29 juin 2010

Zombies : La Divine Comédie

Le genre post-apocalyptique, bourré de types pas très frais qui vous voient comme un bon repas, on commence à connaître. Mais voyons comment se débrouillent les frenchies auteurs de Zombies.
Sam a survécu à la fin du monde. Alors que tout s'est écroulé autour de lui, qu'il a assisté à la chute du gouvernement, de l'armée, de la civilisation, il s'est enfui comme un lâche, sans se préoccuper de sa famille. Jusqu'au jour où il reçoit un appel de sa fille, Stacy.
Elle est quelque part, à Seattle.
Sam s'y rend alors et écume pendant des mois une ville qui s'étend sur 200 km². Il régresse au stade animal, devient rapide, silencieux. Il s'écarte des rares groupes de survivants qu'il croise. Ils sont trop dangereux, trop bruyants. Mais l'on n'est jamais totalement à l'abri des rencontres inopinées. A cause de l'une d'elle, Sam se retrouve en charge de Josh, un gamin de douze ans qui est trop jeune pour avoir abandonné tout espoir. Avec lui, Sam redécouvre qu'un semblant de vie normale peut revenir au milieu de cet enfer.
Ils parlent de comics, fument ensemble, se marrent un peu...
Combien de temps le monde les laissera-t-il profiter de cette parenthèse dans l'horreur ?

On le sait, en BD, ce ne sont pas les zombies qui manquent (cf cet article). Si l'on peut penser que le tour de la question a été fait, surtout depuis que Kirkman a placé la barre si haut avec The Walking Dead, l'on trouve encore tout de même des oeuvres qui méritent le détour et possèdent leur propre personnalité. Dont ce fameux Zombies qui nous intéresse ici.
Graphiquement tout d'abord, c'est un sans faute. Sophian Cholet nous livre des planches impressionnantes, dans un style réaliste et détaillé. Il est parfaitement secondé dans sa tâche par Simon Champelovier dont la colorisation, fort jolie, donne un résultat très agréable à l'oeil. L'ambiance est là, tout en évitant d'en rajouter dans l'inutilement gore.

Le scénario, signé Olivier Peru, était l'aspect qui, d'emblée, me causait quelques inquiétudes. Inquiétudes totalement balayées dès l'introduction, magistrale et inventive. La suite du récit, tout aussi bonne, se partage entre action pure et moments plus calmes où l'auteur pose son univers et en profite pour nous donner quelques infos sur les personnages ou l'épidémie. Plusieurs références à la pop culture sont disséminées au fil de l'histoire, parfois d'une manière vraiment très habile (la scène suivant la discussion sur Superman et le fait qu'il n'existe pas est vraiment bien amenée). Ce premier tome, dont la conclusion est aussi forte et inattendue que l'intro, peut se lire comme une histoire complète, même si évidemment de nombreux éléments ne sont qu'évoqués et serviront à développer la suite.

Une suite que l'on attend d'ailleurs avec impatience étant donné le soin apporté à ce premier opus.
L'album est disponible chez Soleil, au sein de la collection Anticipation. Grand format, hardcover et classique découpage européen de 46 planches, pour moins de 13 euros.

Une vrai réussite, dans un domaine où la concurrence est pourtant rude.

Uncle Sam : tonton flingué

Certaines oeuvres impressionnent par leur forme et leur ambition mais peuvent parfois se révéler, au final, bien décevantes. Uncle Sam en fait partie.

Il s'agit d'un thème aujourd'hui bien souvent rabâché : la condamnation de l'Amérique. Ou, tout du moins, la condamnation d'une certaine partie de l'Histoire des Etats-Unis.
Le bilan est souhaitable, certains l'ont d'ailleurs tiré avec moins de manières. Ici, Steve Darnall fait un immense show, souvent inutilement abscons, visant à appuyer un discours simpliste et indigeste.
Abraham Lincoln, pour ne prendre que cet exemple, est ainsi utilisé dans son acceptation la plus mythique et la moins rigoureuse sur le plan historique. Ce type, un boucher opportuniste, même pas abolitionniste, reste le symbole de la liberté pour ses chantres les moins inspirés. Heureusement, Alex Ross est là pour donner du corps aux idées reçues. Lorsque le mensonge est gros, autant le graver dans la roche. Le mont Rushmore - il ne faut pas s'en réjouir - a fait plus pour Lincoln que bien des historiens... Ross et sa dramatisation picturale jouent sur le même registre : imposer par la démesure et frapper l'oeil plus que l'esprit.

Faut-il pour autant tout balancer sur l'autel de l'ego démesuré d'un auteur qui a l'impression de découvrir les réalités, non d'un pays, mais de toute organisation sociale ?
Non. Il y a de petites scènes qui surnagent, même si, pour la plupart, l'on reste dans l'émotion plus que le constat sérieux. Jouer la carte de l'affectif n'a bien sûr rien de condamnable dans une fiction. Par contre, dans un pamphlet aussi radical, il est des effets dont on pourrait aisément se passer. Etourdir n'est pas convaincre, encore moins lorsque les arguments qui sous-tendent le récit sont aussi pauvres et friables.
L'étourdissement, c'est un peu l'impression qui surnage à force d'être trimballé dans ce délire pompeux qui repose avant tout sur l'esbroufe plutôt que l'intelligence des propos. L'on finit par avoir la nausée et le tournis, en cherchant vainement une vraie branche narrative à laquelle se raccrocher. Les planches sont chargées mais jolies, le texte dense, souvent verbeux, l'intrigue inexistante et souffrant d'une narration décousue et lourde.

Cette réédition de Panini contient des croquis de Ross, une galerie d'illustrations (plutôt belles, avouons-le) et, surtout, un long texte de Darnall expliquant l'origine de l'Oncle Sam en tant que symbole ainsi que son évolution. Ce petit "traité", fort justement qualifié d'apolitique, se révèle non seulement intéressant mais aussi richement illustré par des dessins de propagande, souvent anciens, dont on nous détaille l'origine. Ce supplément en deviendrait presque plus intéressant que le récit lui-même, ce qui est toujours ça de pris.

Un bilan putassier, basé sur des stéréotypes ainsi que des faits certes réels, mais non resitués dans l'époque, la morale et la culture qui les ont engendrés, autant d'erreurs qui passent sous couvert de la licence poétique mais qui font de cette BD prétentieuse une curiosité plus qu'un état des lieux des Etats-Unis.

Décevant, sauf pour les bonus et la partie graphique.

27 juin 2010

Parodies, sexe, clins d'oeil et un peu plus...

On reste dans la production française avec un petit coup d'oeil sur deux titres Phylactères assez proches sur le ton : Spermag et Non?Si!

Hier avait lieu à Metz, au Carré des Bulles, un vernissage doublé d'une séance de dédicace à laquelle était présent un certain nombre d'artistes issus de l'association Phylactères que les lecteurs de ce blog connaissent déjà à travers VHB et Bertrand Keufterian. Bravant la fournaise des parkings souterrains messins, je me suis donc rendu sur place... en oubliant de noter l'adresse exacte de la fameuse librairie. Un petit coup de fil et une Guinness plus tard (me permettant de démontrer que le téléphone, Google et la bière brune sont équivalents à un GPS en moins coûteux et plus désaltérant), me voilà finalement rendu rue de la Fontaine où je vais acquérir deux titres que je n'avais pas encore eu l'occasion de découvrir.

Commençons par Spermag, une revue clairement parodique à laquelle participent Asid, Fonichon, Jim'Haï, David Bulle, Goblin, Solynk et ZigEnfruke (je rappelle que ce ne sont pas des pseudos et qu'en Lorraine, il s'agit de noms de famille très courants).
La parodie est un genre extrêmement difficile et très casse-gueule. D'une part parce qu'il faut détourner un matériel existant tout en se l'appropriant, d'autre part parce que, si l'on est tous à peu près émus par les mêmes choses, l'on est loin d'avoir tous le même humour. Le défi est ici relevé avec un ton très libre, flirtant avec l'absurde et le mauvais goût, tout en restant suffisamment maîtrisé pour ne pas (trop) déraper. Green Lantern devient ainsi la Vessie Verte, un perso qui doit picoler pour conserver ses pouvoirs. L'on retrouve également le Correctionneur, version SM du Punisher, ou Dard Deville, un... gogo-dancer. Ce côté frappadingue, totalement assumé, est nuancé par des textes qui, notamment, n'épargnent pas les fans et les internautes pointilleux, spécialistes des looooongs échanges enflammés à propos d'un auteur ou d'une on-going (non, je ne me sens pas visé ! *sifflote d'un air détaché*).
Le graphisme, lui, est particulièrement soigné, avec un style très caricatural qui peut ne pas faire l'unanimité mais qui démontre un vrai travail de fond, autant au niveau des tronches et postures que pour les cadrages ou les petits détails (ne serait-ce que pour une simple sonnerie de biper qui, tout à coup, se transforme en référence kitschissime).
Bref, de la franche déconnade prise très au sérieux dans sa réalisation.

Passons maintenant à Non?Si!, le zine emblématique de l'association. Je n'en ai lu que deux numéros mais c'est bien suffisant pour découvrir que les intervenants bénéficient d'une liberté éditoriale très large et que les sujets et univers graphiques sont fort variés.
Mais, surtout, au milieu des jeux de mots, des bites et des blagues potaches, surviennent parfois des récits plus sérieux, plus graves, qui, mine de rien, peuvent scotcher pour des raisons très différentes. Le mieux étant encore de prendre des exemples, hop, je vais vous parler de trois brefs récits choisis très arbitrairement.
Vers Intimes, de Viken et Jim'Haï, joue avec les limites du trash en plaçant d'emblée la "caméra" à un endroit très... inhabituel. Certains plans en deviennent peu ragoûtants mais incroyablement inventifs. La conclusion, quant à elle, est épouvantablement drôle, poussant la perversion vers des sommets que n'aurait pas reniés un Ennis.

Dans un registre bien moins transgressif et plus référentiel vient The Comics Reader, un petit bijou d'autodérision de Lokorst, Chandre et Fabrice Noël. C'est à la fois drôle, pathétique, cynique, mais surtout, c'est narrativement parfait. Une fois la première case de la première planche entamée, l'on dévore le reste, jusqu'au bout, en étant embarqué dans une vraie histoire, un vrai univers, peuplé par des personnages crédibles, ce qui constitue, en quatre pages, un tour de force. Rappelons pour les néophytes que, contrairement à la croyance populaire, plus une histoire est courte, plus elle est difficile à écrire, surtout si l'on souhaite qu'elle ait du sens et un certain impact sur le lecteur. L'exemple le plus incroyable, que j'aime à rappeler parfois, est la fameuse anecdote sur Hemingway qui se vantait de pouvoir écrire une histoire en sept mots. A la question "quels sont ces sept mots ?", il répondit : "A vendre : chaussures d'enfant, jamais utilisées", ce qui constitue, à mes yeux, la plus géniale des démonstrations de dépassement des contraintes. L'économie de moyens, de temps, de caractères ou de pages demande une efficacité accrue. Elle est ici présente.

Enfin, je terminerai par Le Thaumatrope, de Michel Salvino. Là encore seulement quatre planches mais des qualités énormes à tous les niveaux. Le dessin est particulièrement impressionnant (et peut même mettre mal à l'aise, un peu à la Corben, même si certaines scènes sont parfois difficiles à déchiffrer), le sujet de départ (la persistance rétinienne) est fascinant, le développement est habile et les effets... inattendus. Un petit exemple, à un moment, il est question d'un chat qui s'appelle Schopenhauer (ce qui est logique par rapport au contexte) et, lors de ma première lecture, j'ai en fait lu Schrödinger (ce qui peut faire sens avec la persistance rétinienne, l'oiseau du début étant à la fois en cage et hors de la cage). Du coup, je me demande si je deviens aussi cinglé que le personnage du récit ou si, seulement, je me fais avoir par un petit tour d'auteur, comme on les aime. Je vais opter pour la deuxième solution, d'une parce que ça m'arrange, et de deux parce que, vraiment, ces auteurs là sont très doués.

Du burlesque bon enfant entrecoupé d'expériences plus sérieuses ou étranges.
L'ensemble est en tout cas d'un haut niveau, on en ressort avec le sourire aux lèvres et la satisfaction de constater que le monde amateur ne l'est pas tant que ça.

Le blog de Spermag
Le blog de Non?Si!

25 juin 2010

French Comics : Hoplitea

Découvrons tout de suite le premier numéro de Hoplitea, une série 100% française mélangeant mythologie et aventures super-héroïques modernes.

Hoplitea est une guerrière dont les ancêtres n'étaient rien moins que des Dieux. De la guerre qui plus est, ce qui est bien pratique quand on a l'habitude de se castagner régulièrement avec un tas de monstres ou de criminels.
Sous le nom de Sophia, la belle vit maintenant à Europolis, mégapole des Nations Unies Européennes. La jeune femme (pourtant âgée de plus de quatre mille ans, mais ça reste jeune pour une déesse) a renoncé à son immortalité pour donner naissance à une petite fille et filer le parfait amour avec un humain tout à fait normal.
La Lionne de Sparte n'est cependant pas tombée dans la routine pour autant. La voici en effet de retour dans la Justice Force, une équipe qui veille sur Europolis et sa faune quelque peu dangereuse. Les Pictes et les Pilleurs font notamment parler d'eux ; les deux groupes aux intérêts habituellement divergents doivent se rencontrer pour finaliser une étrange transaction.
Pour Hoplitea et ses collègues, voilà l'occasion de jouer les trouble-fêtes.

Voici de nouveau une bonne surprise en matière de french comics, un genre qui m'inspirait plutôt une certaine réserve, au bas mot (il faut dire que je n'avais pas vraiment commencé avec la bonne série et encore moins la bonne personne !), mais que j'ai reconsidéré depuis Le Patrouilleur, VHB ou encore Bertrand Keufterian.
Le scénario est écrit par Laurent Arthaud, les dessins et la colorisation sont l'oeuvre de Patrice Martinez, le script, quant à lui, étant signé Fabrice Peluso. Le style graphique est plutôt sympathique, à la croisée d'influences assez diverses, et servi par un découpage habile. Toutefois, c'est surtout la richesse et l'originalité de l'univers décrit qui emporte tout de suite l'adhésion. Ce mélange de classiques super-héros, de mythologie ancienne et d'uchronie (Europolis étant en fait bâtie sur ce qui fut Bruxelles jusqu'en 1950) permet de sortir des sentiers battus. Les Pictes constituent par exemple une trouvaille intéressante qui permet d'ancrer les personnages et équipes dans l'Histoire et les légendes européennes.
En seulement 22 planches, Hoplitea a pris corps et l'on a même eu le temps de s'attacher à sa petite famille, grâce à de bons dialogues et quelques pointes d'humour. Et si l'intrigue principale commence à peine à se dessiner, l'on a fortement envie de découvrir la suite.

Hoplitea est édité par Aelement Comics. Ce premier numéro, vendu 4,60 euros, contient une postface du scénariste, une présentation des auteurs, un sketchbook avec quelques infos techniques et une galerie de deux pages.

Un titre très américain au niveau de la forme mais puisant son inspiration dans le passé du vieux continent.
Agréable et rafraîchissant.

Le site d'Aelement Comics
Le site de Laurent Arthaud : ComixHeroes
Le site de Patrice Martinez


ps : j'en profite pour vous rappeler le vernissage et la séance de dédicace organisés autour de l'équipe de BK, demain, de 16h à 20h, au Carré des Bulles, à Metz.

23 juin 2010

Fables : Les Fils de l'Empire

L'Adversaire met sur pied sa contre-attaque dans le tome #10 de l'excellente série Fables.

Fableville a marqué un point en détruisant la réserve de bois magique de Geppetto, même si l'action est avant tout symbolique. Le menuisier, qui dirige en fait l'Empire d'une main de fer, prépare une riposte à la mesure de l'affront qu'il a subi.
Les dignitaires de l'Empire sont réunis dans le but de trouver une solution finale au problème des rebelles exilés chez les communs. Lumi, la reine des Neiges, le roi des Nomes, le chevalier Point-du-Jour ou encore Hansel, le Grand Inquisiteur, mettent sur pied un plan terrible qui tient en quatre phases : la pestilence, le feu, l'hiver et la famine. Une fois abattus sur le monde, ces quatre fléaux doivent en précipiter la fin. La terre, stérile et vidée de ses habitants, pourrait même devenir une gigantesque prison pour les rares résistants encore présents dans les Royaumes...

Encore un excellent arc issu de la série écrite par Bill Willingham et dessinée par Mark Buckingham. Les préparatifs de la guerre sont mis en scène avec une rare intelligence, l'auteur se permettant même de décrire les dissensions existant au sein de l'état-major ennemi avec un certain réalisme. Tout comme d'ailleurs la partie dédiée à l'arrivée des plénipotentiaires de l'Adversaire, qui dépeint avec justesse les ressorts, parfois pervers, du jeu diplomatique. Rarement des contes auront été si proches de la réalité historique (et même actuelle).
Outre cet aspect martial et politique, ces quatre épisodes permettent d'introduire de nouveaux personnages, comme Raiponce ou le très inquiétant mais charismatique Hansel. L'on assiste également à un relookage - très réussi - du Chaperon Rouge. Les Fables se font décidemment très bien à notre époque. ;o)
A la fin de chaque chapitre, un bref récit vient apporter des renseignements supplémentaires sur l'un des protagonistes ou offrir un petit interlude sympathique. Mention spéciale pour "Le fin limier" et sa conclusion brillante, ainsi que "La route du paradis", fort drôle métaphore sur les apparences trompeuses et les conclusions hâtives.

Après plus de 50 épisodes, la qualité ne faiblit pas. Difficile de trouver le moindre défaut à cette saga passionnante qui allie souffle épique et émotion.


Les précédents articles sur Fables :

22 juin 2010

Ultimate Spider-Man : des défauts confirmés

Premières impressions confirmées pour le nouveau départ de la série Ultimate Spider-Man.

Le titre de cet arc annonce clairement la couleur en parlant de nouveau monde pour Peter Parker. Il est vrai que les changements intervenus dans sa vie sont assez nombreux. Mary Jane l'a quitté, il a perdu son job au Daily Bugle et, dans les bonnes nouvelles, il sort maintenant avec Gwen et est devenu plutôt populaire en tant que Spider-Man.
Alors que Johnny Storm, encore sous le choc des évènements dramatiques ayant touché New York (cf Ultimatum), vient emménager chez les Parker, Peter doit déjouer les plans machiavéliques d'un nouveau génie du crime, un spécialiste de l'illusion qui se fait appeler Mystério et qui compte bien dominer le monde, une obsession assez courante chez les super-vilains.

Les défauts qui apparaissaient dans les premiers épisodes sont toujours présents. Le dessinateur, David Lafuente, ne prend pas la peine de dessiner les visages lorsque les personnages sont un peu éloignés, ce qui est tout de même un peu gênant. L'écriture de Brian Michael Bendis, elle, reste toujours aussi étonnamment répétitive, l'auteur signant sans doute ici ses plus mauvais dialogues (c'est bien simple, tous les personnages ont l'air de radoter).
D'une manière générale, la série semble avoir été réorientée vers un public plus jeune, avec un ton très "japonisant". Certains effets font indéniablement penser aux tics présents dans la production nipponne (lorsque les personnages hurlent sur Flash Thompson par exemple). Le pauvre Peter, affublé d'une coupe de cheveux ridicule, a également été relooké façon manga. Une tendance qui devrait se confirmer avec l'arrivée, pour un temps, de Takeshi Miyazawa aux crayons.
Globalement, ce relaunch s'avère décevant, très loin en tout cas d'un Ultimate Avengers qui présente des qualités qui font cruellement défaut à la série du Tisseur.

Pour l'adaptation, c'est du Panini, donc les bourdes commencent dès le petit speech d'introduction où l'on nous apprend que Peter a changé de travail parce que "l'immeuble du a été complètement dévasté". Dans la même veine, l'édito final offre un grand moment puisque, à propos de Miyazawa ( le remplaçant de Lafuente évoqué plus haut), on nous dit qu'on l'avait "notamment vu à l'oeuvre sur." La phrase se termine comme ça. Pour ceux qui souhaiteraient avoir l'info, l'artiste en question a bossé, de belle manière d'ailleurs, sur Runaways ou Spider-Man loves Mary Jane. Toi aussi, avec tes amis, amuse-toi à combler les blancs laissés par le si facétieux Christian Grasse !
En tout cas, belle initiative de la part de Panini qui, avec l'arrivée de l'été, nous offre des jeux tels que "le mot mystère", "l'édito à trous" et le fameux "correcteur caché" qu'il serait peut-être temps de retrouver afin de ne pas tout le temps imprimer n'importe quoi.

Un Bendis en méforme pour un titre à l'intérêt très relatif.

21 juin 2010

Coups de Théâtre dans les Comics

Les auteurs de comics nous réservent parfois de spectaculaires retournements de situation et autres révélations choc. Petite sélection de coups de théâtre récents, répondant tous à une logique narrative bien spécifique.
Attention : ce qui suit contient des éléments révélant tout ou partie de l'intrigue des oeuvres dont il est question.

1. X-Factor : un bébé... surprenant !
Peter David signe, depuis maintenant quelques années, un excellent run sur Madrox et sa suite, X-Factor. Très récemment, l'auteur nous a asséné un énorme coup de massue en mettant en place une naissance bien particulière. Alors que Theresa accouche de l'enfant de Madrox, ce dernier, qui n'était pas réellement le père (puisque c'est l'un de ses doubles qui avait couché avec la jolie Cyrène), absorbe sans le vouloir le fameux bébé.
En France, l'histoire a été publiée dans Astonishing X-Men.
On assiste ici à un effet de rupture particulièrement bien amené. Alors que Peter David met le lecteur en confiance, installe une ambiance paisible et joyeuse, l'histoire bascule subitement dans le drame. Pour réussir un tel coup, il faut non seulement avancer masqué mais également pouvoir disposer de personnages crédibles et humains, que le scénariste étoffe sur le long terme. Sans eux et le nécessaire attachement que le lecteur éprouve pour ces héros familiers, l'effet tombe à plat. C'est peu de dire qu'ici, il est parfaitement réussi et illustre une grande maîtrise narrative. Evidemment, il n'est pas conçu pour être répété tous les mois, ne serait-ce qu'en raison de la lente mise en place qu'il nécessite.

2. Walking Dead : le grand ménage
La série horrifique de Robert Kirkman est sans doute l'une des plus réussies à l'heure actuelle. A l'approche du numéro #50, l'auteur a tourné définitivement la page de la fameuse prison, refuge dans lequel vivait, depuis un certain temps, le petit groupe de survivants. La transition ne se fait pas sans casse puisque de nombreux protagonistes se font massacrer lors d'un assaut mêlant zombies et membres d'un groupe rival.
Depuis, la série a complètement changé d'orientation avec l'arrivée de nouvelles têtes et la mise en place d'intrigues importantes, notamment sur l'origine de l'épidémie qui a dévasté le monde.
C'est un peu ici d'arme de destruction massive du scénariste dont il est question. Massacre en règle et grand spectacle qui permettent bien sûr de tirer un trait sur un certain immobilisme mais aussi de tenir l'une des promesses les plus importantes de Kirkman, à savoir le fait qu'aucun des personnages n'est à l'abri dans Walking Dead, même les plus importants. Rien de mieux pour tenir en haleine des lecteurs habitués, dans les séries mainstream, à des résurrections et fausses morts en tout genre.
La péripétie est de taille et permet, en plus de faire avancer le récit, de renforcer le climat de confiance entre lecteur et auteur, ce dernier montrant qu'il n'hésite pas à prendre des risques avec son propre univers. Là encore, impossible d'employer cette technique à tort et à travers. D'ailleurs, elle ressemble fortement à la rupture évoquée dans le premier cas, si ce n'est une différence d'intensité et un aspect irrémédiable plus prononcé encore.

3. Preacher : toujours plus trash
Garth Ennis est connu pour manier assez habilement le trash et la démesure. Ses livres sont hantés par une galerie de personnages tous plus pervers et ignobles les uns que les autres. Les scènes choc, où violence et sexe sont très présents, ne manquent pas. Dans Salvation, le dernier tome VF en date, Ennis s'amuse à faire durer le suspense sur les pratiques très... spéciales d'un industriel régnant sur une petite bourgade américaine. On s'attend à quelque chose de gratiné, mais la découverte de ce type et de ces ébats sexuels avec une sorte d'ersatz de poupée gonflable à base de morceaux de viande reste tout de même choquante.
Avec Ennis, la surenchère est permanente. Cela demande une bonne dose d'imagination et de solides histoires. Car, là où certains pourraient se contenter de l'outrance et de la démesure, le scénariste parvient à mettre son sens de la transgression au service d'un propos souvent bien plus intelligent qu'il n'y paraît.
Ces coups de théâtre à répétition, allant de l'horreur pure au burlesque, sont presque devenus la marque de fabrique de l'auteur. Refusant politiquement correct et conventions, Ennis ne ménage ni ses efforts ni ses lecteurs, parvenant ainsi à imprimer un rythme frénétique à des révélations toujours sulfureuses et pourtant bien souvent surprenantes. Le lecteur en a pour son argent mais ne nous méprenons pas, si une forme aussi brutale peut tenir le coup sur la longueur, c'est grâce avant tout à un fond irréprochable et travaillé.

4. Identity Crisis : whodunit
Après la rupture, la bombe atomique et les petits chocs en rafale, voici un autre type de coup de théâtre, plus classique puisque se basant sur les principes de la traditionnelle enquête policière.
Identity Crisis est le parfait exemple du polar bien mené, avec crime horrible, enquête à rebondissements, fausses pistes et final permettant de démasquer un coupable inattendu. Le choc ne provient donc pas d'une rupture dans l'ambiance ou l'état d'esprit des personnages, ni de scènes monstrueuses, mais bien de la conclusion d'un habile jeu de piste.
Si la recette est classique, son application n'en reste pas moins délicate. L'auteur se doit de semer quelques indices, de bien doser la progression vers la résolution du mystère, tout en s'attachant à rendre la conclusion crédible et les motivations des personnages cohérentes. L'idéal étant que le lecteur ait l'impression qu'il possédait depuis le départ des éléments lui permettant de résoudre l'intrigue sans que cela ne soit dans les faits réellement possible. L'environnement super-héroïque permet en plus d'allier les codes du polar à ceux des justiciers costumés, un mélange plutôt sympathique.
Le whodunit (littéralement "who done it ?", ou "qui a fait ça ?", sous-entendu qui a commis le crime) est le ressort des vieux briscards, habitués aux constructions logiques imparables et aux faux-semblants. Néanmoins, contrairement à ce que l'on pourrait penser, c'est sans doute le coup de théâtre qui pardonne le moins le manque de rigueur.

5. Spider-Man : éternel retour...
Tout le monde se souvient de One More Day et de sa désastreuse conclusion. Pour sauver sa vieille tante à l'article de la mort, Peter Parker passe un pacte avec Mephisto. Il sacrifie ainsi sa femme et, dans un acte d'un incroyable égoïsme, s'achète une bonne conscience au prix fort.
Ce coup de théâtre est le pire qui soit puisqu'il est perpétré au nom de basses raisons éditoriales. Pour rajeunir artificiellement le personnage (et attirer un potentiel et bien hypothétique nouveau lectorat), le mariage de Peter et Mary Jane est annulé, mais pire encore, l'identité du Tisseur redevient secrète, ses nouveaux pouvoirs passent à la trappe et le quasi trentenaire retrouve une psychologie adolescente datant de 1962.
Narrativement, c'est le pire des choix possibles puisqu'il s'agit, ni plus ni moins, du célèbre syndrome du cauchemar. Le personnage se réveille, il annonce au lecteur dépité que tout n'était qu'un mauvais rêve, et l'auteur a ainsi l'illusion d'avoir fait son travail alors qu'il se contente de tomber dans la facilité. Une facilité dramatique puisqu'elle décrédibilise complètement les évènements passés et amène le lecteur à la désagréable - mais justifiée - conclusion d'avoir été pris pour un jambon.
Le coup de théâtre est ici totalement artificiel puisqu'il viole toutes les lois tacites de l'écriture, tout en brisant le fragile rapport qui lie auteur et lecteur. Toutefois, puisqu'il est pratiqué sans vergogne, autant le signaler. Ses effets sont énormes, mais d'ordre finalement plus médiatique que littéraire. L'éditeur, si important dans son rôle de cadre, dépasse ici les limites de sa fonction et peut, par cette ingérence malhabile, précipiter le destin d'une série.

Voilà pour ce petit tour d'horizon des bonnes ou mauvaises surprises et des différentes approches sur lesquelles elles reposent.
Evidemment, tout n'est pas aussi simple que ce rapide listing pourrait le laisser croire. De nombreux effets narratifs spectaculaires reposent sur une construction de longue haleine ou, en partie, sur les moments d'accalmie n'ayant, en apparence, pas de rapport direct avec eux.
Quoi qu'il en soit, ces moments extrêmes, qu'ils soient drôles ou émouvants, ont une importance particulière puisqu'ils s'impriment durablement dans l'esprit des lecteurs et finissent par devenir les symboles d'une époque, d'un style ou d'impératifs n'ayant que peu de rapport avec la création artistique. Et puis, avouons-le, ces coups de théâtre sont un peu ce que nous recherchons dans les comics ou plus généralement les livres. Du sens, sans doute, mais surtout des émotions. Fortes si possible.

19 juin 2010

Recrutement des Dark X-Men

Avec Dark X-Men : The Beginning, Marvel revient sur la formation des X-Men de Norman Osborn. Ces courts épisodes sont réunis dans le Dark Reign Saga #3 de ce mois.

Nous l'avons vu dans Utopia, Osborn dispose maintenant, en plus de ces Dark Avengers, de quelques mutants à sa solde. Cependant, si le crossover dévoilait la composition de l'équipe, nous en savions très peu sur la manière dont elle avait été formée. Certains choix paraissaient même étranges, que ce soit Daken, déjà fort occupé chez les Vengeurs, ou même Namor, peu habitué à recevoir des ordres, surtout de la part d'un ex Bouffon.
Cette mini-série en trois parties, elles-mêmes divisées en trois courts chapitres, nous éclaire donc sur les origines du groupe.

Au niveau des scénaristes, l'on retrouve Paul Cornell (Wisdom, Black Widow, Young Avengers), James Asmus, Shane McCarthy, Marc Bernardin, Adam Freeman, Rob Williams, Jason Aaron (Scalped, Wolverine : Weapon X) et Simon Spurrier. Les dessins sont l'oeuvre de Leonard Kirk, Jesse Delperdang, Ibraim Roberson (dont on a pu voir récemment le travail sur l'adaptation du Guide de Survie en Territoire Zombie, et qui signe ici de bien jolies planches, bien qu'un peu dépouillées au niveau des décors), Michel Lacombe, Paco Diaz, Jock (The Losers, Faker) et Paul Davidson.
Visuellement, l'ensemble est soigné et plutôt beau.
Pour ce qui est du récit, il s'agit de scènes très brèves, misant essentiellement sur la rencontre, parfois houleuse, entre Norman et sa recrue potentielle. Le patron du HAMMER se livre, à cette occasion, à son grand numéro de manipulateur. Certaines confrontations sont particulièrement savoureuses, notamment celle mettant en scène le fils de Logan, ce dernier ayant pris une certaine envergure depuis le lancement de Dark Wolverine.

Outre les personnages déjà cités, l'on retrouve Emma Frost, Mimic, Dark Beast, la Cape et l'Epée, Michael Pointer (alias l'arme Omega qui, il n'y a pas si longtemps, avait causé de gros dégâts en absorbant l'énergie des mutants privés de leurs pouvoirs après House of M), Mystique et Aurora.
Pas d'immenses surprises ni de révélations extraordinaires, mais de petites infos et surtout l'occasion de faire le point sur quelques personnages de seconde zone, pas forcément toujours bien connus des lecteurs. Les auteurs vont par exemple décrire les pouvoirs de Mimic ou expliquer habilement, au détour d'une conversation, la provenance du double du docteur Henry McCoy. A ce petit jeu, c'est peut-être la Cape et l'Epée qui sont les moins bien traités, même si la dimension noire et les capacités de Tyrone sont brièvement évoquées.
Et bien sûr, pour agrémenter tout ça, quelques scènes amusantes ou répliques bien senties.

Au final, un passage en revue fort pratique, plutôt agréable à lire, mais pas forcément indispensable.

16 juin 2010

No Hero : drogue, gore et géopolitique

C'est décidemment un mois important pour les fans d'Ellis, l'auteur revenant cette fois avec No Hero, un titre super-héroïque particulièrement dur.

Ils apparurent dans les années 60 et s'appelaient à l'époque les Levellers. Ces nouveaux humains, aux capacités augmentées par la drogue, assuraient la protection des innocents, ils palliaient les failles du système. A la fin des années 70, ils se renommèrent Front Line. Le groupe, dirigé par Carrick Masterson, chimiste inventeur du FX7, change de look mais conserve le même but.
Peu à peu, Masterson et ses super-héros modifient l'avenir du monde. Ni l'Inde ni la France n'accèdent à la puissance nucléaire militaire. La guerre du Vietnam est écourtée. Les Etats Noirs d'Amérique sont créés...
2011. Deux des membres de Front Line meurent dans d'atroces circonstances. Quelqu'un, quelque part, a trouvé le point faible de ces corps pourtant quasiment indestructibles. Pour Masterson, il est temps de se mettre à la recherche d'une nouvelle recrue afin de combler ces pertes récentes. Un homme semble tout désigné. Il patrouille, seul, dans les rues de New York. Il ne boit pas, ne fume pas, ne se drogue pas. Il n'utilise pas d'armes, ne tue pas, ne frappe que ceux qui le méritent. Un candidat en apparence idéal pour la prise de FX7, cette drogue qui transforme les héros en surhumains et révèle ce qu'ils sont vraiment "à l'intérieur"...

Après l'excellent FreakAngels, voici donc une nouvelle histoire - complète cette fois - signée Warren Ellis. Le scénariste retrouve, pour l'occasion, Juan Jose Ryp, son compère de Black Summer. Le récit qui nous intéresse aujourd'hui possède d'ailleurs plusieurs points communs avec leur précédente collaboration, que ce soit l'aspect politique ou les humains "augmentés". Toutefois, alors que Black Summer laissait un petit sentiment d'inachevé, No Hero s'impose clairement comme une réussite.
Passons rapidement sur l'aspect graphique. Ryp reste fidèle à son style, précieux et surdétaillé. Ses planches ne manquent pas de charme mais les plus agréables restent celles que l'artiste ne charge pas à l'excès de détails et fioritures en tout genre.
Voyons maintenant les thèmes abordés.

La politique tout d'abord. Ellis évite l'écueil du grand méchant gouvernement qui veut forcément du mal à tout le monde et, là où un Millar imposerait sa vision manichéenne simpliste, il parvient à faire s'interroger le lecteur sans lui assener des vérités toutes prêtes. Louable attention car finalement pas si courante que ça.
Les super-héros, eux, sont traités dans une optique réaliste et légèrement uchronique (les exemples cités dans le résumé ci-dessus n'ont finalement pas tant d'importance que ça). La quatrième de couverture cite Sleeper et Wanted en exemple, l'on pourrait aussi trouver un cousinage avec Irrécupérable ou Incognito. Pas forcément dans le traitement narratif mais plutôt dans la volonté de s'interroger sur l'évolution d'êtres doués de super-pouvoirs dans un contexte proche du réel.

La drogue (et son allégorie) reste sans doute, dans cet ouvrage, la thématique la plus habilement traitée. En effet, l'utilisation de substances proches de psychotropes enthéogènes bien connus, aux effets dépendant de la personnalité des individus qui l'absorbent, permet de mettre en lumière les craintes et inconvénients associés au vigilantisme ; le "candidat" se découvre grâce à la drogue et devient - la plupart du temps - un héros, cependant, il en est radicalement transformé, tant sur le plan physique que mental. Ellis parvient ainsi à considérer le basculement humain/surhumain ou humain/héros comme une expérience traumatisante et dangereuse, dont peut résulter une aliénation totale ou partielle. Voilà une approche inattendue et innovante du super-héros et de ce qu'il pourrait être, ou devenir, dans notre monde.

Reste tout de même à souligner le côté ultra gore de certaines scènes (les plus spectaculaires ne sont pas les plus éprouvantes ; la "perte de l'ongle", par exemple, figurant parmi les plus dégueulasses à mon sens). L'éditeur n'a pas souhaité utiliser de macaron d'avertissement sur le comic, il est pourtant clair qu'il s'adresse à un public adulte. Ceci dit, Milady signe encore ici une très belle adaptation. Une galerie d'une douzaine de pages conclut l'ouvrage.

Violent, divertissant, mais surtout intelligent.

14 juin 2010

Freakangels : Londres après la fin du monde

FreakAngels, la nouvelle série de Warren Ellis, se déroule dans un Londres défiguré, à moitié submergé et tombé au main des gangs. Petite plongée dans ce steampunk futuriste.

Il y a 23 ans, en Angleterre, douze enfants naquirent exactement au même moment. Il y a 6 ans, ce fut la fin du monde. Aujourd'hui, dans un Londres inondé, les survivants se partagent le contrôle de la ville. Whitechapel est le territoire des Freakangels. Onze d'entre eux ont des dons particuliers. Ce sont des télépathes. Il y a la belle Sirkka, qui vit en permanence au milieu de son harem personnel. KK, qui patrouille sur un drôle d'engin volant. Jack, toujours à la recherche de matériel abandonné sous les eaux. Ou encore Kirk, perché sur sa tour de guet, à scruter les alentours au cas où un assaut surviendrait.
Le douzième de ces enfants si spéciaux a été banni depuis longtemps. Et alors que tous le croyaient mort, il lance une attaque sur la petite communauté à l'aide d'une jeune fille qu'il a manipulée mentalement. La pauvre Alice, armée d'un fusil, est néanmoins neutralisée sans trop de casse. N'ayant plus ni biens ni famille dans un monde à la dérive, elle va bientôt se joindre aux habitants de Whitechapel et découvrir les étranges pouvoirs que possèdent leurs protecteurs...

A l'origine un webcomic gratuit, FreakAngels est publié aux Etats-Unis par Avatar Press. L'on doit l'adaptation du premier TPB à l'éditeur belge Le Lombard qui effectue ici un travail soigné, tant au niveau de la traduction que par l'ajout de petites notes qui viennent parfois préciser la signification de certains noms, difficilement compréhensibles sans une bonne connaissance de Londres, ou encore remettre dans leur contexte des références culturelles qui ne vont pas forcément de soi.
Le scénario est signé Warren Ellis (Black Summer, Fell, Ocean, Ministry of Space, Transmetropolitan, New Universal, Nextwave), les dessins sont l'oeuvre de Paul Duffield. Style réaliste, colorisation pastel et découpage strict et régulier qui impose un rythme tout particulier à la narration. Ce lancinant effet de décompression du temps est tout à fait voulu et trouvera sa justification dans le récit, même si l'on est loin d'avoir encore toutes les informations relatives à cette perception plus "lente" du monde.

Ellis nous offre ici une oeuvre relativement longue, prévue en six volumes. Il ne se précipite donc pas pour installer les nombreux personnages et va distiller au compte-gouttes des éclaircissements sur les évènements passés ayant conduit à la situation post-apocalyptique de la capitale britannique. Les première pages peuvent ainsi dérouter un peu, tant l'on manque d'informations sur les motivations et les pouvoirs de ces douze êtres à la peau pâle et au regard violet.
C'est là que l'on prend toute la mesure du génie narratif de l'auteur. Car si l'on s'embarque un peu au début sur une question de confiance, l'on finit par tomber sous le charme d'une intrigue complexe, à peine dévoilée, et de personnages riches et atypiques. En 144 planches, Ellis est encore très loin d'avoir fait le tour du fonctionnement et des inventions de ce nouveau monde ou du parcours des télépathes, mais cette construction par petites touches suffit pour rendre l'univers crédible et l'intrigue passionnante.
Ce premier volume se termine par un raid à la fois impressionnant, grâce notamment à des angles de vue parfaitement étudiés, mais conservant cette impression de fatalité et de temps ralenti. Un temps qui va en tout cas sembler bien long jusqu'à la publication du deuxième tome.

Une histoire singulière, d'une grande maîtrise technique, qui dévoile son potentiel sur le long terme.
A conseiller à défaut de pouvoir l'imposer.

11 juin 2010

Batman : Arkham Asylum

Le chevalier de Gotham pénètre au coeur de la folie dans L'asile d'Arkham, réédité dans la collection DC Icons de Panini.

L'asile d'Arkham abrite les plus dangereux psychopathes de Gotham. Emmenés par le Joker, ces derniers vont prendre le contrôle de l'établissement et exiger que Batman vienne les rejoindre. Ne pouvant décemment pas laisser exécuter les otages, Bruce Wayne accepte et rejoint ses pires ennemis.
Le héros plonge alors dans l'antre de la démence, au sein d'un lieu impressionnant, marqué par les troubles de son fondateur. En effet, le journal d'Amadeus Arkham va progressivement livrer les secrets du médecin et de sa sinistre institution.
Pour Batman commence un périple à travers les coups, le sang et les apparences, souvent trompeuses. Et si, finalement, il finissait par douter de sa propre santé mentale ?

Voilà donc la réédition d'un Graphic Novel très particulier, scénarisé par Grant Morrison (We3) et dessiné par Dave McKean, connu notamment pour ses magnifiques covers de la série Sandman.
Le récit pourrait se résumer à une série de confrontations entre Batman et certains de ses vieux ennemis s'il n'était pas complètement transcendé par les peintures exceptionnelles de McKean. C'est le style très impressionnant de l'artiste qui va ainsi donner tout son sens et sa puissance émotionnelle à l'histoire. L'ambiance visuelle, faite de visages déformés, d'ombres inquiétantes et d'étranges symboles, est encore renforcée par l'utilisation de photos ou de textures qui contrastent fortement avec l'aspect onirique de l'ensemble.
Au final, une forte et malsaine tension semble émaner des planches et crée un véritable malaise chez le lecteur. Ce tour de force peut d'ailleurs se rapprocher un peu du travail de David Mack (sur Echo notamment), bien que ce dernier me semble être plus inventif encore.

L'ouvrage, bien que ne s'inscrivant pas spécialement dans la continuité de l'univers DC Comics, n'est tout de même pas si facilement abordable qu'il n'y parait. En effet, alors que Batman rencontre une vaste galerie d'adversaires (comme Harvey Dent ou le Chapelier Fou), ceux-ci ne sont parfois pas réellement nommés et il faut donc une certaine connaissance des personnages pour pouvoir les reconnaître et apprécier véritablement leur entrée en scène. D'ailleurs, il est dommage que la petite présentation des protagonistes, que l'on trouve à la fin, ne soit pas plus complète, les auteurs ayant privilégié une esthétique et une économie de mots qui prolonge et soutient l'ambiance du récit mais perd en valeur informative.

Enfin, précisons que ce fort beau comic, avec hardcover, contient également les croquis et le découpage originel de Morrison, ainsi qu'une postface de Karen Berger, responsable éditoriale, qui nous conte la genèse du projet. De petits plus fort appréciables. Comme quoi, ce n'est pas si difficile de faire du bon travail.

Une expérience graphique intéressante et originale.

09 juin 2010

Captain America : Theater of War

La mini-série Captain America : Théâtre de Guerre sort aujourd'hui en librairie. Une belle façon de revenir sur un personnage et un symbole parfois mal compris.

6 juin 1944. Omaha beach. La mer est couverte de navires. Des barges foncent vers la plage et les positions allemandes. Parmi les soldats, un grand type, bizarrement vêtu, est présent. Il porte un bouclier étoilé. Il est l'âme de l'Amérique...
Contrairement à Cap, le première classe Bobby Shaw, de Pasadena, Texas, n'en mène pas large. Ses mains tremblent, son ventre se tord, son regard affolé tente de trouver un abri au milieu des explosions et de la mitraille. La mer se teinte de rouge, le sable devient poisseux de sang. Et puis il y a les cris de ceux qui agonisent et qui réalisent qu'ils vont mourir loin de chez eux, sur un petit coin de plage normande.
Des années plus tard, sur d'autres théâtres d'opération, d'autres hommes connaissent les mêmes peurs, les mêmes doutes, les mêmes drames. Du World Trade Center à Bagdad, de la guerre d'indépendance au Vietnam, une ombre plane sur ceux qui meurent...

Voici donc quatre épisodes, hors continuité, qui reviennent sur Captain America ou plutôt ce qu'il symbolise. Le scénario est de Paul Jenkins (Révélations, Civil War : Front Line, Penance : Relentless), les dessins de Gary Erskine, John McCrea, Fernando Blanco et Elia Bonetti.
La progression dramatique est très habilement menée par l'auteur qui, petit à petit, va faire monter l'intensité du récit. La première partie, peut-être la moins réussie, nous montre le sacrifice d'un soldat qui, de lâche, se révèle subitement un héros. La deuxième partie, toujours pendant la seconde guerre mondiale, est plus subtile et évite de considérer les Allemands de manière trop manichéenne. Une façon aussi de montrer cet étrange sentiment de fraternité qui, parfois, peut s'emparer des combattants, même lorsqu'ils sont dans des camps opposés (l'un des plus célèbres exemples reste sans doute celui de Noël 1914, où soldats anglais et allemands entonnèrent ensemble des chants et échangèrent même des... cadeaux, les premiers amenant cigarettes et pudding, les seconds des fûts de bière !).
Le troisième chapitre se révèle extrêmement émouvant puisqu'il dévoile la lutte d'un vétéran de la guerre d'Irak, amputé des deux jambes et d'un bras. Entre la colère, le découragement et les efforts inhumains pour maîtriser ses prothèses, le soldat aura même le temps d'évoquer ses compagnons moins "chanceux" qui, revenant indemnes, se retrouvent parfois devant le dilemme de choisir entre le chômage et un deuxième ticket pour le Moyen Orient.

La dernière partie, sans doute la plus belle, ne montre pas réellement Cap en action mais tente d'expliquer ce qu'il a toujours représenté : non un instrument de propagande gouvernementale mais bien l'incarnation d'idéaux universels. A travers un poème, décliné dans de graves circonstances tout au long de diverses époques, Jenkins nous emmène sur les champs de bataille de la guerre d'indépendance, il nous montre les charniers de la guerre de Sécession, les Ardennes, glacées, de l'hiver 1944, ou encore l'immense courage de ces pompiers qui, un matin de septembre 2001, se mirent à escalader les tours du World Trade Center pour porter secours à des gens qu'ils allaient finalement accompagner dans la tombe.
Le scénariste n'est cependant pas dupe et ne considère pas les Etats-Unis comme un pays parfait. Il nous laisse entrevoir notamment un Cap impuissant devant un GI se suicidant dans l'enfer vert du Vietnam. Et, peut-être l'image la plus forte de l'ouvrage, un Captain America marchant au milieu d'une manifestation en faveur du pasteur Martin Luther King. Seul blanc parmi une foule de militants pacifiques réclamant des droits qui n'ont que trop tardés...

L'aspect graphique suit la même progression. Après deux premiers épisodes corrects, les deux suivants apparaissent bien plus maîtrisés et spectaculaires.
L'ensemble, après un début un peu poussif, se révèle un brillant hommage à l'âme d'un pays fondé par des aventuriers, des parias, des immigrés, des laissés-pour-compte, et à l'esprit de courage et d'abnégation qui les a si souvent caractérisés à travers les siècles.

Un Jenkins fort inspiré pour une belle mise au point sur un personnage phare.



ps : Je vous signale une interview de Jérémy Manesse sur le blog de Biaze.
Bien sûr, je ne suis pas d'accord avec certains propos, notamment lorsque Jérémy explique qu'aucun éditeur ne pourrait faire mieux que Panini à volume de publication égal. L'exemple pris dans l'entretien étant celui de Milady, il faut savoir qu'il s'agit en fait d'un label de Bragelonne. Cette maison d'édition sortant tous les mois de nombreux romans, en volume de texte traduit, elle publie donc déjà plus - et mieux - que Panini. L'on a en tout cas jamais vu chez cet éditeur de charabia du genre de celui que l'on a encore pu découvrir récemment dans le dernier X-Men Extra.
Ce seul exemple montre qu'il s'agit tout de même d'un peu plus que de faire un "one-man-show autour d'une faute de frappe". Ceci dit, vous pourrez me retrouver à la rentrée, au Point Virgule, dans un spectacle intitulé "Les parenthèses étaient fermées de l'intérieur". ;o)

07 juin 2010

Exode pour les Mutants

Conclusion du crossover Utopia dans le X-Men #161 de ce mois.

Voici donc la fin de l'évènement que l'on a pu suivre dans les mensuels Dark Reign et X-Men. L'affrontement entre les Vengeurs d'Osborn et les X-Men de Cyclope tourne à l'avantage de ce dernier. Norman, en vieux briscard, parvient néanmoins à rattraper le coup devant les media.
Ce final présente essentiellement des scènes de baston, souvent spectaculaires. C'est sans doute la neutralisation de Sentry, surhomme à la psyché fragile, qui est la mieux amenée. Forts beaux dessins de Mike Deodato et Terry Dodson. Le scénario, lui, est signé Matt Fraction.
Contrairement à Messiah Complex, qui finissait un peu en queue de poisson, sans apporter de réelles réponses, Utopia voit une page de l'histoire des mutants se tourner. Je ne risque pas grand-chose à vous dévoiler qu'ils s'exilent sur une île (l'ancien astéroïde M de Magneto) puisque le Dark Reign hors série du mois dernier contenait cet énorme spoiler. Après être partis de New York pour la côte Ouest, les X-Men quittent donc maintenant les Etats-Unis, plus isolés que jamais. Le "rêve" de Xavier semble désormais loin derrière eux et Cyclope et Emma Frost confirment leur rôle de leaders.
On sait, depuis Genosha, que les mutants n'avaient pas eu beaucoup de réussite avec leurs tentatives de créer une sorte d'état-refuge, il nous reste à voir si celle-ci connaîtra un destin plus heureux.

On enchaîne directement avec Dark X-Men : The Confession, qui revient sur les secrets qui pesaient sur la conscience de Scott et Emma. Les deux personnages font le point sur leurs choix récents et ce qu'ils impliquent. Scénario de Craig Kyle et Christ Yost, dessins de Bing Cansino.
Tiré du X-Men Legacy Annual #1, le récit suivant se concentre sur Gambit qui tente de récupérer la machine Oméga pour le compte de Cyclope. Mike Carey au scénario, Mirco Pierfederici aux dessins. Les auteurs repartent de nouveau dans un trip "cavalier d'Apocalypse" mâtiné de Grands Anciens à la Lovecraft (encore que, des cellules qui dorment dans le noir en rêvant, c'est tout de même moins impressionnant qu'un Cthulhu).

La revue s'achève sur New Mutants, de Zeb Wells et Diogenes Neves. Le premier arc se termine enfin. Il n'a duré que le temps de quatre épisodes mais pouvait paraître bien plus long tant ce combat contre Légion s'est avéré fastidieux. Les membres de l'équipe manquent peut-être aussi un peu de charisme. Pas de quoi en tout cas bouleverser les habitudes des amateurs de séries mutantes ni convaincre de nouveaux lecteurs.

Un nouveau départ pour les X-Men avec un Cyclope qui se retrouve à la tête d'une île-nation qui peut se révéler un concept très intéressant. Reste à voir comment cela sera développé dans la suite, intitulée Nation X.

04 juin 2010

Marvel Heroes : fin du run de Straczynski sur Thor

Le Marvel Heroes #32 voit l'épopée de Straczynski se terminer. Pour le remercier de son excellent run, Panini lui adresse... quelques critiques.

La revue commence par Thor, J.M. Straczynski nous offrant un magnifique épisode final à l'occasion de son départ. Les dessins de Marko Djurdjevic sont somptueux et servent parfaitement l'histoire.
Balder apprend enfin les sombres projets de Loki et Fatalis, ce dernier ayant passé un marché avec le dieu du mensonge afin qu'il lui fournisse des asgardiens qu'il pourra disséquer discrètement. Le monarque de Latvérie souhaite ainsi tenter de découvrir le secret de leur immortalité.
De bons dialogues, des scènes d'une grande intensité, de l'émotion, de l'humour, bref, on peut difficilement exiger mieux.
Malgré cela, Panini se paie le vieux Straczynski dans son édito de fin. Ce n'est pas la première fois d'ailleurs. C'est même étrange, d'habitude, quel que soit l'auteur dont ils parlent, c'est un déluge de compliments et de superlatifs. Pour Straczynski, ils commencent par dire que le scénariste a décidé de tirer sa révérence, en évitant d'expliquer pourquoi. En fait, Marvel avait promis de laisser Thor en dehors des events et autres crossovers, mais devant le succès de la série, l'éditeur a décidé finalement de réintégrer l'asgardien aux grands évènements, ce qui a provoqué le départ de Straczynski, déçu de ne pouvoir maîtriser entièrement son récit comme on le lui avait pourtant laissé croire.
Enfin bon, ça à la limite, ce n'est pas bien grave, mais ce qui vient après est ahurissant. Panini balance que "les caractéristiques habituelles des séries de Straczynski sont de présenter de bonnes idées qu'il a ensuite du mal à développer jusqu'au bout"... ils citent en exemple Supreme Power et The Twelve, comme si c'était censé démontrer que l'ensemble de l'oeuvre de cet auteur possède les mêmes caractéristiques. On s'étonnera ensuite que certaines personnes, sur le Net, reprennent la même technique ; prendre un exemple bidon et en tirer une généralité fausse, sans même avoir lu les oeuvres de l'auteur qu'elles critiquent.
Dans le genre "pas capable" de développer ses idées jusqu'au bout, je souhaite à bon nombre d'écrivains d'avoir le même talent et la même constance que Straczynski. Pour ceux qui ne connaissent pas le bonhomme, je les invite à lire une série d'articles revenant sur une partie de son parcours : Sur les traces de Straczynski partie I, partie II, partie III. Ceux qui auront l'envie de se plonger dans ces chroniques pourront découvrir que le bonhomme parvient très régulièrement à terminer - et de belle manière - ses histoires.
Quant à Thor, c'est une on-going, il est donc normal que tout ne soit pas résolu en 22 planches par un tour de baguette magique. Ne pas saloper le travail de ceux qui vont suivre et ne pas céder à la tentation égocentrique, c'est aussi le signe d'un grand.
Il serait bon que Panini France balaie devant sa porte avant de se mêler du contenu des séries qu'ils ont tant de mal à adapter.

On passe ensuite rapidement sur Hulk, avec toujours Jeph Loeb au scénario et Ian Churchill au dessin.
Comme d'habitude, de la grosse castagne avec plein de personnages connus. Rien de bien passionnant. Les dessins sont plutôt pas mal, c'est toujours ça.

On poursuit avec les Mighty Avengers. Là c'est tout le contraire, le récit avance rapidement et nous montre, d'un côté, les Vengeurs aux prises avec la fausse Sorcière Rouge (eux ne savent toujours pas qu'il s'agit de Loki), et, de l'autre, une poignée de super-héros tentant d'arracher le Faiseur d'Esclaves des mains de l'Innommable, un ex roi des Inhumains du genre balèze. Le monarque a d'ailleurs une petite surprise pour ceux qui viennent lui chercher querelle puisqu'il va utiliser des cristaux xérogènes. En gros, alors que les brumes tératogènes font évoluer les Inhumains, la xérogenèse, elle, fait régresser les humains. Et en effet, pour certains, les brumes n'auront pas beaucoup de boulot à faire.
Scénario de Dan Slott et Christos Gage, dessins de Khoi Pham. Le tout est plutôt sympathique.

On termine aussi bien que l'on avait commencé avec Avengers : The Initiative. Sans doute le meilleur épisode, avec Thor, de la revue. Le scénario est écrit par Christos Gage, les dessins sont l'oeuvre de Rafa Sandoval.
Les Gros Calibres du Nevada (l'une des équipes de l'Initiative des 50 états) poursuivent l'une des leurs qui refuse de bosser avec Outback. Ce dernier n'est autre que Boomerang, un tueur à gages imposé par Norman Osborn. Finalement, le leader de l'équipe, Prodigy, qui avait déjà défié Iron Man pendant la guerre civile, décide de se rallier à l'opinion de sa collègue et annonce publiquement la sécession du groupe.
Bien entendu, Osborn ne peut rester inactif face à ce défi et envoie ses sbires ramener le calme. De leur côté, Justice et son équipe se mobilisent pour prêter main forte aux résistants. Toutes ces forces convergent vers le Nevada où elles vont s'affronter...
Du très très bon, avec des références subtiles aux évènements passés, des personnages travaillés et quelques petites surprises, dont notamment la réaction et le choix de Komodo. Après l'émouvant épisode du mois dernier, la série retrouve donc le haut niveau de qualité de ses débuts.

Une bonne fournée, dominée par l'Initiative et un Strazcynski qui reste efficace, inspiré et hors de portée des jugements hâtifs.



ps : sortie demain du nouveau Geek, pour le sommaire, c'est ici.