30 août 2010

Super Philo ou la vie et l'oeuvre des Grands Penseurs en comics

Les héros du jour sont bardés de neurones puisque Platon, Nietzsche, Bodhidharma, Freud et quelques autres débarquent en force dans une bande dessinée retraçant leurs parcours exceptionnels de manière instructive et drôle.

La plupart des philosophes abordés ici sont très connus, au moins de nom, mais traînent parfois derrière eux une réputation d'austérité parfaitement injuste. Cela vient sans doute, en partie, de la manière dont ils sont enseignés. Aussi, tout comme Logicomix avait pu dévoiler le côté passionnant de la science, Super Philo (ou en VO, Action Philosophers) aborde les grands questionnements philosophiques avec une décontraction aussi sympathique que didactique.
Le scénariste qui a relevé ce petit défi n'est autre que Fred Van Lente, connu notamment pour, chez Marvel, son travail sur Amazing Spider-Man, Wolverine : First Class, X-Men Noir ou encore Marvel Zombies. En ce qui concerne les dessins, ils sont l'oeuvre de Ryan Dunlavey, qui emploie ici un style simple et direct, venant parfaitement illustrer le propos en apportant un décalage qui tombe souvent juste et permet au lecteur de sourire, voire même de rire franchement de temps en temps.
Au programme, en plus des illustres noms déjà cités, l'on retrouvera également Ayn Rand, Thomas Jefferson, Saint Augustin, Carl Jung et Joseph Campbell.

L'ouvrage se présente sous la forme de courts chapitres qui sont concentrés sur la vie et la pensée d'un personnage particulier. Bien entendu, tout cela est très résumé, mais l'essentiel y est. L'on peut même découvrir des anecdotes assez étonnantes. Par exemple le fait que Platon était avant tout un lutteur (assez balèze en plus apparemment) ou encore que Jefferson, tout en participant à la législature virginienne, trouva le temps de construire lui-même sa maison, d'ouvrir un cabinet de juriste, de devenir un violoniste accompli, d'inventer un bureau portatif, une nouvelle charrue et d'amasser une collection de plus de 6400 livres ! A méditer lorsque l'on pense parfois être surmené. ;o)
Au niveau des idées, puisque c'est tout de même de cela qu'il s'agit, le contenu est relativement riche. Surtout, il n'est pas purement ethnocentré puisque l'on abordera même la très riche pensée asiatique. Cette manière très particulière de concevoir l'illusion du Moi et l'Eveil, ou Satori, (des concepts relativement abscons pour un occidental) est plutôt bien expliquée, notamment grâce à l'utilisation de certaines énigmes ou paradoxes (Koan) propres à favoriser la méditation et apportant un peu de concret dans une vacuité de l'esprit qui reste probablement l'un des concepts les plus difficiles à appréhender. Evidemment, ça ne remplacera pas un ouvrage spécialisé sur le sujet, mais cela permet d'en saisir les grandes lignes.

Outre certains incontournables, comme Platon ou Nietzsche, les auteurs ont également accordé une place non négligeable aux fondateurs de la psychanalyse et de la psychologie analytique que sont Freud et Jung. Leurs divergences sont évoquées mais resteront sans doute un peu opaques pour les non-initiés. Pourtant, là encore, l'essentiel est exposé, que ce soit les réticences de la communauté scientifiques de l'époque, un exemple d'interprétation des rêves, un schéma fort simple expliquant le mécanisme du refoulement ou la mise en scène du phénomène de transfert.
Au final, si l'on survole des sujets qui mériteraient chacun plusieurs livres afin d'en faire le tour, ce petit rappel - ou cette découverte pour les plus jeunes - s'avère bigrement intéressant et surtout très intelligemment conçu. L'humour dont font preuve Van Lente et Dunlavey rend non seulement l'ensemble très digeste mais permet également de rendre très accessible des notions parfois un peu déroutantes. Ces introductions aux plus grands génies de l'Histoire sont si bien faites et si ludiques qu'elles peuvent sans problème être conseillées même à des enfants. Pour plus de détails sur la drôlerie de l'ensemble, n'hésitez pas à jeter un oeil aux deux planches reproduites dans cet article. Tout le monde n'accrochera peut-être pas, mais le contraste entre les théories, fort sérieuses, et leurs mises en situation s'avère souvent irrésistible.

Ce premier tome, en noir et blanc, est édité par Milady et coûte 9,90 euros.
Il regroupe les épisodes #1 à #3, parus aux Etats-Unis. Une suite est envisageable en France puisque l'éditeur américain a d'ores et déjà sorti six autres épisodes (donc deux TPB supplémentaires) portant sur Aristote, Marx, Descartes, Wittgenstein, Kant ou encore, entre autres, Confucius. Bref, de quoi nous réserver quelques nouvelles planches passionnantes et drôles.

De la philosophie comme elle doit être : captivante et séduisante.
Ce comic d'utilité publique est plus que vivement conseillé.

29 août 2010

Dark Reign : The Hood

Nouvelle mini-série consacrée à Parker Robbins avec Dark Reign : The Hood, publiée ce mois dans la collection Max.

Parker Robbins, plus connu sous le nom de Hood, a réussi un exploit que beaucoup pensaient impossible : unir durablement la plupart des super-vilains de New York au sein d'un gang organisé et efficace. La petite frappe qui vivait de cambriolages minables est devenue un boss. Même Norman Osborn a reconnu ses qualités et son autorité en lui demandant de faire partie de la Cabale.
Pourtant, tout n'est pas si évident pour Hood. Le pouvoir qu'il détient lui vient d'un démon, Dormammu, qui peu à peu prend possession de lui et le contrôle. Tout en préservant son image de leader impitoyable devant ses hommes, Robbins va chercher à exorciser cet hôte un peu trop encombrant. Car Hood a un point faible : sa famille. Lorsqu'il délaisse sa cape et redevient un type banal, il retrouve sa femme et leur petite fille. Et pas question bien sûr de laisser un démon les côtoyer.
Malheureusement, Hood va comprendre rapidement que l'on ne se débarrasse pas aussi facilement de certaines puissances occultes...

Voilà cinq épisodes qui signent le retour de Hood, un personnage que l'on avait découvert en 2008 sous la plume de Brian K. Vaughan (cf cet article). Depuis l'avènement de Norman Osborn, le criminel a pris du galon, il était donc prévisible que l'on en vienne à se pencher sur son cas d'un peu plus près. C'est cette fois Jeff Parker qui prend la relève au scénario, alors que Kyle Hotz reste aux crayons.
Les auteurs continuent de miser sur l'opposition, plutôt intéressante, entre le côté froid et dur de Hood et un Parker Robbins plus humain, presque touchant, lorsqu'il ne s'occupe plus d'activités criminelles et rejoint ses proches. Une bonne manière de rendre le personnage attachant et crédible.
L'homme est entouré de très nombreux personnages de seconde zone, souvent assez folkloriques, comme l'Epouvantail ou le Griffon. Pourtant, l'on perd ici le côté humoristique qui était présent chez Vaughan, notamment au travers de scènes et dialogues savoureux qui dévoilaient un peu l'intimité des acolytes de Hood. A part picoler ou échanger quelques considérations sur leur chef, la petite bande d'assassins et de voleurs costumés ne fait pas grand-chose et n'est pas réellement mise en valeur. Un peu dommage.

En ce qui concerne l'apport de cette saga aux évènements liés au Dark Reign, rien à signaler. Ceux qui feront l'impasse ne rateront donc rien d'important. Il y a bien une petite réunion à un moment avec Namor, Emma Frost et Loki, mais rien de concret ne sort de ce rassemblement de la Cabale. L'on a plus l'impression d'un passage obligé qu'autre chose. Quant à l'intrigue concernant Dormammu, elle fait quasiment du sur-place.
Au final, le récit laisse un goût d'inachevé et manque sérieusement d'envergure, même si ce travail de Jeff Parker est infiniment meilleur que les épisodes décevants qu'il avait signé dans X-Men : First Class ou Spider-Man Family.

Un personnage intéressant mais dont le potentiel est ici largement sous-exploité.

900ème article pour Univers Marvel & autres Comics

Oups, figurez-vous que j'ai complètement zappé le fait que l'article précédent, sur un Garth Ennis en plus, était le... 900ème du blog ! Du coup, hop, petit bilan et quelques infos diverses, variées et pas toujours fraîches.

900 articles... ben merde, c'est quand même pas rien ! ;o)
On en a vu de l'encapé moyen et du super-vilain lambda ! On a vu aussi défiler pas mal de gens sans masque, parfois même sans flingues, qui ont réussi à nous toucher et nous marquer durablement. Je tiens, pour ce petit anniversaire, à rappeler que le but de ce blog, qui au départ ne traitait que de comics exclusivement publiés par Marvel, est aujourd'hui de montrer un peu ce qu'il peut y avoir de différent ou de méconnu dans ce vaste multivers qu'est la BD américaine.

Dans les comics, l'on trouve bien sûr Batman, Spidey et un tas de gros bras aux problèmes plus ou moins réalistes suivant les époques et les envies du moment. Mais, l'on trouve aussi, si l'on cherche bien, des personnages très différents...
Des souris, dans Le Dernier des Templiers, des ados amoureux, dans Blankets, une petite fille et d'étranges choses, dans Courtney Crumrin, de grands hommes, à la fois scientifiques et philosophes, dans Logicomix, des Loups et des souvenirs d'enfance, dans Fables, des gens fascinants dans un univers post-apocalyptique sans zombies, dans Freakangels, des gens moins bien dans du post-ap avec zombies, dans The Walking Dead, des vampires parfois sensibles, dans VHB, des bestioles confrontées à un polar steampunk, dans Grandville, des mecs qui bouffent n'importe quoi, dans Chew, de petits bonhommes à gros nez, dans Bone, et pas mal de flics, de sorciers, de cow-boys, de justiciers et autres parias et gens étranges.
Au final, notre monde imaginaire ne se porte pas si mal. Il est peuplé d'une faune variée, d'auteurs talentueux et de lecteurs passionnés... plus quelques connards, on est d'accord.

Normalement, dans un bilan, on parle un peu chiffres. On va tout de même faire court et simplement rappeler que, dans sa cinquième année d'existence, cet endroit reçoit plus de 30 000 visiteurs uniques par mois. Cette fidélité me touche, bien sûr.
Vous savez quoi ? Ce blog m'a apporté bien plus que je n'aurais pu l'imaginer. Il m'a permis de rencontrer des éditeurs, des scénaristes, des dessinateurs, dont certains sont devenus des amis. Il m'a permis de trouver un artiste pour mettre en chantier un projet BD qui me tenait à coeur. Il m'a permis de travailler d'une manière très libre dans un magazine que j'apprécie et respecte. Et puis, plus généralement, il m'a permis de découvrir des tonnes de sujets que jamais je n'aurais abordés autrement.
Bien sûr, ce n'est pas toujours évident. Cela demande beaucoup de travail, de la régularité, une rigueur certaine. Mais le plaisir est là. C'est différent de l'écriture, où l'on se met en avant en tant qu'auteur, mais cela n'en est pas moins agréable et risqué.
Tenter de montrer que la BD n'est pas un medium au rabais, contribuer à faire connaître des oeuvres parfois méconnues, dénoncer la négligence de pseudo-éditeurs sans honneur, qui ne connaissent pas ne serait-ce que le putain de début du quart de ce qui fait leur métier, ben, tout ça, ça me plaît. Parce que ça a un sens. Et parce que cela rejoint cette magie, ce fantastique domaine de la littérature, que j'ai découvert étant gamin et qui a fait de moi ce que je suis. Peut-être quelqu'un d'intransigeant, mais aussi, je l'espère, quelqu'un d'honnête.

Tout n'est cependant pas toujours rose ou idéal. J'ai parfois encaissé des injures, des injustices, des jugements à l'emporte-pièce, bref, le lot des habitués du Net. Je fais toutefois la différence entre de simples propos balancés anonymement à la va-vite par un abruti provocateur et une attitude volontairement et durablement néfaste et assumée comme telle.
Je ne vais pas revenir plus longuement sur ça, la plupart d'entre vous savent de quoi je parle, j'espère simplement prouver, prochainement, que les mots ont des conséquences. Et que Justice et Honneur peuvent encore avoir un sens.

Pour ne pas terminer sur une note maussade ou égocentrée, je tiens à vous conseiller Marvelouscomics, un blog assez récent mais au fort potentiel. Son auteur propose notamment parfois des analyses très intéressantes, comme cette petite étude sur les covers de The Torch et leur dimension religieuse et artistique.
C'est sympa et bien écrit en tout cas. Donc, conseillé. ;o)

Je voudrais aussi profiter de ce 901ème post pour remercier très chaleureusement un monsieur qui utilise le pseudo de Dark Periwinkle et qui, très régulièrement mais aussi très discrètement, me signale les fautes et autres coquilles qui échappent de temps en temps à ma légendaire vigilance. ;o)

Voilà... pour commencer, j'ai mis en avant certaines oeuvres ou certains auteurs, auxquels je suis attaché. J'aimerais, pour terminer, revenir sur un aspect que j'estime crucial dans ce que j'essaie de faire depuis quelques années : la réflexion. Ou, plus précisément, la construction de passerelles entre la pop culture et les domaines plus "institutionnalisés". Cela donne lieu à des débats, parfois violents, mais surtout à des essais, de petites tentatives de creuser un peu et d'aller au-delà de la surface apparente des choses.
L'on peut ainsi se questionner sur les mécanismes de la continuité, sur l'évolution des techniques narratives, ou la place du dessin dans une BD. L'on peut même s'interroger sur la place de la femme dans les comics, le rôle des vilains, ou encore même l'étrange impossibilité de concilier vie de justicier et vie amoureuse. Et, dans des domaines plus terre-à-terre, l'on peut encore ajouter ces états des lieux, sans concession, sur les Geeks, Marvel ou encore Panini et ses multiples défauts.
C'est un peu ce mélange que j'apprécie et que je vais tenter de conserver. Avec la volonté de mettre en avant les comics qui le méritent, mais aussi un recul nécessaire qui permet de disserter pour le plaisir ou encore de pointer du doigt des égarements éditoriaux honteux et inacceptables.

Que vous dire de plus ? On est parti pour fêter ensemble les 1000 articles si ça se trouve !
Auparavant viendra certainement un petit concours de fin d'année (ou pas si petit que ça, tout dépend) qui me permettra, de nouveau, de vous faire gagner quelques comics.
Après tout, c'est bien là l'essentiel. Lire et, chacun dans notre coin, prendre un plaisir immense à voyager dans l'Imaginaire pour, ensuite, le disséquer ensemble.

Merci à vous d'être là et de faire partie de cette étrange aventure. Je ne vous promets pas des planches plus belles, des récits plus émouvants ou des traductions plus attentionnées. Je vous garantis simplement des critiques motivées, des coups de gueule expliqués et une passion qui reste intacte. Tout en sachant que l'essentiel, pour vous et moi, se trouve bien ailleurs. Dans une rigole, entre deux cases... dans un endroit magique, à la fois épouvantablement commun et terriblement personnel.
Entre les lignes des romans, entre les cases des comics.
C'est là où est l'essentiel. Là où je me sens bien. Là où les horreurs du monde peuvent avoir un sens. Là où l'on meurt toujours pour de faux et là où l'on rit pour de bon.
Des larmes factices et de larges sourires non simulés, c'est bien là tout ce que je vous souhaite. Enfin, c'est tout ce qui est avouable en tout cas.

Guns & Apple Pie !
("Up the Irons", c'était déjà pris)

27 août 2010

The Authority : Kevin le Magnifique

Retour du plus malchanceux agent du S.A.S. qui va cette fois secourir le Midnighter et se mettre de nouveau dans des situations franchement délicates. Attention cependant, The Authority : Kevin le Magnifique n'est pas à mettre entre toutes les mains !

Lorsque le Midnighter se retrouve en Grande-Bretagne, blessé et séparé du reste de son groupe habituel, il ne trouve rien de mieux que de faire appel à Kev Hawkins. L'homme est un assassin, légèrement homophobe et carrément porté sur l'alcool, mais c'est le seul type en qui Midnighter puisse avoir confiance.
Les deux hommes, qui se détestent cordialement, vont faire équipe et découvrir un programme gouvernemental secret assez épouvantable. Une bonne occasion pour Kev de réfléchir à son lourd passé et de décider s'il s'imposera des limites morales ou sacrifiera tout à son boulot. Un boulot si spécial, qui laisse de si terribles souvenirs, que l'un de ses plus vieux potes a décidé récemment d'en finir avec la vie...

Nouvelle mini-série mettant en scène The Authority (cf cette chronique pour en savoir plus sur les débuts de cette équipe) et notre brave Kev. Nous avions découvert le personnage l'année dernière (cf cet article), sous la plume de Garth Ennis qui reprend ici la même recette musclée pour nous offrir cette suite. L'on reconnaitra sans peine le style de Glenn Fabry pour les covers, en ce qui concerne les pages intérieures, c'est Carlos Ezquerra qui se charge des dessins, dans un style assez passe-partout, ni hideux ni vraiment éblouissant.
C'est de toute façon le récit en lui-même qui fait tout l'intérêt de ces épisodes. Il est en général très difficile de trouver un mauvais Ennis (l'auteur a notamment fait ses preuves sur des séries comme Preacher, The Boys, La Pro ou encore, chez Marvel, le Punisher). Cette histoire ne fait pas exception à la règle et se révèle des plus savoureuses. Comme toujours avec ce bougre d'Ennis, l'on retrouve de la violence, du sexe, quelques perversions mais surtout beaucoup d'humour et un propos qui, malgré sa forme très trash en apparence, cache bien souvent un deuxième niveau de lecture bien plus profond qu'il n'y paraît.

Ici, mine de rien, Ennis va évoquer la solitude des soldats victimes de stress post-traumatique, les compromissions de l'IRA ou même les quotas ethniques et leur côté froid et vain. Rien de démonstratif ou de pleurnichard pour autant, Ennis ayant l'habitude - presque la politesse - d'envelopper ses réflexions dans des scènes hilarantes et inventives.
Si l'on ne retrouve pas d'anecdotes aussi réussies que celles du tigre ou de la Guinness, le tandem Kev/Midnighter fonctionne toujours aussi bien et le lecteur découvrira les raisons (assez scabreuses, évidemment) qui ont poussé Kev à postuler pour servir dans les forces spéciales. Notons également une parodie assez délirante du film Alien dans les premières pages, bref, un contenu riche, agréable et varié.

Fun mais loin d'être bête.
A se procurer absolument, comme toujours lorsque le nom d'Ennis figure sur une couverture.

25 août 2010

Spider-Woman : Marvel invente le dessin animé... 100 ans trop tard !

Sortie aujourd'hui de la mini-série Spider-Woman : Agent du S.W.O.R.D., un titre un peu particulier puisqu'il est sorti aux Etats-Unis sous forme de Motion Comics. Tout de suite, plus d'infos sur cet étrange hybride.

Jessica Drew est encore sous le choc de son enlèvement. En effet, lors d'une vaste tentative d'invasion de la Terre, les Skrulls se sont infiltrés dans la communauté super-héroïque en prenant la place de certains de ses membres. En plus de son incarcération et des portions de vie qu'on lui a volées, Jessica doit également faire face à une certaine hostilité ambiante puisque son visage est maintenant connu dans le monde entier comme celui de la reine skrull qui commandait les forces extraterrestres.
Pas vraiment la meilleure image qui soit donc...
Spider-Woman va bientôt être contactée par l'agent Brand, du SWORD, une organisation qui lutte justement contre les menaces galactiques. Le boulot d'agent secret, Jessica connaît un peu. Et cela pourra aussi lui permettre de se défouler, d'autant que la mission qu'on lui propose concerne justement quelques Skrulls encore présents sur la planète.
C'est dans l'ambiance étouffante de Madripoor que la traque va avoir lieu. Car dorénavant, la véritable Spider-Woman est de retour !

L'on connaît l'attachement de Brian Michael Bendis pour Jessica Drew, aussi il n'est pas étonnant qu'il ait fini par s'y intéresser de nouveau (rappelons qu'il avait déjà revisité ses origines). Il opère ici avec Alex Maleev, son ancien compère sur la série Daredevil. Le dessinateur se charge d'ailleurs également de la colorisation et effectue dans l'ensemble un excellent travail.
Ces épisodes sont à l'origine sortis aux US sous forme de Motion Comics. Alors, un Motion Comic, c'est quoi exactement ? Ben, pour faire simple, c'est une fausse bonne idée qui donne un croisement peu concluant entre une BD et un dessin animé. Ce n'est pas si nouveau que ça puisque l'on a déjà vu par le passé des bandes annonces agrémentées d'effets sonores et de petites animations. Seulement, ce qui fonctionne pour un teaser censé nous mettre l'eau à la bouche n'a pas forcément le même impact quand il s'agit d'utiliser le même procédé pour raconter toute une saga.
En fait, en empruntant à deux media différents, le Motion Comic finit par n'en garder que les pires aspects. Non seulement l'oeuvre s'avère affublée d'animations ridiculement pauvres, mais en plus, malgré l'aspect statique de l'ensemble, il n'est pas possible de s'attarder sur les dessins et de lire à son rythme (il ne s'agit plus de lecture du tout en fait). Bref, au mieux un gadget, au pire une saloperie pour attirer ceux qui trouvent qu'il y a encore trop de texte dans une bande dessinée.

Heureusement, il s'agit ici de la version papier, éditée par Panini qui nous gratifie de ses coquilles habituelles. Une originalité supplémentaire cependant ; alors qu'habituellement l'on parle "du" SHIELD ou "du" HAMMER, la traductrice évoque plusieurs fois ces organismes comme s'il s'agissait d'un individu. "Comment ça marche avec H.A.M.M.E.R. ?", "H.A.M.M.E.R. travaille au niveau local", et cetera. Une petite allergie aux articles définis peut-être ? Du coup, l'effet est presque comique, on s'attend à voir surgir Stacy Keach et son feutre mou au détour d'une case... (si vous ne savez pas qui est cet acteur, c'est une honte, il est arrivé tout de même deuxième, derrière Tom Selleck, au classement du magazine Guns & Mustaches en 1985 !).
Bon, dans les points positifs, l'éditeur a ajouté une postface de Bendis. Un petit plus sympathique et assez rare pour être souligné.
Pour ce qui est du récit en lui-même, eh bien, rien d'extraordinaire. C'est joli, ça se laisse lire, mais l'on est très loin de la qualité et de l'humour d'un Alias par exemple (du même Bendis qui avait créé le personnage de Jessica Jones à l'époque parce qu'il ne pouvait pas disposer de... Jessica Drew). Les auteurs passent par ce qui semble être des figures imposées (l'Hydra, Madripoor, les Vengeurs...) mais ne parviennent pas à susciter un véritable engouement. L'on peut se demander si cette histoire de Motion Comics n'a pas justement empêché une écriture plus poussée, l'on ne retrouve pas en tout cas, dans ces planches trop banales, ce que peut faire un Bendis en pleine forme.
Détail intéressant tout de même pour les nouveaux lecteurs : le scénariste parvient à placer un petit topo sur le passé de Drew. Ce n'est qu'un bref résumé sur deux pages, mais cela permet de ne laisser personne dans le brouillard. Louable attention.

Une mini-série visuellement attrayante mais peinant à réellement donner de l'épaisseur à une Spider-Woman bien fade.

23 août 2010

Rex Mundi - Le Gardien du Temple

Sorcellerie, intrigues politiques et meurtres, le tout dans une uchronie prenant place dans l'Europe des années 30, voilà le menu alléchant de Rex Mundi.

Lorsque le père Marin se fait dérober un document secret dont il avait la charge, il s'adresse tout naturellement à son ami, le docteur Julien Saunière. Ce dernier mène l'enquête et va vite découvrir que l'affaire dépasse largement le cadre d'un simple vol.
Saunière remonte une piste dangereuse sur laquelle les cadavres ne tardent pas à s'amonceler. C'est d'abord une prostituée qui se fait éliminer dans ce qui semble être une sorte de sacrifice rituel, puis le père Marin disparaît à son tour dans un étrange accident. L'Inquisition et les plus hautes autorités de l'état s'intéressent de près à ces évènements. Saunière dérange. Involontairement, il contrarie des personnes déterminées, puissantes et dangereuses.
Pendant que le jeune médecin se démène pour découvrir la vérité sur les récents assassinats, la situation internationale se dégrade. Les relations avec l'empire de Prusse sont déjà tendues mais c'est surtout la guerre avec l'empire Ottoman et l'émirat de Cordoue qui menace. En effet, le duc de Lorraine, contre l'avis du roi lui-même, harangue régulièrement la Chambre des Epées et incite ses membres à épouser sa cause : coloniser la Terre Sainte afin d'endiguer la menace islamique, de faire main basse sur les ressources naturelles de Palestine et du Sinaï et de redonner à la France sa place de puissance majeure.
Pour le docteur Saunière comme pour le monde, le pire est à venir...

Voici un premier tome tout à fait fascinant dont l'intrigue se déroule dans un univers à la fois fouillé et original. C'est Eric Johnson qui se charge des dessins. L'artiste nous gratifie d'une ambiance à la fois réaliste et sombre, avec de fort jolies planches. Il y a bien quelques petits soucis parfois de proportions ou de perspective, mais rien de rédhibitoire.
Le récit est mené de main de maître par un Arvid Nelson très inspiré. Bien évidemment il s'agit d'un polar, mais le contexte et sa richesse en font une oeuvre résolument à part. Il n'est d'ailleurs pas inutile de se pencher un peu sur ce passé réinventé. Dans cette Europe des années 30, la magie existe et des Guildes régissent les différents corps de métier. Des tensions internationales, que ce soit au sein du Saint Empire Romain ou aux frontières d'une Europe menacée par les nations islamiques, rendent l'avenir incertain. En France, le roi Louis XXII doit composer avec une Inquisition omniprésente qui semble défier de plus en plus son autorité. Aristocrates et haut dignitaires de l'Eglise intriguent pour prendre le pouvoir et, ce faisant, fragilisent une monarchie constitutionnelle enserrée dans un ordre moral et un obscurantisme étouffants.

L'une des astuces employées par l'auteur pour mettre sur pied cet énorme background consiste à placer régulièrement, en fin de chapitre, une ou deux pages d'un journal d'époque qui permet ainsi de renseigner le lecteur sur les institutions et la culture de cette Europe alternative.
Les informations ne se limitent pas au vieux continent puisque l'on apprendra, par le biais de quelques articles, que l'Amérique du Nord est scindée en deux et partagée entre Etats Confédérés d'Amérique et République Fédérale Américaine. Là encore, le côté très documenté de ces petites présentations facilite l'immersion.
C'est d'ailleurs clairement ce cadre général ambitieux qui est le centre d'intérêt de la série. Le personnage principal, un peu passe-partout (non, pas le nain !), n'étant qu'un prétexte pour pénétrer dans les méandres de cette société française habilement revisitée.

Le Livre Un de ce titre avait déjà été publié voici quelques années par Semic.
C'est cette fois Milady qui réédite ce premier tome et, comme souvent avec cet éditeur, l'ouvrage a été enrichi de nombreux bonus.
L'on trouvera une introduction de Joshua Dysart, un petit mot du scénariste, une carte représentant l'Europe politique de cette époque imaginaire, une galerie d'illustrations et, surtout, un épisode supplémentaire (de 38 planches tout de même) qui fait office de numéro #0 et avait été utilisé à l'époque en tant que web comic gratuit afin de promouvoir la série principale.
La traduction française, de Philippe Touboul et Philippe Tullier, est un modèle du genre, d'autant qu'elle s'avère en volume plus conséquente qu'il n'y parait (en y ajoutant les fameux articles de journaux).

Un univers passionnant et cohérent dans lequel l'on plonge avec un plaisir non dissimulé.
Vivement conseillé.


17 août 2010

Marvel Saga : Assault on New Olympus

Les héros du Marvelverse affrontent les dieux de l'Olympe dans le Marvel Saga #7, sorti aujourd'hui en kiosque.

Après la destruction de l'Olympe, les dieux et déesses se sont réfugiés sur le monde des mortels. Héra, depuis la mort de Zeus, dirige ainsi le groupe Olympus, une société qui, avec l'appui d'alliés tels que Norman Osborn et ses Dark Avengers, a mis au point Continuum. Le produit est présenté comme un remède aux soucis de la vie moderne, mais il s'agit en fait d'une arme terrible qui permettrait à Héra d'atteindre son but : l'avènement de la quatrième extinction et la création d'un nouvel univers.
Athéna va alors tout tenter pour contrer ce sordide projet. Elle va bien entendu demander de l'aide à Hercule, qui lui-même bat le rappel des troupes. Spider-Man, Wolverine, Hank Pym, Amadeus Cho et bien d'autres répondent présent et sont prêts pour une bataille qui s'avère décisive.
Les Masques modernes et les anciens Mythes vont s'affronter...

Athéna a un point commun avec la princesse Peach : elle parvient à se fourrer avec une régularité exceptionnelle dans les pires situations possibles. Alors bien sûr, après, on laisse faire le sale boulot aux autres, et vas-y que je t'attaque le sanctuaire en pétant la gueule à des mecs en armure, et si c'est pas suffisant, hop, vas-y que je me concentre pour atteindre le 7ème sens et faire exploser ma cosmo-énergie... tsss, peut pas rester tranquille cinq minutes non la gourdasse ? Bon, en plus là, Seiya, Hyôga et toute la clique sont en vacances, du coup, ce sont les Vengeurs qui s'y collent.
Cette mini-série en cinq chapitres est écrite par Greg Pak et Fred Van Lente. Les dessins sont de Rodney Buchemi et Reilly Brown. Visuellement, c'est classique, propre et efficace. Le récit, quant à lui, fait bien sûr la part belle à la mythologie grecque, avec de joyeux drilles tels que Thanatos ou Typhon en invités. Pour ce qui est des personnages de la Maison des Idées, l'on retrouvera Spidey, Wolvie, US Agent ou encore Quicksilver.

La saga se révèle plutôt sympathique, sans toutefois être exceptionnelle. Beaucoup de combats, un peu d'humour et quelques références à des évènements passés. D'ailleurs, à ce sujet, au lieu de donner un minimum d'explications, Panini nous renvoie à plusieurs reprises soit à la VO (judicieux conseil !) soit au Marvel Monster Dark Reign #3 qui... n'a pas encore été publié. Pratique, comme toujours avec les vendeurs d'autocollants.
Au niveau des thèmes abordés, l'on peut noter un intéressant parallèle entre certains mythes et leur interprétation super-héroïque moderne, mais les auteurs ne vont malheureusement pas très loin dans ce sens. Une allusion est également faite à la célèbre théorie des jeux et au dilemme des prisonniers*, mais là encore, l'idée est très largement sous-exploitée.
Au final, malgré le potentiel de la confrontation et une conclusion tragique, cet arc ne parvient pas à tenir toutes ses promesses.

Une lecture certes agréable mais qui manque de lyrisme et d'originalité pour vraiment devenir indispensable.

* Le dilemme des prisonniers présente une forme de raisonnement fondamentalement logique qui, en l'absence de coopération, aboutit à un choix néfaste pour l'ensemble des parties.
Dans ce fameux exemple, deux malfaiteurs sont interrogés séparément par la police qui soumet alors à chaque individu le marché suivant : s'il parle et dénonce son complice, il sera remis en liberté et l'autre écopera de 10 ans de prison. S'ils parlent tous les deux, ils feront 5 ans. Si aucun ne parle, la peine sera de 6 mois.
Chaque prisonnier suit le raisonnement logique suivant : "dans le cas où mon complice me dénonce, j'ai tout intérêt à parler car sinon je ferai 10 ans au lieu de 5. S'il se tait, je dois parler aussi pour être libéré au lieu de faire 6 mois." Quelle que soit l'attitude de son complice, le malfaiteur doit choisir de parler. Les deux aboutissent à la même conclusion, parlent, et écopent de 5 ans de prison alors qu'ils auraient pu faire 6 mois.
Cette théorie trouve des applications en économie, en politique ou même en sociologie, le principe évoqué étant que, sans possibilité de contraindre l'autre partie ou de s'assurer de son action, chaque groupe ou individu opte pour ses seuls intérêts immédiats, et ce d'autant plus facilement que le choix adverse n'influe pas sur la rationalité de la décision.

15 août 2010

Defendor : premier bon film de super-héros ?

Ce que Kick-Ass promettait, Defendor vous le donne. Y'a même un peu plus, on vous le met quand même !

Arthur Poppington est un type un peu naïf, profondément honnête, qui a un job inintéressant. Quelqu'un de banal en somme, qui ne se fait pas remarquer. Mais le soir venu, Arthur change du tout au tout et devient Defendor.
Sa quête à lui consiste à enfin mettre la main sur le terrible Captain Industry, qu'il juge responsable du trafic de drogue et de la criminalité galopante. Pour cela, il a quelques gadgets très limités, un certain aplomb et sa folle détermination.
Seulement voilà, les rues sont peuplées de vrais criminels. Et bien involontairement, Arthur va devenir une menace pour certains caïds et autres ripoux. Accompagné d'une prostituée à qui il a porté secours et qui, dans un premier temps, tente de profiter de sa gentillesse, Defendor va prendre quelques raclées mais aussi gagner une vraie popularité auprès des habitants.
Jusqu'à ce que la justice s'en mêle. Jusqu'à ce qu'un mafieux décide de l'éliminer pour de bon.
Et dans la vraie vie, on le sait bien, les balles font infiniment plus mal que dans les comics.

Oh putain que c'est jouissif de voir un film aussi bon ! Et que c'est triste de le voir sous-exploité, tant en France qu'aux Etats-Unis. Très peu de salles en Amérique du Nord et du Direct-to-Video en Europe, ça donne envie de se flinguer...
Enfin, bref. Alors, Defendor c'est quoi ? Ben, je serais un peu tenté de dire que c'est Kick-Ass (le film) mais avec des idées et de l'émotion. Le film est réalisé par Peter Stebbings qui signe également le scénario. Le gars est quasiment inconnu (mis à part des apparitions en tant qu'acteur dans diverses séries TV) mais sacrément doué. Le personnage d'Arthur, magnifiquement interprété par un Woody Harrelson au top, est écrit avec beaucoup de finesse et de sensibilité. L'homme, souffrant de traumatismes profonds, navigue entre névroses et une bonté maladroite qui se révèle réellement touchante.
Son passé est peu à peu dévoilé, sans jamais tomber dans le larmoyant. Et même si l'aspect dramatique de l'histoire est essentiel, avec des passages particulièrement éprouvants, l'humour est bel et bien présent tout au long du film. C'est sans doute d'ailleurs la principale qualité de ce long métrage ; n'être ni une comédie, ni un drame, ni un film d'action, mais posséder les qualités inhérentes à tous ces genres.

Pour ma part, voilà sans conteste le meilleur film de super-héros que j'ai vu jusqu'à présent. Car il ne s'embarrasse pas de codes à la con destinés à plaire à tous - donc, souvent, à personne - et parvient en plus à évoquer un sujet réputé difficile et peu crédible avec une force et une délicatesse peu communes.
Sans pouvoirs, sans costumes à l'esthétique étudiée, Defendor traite de l'essentiel. L'abnégation, l'amour véritable, le sens du devoir, le courage... des valeurs au centre du super-héroïsme et abordées ici avec un côté brut et tranché qui sent bon l'enfance. Cette thématique est d'ailleurs constamment présente : Arthur est un enfant abandonné, Kat est une enfant à qui l'on a volé son innocence, même le meilleur ami d'Arthur veille sur lui à cause d'un enfant qu'il a sauvé. La réflexion sociale voire politique n'est pas en reste puisque la mission la plus "facile" de Defendor sera aussi celle qui lui vaudra le plus d'ennuis avec les représentants de la loi et qui l'empêchera, pour un temps, d'être lui-même. Ce qui permettra également quelques interrogations fondamentales que même la psychologue mandatée par la justice ne pourra résoudre.

Au final, à l'aide de bouts de scotch, d'abeilles et de billes, Defendor aura plus fait contre les criminels que beaucoup de "véritables" encapés. Surtout, il aura agi sans filet et dans notre dimension. Se faisant, il rend hommage non aux demi-dieux bardés de pouvoirs, mais bien aux individus qui, à leur échelle, tentent de s'élever contre l'injustice et l'ignominie.
Naïf ? Peut-être...
Beau ? Assurément !

Un vrai bon film, émouvant et drôle, se permettant le luxe de n'être ni trop démonstratif ni trop bien pensant.
Du divertissement intelligent.

X-Men : Naissance d'une Nation

Coup d'envoi de Nation X dans le X-Men #163 de ce mois.

Après avoir quitté la côte Est pour la Californie, les mutants ont levé le camp une fois de plus pour rejoindre une ancienne base de Magneto qui leur sert maintenant d'ilot refuge. Les deux épisodes d'Uncanny X-men qui ouvrent la revue sont consacrés au début d'un nouvel arc développant des intrigues liées à cet évènement.
Tout d'abord, le statut réel de la base reste à définir. Scott Summers, en tant que leader, navigue un peu à vue et ne sait pas encore si ce repaire sera un état souverain, un camp de réfugiés ou une sorte de foyer. De nombreux problèmes pratiques se posent déjà, que ce soit pour l'approvisionnement en nourriture ou même la conduite à tenir en cas de décès d'un habitant.
Les mutants sont justement en pleine cérémonie funéraire lorsqu'ils sont interrompus par l'arrivée de Magneto en personne. Ce dernier semble visiblement animé de bonnes intentions et fait même publiquement allégeance à Cyclope. Scène assez surprenante, avouons-le.
Bien entendu, l'énervant Xavier est là et se trouve dans l'obligation de la ramener. Vu ses nombreux échecs et son attitude pour le moins fort peu morale, l'on pourrait penser qu'il se ferait discret, mais bien au contraire, il est plus que jamais présent, expliquant à chacun - et Scott en particulier - ce qu'il a à faire...

Matt Fraction est au scénario, Greg Land s'occupe des dessins.
Graphiquement, c'est du Land, donc plutôt beau et léché. Ce récit (prévu en huit parties) semble assez prometteur. Entre les dissensions internes et les menaces extérieures, la naissance de cet état laisse entrevoir de nombreuses possibilités, ne serait-ce que sur les difficultés de mise en place des organes essentiels (Justice, Défense, relations extérieures...) et des règles de vie communes. D'autant que même sans parler de Xavier, il existe déjà des tensions entre Scott et McCoy. Quant à Emma Frost, elle semble plus froide que jamais, mais pour une raison aisément compréhensible.
Les auteurs terminent en plus sur un cliffhanger qui donne envie de connaître la suite. Plutôt du positif donc, espérons que si des avancées significatives ont lieu, elles ne seront pas annulées par un brusque retour en arrière, comme l'on en a si souvent l'habitude.

On continue avec Dark X-Men #1. Cette fois, le scénario est signé Paul Cornell et les dessins sont l'oeuvre de Leonard Kirk. L'on retrouve les X-Men de Norman Osborn (dont on avait pu suivre la formation ici) sous la direction de Mystique. Elle a sous ses ordres Mimic, Omega et Dark Beast.
Contre toute attente, l'équipe fonctionne bien et se révèle même assez intéressante. Beaucoup d'humour notamment dans les relations entre les personnages, ce qui n'est guère étonnant vu la personnalité des recrues. Petite trouvaille assez sympathique ; Mystique a décidé de prendre l'apparence de Jean Grey lors de ses apparitions publiques. Uniquement pour énerver Scott et sa bande bien sûr. ;o)
Un sacré groupe en tout cas, un peu à l'image d'Osborn, c'est à dire très borderline. Omega à lui seul s'avère une vraie plaie sur le terrain plutôt qu'une aide véritable.
L'on retrouve ici l'écriture de Cornell qui avait tant séduit sur Wisdom, ce qui est un véritable bonheur. Pourvu que ça dure !

Enfin, les New Mutants viennent clore le mensuel. Après la longue (et ennuyeuse) lutte contre Légion, la petite bande est en phase de débriefing. C'est déjà plus agréable à lire, les relations entre les protagonistes sont également plus développées.
Pour les nouveaux lecteurs, l'on peut regretter qu'il n'y ait pas de récapitulatif sur les personnages, avec noms et pouvoirs, un peu comme les petites vignettes que l'on retrouve dans Uncanny ou Dark X-Men. Pour le reste, la représentation de la psyché ravagée de Légion est intéressante, par contre, les dessins manquent un peu de soin. Le visage de Sam notamment est une catastrophe. Il est tantôt bouffi, d'autres fois trop allongé, et sur une case, il a les yeux si rapprochés que cela lui donne un air d'abruti fini. Cette performance est signée Zachary Baldus (que je ne connaissais pas, et franchement, j'aurais préféré que ça continue). Le scénario, lui, est entre les mains de Zeb Wells.
Du mieux donc, au niveau de l'histoire en tout cas, mais la prudence reste de rigueur avec ce titre.

Une revue assez bonne dans l'ensemble, ce qui aurait tendance à faire un peu mentir le bilan que je dressais il y a peu sur les séries X. Dans ce cas précis, je souhaite sincèrement que l'avenir prouve que cet état des lieux alarmiste n'avait pas lieu d'être.

13 août 2010

Marvel Heroes : Cauchemar

Pas mal de surprises et de bons moments dans le Marvel Heroes #34 qui accueille également la nouvelle équipe créative de l'on-going Thor.

Le fait de succéder à un auteur de la trempe de Straczynski n'a rien d'évident (cf cette chronique concernant la conclusion de son run), pourtant, Kieron Gillen semble tout à fait à la hauteur de la tâche, parfaitement secondé au dessin par un Billy Tan en grande forme également.
Enfin au courant des duperies de Loki et Fatalis, Balder sonne le rassemblement de ses troupes afin de faire payer ses ignominies au monarque de Latvérie. Malheureusement, ce dernier est prêt à l'affrontement et réserve une surprise assez répugnante à ses adversaires.
Le nouveau scénariste reprend bien sûr les intrigues en cours et semble très à l'aise, assurant un passage de relais sans à-coups. Loki, toujours aussi perfide et abject, tire largement la couverture à lui, suivi de près par un Fatalis plutôt impressionnant (il faut dire que prendre la pose, de nuit, sur les remparts, pendant un orage, avec une cape qui flotte au vent et un masque de fer, ça impressionne toujours un peu le touriste).
Bon lancement donc pour ce nouvel arc intitulé Latverian Prometheus.

L'on passe ensuite aux Mighty Avengers avec, là encore, de très bonnes choses. Beaucoup d'humour d'abord. Rappelons que Hank Pym a été bombardé "Scientifique Suprême" par Eternité (le genre de type que l'on a tendance à écouter quand il prend la peine de parler). En gros, le voilà l'équivalent du Dr Strange, mais avec des équations à la place des incantations. Lui qui passait toujours après Richards et Stark, ce n'est pas pour lui déplaire, il est même tout heureux, répétant à l'envie et à qui veut l'entendre son nouveau titre (ce qui a le don d'agacer ses collègues).
A cause d'un Loki qui tire toujours les ficelles dans l'ombre, l'équipe va affronter une menace de niveau Omega aux côtés des... Dark Avengers d'Osborn ! Celui-ci, pris au piège devant les media, ne peut pas faire grand-chose pour éviter l'humiliante collaboration. Cela sera l'occasion d'un petit échange de vacheries assez savoureux entre Pym et Norman.
Christos Gage est au scénario, Khoi Pham se charge - fort bien - de la partie graphique. Voilà encore un épisode sympa et rondement mené, avec de bons dialogues à la clé.

Le maillon faible de la revue est évidemment le Hulk de Jeph Loeb (scénario) et Ian Churchill (dessin). Tiens, à ce propos, Chris Giarrusso est crédité sur le site officiel Marvel, mais pas dans la VF. A-t-il participé aux dessins ou bien y avait-il un supplément dans la VO ? Si quelqu'un connaît la nature exacte de son apport, je suis preneur.
Bon, sinon, le récit reste toujours aussi peu intéressant. Par contre, alors qu'avant cela avait au moins l'avantage d'être vite expédié, maintenant, en plus, ça devient verbeux. Vraiment pas une réussite en tout cas, surtout quand on sait à quel point le potentiel de Loeb est grand.

Pas de panique, l'on retrouve du haut de gamme pour le final avec la série Avengers : The Initiative.
Le scénario est de nouveau signé Christos Gage (qui commence tout de même à devenir une sacrée référence), les dessins sont l'oeuvre de Jorge Molina. Visuellement, c'est un sans faute. Personnages très réussis, belles scènes d'action, visages expressifs, un véritable plaisir pour l'oeil.
L'histoire est soignée également, avec un Cauchemar dont les menaces se concrétisent rapidement. L'on apprend du même coup les origines de Trauma alors qu'une grande place est consacrée à Penance (ex Speedball) et à sa prise de conscience (il était jusqu'ici manipulé et ne se rappelait plus les évènements qui l'avait conduit à rejoindre les Thunderbolts puis l'Initiative). Quelques clins d'oeil assez drôles également, comme la révélation du pire cauchemar de Guignol. Un gag en une seule case mais qui tape juste. ;o)

Dans l'ensemble, à part un Rulk poussif, voilà une fournée estivale de grande qualité qui confirme la domination sans partage des titres orientés "Heroes".

- Alors, tu tabasses toujours les femmes ?
- Tu les balances toujours des ponts ?
Norman Osborn et Hank Pym, sous la plume de Christos Gage.

11 août 2010

Adieu Chunky Rice

Un peu de douceur aujourd'hui avec un comic très particulier : Adieu Chunky Rice.

Dandel est une petite souris bien sympathique mais qui a le coeur gros. En effet, sa meilleure amie, Chunky, va bientôt partir. La tortue a décidé d'aller voir ailleurs ce que l'avenir lui réservait. Trop à l'étroit dans une ville trop souvent parcourue, elle a cédé à l'appel de l'aventure.
Dandel ne l'accompagne pas au port. Ce serait trop dur. Mais elle va aller voir la mer. Souvent. Puis, la souris prendra l'habitude d'écrire des lettres qu'elle enfermera dans des bouteilles pour les jeter à l'eau.
Pendant ce temps là, Chunky, dépossédée de ses maigres biens, commence une traversée houleuse, en compagnie d'un étrange capitaine et de soeurs siamoises tout aussi mystérieuses.
C'est le début de l'inconnu, des tempêtes, du fol élan vers l'espoir d'une autre vie. Meilleure peut-être. Différente pour sûr.

Le scénariste et dessinateur de cet ouvrage n'est pas un inconnu puisqu'il s'agit de Craig Thompson, auteur notamment du très émouvant Blankets.
L'on reste ici dans les thématiques chères à l'artiste. Ce dernier va évoquer avec pudeur et tendresse l'amitié, la vraie, celle qui peut faire souffrir autant que l'amour et qui a la pureté et la profondeur de ces sentiments enfantins que l'on pense ridicules, ou au moins surfaits, une fois adulte.
D'ailleurs, si la séparation et le manque sont évoqués, l'on peut également voir dans ce récit une allégorie sur la fin de l'enfance et l'inéluctabilité du "départ" vers l'inconnu. Tout ici tourne autour des relations que les êtres tissent entre eux et qu'ils brisent parfois. Thompson ne se contente pas de broder autour de Chunky et Dandel mais élargit son propos à tout ce qui les entoure : la douleur de la perte se retrouvera ainsi au travers de deux frères qui ne se parlent plus, chez un brave type et son merle ou encore dans la fin tragique de Stomper, une chienne ayant perdu ses petits...

D'un point de vue graphique, ne nous mentons pas, le style est plutôt austère, avec un noir et blanc tristouille et des personnages souvent proches de la caricature. Cela n'empêche pas une certaine émotion de se dégager des planches, grâce à des expressions et attitudes aussi simples que désarmantes. Ceux qui ont lu Blankets pourront retrouver des détails que Thompson incorporera ensuite à son graphic novel, que ce soit la couche partagée, symbolisant le lien ultime et intime par excellence, ou la fameuse couverture en patchwork qu'un oeil aguerri aura vite fait de repérer.
Attention tout de même, l'ensemble se lit vite et n'est pas totalement abouti, un peu comme une oeuvre de jeunesse dans laquelle subsiste quelques maladresses mais qui s'avère tout de même touchante. Comme l'auteur le dit lui-même, il faut voir ce livre comme une petite lettre d'amour fragile, soigneusement pliée et envoyée, au gré des flots, à ses amis.
La BD avait dans un premier temps été publiée par Delcourt, elle est maintenant disponible chez Casterman, dans la collection Ecritures. Elle a notamment été enrichie d'une postface dessinée (de six pages).

Un moment de lecture doux-amer sur l'amitié et le déchirement de la séparation.

"Tu n'es partie qu'aujourd'hui, et déjà les lieux que nous partagions ont gagné en beauté et en signification."
Dandel, sous la plume de Craig Thompson.

09 août 2010

Les Mutants à l'Agonie ?

Alors que les séries "Heroes" fonctionnent plutôt bien (ou en tout cas avancent au niveau des intrigues), les titres "X" de la Maison des Idées semblent stagner et sombrer dans un marasme dont on ne voit plus la fin.
Petit bilan sur les mauvais élèves du professeur Quesada.

Commençons avec une saga particulièrement significative : Messiah War. Après un Messiah Complex à la conclusion fort peu enthousiasmante, il était permis d'accueillir ce crossover (certes à petite échelle) avec circonspection (j'avais d'ailleurs émis quelques doutes dès le premier épisode). Or, que pouvons-nous constater après le final du mois dernier ? Rien. Ou en tout cas, rien d'un point de vue narratif.
Ce Messiah War se révèle n'être qu'une extension de la série Cable dont les auteurs reprennent le principe : une course-poursuite sans fin.
L'on peut résumer le récit à "je vais la tuer", "je t'en empêcherai", "ça m'étonnerait !", "si, tu vas voir...", etc. Pas de quoi frétiller d'excitation tout de même. Cable et Bishop - ainsi que les différents mondes qu'ils traversent - ne sont pas totalement dénués d'intérêt, mais l'on a néanmoins la désagréable impression de faire du surplace.
Non seulement Messiah War n'a rien réglé, mais les mystères qui entourent Hope (seul bébé mutant né depuis House of M) n'ont pas été levés. Pire, l'enfant est écrite et dessinée de manière très aléatoire, elle a parfois les traits et le comportement d'une adolescente, puis régresse brutalement vers la petite enfance, bref, difficile de susciter de l'intérêt avec autant de laisser-aller.

Les mini-crossovers ne sont pas les seuls en cause. Même Wolverine, pourtant un personnage phare de Marvel, est souvent source de déception. Bien sûr, l'on peut citer Old Man Logan comme exemple d'arc récent et de qualité, mais la mini-série étant hors continuité, elle n'a en rien fait progresser le griffu.
Dans Wolverine : Origins (du Wolverine #199 de ce mois pour la VF), Daniel Way met un terme à Romulus, un arc attendu et présenté comme prometteur. Mais là encore, c'est la déception qui est au rendez-vous.
Rappelons que Romulus est un personnage machiavélique et manipulateur qui a, depuis toujours, semé la destruction et pesé lourdement sur la vie de Logan et de son fils, Daken. Si l'on en parlait souvent, on ne l'avait encore jamais vu (attention, petits spoilers dans ce qui vient). Il n'apparait ici que dans l'ultime épisode de la saga qui porte son nom mais, surtout, l'affrontement entre lui et Wolvie se termine sur... un statu quo. Logan était censé le descendre, il n'en fait rien, il lui tourne même le dos pour avoir la joie de se faire assommer. Non seulement le lecteur a la désagréable impression que, encore une fois, l'histoire n'avance pas, mais, en plus, le comportement des personnages s'avère aberrant !

Tous les titres ne subissent heureusement pas cette frilosité ou ce manque d'ambition. X-Factor reste une série dans laquelle un Peter David souvent inspiré arrive encore à nous surprendre (cf cette chronique). Il y a de vrais évènements, les personnages évoluent, subissent des traumatismes, tissent des liens, bref, un traitement qui se devrait d'être normal et généralisé, ce qui est loin d'être le cas.
Prenons le mensuel X-Men du mois dernier. La revue proposait une saga complète, ce qui est plutôt sympathique et permet de mieux rentrer dans l'histoire. Cette dernière n'était pas désagréable d'ailleurs, mais pourtant, une fois lue, elle sera vite oubliée. Pas de point d'orgue, de moments émouvants ou d'évolution significative.
Alors que la vie de la plupart des protagonistes du marvelverse (que ce soit Spidey, Daredevil, Thor, Iron Man...) est tout de même bien agitée et connaît de nombreux changements (bons ou mauvais), il faut remonter à House of M et la décimation des mutants pour trouver un évènement notable et durable dans celle des X-Men.
Bon, bien sûr, entre-temps, ils ont déménagés. D'abord à San Francisco, puis sur une île. Mais même si cela doit faire la joie des promoteurs immobiliers et des amateurs de la West Coast, pour le lecteur, c'est tout de même fort peu.

Je ne parle même pas des Exilés, dont le concept est ultra-répétitif par nature, ni des séries "Young" ou "New" X-Men, à l'intérêt fort peu évident (alors qu'à l'inverse, les Young Avengers ou les Runaways ont su marquer les esprits et exploiter le concept de héros adolescents, voire enfants). Certains pourraient répliquer alors que X-23 ou Kiden sont de vraies réussites, mais si elles apparaissent dans X-Force actuellement, il s'agit plus d'un clin d'oeil à NYX ou Target X que d'un véritable retour à la qualité de ces mini-séries. Un peu comme si en intégrant les titres prestigieux, peuplés par les intouchables "vétérans", les nouvelles recrues étaient condamnées au même immobilisme.
Daken a bien réussi à devenir un peu plus intéressant en passant de Wolverine : Origins à Dark Wolverine (sans doute en partie grâce à l'apport de Liu) mais l'on peut se demander, au vu du nombre déjà faramineux de possesseurs du gène X, si l'arrivée de nouveaux personnages est une réelle solution. Même en ne comptant que les mutants utilisés actuellement dans les séries qui leur sont dédiées, fort peu sont connus du grand public. Et beaucoup garderont ce quasi anonymat si les responsables éditoriaux continuent d'ériger en principe absolu une routine désastreuse.

Voilà un état des lieux qui n'est guère réjouissant mais il reste néanmoins une raison de se montrer optimiste : il n'existe pas de mauvais personnages.
Les mutants ont un réel potentiel. Ils possèdent un background solide, un véritable capital sympathie auprès des fans et ils conservent, au sein d'un univers plus sombre et policé que par le passé, un côté rebelle attrayant. Ce qui leur arrive aujourd'hui est plus un problème de manque de vision à long terme qu'une brusque inadéquation structurelle.
Un peu comme cette jolie théorie qui suppose qu'un sculpteur ne fait que dégager le surplus d'un bloc de pierre afin de faire apparaître un visage ; il nous faut attendre le bon tandem éditeur/scénariste qui permettra à Scott, Emma, Logan et tous les autres de se débarrasser d'une rigidité qui n'a rien d'inexorable.
Cette mutation là est essentielle.
C'est celle qui transforme les planches fades et tristes en source d'émerveillement. Et il ne faudrait pas qu'elle tarde trop si l'on ne veut pas transposer les mots prophétiques de Wanda, "no more mutants", à notre réalité.

Marvel Icons : les Vengeurs touchés au coeur

Double ration de New Avengers dans le Marvel Icons #64 de ce mois. Plus bien sûr Iron Man et une nouvelle équipe créative sur Fantastic Four.

La revue débute par les New Avengers. L'équipe est assez mal en point puisque encerclée par les troupes du HAMMER et les Dark Avengers. Mais surtout, Spidey, Cap, Ms. Marvel et les autres doivent abandonner Luke Cage, grièvement blessé. La particularité de ce solide gaillard étant d'avoir une peau impénétrable, l'Infirmière de Nuit (Night Nurse, une jeune fille spécialisée dans les soins discrets pour encapés amochés) n'a rien pu faire pour lui. Il a d'ailleurs plus besoin d'un chirurgien que d'une infirmière, du coup, il est remis aux autorités.
Norman Osborn possédant un draineur de pouvoirs, cela permettrait à une équipe médicale d'intervenir. Ce qui devient urgent puisque Cage ne tarde pas à faire un arrêt cardiaque...
Toujours Brian Michael Bendis au scénario, accompagné par Stuart Immonen au dessin. Deux épisodes plutôt sympathiques et dynamiques, avec pas mal de guests (Iron Fist, Daredevil ou Misty Knight pour ne citer qu'eux). Bien entendu, l'équipe va tenter l'impossible pour localiser puis récupérer Cage. Et accessoirement calmer une Jessica Jones au bord de la crise de nerfs.

L'on passe ensuite à Invincible Iron Man. Même si elle se laisse lire, la série se traîne un peu depuis un moment. En gros, Tony Stark continue d'effacer peu à peu les informations sensibles contenues dans son cerveau (ce qui a la fâcheuse conséquence de lui causer des pertes de mémoire assez graves) pendant que Osborn tente de le localiser. Cette fois, Stark échoue en Afghanistan, le pays des origines d'Iron Man (rappelons que, pour des besoins liés à la continuité, Stark est aujourd'hui censé avoir mis au point sa première armure dans ce pays et non plus au Vietnam). Il assemble péniblement une Mark I mais est repéré par un agent du HAMMER. Le même d'ailleurs qui avait permis l'arrestation de Maria Hill. Et bien qu'il soit au top dans son boulot, l'on ne peut pas dire qu'il prenne bien le fait de devoir livrer l'ex patron du SHIELD.
Le scénario est signé Matt Fraction, les dessins sont l'oeuvre de Salvador Larroca. La douzième et ultime partie de ce long arc est prévue pour le mois prochain.

L'on termine avec Fantastic Four. Il y a changement d'équipe créative étant donné que Millar a terminé son run. Le bilan est d'ailleurs mitigé puisque l'on ne peut pas dire que son passage restera dans les mémoires (l'on est en tout cas loin de la qualité d'un Old Man Logan par exemple).
Ce sont Jonathan Hickman au scénario et Dale Eaglesham aux crayons qui reprennent le flambeau. Quelques bizarreries graphiques tout d'abord. Bien que le dessinateur soit plutôt doué, il donne parfois une apparence étrange aux personnages. Sue a l'air un peu jeune comparée à Reed, mais c'est surtout Johnny Storm qui est le plus surprenant. Ce dernier s'est vu doté de bras énormes, du genre Luke Cage. Rappelons que pourtant, il a plutôt une morphologie comparable à celle de Peter Parker. Bon, ceci dit, rien de bien méchant.
Le récit est centré sur Reed et son obsession de changer le monde. Il va pour cela rejoindre une sorte de mini-réalité peuplée de tonnes de versions alternatives de lui-même (ce qui rappelle vaguement certains épisodes de Supreme d'Alan Moore).
Un gros trip métaphysique qu'il est difficile de juger en un seul chapitre. A suivre en espérant que Hickman tiendra sa promesse d'emprunter des voies jusqu'ici inexplorées.

Un mensuel globalement bon et, contrairement à ce que pourrait laisser penser la cover très arachnéenne, peuplé d'un grand nombre de personnages.

ps : je vais me permettre une petite annonce personnelle. A la fin des années 90, les éditions Dynamic Visions ont sorti l'intégrale, en quatre parties, du manga Goldorak (Grendizer), sous le titre Ufo Robot Goldorak. Ayant trouvé les deux premiers (enfin, le #2 c'est sûr et le #1 quasiment), j'aimerais mettre la main sur les tomes #3 et #4.
En bon état bien sûr, et à un prix raisonnable.
Si jamais vous avez des pistes, n'hésitez pas à me contacter, par mail ou dans les commentaires.
Merci d'avance. ;o)

pps : finalement, je recherche également le numéro #1. Arf...