26 avril 2010

Figurines Marvel, Anneaux Blackest Night & autres petits bidules à collectionner

Comme vous le savez peut-être déjà, en plus des comics, je suis toujours en quête de figurines ou petits objets à collectionner. Juste avant Noël, nous avions parlé de Heroclix, cette fois, je vous présente les derniers nids à poussière à avoir rejoint ma collection.

On commence par un set d'anneaux édité à l'occasion de l'évènement DC Blackest Night. Simple plastique évidemment, avec le symbole de chaque corps incrusté dessus. On les trouve assez facilement sur ebay, à des prix raisonnables. Alors, deux façons de les utiliser. Soit vous êtes branché bagouzes et vous vous baladez avec les huit aux doigts. Mouais. Soit vous vous en servez pour décorer le coin DC Comics de votre bibliothèque. Perso, j'ai opté pour la deuxième solution. ;o)

On continue avec les Marvel Micros, qui proposent en fait des versions SD de nos héros bien connus. Là encore, on trouve ça à un euro pièce sur ebay par exemple. Si je ne me trompe pas, il existe en tout 24 personnages. Tous ne sont pas forcément très réussis. Emma Frost par exemple n'a pas un visage bien folichon. Il existe par contre un Venom assez sympa, mais je ne l'ai pas trouvé... (vous remarquerez que je vous glisse habilement des idées de cadeaux à me faire).
Le nom du personnage est marqué sur le socle et, en dessous, il y a ses caractéristiques (force, intelligence, et cetera). On s'en fout un peu mais comme c'est là, je le précise tout de même.

On passe ensuite aux classiques figurines articulées. Les deux premières sont issues de la récente collection X-Men Origins qui a accompagné la sortie du film. Normalement, elles sont vendues aux environs de 12 euros, ce qui n'est tout de même pas donné, mais j'ai trouvé celles-ci à - 75% dans un Auchan (à Longwy dans le 54 pour ceux qui habitent par là). Les plus forts en maths auront compris que du coup, ce Gambit et ce Deadpool peuvent s'acquérir pour 3 euros pièce, ce qui est quand même bien plus abordable.

Enfin, on termine par deux autres figurines articulées, cette fois tirées de la collection Iron Man. Une armure Mark I et une plus récente qui font environ 11 cm de haut. Là, pas de réduction mais bon, j'ai craqué quand même. Je crois que je suis une victime de la société de consommation...
Pour les trouver, n'importe quel magasin de jouets pour grands enfants fera l'affaire. ;o)
Ce qu'il y a d'appréciable sur ces modèles, c'est qu'ils ne sont par "surarticulés", comme certains Spider-Man que l'on trouve parfois (avec des articulations qui n'existent même pas dans le corps humain). De plus, elles sont assez rigides et tiennent donc la pause, debout, sans problème.

Voilà, prochain rendez-vous, en ce qui concerne les produits dérivés, pour la sortie du box Heroclix Watchmen, prévu pour cet été, et pour celui de Blackest Night (qui a l'air absolument magnifique pour ce que j'ai pu en voir). Encore des trucs ruineux donc, mais totalement indispensables. Sisi, je vous assure, je ne sais même pas comment j'ai pu vivre jusqu'ici sans les avoir...

28 jours plus tard : entre épouvante et comique involontaire

L'univers de 28 jours plus tard continue de se décliner en comics avec la sortie d'une nouvelle série très liée aux films mais proposant une histoire inédite.

Selena, l'une des rares rescapés de l'épidémie qui a ravagé l'Angleterre, se remet lentement dans un camp de réfugiés situé en Norvège. L'armée américaine a placé les îles britanniques en quarantaine, leurs eaux territoriales sont interdites à la navigation, tout comme l'espace aérien, lui aussi étroitement surveillé. C'est dans ce contexte que des journalistes viennent trouver Selena pour leur servir de guide. Ils ont en effet comme projet de s'infiltrer dans Londres afin d'apporter au monde un témoignage filmé des horreurs qui s'y sont déroulées.
Des tensions naissent très vite au sein du petit groupe. Les reporters sont habitués à travailler en zone de guerre mais rien ne les a préparés à affronter des contaminés. En plus de cette menace constante, Selena et ses compagnons doivent également prendre garde aux militaires qui n'ont évidemment aucune envie de laisser des individus, éventuellement porteurs du virus, aller se balader aux quatre coins du monde.
Pour combien de temps encore l'infection sera-t-elle circonscrite ?

Nous avions déjà eu droit à un comic tiré du film éponyme en 2007. A l'époque, ces courtes histoires avaient été publiées dans la collection Dark Side de Panini (cf cette chronique). Cette fois, c'est une série plus longue qui nous est proposée par Delcourt. On retrouve le personnage de Selena que l'on avait découvert sur grand écran. Chronologiquement, le récit se situe après le premier film mais avant que l'armée n'ait autorisé les civils à retourner dans Londres. Les contaminés ne sont donc pas encore tous morts de faim. Du moins, ils le sont mais pas au sens propre.
Le scénario est écrit par Michael Alan Nelson, les dessins sont de Declan Shalvey. Graphiquement, le résultat est tout à fait correct, avec des planches plutôt jolies et réalistes, le tout est assez sombre sans être trop gore. Du point de vue de l'histoire, on peut être un peu plus réservé. Déjà, on se demande bien ce que Selena va refaire dans ce merdier après ce qu'elle a vécu. Le fait que les journaleux aient besoin d'elle comme guide est assez étrange aussi. La voilà bombardée spécialiste ès contaminés alors que la seule chose réellement utile à savoir est très simple : "si vous voyez quelqu'un avec les yeux rouges se pointer et vous regarder comme si vous étiez un gros steak, butez-le !"

Le plan suivi par la petite équipe est assez absurde également. Alors qu'ils se rendent à Londres, ils débarquent d'abord en hélicoptère aux îles Shetland afin de rejoindre l'Ecosse en bateau. Ce qui leur fait donc ensuite un millier de kilomètres à parcourir par leurs propres moyens. Ils justifient cet étrange parcours par le fait que le Nord est soi-disant moins surveillé. Cependant, vu qu'ils ont trouvé le moyen de se faire repérer à chaque fois qu'ils ont bougé un orteil, se faire déposer directement là où ils désiraient aller auraient tout de même été un choix plus simple. Et même en partant de la côte française, le trajet en bateau était bien plus court et ils arrivaient quasiment directement sur place.
Enfin bref, une fois en Ecosse, ils ne sont pas plus dégourdis. C'est à qui arrivera à se mettre en danger le plus bêtement et rapidement possible. Il y en a même un qui arrive à tomber dans une cage d'ascenseur. Volontairement hein, il entend du bruit, donc il se jette dedans par curiosité. Il ne lui vient pas à l'idée de regarder où il met les pieds en se munissant d'une lampe. Et ce n'est pas la seule invraisemblance, loin de là. Si l'on ajoute à cela des personnages plutôt fadasses et sans grande épaisseur, on finit par se dire que l'ensemble a été vite bâclé. Un peu dommage étant donné les vastes possibilités qui s'offraient pour ce retour parmi les contaminés...

Bénéficier d'une licence à succès ne fait pas tout, un minimum de réflexion aurait permis de rendre les situations et protagonistes moins stupides.

En voilà un qui s'est fait infecter, heureusement pour lui, ça ne changera rien à ses capacités intellectuelles.

25 avril 2010

Relaunch de Ultimate Spider-Man

La revue du Tisseur remet les compteurs à zéro ce mois avec la sortie de Ultimate Spider-Man #1.

Il y a quelques temps, l'univers Ultimate était malmené par Ultimatum, un évènement qui, sans beaucoup de panache, mettait un terme aux séries se déroulant sur la terre 1610. Six mois après le choc, les héros rescapés reviennent dans nos kiosques, et c'est Spidey qui ouvre le bal.
Au scénario, pas de surprise, l'on retrouve Brian Michael Bendis (Torso, Goldfish, Daredevil, Total Sell Out, House of M). Les dessins ont été confiés à David Lafuente. En moins d'un an, New York a bizarrement retrouvé bonne figure, les maçons américains ont certainement fait des heures supplémentaires. Le quotidien de Peter Parker a connu quelques changements radicaux. Le jeune homme ne travaille plus au Bugle mais dans un fast-food. Côté vie sentimentale, le Monte-en-l'air sort maintenant avec Gwen Stacy. Mais surtout, depuis le revirement de Jameson, Spider-Man est maintenant très populaire, notamment auprès des forces de l'ordre. Niveau guests, l'on retrouve le petit groupe qui gravite autour de Peter, Kitty Pryde et Johnny Storm en tête.

Quelques petits défauts au niveau de la forme sautent tout de suite aux yeux. Graphiquement tout d'abord, Peter ressemble parfois, sur certaines planches, plus à un enfant qu'à un ado. Niveau taille, il fait carrément une tête de moins que Johnny Storm, ce qui, me semble-t-il, n'était pas le cas auparavant. Plus embêtant, alors que Bendis est pourtant connu pour signer habituellement d'excellents dialogues, ceux-ci souffrent de répétitions assez étranges. Kenny va par exemple dire trois fois de suite "laissez-la tranquille", dans la scène suivante, c'est Gwen qui répète, de nouveau trois fois, "et je n'aime pas la foule". J'ignore quel effet était réellement recherché, mais cette "surcharge" textuelle paraît plutôt maladroite.
Sur le fond, difficile de voir aujourd'hui l'intérêt de l'univers Ultimate. Ce dernier avait été créé en partant de la fausse bonne idée qu'il serait plus simple d'accès, ce qui, plusieurs années après, se révèle évidemment faux. En tant qu'univers secondaire, l'on pouvait imaginer que les auteurs y seraient plus audacieux, mais là encore, l'on retrouve certains tics énervants du 616, notamment cette manie de toujours faire revenir tous les personnages censés avoir été expédiés ad patres. Et si l'un des attraits du 1610 était de mettre en scène un Spider-Man jeune, attaché aux fameux fondamentaux chers à Quesada, cela n'aura malheureusement pas suffi à épargner un massacre éditorial à son alter ego de l'univers classique. Du coup, l'on se demande bien ce qui justifie encore l'existence de cette série parallèle qui peine à retrouver la fraîcheur de ses débuts.

Un retour loin d'être réellement convaincant. Même si le récit n'est pas franchement mauvais, son intérêt, tout relatif, incite à bien réfléchir avant de se lancer dans la deuxième époque d'une gamme qui, malgré son potentiel, ne remplit pas le rôle innovant qui devrait être le sien.

21 avril 2010

Walking Dead : Fear the Hunters

Onzième tome pour The Walking Dead avec aujourd'hui la sortie de l'adaptation française de Fear the Hunters, sobrement traduit sous le titre Les Chasseurs.

Rick et les rares survivants encore réunis autour de lui tentent de rallier Washington. Eugène Porter, accompagné notamment d'un sergent de l'armée aux méthodes assez brutales, les a convaincu qu'ils pourraient en apprendre plus là-bas sur les causes de l'épidémie.
La route n'est pourtant pas facile. Le manque de nourriture se fait de plus en plus sentir et le danger est omniprésent. Comme si les zombies ne suffisaient pas, un autre drame survient. L'un des enfants adoptifs de Dale et Andrea commet un acte d'une atrocité épouvantable. Le groupe doit statuer sur son sort. Et par les temps qui courent, cela revient à décider s'il faut ou non le laisser en vie.
Après une nouvelle rencontre, cette fois avec un prêtre assez étrange, la petite bande se sent épiée. Dans les bois, des ombres rôdent. Et ce ne sont pas des morts-vivants. Rick et les autres découvrent bientôt qu'ils sont la cible d'un groupe de chasseurs. Mais après les évènements liés aux actions du Gouverneur, qui peut dire qui seront vraiment les proies ?
Carl, de son côté, se montre de plus en plus froid et insensible. Le petit garçon apprend, et vite, que pour survivre dans le nouveau monde, il faut se montrer... sans pitié.

Toujours un très bon moment de lecture, c'est donc avec joie que l'on retrouve Robert Kirkman au scénario et Charlie Adlard au dessin. Le temps, un peu moins mouvementé, de la prison est loin derrière les rescapés. Ceux-ci, en plus des attaques de zombies et des éventuels humains hostiles, subissent maintenant le contrecoup psychologique de l'épouvantable situation qu'ils endurent depuis si longtemps.
L'évolution de Carl est assez spectaculaire. Malgré son jeune âge, il se protège au mieux et développe des mécanismes lui permettant de ne pas être submergé par ce qui, souvent, ralentit les adultes. Il n'est tout de même pas insensible et pleure encore parfois, mais souvent seul, caché, comme s'il devait à tout prix ne plus montrer aucune faiblesse face aux autres. Il ne s'en sort toutefois pas si mal si on le compare au petit Ben, complètement anéanti par les horreurs qu'il a dû vivre.
Encore des morts donc dans cet opus, mais aussi beaucoup d'émotion. Dale notamment passe par des moments extrêmes, que ce soit lorsqu'il est aux mains de l'ennemi ou quand il tente de sauver, presque seul contre tous, l'un des gamins dont il a la charge.

Des révélations, des actes incroyables, des coups de théâtre, le cocktail reste donc identique et toujours aussi savoureux et... déchirant. Les personnages, poussés par le contexte, s'enfoncent encore plus profondément dans la violence. Il faut tout de même reconnaître que celle-ci n'est jamais gratuite et est motivée par la survie. Débarrassé des lois et codes qui déterminent ses droits et le rendent plus civilisé, l'homme retrouve ses instincts primaires et est bien souvent frappé de stupeur par ce qu'il ne pensait pas être capable de faire.
Les petites lâchetés côtoient les grandes ignominies, sans qu'il n'y ait semble-t-il de place pour une quelconque rédemption.
Après un semblant d'organisation sociale et de normalisation durant le moment où les protagonistes étaient à l'abri relatif de leur prison, Kirkman les met de nouveau sur la route, au milieu du danger. Face à eux-mêmes, sans murs protecteurs, sans système global leur permettant d'absorber une part de leur responsabilité, ils sont plus fragiles que jamais, à la fois bien décidés à se battre mais hantés par leurs actes. Et finalement, bien plus que leur confort matériel ou leur sécurité, c'est la perte de leur confort moral qui semble le plus difficilement supportable.
Reste à savoir ce que nous découvrirons à Washington et ce que l'auteur a prévu pour justifier le sort de l'humanité. Dans tous les cas, il y a de grande chance pour que l'on en reste, encore une fois, sur le cul.

Addictive et magistralement construite, cette série est à conseiller à tout le monde, même aux lecteurs les plus réfractaires à la bande dessinée.



Les précédents articles sur The Walking Dead :

20 avril 2010

Marvel Heroes Extra : Hawkeye

Le Marvel Heroes Extra #2 accueille la mini-série Dark Reign : Hawkeye.

Le criminel connu sous le nom de Bullseye fait maintenant partie des Vengeurs recrutés par Norman Osborn. Pour les media et le citoyen lambda, c'est un héros censé les protéger des menaces terroristes. En réalité, les choses sont un peu différentes. Lester a toujours le goût du meurtre en lui et il ne rate jamais une occasion de liquider les malfrats qu'il devrait se contenter d'arrêter.
Lors d'une intervention, il dérape encore plus, n'hésitant pas à buter les criminels mais aussi leur victime et même une équipe de journalistes, témoins de la scène. Osborn doit déployer les grands moyens pour couvrir l'affaire et faire disparaître les vidéos montrant Hawkeye en action.
Pourtant, très vite, la mauvaise humeur d'Osborn devient un sujet d'inquiétude très secondaire pour Lester. En effet, celui-ci entend des voix et aperçoit même régulièrement un individu portant son ancien costume et lui conseillant de ne pas oublier qui il est vraiment.
Hawkeye est-il en train de craquer ou est-il victime d'une machination ?

Après une saga consacrée à Venom, usurpant le nom de Spider-Man (cf Spider-Man hors série #30), c'est maintenant au tour de Bullseye/Hawkeye d'avoir droit à sa propre mini-série.
Le scénario est de Andy Diggle (The Losers), aidé aux dialogues par Antony Johnston, les dessins sont de Tom Raney et Andres Guinaldo. Pas vraiment de grosse surprise puisque les auteurs jouent de nouveau sur le thème du psychopathe ayant bien du mal à camoufler sa vraie nature. L'ambiance vire un peu à la barbouzerie avec l'implication de la NSA et une enquête menée par Ben Urich grâce à un mystérieux informateur. On reste tout de même un peu sur sa faim, même si Lester nous fait un show attendu, n'hésitant pas à descendre du quidam dès que l'occasion se présente. Malheureusement, au bout de la troisième flèche (ou autre menu objet sympathique) dans l'oeil, on finit par se lasser.
Autre petit problème n'aidant pas à se passionner pour ce récit, il est fait référence au père de Bullseye et à des évènements survenus dans Bullseye : Greatest Hits, une mini inédite en France. On ajoute à ça les coquilles habituelles et l'on se retrouve avec une lecture finalement très moyenne qui n'apporte pas grand-chose au personnage (si ce n'est la confirmation qu'il est bien barré). L'on peut également regretter que les rapports avec les autres Dark Avengers soient limités au strict minimum, ce genre de scènes a pourtant déjà montré à quel point le fait de dévoiler l'intimité de ce nid de vipères pouvait se révéler jouissif (cf Dark Wolverine par exemple).

Cinq épisodes un peu fades malgré de l'action qui se veut spectaculaire et une violence assumée.

Projet "Au Nom du Père" : premiers crayonnés

Les habitués de ce blog se souviennent peut-être d'une nouvelle que j'avais postée ici il y a un peu plus d'un an. J'étais, à l'époque, à la recherche d'un dessinateur pour mener à bien un projet qui est maintenant lancé.

Je suis donc particulièrement heureux de pouvoir vous présenter les premiers crayonnés de ANDP. En gros, Au Nom du Père est une BD qui devrait faire dans les 80 pages. Elle est divisée en quatre parties et met en scène des personnages ayant deux points communs : ce sont des lecteurs de comics et ils ont tous un grave problème avec l'image paternelle.
Pour des raisons très différentes, ils ont dû rechercher un modèle masculin très fort dans la fiction alors que, dans la réalité, les choses se passaient nettement moins bien. Cela a fortement influencé leur vie, évidemment. Et pas toujours de manière positive. ANDP raconte les moments clés de leur existence : l'enfance, là où tout s'est joué, leurs derniers instants, conséquences ultimes de choix liés à des drames, et leur rencontre, sereine, heureuse, presque hors du temps, avant la tempête.

Il s'agit pour moi d'une première car, même si j'ai une petite expérience au niveau de l'écriture, je ne m'étais jusqu'ici jamais attelé à la scénarisation. C'est un travail différent mais surtout très enrichissant, notamment parce que Olivier, l'artiste qui m'a fait confiance, se montre à la fois précis par rapport à ce que j'attends mais aussi surprenant, en explorant des directions parfois inattendues mais qui semblent après coup évidentes.
C'est essentiellement cela que j'attendais d'un tel travail collaboratif. Voir ce que j'écris prendre forme mais aussi prendre vie, avec une certaine liberté.

Evidemment, nous ne sommes pas au bout de cette aventure. Nous allons travailler à un rythme amateur mais espérons un résultat de qualité professionnelle. Professionnel dans le sens où, une fois terminée la dernière planche, nous pourrons nous dire "ok, on n'aurait pas pu faire mieux." Ce qui est finalement le strict minimum lorsque l'on a la prétention de raconter une histoire à de parfaits inconnus qu'il faut embarquer dans un univers qui ne leur est pas familier.
D'un point de vue pratique, si cette histoire est un jour éditée, j'aimerais qu'elle le soit d'un seul tenant, comme un roman graphique, dans un format traditionnel (pour les comics s'entend) et avec une cover souple. C'est là bien des exigences mais l'ambiance d'une histoire change, nous le savons, suivant son format et même la qualité de son papier. Et tant qu'à faire de la BD, autant qu'elle ressemble le plus possible à ce que l'on avait imaginé.

Je vous donne rendez-vous pour la suite le plus tôt possible. ;o)
Il existe des portes qu'un enfant ne devrait jamais ouvrir.
ANDP : trois gamins, trois existences bouleversées, trois destins...
... une seule issue ?

19 avril 2010

Marvel Universe : suite de War of Kings

Les choses sérieuses commencent dans le Marvel Universe #20 avec la suite de l'évènement War of Kings et le début de la série éponyme.

Après différents prologues, notamment Secret Invasion : War of Kings (cf Marvel Universe #18), tous les titres cosmiques, dont Nova ou Guardians of the Galaxy, sont maintenant touchés par la nouvelle confrontation massive bouleversant les profondeurs du marvelverse.
La revue du mois débute par War of Kings #1 et #2, avec Dan Abnett et Andy Lanning au scénario et Paul Pelletier au dessin.
Le mariage entre Crystal et Ronan a enfin lieu sur Hala. Cette union doit symboliser le rapprochement entre les Inhumains et les Krees, dorénavant dirigés par Blackagar Boltagon. Une telle alliance n'est pas du goût de Vulcan, le troisième frère Summers aujourd'hui empereur des Shi'ars. Le despote décide de passer à l'action en envoyant sa garde impériale mener une offensive sur Hala, mettant fin à la cérémonie par la même occasion. D'autres planètes krees sont attaquées simultanément, faisant d'innombrables victimes parmi les combattants et les civils.
La guerre opposant Vulcan et Black Bolt commence fort, avec les Starjammers en guests, un nouveau type de sentinelles (les sentinelles chorales) et l'affirmation de Crystal dans un rôle de "princesse du peuple". Tout cela est très habilement mené pour le moment et l'on suit l'intrigue sans problème malgré le grand nombre de protagonistes.

On continue ensuite avec un épisode des Guardians of the Galaxy. Star-Lord, Rocket Raccoon, Vance Astro et toute la petite bande, aidée par Adam Warlock, décident d'envoyer des délégations pour tenter de convaincre Black Bolt et Vulcan de faire machine arrière et de déposer les armes. En effet, la structure même de l'univers, qui a déjà souffert lors de la vague d'Annihilation, pourrait s'effondrer si un nouveau conflit d'une telle envergure avait lieu.
Même tandem au scénario avec cette fois Brad Walker aux crayons. Comme toujours un résultat fort bon, avec de l'humour et des scènes d'action qui en mettent plein les yeux.

On poursuit avec cette fois deux épisodes de l'on-going Nova. Les scénaristes ne changent pas, la partie graphique est assurée par Andrea DiVito.
La situation étant un peu compliquée, un petit rappel s'impose. Worldmind a décidé de remettre sur pied le Nova Corps, en employant pour cela des moyens moralement discutables. Richard Rider s'oppose alors à Worldmind qui, en représailles, lui ôte la Nova Force. Heureusement, le terrien se fait refiler les bandes quantiques de Quasar par Wendell Vaughn. Là, y'a pas à dire, y'a le beau geste. Richard pourra même être soulagé, puisqu'il existe un vieil adage cosmique prétendant que si un super-héros n'as pas ses bandes quantiques à 30 ans, il a raté sa vie. Bref, voilà notre Nova "quasarisé" prêt à affronter Ego, la planète vivante, siège de Worldmind.
Encore du très très bon, avec d'excellentes scènes montrant notamment les nouvelles recrues sur le terrain et la disproportion qui existe entre elles et les membres de la garde impériale shi'ar.

Enfin, on termine avec War of Kings : Warriors #1, un one-shot centré sur les origines de Gladiator, leader et membre surpuissant de la garde évoquée ci-dessus. C'est cette fois Christos Gage qui se charge du scénario alors que les dessins sont l'oeuvre de Mahmud Asrar et Carlos Magno.
L'équipe créative change mais la qualité reste. Cet épisode donne une réelle profondeur à Kallark et permet de découvrir les motivations et une partie de l'histoire de son peuple. L'on est surtout amené à comprendre pourquoi Gladiator défend aussi aveuglément son Majestor, car s'il n'apprécie pas particulièrement l'homme, il respecte le titre et le serment - tragique - qui y est lié.

Une saga prenante, bien écrite, joliment illustrée et mettant en scène de nombreux peuples et personnages.

ps : j'en profite pour vous faire part d'une action menée par le webmaster du site Watchtower. Suite à l'arrêt par Panini de la publication des Daredevil en Marvel Deluxe, une pétition a été lancée afin de demander la réédition des 100% Marvel difficilement trouvables aujourd'hui sur le marché. Une initiative louable qui permet de lutter contre la spéculation parfois ahurissante que l'on trouve sur le marché de l'occasion.

15 avril 2010

Nouvelle série pour Wolverine

Lancement de la nouvelle série consacrée au plus célèbre mutant de l'écurie Marvel dans Wolverine #195.

Logan était déjà présent dans deux séries régulières portant son nom : Wolverine (aujourd'hui renommée Dark Wolverine et squattée par son fils, Daken) et Wolverine : Origins. Ajoutons à cela X-Force, les X-Men, les Vengeurs, voilà qui commence à faire beaucoup pour un seul homme, même avec des super-pouvoirs. Eh bien cela n'a pas retenu la Maison des Idées puisque le Griffu a droit à une nouvelle on-going intitulée Wolverine : Weapon X.
Le scénario a été confié à Jason Aaron, auteur du très musclé Scalped chez Vertigo. Aaron n'en est pas à ses débuts chez Marvel puisqu'il avait notamment écrit de très bons épisodes de Black Panther (cf ce Monster) à l'occasion de Secret Invasion. Il s'était également déjà essayé à Wolvie sur l'arc Get Mystique. C'est donc très à l'aise qu'il prend les commandes de Weapon X, installant dès les premières pages une ambiance plutôt sanglante.

L'entrée en scène de Wolvie est franchement violente. Alors qu'il cuve dans une rame de métro, allongé sous un journal comme un vulgaire clodo, le mutant est dérangé par deux petites frappes qui veulent dérober le portable d'une demoiselle. Logan emploie alors la méthode forte : l'un des types a le bras tranché et l'autre repart avec son flingue profondément carré dans le... enfin, à un endroit où l'on n'aurait pas cru possible de faire rentrer quelque chose d'aussi gros.
On passe ensuite aux choses sérieuses. Wolverine apprend qu'une société paramilitaire privée, Blackguard, a mis la main sur les dossiers de l'arme X afin de créer des soldats améliorés. L'ami Logan se lance donc sur leurs traces jusqu'en Colombie où un accueil particulier l'attend.

Les dessins sont assurés par Ron Garney qui nous livre ici des planches assez réussies.
Ces deux premiers épisodes semblent plutôt prometteurs même si l'Arme X n'est pas vraiment ce que l'on pourrait appeler un sujet très frais (cf ce Best Of). A croire que toutes les séries mutantes sont condamnées à radoter sur les mêmes thèmes indéfiniment. Heureusement, le mélange d'action et d'humour fonctionne très bien et permet de passer un bon moment. La série, du fait du peu d'implication dans la continuité actuelle et du nombre de personnages restreint, est de plus très accessible, même pour un lecteur novice.
Aaron s'offre également le luxe de désamorcer à l'avance les critiques visant son personnage suremployé grâce à une petite vanne : alors qu'une journaliste propose de faire un sujet sur Wolvie, son rédacteur en chef lui répond qu'il est surmédiatisé et que "la moitié des vidéos de youtube le montrent en train de poignarder quelqu'un". Voilà qui résume parfaitement la popularité de Logan et son caractère tranché. ;o)

Une série bien écrite et accessible qui débute de belle manière.

14 avril 2010

Epidémie de Zombies dans les Comics

Depuis quelques années, le mort-vivant est à la mode dans les comics. Qu'il soit traité de manière dramatique ou plus humoristique, le zombie tient une place certes nauséabonde mais importante entre les flics et autres super-héros. Petit état des lieux.

Les comics horrifiques ont plutôt le vent en poupe ces derniers temps. Parmi eux, le genre propre aux zombies est plus que bien représenté. Il faut dire qu'une horde de types à moitié crevés qui prend possession de New York voire du monde entier, ça en jette un max et, avantage de la bande dessinée, ça ne coûte pas plus cher que de représenter la tante Huguette qui fait ses courses au marché de Rabougri-le-Petit. Et puis la peur est une valeur sûre, bien plus universelle que le rire finalement. On n'a pas tous le même humour mais devant un gars en décomposition qui a l'intention de nous boulotter, sauf cas exceptionnel, tout le monde réagira plus ou moins de la même façon : flipper à mort !
En faisant appel à de vieux réflexes de survie et à un récit à la dimension épique, les auteurs sont donc plutôt à l'aise mais pas totalement en terrain conquis. Car évidemment, tous les scénaristes n'abordent pas nos amis voraces de la même manière ni avec le même talent. Et si le sang et les cris sont des ingrédients quasiment indispensables, il existe bien des recettes pour les mettre en valeur.

On ne peut pas parler de zombies et de comics sans citer The Walking Dead, LA référence du genre et, accessoirement, l'une des meilleures séries US actuelles. Robert Kirkman ne s'y trompe pas puisqu'il avoue volontiers qu'il s'agit là de son travail le plus abouti. En effet, il faudrait être bien à côté de la plaque pour ne pas se rendre compte de la qualité de cette oeuvre qui, pourtant, relègue les zombies au second plan. Entendons nous bien, ils sont importants en tant que cadre général, ils sont le déclencheur et la toile de fond, mais l'essentiel se passe dans les relations que tissent les personnages, bien humains mais capables du pire.
Il s'agit non seulement d'un drame mais également d'une étude sur la psychologie humaine en temps de crise majeure. Lorsque la civilisation et les lois n'ont plus cours, comment l'homme se comporte-t-il ? Bien, parfois. Un peu moins bien, souvent. Et quelquefois de manière horrible, mais là encore, Kirkman fait preuve de subtilité puisque les relations entre les protagonistes ne sont pas figées, et si des amitiés se nouent, elles sont malmenées par le stress, le désespoir, la terreur et toute une gamme d'émotions violentes qui, sur le long terme, transforment ceux qui y sont soumis. Pour le meilleur ou le pire.

Dans un autre registre qui nous oblige à faire le grand écart, l'on trouve par exemple Zombie Highway. Le second degré est de mise et les zombies ne sont ici qu'un prétexte pour les vannes et autres situations scabreuses imaginées par Jason Pell. Là encore, le lecteur remarquera que le mort-vivant sert à mettre en valeur bien autre chose (dans ce cas particulier, des truands un peu "bras cassés").
Là, tout de même, on se dit que les zombies pourraient finir par prendre ombrage d'être ainsi relégués au second plan. Rassurez-vous, l'intérêt d'un cadavre, même animé, c'est qu'il se vexe finalement très peu.
Les zombies ont par contre le premier rôle dans Attaques Répertoriées, un comic un peu à part, tiré du Guide de Survie en Territoire Zombie de Max Brooks. Le ton est cette fois plus sérieux, l'ouvrage se voulant une étude historique des épidémies ayant frappé l'humanité à travers les âges. L'auteur se sert de faits réels pour nous troubler un peu et, par exemple, trouver une explication très inquiétante au fameux mur d'Adrien construit par les romains.
Bien sûr les zombies n'échappent pas à la règle de la déclinaison multi-supports. Ainsi, 28 jours plus tard, après un franc succès sur grand écran, s'est vu offrir une adaptation papier (même si techniquement, il s'agit de contaminés et non de zombies au sens strict). L'originalité de cette transposition vient du fait qu'elle ne reprend pas l'histoire des films mais offre des récits complémentaires, scénarisés par Steve Niles.

Marvel n'est pas resté l'arme au pied devant la déferlante puisque, après une histoire ébauchée par Mark Millar dans Ultimate Fantastic Four, l'éditeur lance une mini-série hors continuité basée sur la transformation de ses têtes d'affiche en morts-vivants. Le projet est confié à Kirkman qui, après s'être amusé sur des titres comme Marvel Team-Up, va conserver le même ton décalé tout en ajoutant du gore et un soupçon de transgression (cf cet article). Spider-Man va ainsi dévorer Mary Jane (et avoir pour une fois une bonne raison de pleurnicher) et les Vengeurs se partageront Jarvis (leur majordome) qui sera le plat principal d'un bon gueuleton.
Les premières mini-séries connaissent un succès mérité et se verront adjoindre des suites (dont un crossover avec Evil Dead) plus ou moins inspirées. Les dernières publications VF se déroulent même sur la Terre 616 (monde d'origine des "vrais" Spidey, FF, X-Men, etc.) mais sont expurgées de ce qui faisait l'intérêt des premiers opus. Pourtant, même si ces arcs sont clairement en dessous des premiers et mettent en scène des personnages très secondaires (voire totalement inconnus du grand public), ils surfent sur la combinaison juteuse des termes "Marvel" et "Zombies", sorte de promesse voyeuriste permettant de faire subir les pires horreurs à des héros peut-être perçus parfois - à tort ou à raison - comme trop proprets.

Drame psychologique, road-movie comique, versions personnalisées des géants de l'édition ou encore univers étendu lié à un film, les zombies semblent faire office de matière première bon marché tout en se prêtant parfois à des essais plus étonnants sur le fond ou la forme.
Ross Campbell, dans Les Abandonnés, va ainsi proposer le cadre original de la Floride et de sa chaleur moite pour mettre en scène son invasion d'emmerdeurs cadavériques. Même les personnages principaux, marginaux jusque dans leur physique, vont échapper aux stéréotypes des survivants "de base". Une bonne tentative qui ne sera malheureusement pas totalement aboutie, les protagonistes, bien qu'inhabituels, manquant un peu d'âme. Des classiques de la littérature seront également adaptés en y allant de leur apport de morts-vivants, comme l'étonnant Orgueil & Préjugés et Zombies. D'autres tenteront de mélanger nazis et zombies, comme dans le navrant Lost Squad.
Pourtant, il faut bien le reconnaître, le zombie encore une fois sert d'alibi à la mise en place d'une situation qui, finalement, le dépasse. Mais pourquoi diable un quidam dont on n'a que faire devient-il, au moins artistiquement, plus utile mort que vif ?

La réponse est à rechercher dans deux de nos plus grandes angoisses, inscrites pour l'éternité dans l'inconscient collectif : la peur de la mort et la peur d'être mangé. Vous me direz, c'est presque pareil, étant donné que l'une des conséquences découlant du fait d'être mangé est bien souvent la mort. Or non, d'un point de vue psychologique, c'est un peu différent.
Le zombie en tant qu'entité morte, clairement identifiée par l'humain, représente la peur consciente de la mort en tant qu'inconnue. Il s'agit là, plus largement, d'une peur éprouvée devant n'importe quel changement d'état, comprenant la perte de la mémoire (et donc du savoir) ainsi que des caractères et affects nous définissant. Le Moi interprète cette image comme l'éventualité, peu agréable, de sa disparition.
La peur d'être mangé est différente puisqu'elle s'inscrit plus dans une logique de survie de l'espèce (qui parlerait donc plutôt au Ça inconscient, pour rester dans la comparaison freudienne). Etre dévoré ne résonne pas dans l'inconscient comme la peur de l'inconnu mais comme l'échec de la survie de l'humanité qui ne peut échapper à un prédateur qui va signer sa perte.
Il y a donc, chez ce cher zombie, deux messages angoissants complémentaires : la fin de l'ego, de ce qui fait que nous sommes des individus à part entière, et la fin de l'Homme en tant qu'espèce. Le coquin est donc, avouons-le, une sorte de Rolls du trouillomètre. Pas étonnant que l'on s'en serve aussi largement pour nous faire frissonner ou nous tirer des rires nerveux, car si le super-héros est un peu ce à quoi l'enfant ou l'adolescent rêvent de ressembler, le zombie est essentiellement ce que l'adulte redoute de devenir.

Pourtant, le mort-vivant a ses bons côtés. Il contribue, sur le papier, à donner naissance parfois à de sacrées bonnes histoires. De ce côté des planches, d'un point de vue plus réaliste, il permet de nous éviter d'interminables angoisses sans objet, en focalisant nos peurs sur un symbole facilement identifiable et même rassurant puisque vulnérable.
Rarement un monstre imaginaire aura rendu autant service aux éditeurs et aux lecteurs, assurant aux premiers des ventes confortables et évitant aux seconds de développer quelques névroses supplémentaires.
Le zombie d'utilité publique en quelque sorte.
Quel beau destin finalement pour une entité qui n'est même pas capable de faire ses lacets ou de manger proprement !

Océan : des armes au fond d'Europe

Sortie aujourd'hui de Océan, un récit de science-fiction écrit par Warren Ellis.

Nathan Kane est inspecteur en désarmement au sein des Nations Unies. Pour les besoins d'une mission dont il ne sait encore rien, il est envoyé sur Port Froid, une station scientifique orbitant autour d'Europe, l'un des satellites naturels de Jupiter.
Fadia Aziz, commandant de la station, va révéler à Kane les raisons de sa présence. Son équipe a fait une étrange découverte dans les profondeurs du monde océanique d'Europe, loin sous la couche de glace. Entre deux eaux flottent des cercueils dont l'origine remonte à plus d'un milliards d'années. Les sondes et l'exploitation de leurs données permettent finalement de se rendre compte que les gens, très proches génétiquement des êtres humains, qui sont placés dans ces sarcophages sont en fait en animation suspendue. Et surtout, quelle que soit la raison pour laquelle ils se sont volontairement engloutis dans l'océan, ils ont pris la précaution d'amener leurs armes avec eux. Des armes si terribles qu'elles pourraient détruire une planète entière.
Bientôt, une course macabre s'engage entre Kane et le manager d'une plateforme spatiale voisine appartenant à une puissante corporation. Et si, en voulant récupérer leurs armes, quelqu'un finissait par réveiller ces tueurs venus du fond des âges ?

Nous connaissions déjà l'intérêt de Warren Ellis (Black Summer, Transmetropolitan, New Universal, Nextwave, Fell) pour la conquête spatiale, le scénariste ayant déjà traité de ce sujet dans Ministry of Space notamment. Il revient donc ici à un domaine qui le passionne tout particulièrement. On sent d'ailleurs que le bonhomme connaît bien l'histoire des pionniers de l'espace grâce à de petites anecdotes que raconte son personnage principal, censé avoir la même passion que lui. Le monde futuriste imaginé par Ellis est crédible et bien présenté. Le récit part donc sur de bonnes bases, d'autant que la découverte des scientifiques de Port Froid est inattendue et angoissante.
Malheureusement, si tout part sur de bons rails, l'arrivée en gare est plus chaotique. La conclusion manque singulièrement de panache et ressemble au final d'un blockbuster boosté à l'action mais douloureusement fade. L'intrigue était pourtant originale, les personnages attachants, les dialogues inspirés, mais le tout s'essouffle en cours de route pour finalement devenir prévisible voire ennuyeux.

Les dessins sont l'oeuvre de Chris Sprouse qui s'acquitte honorablement de sa tâche même si l'on aurait aimé des décors spatiaux plus impressionnants. Les covers sont de Michael Golden.
Il est intéressant de revenir tout de même sur deux aspects de Océan. Tout d'abord, l'ennemi, représenté ici par une corporation du nom de... Doors. Vous voyez la référence ? Et si je vous dis qu'ils sont spécialisés, entre autres, dans le développement de logiciels peu fiables ? C'est déjà plus clair. Cette mise en cause de Microsoft et de sa position hégémonique me semble un peu facile. Déjà parce qu'ils ont fait des progrès tout de même (ceux qui ont commencé à utiliser leurs produits dans les années 90 me comprendront), ensuite parce que cette position de leader si décriée est due à l'accessibilité de leurs systèmes, ce qui ne peut guère leur être reproché (allez donc foutre du Linux sur un PC, vous verrez si quelqu'un en veut). En plus, l'auteur critique particulièrement "Doors 98", censé être une horreur, alors que "Doors Millenium" aurait été un bien meilleur exemple de merde bricolée à la va-vite. Tant qu'à chier sur une entreprise, autant la connaître.
Bon, ceci dit, il y a de très bonnes choses tout de même dans la description de cette corporation "presque" fictive. Les plus beaux tirs de Ellis ne sont pas ceux qui visent la qualité des produits mais le management, et notamment la déshumanisation que l'on peut ressentir dans un grand groupe où seule règne la loi du rendement maximum. Les personnalités artificielles, permettant de rendre tout employé totalement "corporate", constituent une excellente trouvaille, bien plus digne d'un auteur que la mode consistant à descendre un peu facilement ce qui a du succès et, accessoirement, quelques défauts.

Autre thème présent dans cet ouvrage, les armes et l'auto-destruction supposée qu'elles entrainent. Là Ellis s'y prend avec un peu plus de légèreté mais nous dit en gros que pour faire cesser la violence, il suffit de désarmer la population voire les états. C'est un raisonnement tout de même bien naïf. Les sociétés n'étaient pas moins violentes avant l'invention des armes à feu. J'encourage ceux qui le pensent à se renseigner sur la bonne ambiance générale qui régnait dans l'antiquité ou le moyen-âge. De plus, où commence et s'arrête la notion d'arme ? On peut tuer avec une fourchette. Et l'homme nait avec de nombreuses armes naturelles (poings, pieds, coudes, genoux...), faudra-t-il un jour les lui amputer dès qu'il apprend à marcher afin de satisfaire les béni-oui-oui de salon, bien à l'abri de leur confortable - mais trompeuse - conscience ?
La nature est violente, les animaux sont violents, les sentiments sont violents, les gens le sont aussi. Cette violence, elle doit être contrôlée dans une société civilisée, pas en supprimant l'une de ses conséquences mais plutôt en essayant d'en comprendre les causes. La protection, d'un état ou d'une personne, commence par la capacité de riposter à une agression. Le fait de se balader à poil en hurlant "je ne suis pas armé !" n'a jamais sauvé personne. Essayez, vous verrez. ;o)
Je ne doute pas du fait qu'Ellis part certainement d'un bon sentiment, mais limiter la perdition de l'humanité à la présence d'armes en son sein, c'est comme penser que l'on peut lutter contre l'alcoolisme en interdisant les verres. C'est là faire peu de cas du fait que les individus qui veulent se détruire, ou détruire les autres, trouveront toujours un moyen de le faire. Parce que là où il y a une volonté, il y a une voie. Et les pulsions violentes ne manquent pas de chemins, dérobés ou connus de tous.

Voilà pour la thématique, c'est un peu long mais après tout les comics et leurs auteurs nous offrent aujourd'hui de nombreuses pistes de réflexion et même parfois des idées présentées comme absolues et naturelles, il n'est donc pas inintéressant de tenter, parfois, de montrer en quoi leur logique est incomplète ou bancale. Certains penseront que c'est là donner trop d'importance à nos BD, mais si nous avalions tout sans jamais nous offusquer, ce serait sans doute n'en pas donner assez à notre libre arbitre.

Un sujet de départ excellent qui se termine en comic d'action un peu lourdingue mais qui a le mérite de mettre sur le tapis des sujets importants, même s'ils ne sont pas tous forcément bien traités (voire compris) par l'auteur.

13 avril 2010

Dark Avengers/Uncanny X-Men : Utopia

Rencontre entre les Dark Avengers et les mutants dans le X-Men #159 à l'occasion du coup d'envoi du crossover Utopia.

A l'heure actuelle, Marvel a délaissé les évènements impactant tout son univers pour laisser la place à de mini-crossovers centrés sur des groupes de personnages bien précis. C'est dans cette logique que débute la rencontre entre les Vengeurs de Norman Osborn et la communauté mutante établie maintenant en Californie.
Le récit commence dans Dark Avengers/Uncanny X-Men : Utopia #1 et se poursuit dans ce même mensuel avec Uncanny X-Men #513. Matt Fraction s'occupe du scénario de ces deux épisodes, les dessins sont assurés par Marc Silvestri puis Terry Dodson.
Tout commence par des incidents entre humains et mutants, suite à une manifestation du Front Humain de Simon Trask qui ne réclame rien de moins qu'une loi réglementant la reproduction des porteurs du gène X. C'est peu de dire qu'une telle idée est très mal accueillie par les mutants. De très nombreuses échauffourées ont lieu dans San Francisco, ce qui donne un bon prétexte à Osborn pour intervenir et lâcher sa meute d'Avengers. Son but est double ; créer sa propre équipe de Dark X-Men et mettre définitivement Cyclope sur la touche en démontrant son incapacité à gérer la crise.

Voilà un début franchement bon, plus prometteur en tout cas que Messiah War, techniquement construit sur le même principe. Cet intérêt supplémentaire vient sans doute du fait qu'ici, les évènements décrits sont directement liés au présent de l'univers 616 et à l'actualité récente. Tant que l'on évite les sempiternels revenants, du style Apocalypse, Shaw et autres Phénix, on a au moins l'impression d'avancer un peu.
L'équipe de Dark X-Men est d'ores et déjà constituée. Quelques poids lourds, d'autres personnages plus secondaires, mais tous sont heureusement rapidement présentés, ce qui permettra aux nouveaux lecteurs d'avoir un petit topo sur chacun d'eux et de ne pas être totalement dans le brouillard. Globalement, cette entrée en matière est plutôt sympathique, on attend avec impatience la confrontation Cyclope/Osborn et les révélations sur l'attitude d'Emma Frost dont on ne sait pas encore si elle pratique un habile double-jeu ou si elle trahit réellement ses anciens collègues et son compagnon.

La revue se poursuit par le deuxième épisode des New Mutants. Scénario Zeb Wells, dessins de Diogenes Neves. De la castagne contre Légion, des gens qui sont prisonniers de corps qui ne sont pas les leurs, bof, rien de transcendantal et pas forcément toujours évident à suivre. Il y a tout de même une petite scène assez drôle lorsque, face aux forces de l'ordre, Rocket est obligé de porter Solar pour s'échapper... les flics ne doivent pas souvent voir ce genre de réaction.
On continue avec deux histoires courtes tirées de X-Men Manifest Destiny #4 et #2. Contre toute attente, ces deux petits récits sont plutôt bien fichus et agréables à lire. Dans un premier temps, James Asmus et Takeshi Miyazawa nous montrent un Diablo en plein doute et hanté par la disparition de Kitty Pryde (eh oui, la pauvre est toujours à la dérive quelque part dans l'espace, enfermée dans son suppositoire géant). C'est ensuite au tour de Chris Yost et Paco Diaz de mettre en scène Emma Frost, également en proie à diverses interrogations existentielles. L'avantage ici est qu'il y a un rapport, au moins indirect, avec Utopia et l'état d'esprit changeant de la Reine Blanche.

Une bonne fournée pour les X-Men qui, malgré leur déménagement sur la côte Ouest, sont maintenant rattrapés par le Dark Reign.

12 avril 2010

Astonishing X-Men : Messiah War

Le crossover Cable/X-Force La guerre du Messie débute ce mois dans Astonishing X-Men #59.

Le mensuel commence avec X-Force/Cable : Messiah War #1, un épisode spécial de 33 planches. Après Messiah Complex, on continue sur la lancée avec une guerre liée à Hope, le fameux bébé mutant qui a bien grandi. Les premières pages permettent de résumer la situation. En gros, Bishop veut buter Hope pour de vagues raisons et Cable tente de l'en empêcher en s'enfuyant toujours un peu plus profondément dans le futur.
Cette fois, Cable est rejoint par X-Force que Cyclope a envoyé pour lui prêter main forte. On ne peut pas dire que le fiston s'entende à merveille avec Wolverine. Pour rajouter à la confusion, Deadpool débarque également. Lui n'a pas fait de bond dans le temps mais est resté enfermé 800 ans dans une chambre froide...
Le récit se déroule en 2973, dans un monde ravagé dont les survivants sont sous la coupe de Stryfe, clone de Nathan Summers. Entre les histoires de lignes temporelles parallèles, de clones et de messie, difficile de se passionner pour un crossover qui risque encore de se terminer dans la confusion générale. L'univers mutant ressemble de plus en plus à une usine à gaz dont il est difficile de saisir l'utilité. Cette course-poursuite sans fin sera-t-elle conclue du vivant des équipes créatives actuelles ? Comme c'est parti, rien n'est moins sûr.
Le scénario est de Craig Kyle & Chris Yost, les dessins de Mike Choi. La suite directe, dans le Cable #13, est écrite et dessinée par Duane Swierczynski et Ariel Olivetti.

On passe ensuite à X-Factor. Après le choc des évènements récents (cf cet article), cet épisode, pourtant remuant, semble moins enthousiasmant et surtout très bref. Cela vient du fait que l'on suit en parallèle quatre actions différentes (Madrox & Layla/Guido, Monet et Darwin/le prêtre, double de Jamie/le reste de l'équipe).
On ressort de cette lecture avec plus de questions que de réponses et une envie de s'atteler rapidement à la suite. Toujours Peter David au scénario et Valentine De Landro aux crayons. Graphiquement, ça nous change très positivement d'un Stroman.

La revue se termine sur deux courtes histoires tirées de X-Men : Manifest Destiny #1 et #2. La première est centrée sur Tabitha Smith, alias Big-Bang, et peut encore faire sourire, notamment à l'occasion de l'attitude de Beast face à l'utilisation des réseaux sociaux. La seconde n'a par contre pas le moindre intérêt et met en scène le Fléau, venu philosopher dans un bar avec les péquenots locaux.

Voilà une période importante pour les mutants, puisque Utopia, la rencontre entre les X-Men et les Dark Avengers d'Osborn, vient de débuter également. Pourtant, à l'inverse de ce crossover, Messiah War semble bien moins prometteur, sauf peut-être si l'on apprécie les trips futuristes à rallonge et l'art d'accommoder sans cesse les mêmes restes.
Un mois mitigé donc pour cet AXM.

10 avril 2010

French Comics : Vampire Hunters Brigades

Une uchronie mélangeant science-fiction et fantastique, réalisée par des artistes français, cela donne VHB, ou Vampire Hunters Brigades. Tout de suite, découverte des quatre premiers numéros.

En une nuit, dans les années 30, le destin de l'humanité bascule. Les peuples de l'ombre, jusque là cachés, se dévoilent. Vampires, lycanthropes et autres goules voient leurs pouvoirs décupler et s'invitent sur le territoire des hommes...
Un siècle plus tard, en 2053, il ne subsiste des Etats-Unis que New New Orleans, surnommée N²O. Ce qui reste de l'humanité tente de cohabiter avec les monstres qui ont failli causer sa perte. Pour s'occuper des affaires impliquant dentus, lyc' et créatures étranges, le gouvernement a créé les Vampire Hunters Brigades, une police spéciale, équipée de matériel high-tech.
Les hommes et femmes des VHB côtoient la mort. Presque chaque nuit, ils risquent leur vie en intervenant dans les ténèbres. Entre deux missions, les membres de l'unité Chromes se retrouvent au Black Velvet's Pub. Enzo, Ice, Grade et leurs collègues tentent d'oublier que la folie est devenue une routine et que certains frères d'armes ne sont plus là pour boire un verre avec eux. Sous leurs armures impressionnantes, ces soldats d'élite sont encore humains...

Attention, voilà une série qui fait mal, et dans le bon sens du terme. VHB est édité par Phylactères, une association lorraine regroupant de nombreux artistes. Sur ce titre, scénarisé par Lokorst, l'on retrouve plusieurs dessinateurs dont Santos, David Bulle, Asid, Jim'Hai, Damien Malglaive, El Théo, Philippe Haderer, Guillaume Matthias, Rom_1, Frantz Pétard, Pierre Minne (Le Patrouilleur) ou encore Goblin. Autant de monde suppose bien entendu des styles graphiques fort différents, parfois réalistes, d'autres fois plus cartoony, mais toujours très agréables à l'oeil. Un grand soin a été apporté à l'ensemble, que ce soit pour les décors, le design des armures ou encore certains effets permettant de créer des ambiances particulières.
L'univers décrit est vite crédible et original. Si sur quelques aspects, le monde de 2053 a bien évolué, il existe néanmoins des différences avec notre propre univers, liées aux évènements des années 30. L'Homme n'a par exemple jamais marché sur la Lune et la télévision, si elle existe bien, est limitée à des fins militaires.

Chaque volume est composé de chapitres regroupés par thème. En effet, la série n'étant pas régulière pour des raisons d'ordre pratique (financement, organisation de la production nécessitant de nombreux intervenants), il était difficile de proposer aux lecteurs de classiques épisodes à suivre. C'est donc une organisation thématique qui a été décidée : un numéro va se pencher sur les monstres, un autre sera consacré à ce que font les Hunters entre deux missions, etc. Toutefois, une frise chronologique présente à partir du troisième tome permet de situer les chapitres dans le temps et donc de les relire dans l'ordre. Ou comment transformer intelligemment une contrainte éditoriale en une possibilité de découvrir deux modes de lecture différents.

Dès les premières pages, l'auteur donne le ton. Il ne s'agit pas d'un univers manichéen avec les méchants vampires d'un côté et les gentils flics de l'autre. Certains "monstres" ont des attitudes et motivations bien humaines. L'on découvre également peu à peu les personnages principaux, des êtres rudes, peu habitués à se livrer, mais qui deviennent vite attachants. Lokorst va d'ailleurs alterner des moments dramatiques, fort bien mis en scène, et d'autres plus humoristiques, notamment avec la division scientifique de la police qui, à N²O, n'a pas grand-chose à faire et se retrouve parfois chargée de tâches bien ingrates. ;o)
Outre cette construction par petites touches des protagonistes que l'on est amené à suivre régulièrement, une intrigue plus vaste se met également en place. Celle-ci, au coeur de la première saison de VHB, devrait s'étaler sur 12 numéros. Chacun d'entre eux coûte 4 euros, pour 35 pages.

Une narration très habile, un univers cohérent, de belles planches, de bons dialogues (sans fautes en plus !), tout cela donne un vrai plaisir de lecture et une série à qui il ne manque qu'une notoriété à la hauteur de sa qualité. Autrement dit, très grande.


Le site de l'association Phylactères : OuaisWeb

Quelques exemples des différents styles graphiques rencontrés dans VHB

08 avril 2010

Incognito : Projet Overkill

La nouvelle série de Brubaker, Incognito, vient de sortir en France. Le premier tome, Projet Overkill, explore une idée originale : le programme de protection des témoins appliqué à un ex super-vilain.

Zack Overkill était un criminel puissant, amoral, sans pitié. Le genre qu'il vaut mieux éviter de croiser. Il n'est plus aujourd'hui que l'ombre de lui-même. Surveillé par un agent de probation, condamné à un simple emploi de bureau, il doit maintenant se cacher et oublier son ancienne vie.
Pourtant, il ne supporte pas ce qu'il est devenu. Un type normal, fondu dans la masse. Pour oublier le système, son ancien boss qui veut sa peau, et ses pouvoirs perdus, Zack tente de se brouiller l'esprit grâce à l'alcool et la drogue. C'est justement la drogue qu'il prend qui a une conséquence inattendue puisqu'elle annule subitement les effets des médicaments que les autorités lui imposaient et qui inhibaient ses pouvoirs.
De nouveau à part, fort, agile, Zack sort les nuits pour se défouler. Il sauve des gens dont il se fiche, simplement pour pouvoir frapper quelqu'un. Bien malgré lui, il se retrouve peu à peu dans le rôle infect du héros...
Mais ce glissement vers le camp des "gentils" ne sera pas le seul problème que le repenti aura à gérer. Entre un collègue qui le fait chanter, ses anciens camarades qui sont sur ses traces et un gros mystère entourant son passé, Zack aura tout le temps de regretter la vie de monsieur-tout-le-monde qu'il jugeait si ennuyeuse...

Voici donc qu'arrive chez Delcourt le nouveau polar super-héroïque signé Ed Brubaker (Daredevil, Sleeper, Iron Fist, Messiah Complex). L'auteur est parfaitement secondé au dessin par un Sean Phillips qui signe des planches un peu moins belles que celles de Sleeper mais tout aussi efficaces.
Le récit démarre sur un être surpuissant obligé de rejoindre la "rat race". Une petite explication s'impose sur cette expression. Elle est ici traduite littéralement par "la course du rat", ce que je n'avais personnellement jamais entendu en français. En anglais par contre, la rat race est assez connue et désigne une vie supposée vide de sens et rythmée par les obligations artificielles d'un système qui ne permet pas l'accomplissement personnel de l'individu (du genre "métro, boulot, dodo" pour simplifier à l'extrême). Cet aspect du changement de vie d'Overkill est assez bien amené et permet de tout de suite rendre le personnage crédible. Certaines scènes, comme le coup de la blonde et du père Noël, permettent d'ailleurs fort bien de décrire le côté frustrant de cette existence anonyme tout en étant assez drôles.
Une fois les premières bases posées, l'histoire monte lentement en puissance, avec l'arrivée des premiers vrais ennuis et les révélations sur les origines du personnage principal mais aussi de toute la clique de surhumains qui gravite autour de lui.

Brubaker est très à l'aise sur ce type d'histoires et ça se voit. On reste certes en terrain connu (mélange de Sleeper déjà cité, de Criminal ou encore du Wanted de Millar), mais tout ici est parfaitement carré et maîtrisé. A tel point que cette aisance pourrait presque passer pour de la routine, étant donné que les seuls reproches que l'on puisse réellement faire sur ce premier tome sont le manque de surprises et un petit goût de déjà-vu.
Ces six épisodes, formant un arc complet, sont disponibles en VO chez Marvel, sous son label Icon, et en VF chez Delcourt. La quatrième de couverture évoque une série intelligente, subtilement mise en scène et décalée. Si l'intelligence et l'habileté sont effectivement au rendez-vous, ce genre de décalage est devenu si courant qu'il constitue aujourd'hui une norme, voire un sous-genre, et qu'il sera difficile de faire passer cette énième déclinaison réaliste/sombre pour une avancée sur un territoire en friche.

Une bonne série, servie par un Brubaker très pro mais finalement un peu trop classique.