours en fuite à travers le futur et pourchassés par Bishop. Il n'y a pas grand-chose à dire de cet épisode étant donné qu'il ne se passe quasiment rien. Ce n'est pas désagréable pour autant mais ça n'avance pas vraiment.
Scénario de Duane Swierczynski. On retrouve au dessin deux artistes : Jamie McKelvie pour une première partie plutôt moyenne, avec un cable au visage étrangement lisse et juvénile et un enchaînement de décors assez chaotique, alternant dessins relativement pauvres en détails et photographies ultra-réalistes. Ariel Olivetti reprend les commandes pour la seconde partie, bien plus courte, et dans laquelle Hope semble avoir perdu trois ou quatre ans et vingt centimètres. Un peu de cohésion n'aurait pas fait de mal.

X-Force maintenant. La Reine Lépreuse, à la tête de la Ligue des Sapiens, enlève des mutants pour les transformer en bombes vivantes et les utiliser lors d'attentats particulièrement meurtriers. Wolverine, X-23, Archangel et les autres membres de l'équipe de choc de Cyclope sont envoyés pour la liquider et délivrer les mutants qu'elle détient encore. Malheureusement, le temps est compté car Cyke souhaite expédier toute la bande sur les traces de Cable qui vient enfin d'être repéré. Entre l'avenir de la mutanité et quelques gamins à secourir, il faudra choisir...
Chistopher Yost et Craig Kyle au scénario, Clayton Crain aux crayons. L'arc actuel est un prologue au prochain crossover X intitulé Messiah War. Pour l'instant le récit n'est pas déplaisant, reste à savoir si l'évènement à venir fera enfin avancer cette histoire de messie.

Et on termine par X-Factor, très attendu après l'énorme choc du mois dernier. Normalement vous devez déjà en avoir pris connaissance, donc je peux parler tranquillement de ce qu'il s'est passé. Alors que Cyrène accouche, Madrox accepte de l'épouser. L'ambiance est détendue, émouvante même lorsqu'ils décident d'appeler leur enfant Sean en mémoire du défunt père de Terry. L'heureux évènement apaise toute l'équipe, réunie pour l'occasion. Et, quand Madrox prend son fils dans ses bras pour la première fois, il l'absorbe sans rien pouvoir y faire !
Il s'avère en fait que c'est un double qui avait couché avec Theresa (Jamie n'en savait rien car il était ivre ce soir là et, ayant absorbé ensuite le double, il en avait les souvenirs) et que le bébé n'est donc pas vraiment humain. C'est une sorte de méga fausse couche en quelque sorte. Choc, larmes, hystérie, Terry brise l'un des doigts de son ex futur mari et lui demande de partir (si vous n'avez rien compris à cette histoire de double et d'absorption, voici un petit topo sur Madrox et son équipe).
On retrouve donc ce mois un Madrox au bout du rouleau, seul, loin des siens. Négligé, en pleine déprime, il songe à se suicider pour en finir avec les catastrophes à répétition ou les espoirs, toujours déçus. Pour arrêter la souffrance, il suffit d'une légère pression de l'index. Un petit mouvement du doigt pour une solution définitive...
L'immense Peter David est au scénario, les dessins sont de Valentine De Landro. Un run mythique, dont on se souviendra longtemps. L'une des meilleures séries X du moment, si ce n'est LA meilleure.

Voilà une revue d'un haut niveau, avec de l'action, des fourberies et quelques moments dramatiques.