31 octobre 2010

Fermeture de Univers Marvel & autres Comics

Je viens de voir que Claire, de Comixity, me comparait à Rivière sur un forum et balançait des trucs plus ou moins vrais sur moi (que j'avais mis en cause sa profession dans un mail, ce qui est vrai, que j'avais tenu des propos misogynes, ce qui est faux). J'ai pensé un temps publier les mails, mais ça ne servirait à rien.
J'en ai assez, je jette l'éponge.
Je n'ai plus envie de m'épuiser à combattre tout et tout le monde.
Je m'amusais au début sur ce blog, aujourd'hui, je ne m'amuse plus.
Certains pensent même que je souhaite être "reconnu" ou prétendre je-ne-sais-quoi par rapport à ce que je tentais de faire ici. Cela n'a jamais été le cas.
J'ai insulté des gens en commentaires ?
Oui, c'est vrai. Je ne suis pas parfait et j'ai un caractère de merde.
Mais je ne suis ni mégalo, ni misogyne.
Comme me l'a dit un journaliste il y a peu, "j'ai ma conscience pour moi".
La mienne est intacte. Cela ne veut pas dire que je n'ai jamais dérapé ou que je sois parfait, je n'ai jamais revendiqué autre chose que des chroniques honnêtes. Ou tendant vers l'honnêteté.


J'en reste donc là au niveau de ce blog et du net.
Pour les commentaires, je les validerai tous, alors lâchez-vous, c'est le moment de m'assassiner et de dire tout le "bien" que vous pensez de moi (je précise que je ne validerai pas les commentaires injurieux qui ne me concerneraient pas).

Je continuerai à lire dans mon coin et surtout à travailler et écrire. Mais le Net est une page qui se tourne pour moi.
Je précise que tout propos qui surviendrait subitement sous mon pseudo, sur un blog ou un forum, ne sera pas de moi. J'arrête aujourd'hui de m'exprimer publiquement sur le Net (mais évidemment, tous les gens avec qui je suis en contact peuvent toujours me joindre par mail).

Enfin, je précise que, oui, il s'agit d'une fuite. Je fuis la médisance, le mensonge et les habitudes déplorables des internautes. Je n'ai plus l'envie de consacrer une partie de mon temps et de mon énergie à me défendre ou rétablir la vérité. Surtout quand les attaques viennent de gens avec qui j'ai certes eu des mots, mais que je continuais à considérer comme respectables.
Je vous laisse avec Thomas et vous souhaite une bonne continuation.



Edit : 02/11/2010 - Après en avoir parlé avec quelques amis, et suite à diverses demandes, je pense que je vais laisser les chroniques et dossiers en ligne, sous forme d'archives. Il n'y aura plus de nouveaux articles, mais les anciens seront donc toujours consultables. Prenez-les pour ce qu'ils sont : des textes que j'ai voulu honnêtes mais qui restent, par nature, imparfaits.
La possibilité de laisser des commentaires sera désactivée en fin de semaine.

Je remercie sincèrement toutes les personnes qui m'ont adressé des témoignages de sympathie. J'en suis très touché.

Je laisse les derniers mots de ce blog à un auteur qui, déjà en son temps, avait compris qu'il valait mieux rire de certaines habitudes détestables et immuables plutôt que d'en souffrir.

"Contre la médisance, il n'est point de rempart."
Molière

Echo : Course-Poursuite

Sortie du troisième tome, intitulé Course-Poursuite, de la série Echo.

Après l'explosion en vol d'un étrange prototype au dessus du désert du Nevada, Julie se retrouve dotée de pouvoirs incontrôlables venant d'une plaque de métal liquide collée à son corps. Poursuivie par les personnes à l'origine de ce projet mais aussi par la Sécurité Nationale, la jeune femme n'a pas d'autre choix que la fuite.
Aidée par Dillon, le petit ami de la pilote tuée dans l'explosion, elle cherche à en savoir plus sur les effets de cette combinaison improvisée. Elle ne peut l'ôter et rien ne dit que cela se révèlera sans danger sur le long terme.
Pourtant, Ivy Raven, un agent gouvernemental qui la traque tout en tentant de la protéger, prend connaissance de bien curieuses données au sujet de l'ADN de Julie. Non seulement cette dernière porte maintenant en elle ce qui reste d'Annie, vaporisée dans l'explosion du prototype, mais il semblerait que les effets de cette modification génétique soient plus bénéfiques que prévu.
Malheureusement, Ivy doit se rendre d'urgence au chevet de sa petite fille, laissant pour un temps Julie sans protection. Pendant ce temps là, quelque part, un dangereux individu rode en tuant ceux qui croisent sa route. Lui aussi a été affecté par le projet phi. Et s'il n'a plus toute sa tête, il semble particulièrement efficace lorsqu'il s'agit de semer la mort et la désolation...

Suite de cette série (cf le premier tome) écrite et dessinée par Terry Moore, auteur notamment de Strangers in Paradise. Ce volume contient les épisodes #11 à #15 et s'avère aussi plaisant que les précédents. Graphiquement, c'est du noir et blanc, avec un style fin et expressif. Les visages des personnages féminins sont particulièrement réussis.
D'ailleurs, tout comme dans SiP, Moore met en scène des femmes très éloignées des stéréotypes habituels. Parfois fragiles et touchantes, elles se révèlent également implacables, fortes et ingénieuses. Outre un récit très axé sur l'action, le paranormal et un vaste complot scientifique aux ramifications passionnantes (l'on évoque notamment le fameux Nombre d'Or, présent dans la musique, les maths, la physique, la biologie, et pouvant se retrouver aussi bien dans les spirales logarithmiques des coquillages que celles des galaxies, l'on peut le retrouver également dans les fleurs ou certains phénomènes aléatoires comme... les poussées démographiques ou les cours de la bourse !), l'auteur s'attèle à décrire des personnages fouillés et crédibles. Il en ressort une véritable humanité, faite de failles tout autant que de petits moments d'humour. Même la soeur de Julie, souffrant de graves traumatismes psychologiques, n'est pas uniquement décrite comme une malade qui ne peut attirer que l'apitoiement, mais, bien au contraire, comme une personne à part entière, pouvant susciter rires (non moqueurs) et même désir. Et quoi de mieux pour un personnage que de ne pas être figé dans un seul rôle ?
Bref, un pur régal à lire.

Le titre est édité par Delcourt au prix de 13,50 €. Couverture souple. Les covers originales et un croquis complètent l'ouvrage. Le tout traduit sans faux pas par Anne Capuron.

Divertissant tout autant qu'intelligemment écrit, Echo confirme ses promesses.
Difficile de ne pas succomber au charme simple et sans artifice de personnages féminins à la profondeur indéniable.

"Qui ferait naître un enfant dans un monde peuplé de gens comme nous ?"
Foster, sous la plume de Terry Moore.

- Pourquoi c'est toi qui conduis ?
- Parce que t'es encore dans les vaps d'avoir été... mort.
- Ça se tient.
Dillon et Julie, sous la plume de Terry Moore.

29 octobre 2010

Superman & Batman vs Aliens & Predator

Gros casting pour la dernière publication en date de Soleil US Comics, avec Superman & Batman vs Aliens & Predator.

Une équipe de vulcanologues disparaît brutalement lors d'une expédition ayant pour but le Viejo Abuelo, au Pérou. Clark Kent est alors prié de se rendre sur place afin de voir de quoi il retourne. Là, il ne tarde pas à tomber sur Batman. Ce dernier a suivi une piste, depuis Gotham, qui devrait le mener à de dangereux Predators.
En effet, toute une colonie de ces habiles chasseurs semble s'être établie sur terre voici plusieurs millénaires. Enfouis dans les profondeurs de cavernes proches du volcan, personne n'a jamais jusqu'alors remarqué leur présence. Pour corser encore l'affaire, les Predators ont amené avec eux quelques Aliens afin de perpétuer leurs rites d'initiation à la chasse.
Alors que le volcan se réveille et que l'IDT (Initiative de Défense Terrestre) souhaite raser la zone à coups de missiles nucléaires, Superman et Batman vont devoir mener ce qui ressemble fort à une opération de secours pour venir en aide à deux des plus dangereuses espèces de l'univers !

Difficile d'additionner plus de franchises que sur ce titre à l'aspect tout de même très tape-à-l'oeil. Pourtant, la rencontre aiguise forcément la curiosité. Elle est mise en scène par Mark Schultz et dessinée
par Ariel Olivetti (que l'on avait vu à l'oeuvre entre autres sur Cable ou Punisher War Journal). Graphiquement, c'est plutôt joli même si l'on peut regretter un aspect parfois un peu trop "lisse" ou froid. Mais bon, certaines scènes en pleine page font quand même leur petit effet.
Le récit est assez basique et ne s'embarrasse pas de personnages fouillés ou de véritable tension dramatique. Les deux héros ne semblent jamais réellement en danger, et les sales bestioles passent finalement plus pour des espèces en voie de disparition qu'il faudrait protéger que pour une menace ultime. Ou alors ça vient du fait que Sigourney et Schwarzy étaient de gros nullards, parce que eux, ils ont un peu plus galéré quand même. ;o)
Il y a bien une tentative moralisatrice à la fin, où le concept de no kill est récompensé, m'enfin, même Batman semble plutôt ronchonner pour la forme et demeure anormalement conciliant.

On l'aura compris, il s'agit là d'une rencontre soignée esthétiquement mais à l'ambition narrative réduite. Voir des personnages issus d'univers si différents se rencontrer est toujours amusant et presque maintenant une coutume (cf Batman vs Predator ou Green Lantern vs Aliens chez Wetta), mais l'on aurait aimé un peu plus de profondeur ou même d'humour.
Si l'on ne s'ennuie pas réellement, il sera toutefois difficile d'être durablement marqué par cette accumulation de licences.




28 octobre 2010

Comics Place : l'ambulance se transforme en corbillard

Après avoir tenté de nous donner des leçons de déontologie et de journalisme, Thomas Rivière pratique le chantage et le révisionnisme.

Au départ, c'est quelqu'un qui énerve. Puis, il est tellement ridicule qu'il parvient à faire rire. Mais passé un certain stade, l'on ne rit plus du tout.
Tout commence par un mensonge (un de plus), lorsque Thomas, administrateur du site Comics Place et fondateur de la bien jeune mais déjà si réputée maison Merluche, se proclame "fer de lance" du french comics, et même "précurseur". C'est bien sûr faire peu de cas du travail acharné de passionnés qui, depuis des années, tentent de bâtir un univers artistique cohérent et à la hauteur des attentes des lecteurs.
Lorsqu'on lui fait remarquer, Thomas n'apprécie pas. Il gesticule, crachote, sautille sur place et finit par se tirer une nouvelle balle dans ce qui lui reste de pied. Car sa dernière trouvaille a été de modifier l'article qu'il avait posté sur Le Patrouilleur de Pierre Minne. Alors qu'au départ il "soutenait" l'oeuvre et incitait à l'acheter, Thomas réécrit le passé suivant sa convenance afin de faire coïncider opportunisme ancien et haines actuelles. Comics Place n'a ainsi plus rien à envier à un Ministère de la Vérité d'un certain Orwell. Et sans aucune objectivité, une oeuvre pourtant respectable est ainsi jetée aux orties.
Tout le monde s'en offusque - avec raison - et du coup Thomas supprime tout simplement l'article.
Voilà donc un exemple du sérieux de ce blog autoproclamé numéro #1.
Numéro #1 de quoi, je n'ose le dire...

Ce n'est pas tout. Car Thomas a une particularité : une fois qu'il a touché le fond, il creuse encore.
Pour faire cesser la vague d'indignation que son attitude a provoquée, il n'a rien trouvé de mieux que... le chantage. La grande classe quoi.
Monsieur Rivière a donc décidé de mettre tout le poids de sa supposée influence dans la balance en menaçant de boycotter Wanga, un petit éditeur tout à fait méritant dont on a déjà parlé ici et qui publie entre autres... Le Patrouilleur. Il a déjà mis ses menaces a exécution puisque, après avoir posté un article sur Les Nouveaux Gardiens (dernier titre en date de Wanga), il l'a supprimé dans un accès de rage et de mégalomanie.
Je vous laisse imaginer le ressenti des auteurs dont le travail est ainsi pris en otage par un illuminé.

Est-ce là un site sérieux ? Un comportement responsable ? Est-ce que ce petit Benito d'opérette représente vraiment les auteurs et lecteurs qui sont impliqués dans la pop culture et les comics ? J'ose espérer que non.
Heureusement, ce que Thomas ne comprend pas, c'est que les lecteurs de son site ne sont pas des moutons. Et bien qu'il le souhaite ardemment, ils ne sont pas les adeptes d'une secte dont il serait le gourou.
Wanga ne mourra pas parce que Thomas, dans un dernier sursaut capricieux, l'a décidé. Et Le Patrouilleur ou Les Nouveaux Gardiens ne vont pas se transformer subitement en crottin de cheval. D'une part parce que Thomas n'est pas Wanda Maximoff, d'autre part parce que, pour avoir une réelle influence, il faut être crédible. Et la crédibilité ne se gagne pas en éructant, ni en méprisant ce que l'on est censé aimer et défendre, mais en travaillant.

Tout cela fait presque penser à une fable.
A l'histoire d'une petite grenouille, enivrée par le pouvoir et s'amusant à faire régner la terreur autour de sa mare. Tous les animaux de la forêt ont besoin d'aller boire de temps en temps, alors la grenouille se sent importante. Elle flatte les sangliers, crache sur les écureuils, décide qui boira beaucoup ou peu. Ou pas du tout.
Les animaux, parce qu'ils sont par nature bons et sans malice, finissent par la craindre. Après tout, elle est la gardienne de la mare. Cette si précieuse mare dont il parait que l'eau est la plus désaltérante. C'est elle qui le dit, ce doit être vrai. Même les loups finissent par regarder la grenouille avec déférence. Car l'eau est précieuse et, dans leur esprit, la grenouille est devenue l'eau.
Et puis un jour, un petit lapin se rend compte que l'eau a un arrière-goût. Quelque chose de sale, sombre et ancien. La grenouille, goguenarde, bannit aussitôt le lapin. Car nul n'a le droit de remettre en cause la qualité de la mare. Le lapin s'en va alors boire ailleurs. Au début, il est triste. Parce qu'il est seul. Mais il est bientôt rejoint par une biche, un castor, un hibou... ensemble, ils découvrent que l'eau de la rivière est meilleure que celle de la mare. Elle est plus fraiche, plus vive, plus pure. Ils ne s'en portent que mieux et deviennent plus fringants. Les voyant ainsi heureux et libres, les adeptes de la mare s'en vont peu à peu les rejoindre. La grenouille tente alors désespérément de les retenir. Sans eux, que serait-elle ? Mais au lieu de les caresser ou de leur sourire, elle hurle et menace. Elle critique les plumes et les poils, tente d'arracher les becs et les griffes, essaie d'amener la discorde au sein des meutes et des terriers.
Si bien qu'à la fin, elle se retrouve seule, régnant sur une eau croupie dont plus personne ne veut.

Il y a deux morales à cette histoire. La première c'est que parfois, à force de boire de la saloperie, on n'en sent plus le goût véritable.
La seconde c'est qu'une grenouille, ça se bouffe.



ps : Groupe facebook de soutien pour le retour de Pierre Minne, dont le compte a été supprimé suite aux agissements de Rivière.

27 octobre 2010

Ultimo : Stan Lee se met au Manga

Une petite curiosité avec Ultimo, un manga qui sort demain et dans lequel l'on peut retrouver... Stan Lee !

Les karakuridôji sont des créatures mécaniques, à l'apparence d'enfants, qui ont été créées au XIIème siècle par le professeur Dunstan. Ce dernier tente en effet à travers eux de se livrer à une expérience assez étrange sur la véritable nature du Bien et du Mal. Les deux pantins animés - et particulièrement bien armés - sont ainsi liés à l'un ou l'autre de ces concepts. Ultimo est conçu pour être un ambassadeur du Bien alors que son exact opposé, Vice, est totalement voué au Mal. Dans leur quête, ils se lient à des maîtres auprès desquels ils apprennent et s'améliorent sans cesse, perfectionnant leurs techniques et les notions qui les animent.
De nos jours, à Tokyo, le jeune Yamato a complètement oublié l'anniversaire de la jolie Makoto. Il se précipite chez un antiquaire et tombe sur une sorte de mannequin conçu dans une matière inconnue. Un nom lui vient alors à l'esprit : Ultimo !
Rapidement, Yamato va être embarqué dans une histoire de vies antérieures et de lutte ancienne qui le dépasse complètement. Il va pourtant falloir qu'il se rende à l'évidence... les karakuridôji sont de retour pour un affrontement qui permettra enfin de révéler la vraie nature de l'Homme.

On le sait un peu cabotin, mais il faut avouer que Stan Lee arrive encore à nous surprendre. Il participe à cette série nippone de deux manières. D'une part, il co-scénarise (dans les faits, comme à son habitude, il apporte essentiellement le concept de départ), d'autre part, il est présent en tant que... personnage. Le vieux Dunstan, c'est lui. Le récit est écrit dans les détails par Hiroyuki Takei, qui signe aussi les dessins.
L'ouvrage commence par un petit speech de Stan qui pose en yukata (une sorte de kimono) à motif d'araignée. Il a fière allure le bougre, on dirait monsieur Miyagi. ;o)
Alors, plus sérieusement, je ne suis pas un grand fan de manga, il a donc fallu que je fasse abstraction de tout ce qui m'ennuie dans ce genre (petit format, noir & blanc, sens de lecture stupidement inversé) pour m'intéresser vraiment à l'histoire. Celle-ci repose sur une idée intéressante, les fameux karakuridôji étant plutôt charismatiques et esthétiquement réussis. Pour l'instant malheureusement, ce premier opus se limite surtout à des combats, parfois brouillons donc peu spectaculaires, au détriment du développement des personnages qui restent encore ici à l'état d'ébauches.
L'on retrouve des éléments qui ne surprendront pas les habitués des séries japonaises, comme des noms de techniques de combat assez exotiques ou diverses transformations. Ce n'est jamais ennuyeux, ça se lit même vite, mais l'on aura tout de même du mal à trouver quoi que ce soit de révolutionnaire là-dedans.

La série est éditée par Kazé, ce volume contient une annexe avec une courte présentation des personnages principaux.

Une curiosité qui vaut surtout pour l'union improbable d'une légende des comics et d'un mangaka réputé.
Le résultat est (pour l'instant) sympathique, sans plus.

26 octobre 2010

Réponse aux accusations et pleurnicheries de Thomas Rivière

Suite à un article sur les French Comics dont je suis l'auteur et qui a été publié dans le magazine Geek, Thomas Rivière se plaint de ne pas voir Anonyman être cité (cf son post). Petite explication.

D'une part, aucune oeuvre n'est incontournable, je trouve même assez hallucinant qu'une personne qui s'est bombardée auteur et éditeur puisse avoir la prétention d'être un "précurseur" (ce qui est faux, Rivière n'a pas inventé le french comics, évidemment, et ce n'est pas non plus le seul à être distribué dans les réseaux professionnels, contrairement à ce qu'il prétend).
D'autre part, mon travail a consisté à mettre en avant ce qui me semble être les oeuvres les mieux conçues et les plus représentatives de la vague de publications de qualité qui se dégage ces derniers temps. Cette qualité est totalement absente d'Anonyman, de l'aveu même de son co-scénariste, Alexandre Bouscary, qui m'a notamment dévoilé les "méthodes" de travail de Rivière, méthodes tout aussi violentes et condescendantes que ses habitudes sur le Net. Cela représente tout ce que je déteste dans l'édition : une vue à très court terme, un mépris évident du lectorat, une méconnaissance totale du rôle de l'éditeur qui est réduit ici à un simple imprimeur, et cetera.
Sans parler évidemment de LSA, une véritable catastrophe sur le plan scénaristique et éditorial, que j'avais pourtant chroniquée et qui m'avait valu à l'époque d'être traité de "balai à chiotte" (cf cet article) par Thomas Rivière (selon lui, si l'on ne tombe pas d'admiration devant ce qu'il produit, on est forcément un connard, ça ne l'empêche pas de se plaindre ensuite et de se poser en victime quand on ne parle pas de lui).

Bref, j'avais donc deux solutions :
- parler d'Anonyman pour en dire du mal, parce que c'est mal écrit et qu'une présentation luxueuse ne remplace pas un contenu réellement travaillé (et Rivière se serait plaint)
- ne rien en dire, d'autant que la place qui m'était impartie était limitée et que j'ai déjà dû faire l'impasse sur des oeuvres magnifiques, profondes et travaillées, comme Entre-Monde (et Rivière se serait plaint tout autant, c'est d'ailleurs le cas)
Dans les deux cas, le petit monsieur n'aurait pas été satisfait, j'ai donc préféré mettre à l'honneur ce qui, à mes yeux, en vaut la peine (je développe et explique suffisamment dans mes chroniques les points qui me paraissent intéressants dans chaque oeuvre pour que je ne puisse pas être soupçonné de manque d'impartialité ou de copinage), d'autant que, malgré ce qu'il semble croire, le monde ne tourne pas autour des moindres faits et gestes du très prétentieux boss des "éditions" Merluche.

Enfin, je précise que je travaille évidemment sous la direction d'un rédacteur en chef, qui valide mes articles et n'hésite pas à m'indiquer s'il souhaite que je parle d'un titre en particulier. Ce dernier a notamment, entre autres, insisté sur le fait qu'il lui semblait normal de parler de Strange, publié par Organic Comix, une association qui existe depuis 20 ans et qui figure parmi les véritables précurseurs. De même, dans les comics que j'ai choisi de développer le plus, figurent tout de même des oeuvres comme La Brigade Chimérique et VHB ! Excusez du peu ! Et encore, on a dû couper notamment l'interview de Serge Lehman, qui est un écrivain passionnant à la vaste culture.
Voilà tout de même des séries qui méritent un peu plus d'intérêt qu'un Anonyman écrit à la va-vite pour "privilégier le fun" (Rivière ignore bien sûr que même le fun, ça se travaille). Il ne s'agit donc pas de rancoeur, ni même d'être exhaustif, Geek étant un magazine généraliste, mais de faire découvrir aux lecteurs ce qui vaut la peine d'être lu.
Et puis ça s'appelle aussi un peu la liberté de la presse, c'est fou de vouloir tenter d'imposer sa présence et d'essayer ensuite de discréditer l'ensemble du travail d'un magazine juste parce que l'ego surdimensionné de Rivière n'est pas satisfait.

Donc non, Thomas Rivière et son Anonyman, contrairement à ce qu'il pense, ne sont pas incontournables dans le cadre d'un dossier sur les french comics, notamment parce que l'on trouve dans cette tendance des BD bien plus abouties que la sienne, mais également parce que, humainement, leurs auteurs ont souvent, eux, un comportement adulte et sympathique et ne se mettent pas à traîner les gens dans la boue dès qu'on fait une remarque sur leur travail.

Plutôt que de jouer au gamin capricieux sur son blog, je conseille donc à Rivière de travailler un peu sur ce qu'il publie (même beaucoup vu le niveau d'où il part) et d'éviter d'insulter publiquement les personnes qui prennent la peine de faire de la publicité à ses oeuvres.
Peut-être cela incitera-t-il plus les magazines à parler de lui...

25 octobre 2010

The Stand : American Nightmares

Suite de la saga Le Fléau, de Stephen King, avec un deuxième TPB intitulé American Nightmares.

Le cauchemar est maintenant total. Une pandémie mortelle s'est abattue sur le monde. L'arme bactériologique, particulièrement virulente et échappant au contrôle des militaires, se révèle malheureusement extrêmement efficace. Seuls quelques chanceux semblent naturellement immunisés. Encore que le terme de "chance", dans un monde en ruine, n'est peut-être pas le plus approprié.
Nick Andros se retrouve à garder des cellules dans lesquelles les prisonniers meurent un par un. Larry Underwood est au chevet de sa mère lorsqu'elle agonise. Frannie Goldsmith, enceinte, doit enterrer seule la dépouille de feu son père. Quant à Stuart Redman, il est enfermé. D'abord dans un hôpital militaire, puis dans ce qui ressemble de plus en plus à une prison. Transformé en animal de laboratoire, il accumule les tests.
Et puis il y a cet homme. Le Walkin' Dude. Certains l'appellent Randall Flagg mais son nom a peu d'importance. Il a toujours été là, distillant la haine, attisant le feu, se nourrissant des pires catastrophes. Aujourd'hui, il a repris sa route, marchant même jusque dans les rêves des survivants...

Voici donc le deuxième arc de l'adaptation comics du roman fleuve du grand King. Suite à certaines décisions de Delcourt (cf ce premier tome VF), j'ai choisi de lire la suite en VO. Non seulement parce que le format me paraît mieux adapté, mais surtout parce que la collection entière reviendra beaucoup moins chère, Delcourt ayant choisi de scinder chaque volume (de cinq épisodes) en deux parties, ce qui a pour effet de couper à chaque fois l'un des épisodes et, bien plus grave, de ne pas respecter la manière dont la narration a été pensée. En plus la VO contient quelques bonus que je détaillerai ci-après.
Ne vous y trompez pas, je considère toujours que Delcourt est une maison sérieuse qui se caractérise par un professionnalisme que je ne remets nullement en cause. Mais personne n'est à l'abri de choix hasardeux (ou d'impératifs économiques) et ne pas se montrer complaisant est aussi une forme de respect envers cet éditeur, puisque les nombreux compliments dont on l'abreuve en d'autres occasions n'en sont du coup que plus crédibles. Perso, mais si vous suivez ce blog depuis quelque temps vous devez le savoir, je pense que lorsqu'un travail est bon, il faut le dire, lorsqu'il est moins bon, il faut le dire aussi et essayer d'expliquer pourquoi.
Bref, après ces éclaircissements sur mon "abandon" de la VF, nous passons maintenant au TPB en version originale.

Le scénario est de Roberto Aguirre-Sacasa, les dessins sont de Mike Perkins, la colorisation de Laura Martin. Visuellement, c'est beau, très beau même, bien que l'on puisse, en chipotant un peu, trouver parfois quelques défauts mineurs (dans la position des corps notamment).
Pour ce qui est du récit, on le doit évidemment à King mais le scénariste parvient ici à livrer une adaptation qui tient la route et garde le lecteur en haleine, malgré un recours (quasiment inévitable) à de nombreux pavés de texte explicatifs. L'ambiance du roman est en tout cas fidèlement retranscrite, avec une situation angoissante mais, surtout, des personnages fouillés et touchants. Le passé de Donald (le "trashcan man") est très bien retranscrit, malgré une trop grande ressemblance physique avec le si sympathique Lloyd Henreid.
Mais l'essentiel est là et l'on se laisse prendre au jeu, même lorsque l'on connaît l'histoire. Si le coeur vous en dit et si ce n'est déjà fait, n'hésitez pas d'ailleurs à lire par la suite le roman, forcément bien plus détaillé. Et puis les histoires contées par ce bon vieux Stephen, c'est quand même quelque chose. Par parce que c'est de l'épouvante, mais parce qu'il parvient, avec une facilité hallucinante, à vous impliquer dans les pires saloperies aussi bien que dans les plus beaux moments d'émotion.

Au niveau des spécificités de l'édition VO, il faut signaler, malgré la jaquette, une très belle et luxueuse hardcover. On est loin des jaquettes des Deluxe de Panini qui font office de cache-misères. L'on a droit en plus à une introduction de Ralph Macchio, à une galerie de covers (avec variants), à un petit speech de Perkins sur l'encrage (avec des illustrations en exemple), et à une très intéressante comparaison entre les photos de New York, prises par Perkins lors d'un repérage des lieux, et le résultat dessiné.
Pour moins de 18 euros, frais de port compris (pour 5 épisodes et non les étranges 2,5 de la VF), la balance penche donc très largement en faveur de l'édition proposée par Marvel, d'autant que le niveau d'anglais requis est tout à fait basique.

Un très bon roman, transposé en comics de fort belle manière par Marvel.

Heroclix Watchmen / Web of Spider-Man

On commence la semaine par les derniers Heroclix en date, issus de Watchmen et du Marvelverse.

Que ce soit simplement pour collectionner ou avoir le plaisir de jouer avec Rorschach ou le Hibou, la sortie du box Watchmen était fort attendue. J'ai personnellement opté pour une commande à l'unité (sur cet excellent site texan) que je vous présente aujourd'hui.
Vous verrez dans les photos ci-dessous que le Dr Manhattan a été doté d'un pudique slibard. Les personnages sont plutôt ressemblants et bien fichus. On les trouve en solo ou parfois en tandem (comme le duo Rorschach/Hibou dans l'exemple ci-dessous). Voilà en tout cas de quoi faire rentrer un comic légendaire sur les tables de jeu.

Une nouvelle extension Marvel, intitulée Web of Spider-Man, a également vu le jour il y a peu. Evidemment, elle contient des personnages récents, issus notamment de Dark Reign ou des derniers arcs des différentes séries. Sans surprise l'on trouvera donc un Iron Patriot, Daken ou encore des agents du HAMMER. L'on a également droit à la dernière mouture de X-Force ou à de nouveaux protagonistes issus d'Amazing Spider-Man, comme Anti-Venom ou Menace.
L'univers du Tisseur est bien sûr particulièrement à l'honneur, avec une nouvelle Black Cat, Mary Jane ou encore Morlun, l'un de ses pires ennemis (il lui a quand même bouffé un oeil une fois !).
Un Spidey entoilé à un mur est également disponible (le même existe en version Scarlet Spider) et on a même un Spider-Man version Captain Universe. Cependant, le prix de ce dernier (dans les 50$) étant assez dissuasif, il faudra sans doute compter sur la chance et acheter quelques boosters au hasard pour l'accueillir parmi ses déjà nombreux confrères arachnéens.

Des nouveautés sympathiques - et même les mythiques Watchmen ! - pour enrichir votre collection et, accessoirement, vous ruiner un peu plus.

Galerie

24 octobre 2010

Batman Universe : lancement de Batman & Robin

Une nouvelle série démarre ce mois dans le Batman Universe #3. Une bonne occasion de plonger dans l'univers du Dark Knight ?

Après l'arrêt de la revue Superman/Batman, Panini a lancé un nouveau bimestriel cette fois entièrement consacré au justicier de Gotham. Enième formule pour sortir les séries DC Comics du marasme dans lequel elles sont plongées en France, mais choix également somme toute plus logique que le précédent.
Ce troisième numéro est un peu spécial puisqu'il accueille les premiers épisodes du nouveau titre Batman & Robin. Un bon point d'entrée donc pour les nouveaux lecteurs, même si une petite mise au point est tout de même nécessaire. En effet, depuis Final Crisis, le Batman original est tout simplement considéré comme mort (même si l'on se doute bien qu'il finira par aller mieux d'ici quelques temps). Pour prendre la relève de Bruce Wayne, c'est Dick Grayson, premier Robin et anciennement Nightwing, qui endosse le rôle de Batman. Il est accompagné par Damian Wayne, le fils de Bruce, qui devient le Robin actuel. Donc la série est très ancrée dans la continuité, mais elle met en plus en scène des héros quelque peu inhabituels.

Passé ce petit moment d'accoutumance, il ne reste plus qu'à découvrir cette on-going plutôt prometteuse. Au scénario, l'on trouve Grant Morrison, la partie dessin est assurée par Frank Quitely. Un tandem talentueux à qui l'on doit notamment le sublime We3 paru chez Vertigo. Outre le duo de choc, l'une des particularité de Batman & Robin est de proposer des arcs assez brefs, en trois épisodes, ce qui permet, comme ici, de pouvoir bénéficier d'un récit complet.
Dick et Damian doivent apprendre à bosser ensemble, ce qui n'a rien d'évident, le plus jeune étant doté d'un caractère assez spécial. Et en plus d'être accompagné par un peu sympathique Robin, Dick doit également faire face à ses propres doutes quant à ses capacités à succéder à Bruce. C'est dans ce contexte que le binôme devra affronter un professeur Pyg qui se révèle aussi grotesque qu'effrayant. Cette intrigue plutôt réussie et de belles planches permettent à la série de faire des débuts tout à fait honorables.

Le quatrième épisode de la revue est tiré de l'historique série Batman. Il s'agit également du début d'un nouvel arc, intitulé Long Shadows, et dans lequel interviennent le Pingouin ou encore Pile-ou-Face. Bien entendu, le Batman mis en scène reste toujours Dick Grayson.
Le scénario est écrit par Judd Winick et les dessins sont l'oeuvre de Mark Bagley (dont on n'a pu longtemps admirer le travail sur Ultimate Spider-Man). Là encore ce premier chapitre est agréable à lire et reste parfaitement cohérent par rapport à la saga qui le précède.
Enfin, il faut savoir que Batman Universe passera bientôt (en 2011, dès le numéro #5) à cinq épisodes (110 planches) au lieu des quatre actuels (88 planches). Panini compte ainsi combler un peu son retard sur la VO, ce qui n'est tout de même pas gagné avec un titre paraissant tous les deux mois. Reste à espérer que l'accueil soit favorable, la qualité étant, elle, au rendez-vous.

Les deux séries étant accessibles et parfaitement compréhensibles, même pour des novices, si vous n'aviez jamais sauté le pas, voilà le moment idéal pour vous lancer dans l'univers de Batman et les ruelles de Gotham.

ps : petit bonus avec cette vidéo retraçant l'évolution du logo de Batman.

23 octobre 2010

Rex Mundi : Le Fleuve Souterrain

Suite de l'enquête du Dr Saunière dans le deuxième volume de Rex Mundi qui nous plonge dans des secrets et conspirations remontant aux croisades.

Après le meurtre de l'un de ses amis, et le vol d'un étrange parchemin médiéval, Julien Saunière poursuit ses investigations afin de démasquer les coupables. Il découvre alors l'existence d'une très ancienne société secrète, liée notamment aux Templiers. Le danger est grand car la Sainte Inquisition, très puissante dans la France des années 30, n'apprécie guère qu'un simple médecin se mêle ainsi des affaires de l'Eglise.
Saunière avance pourtant à grands pas. Ses découvertes s'accumulent, toutes plus étranges les unes que les autres. Une réplique du temple de Salomon dans les égouts de Paris, le prieuré de Sion, un code secret et même le Saint Graal ! Tout cela semble mener à un seul homme ; David-Louis Plantard de Saint-Clair, le puissant et influent Duc de Lorraine.
Ce dernier vient d'ailleurs de réussir un coup politique de premier plan en ralliant, pour la première fois dans l'Histoire, la chambre des Robes à la cause de la chambre des Epées. L'autorité du roi est défiée, les projets martiaux du Duc semblent soudainement devenir plus concrets et pourraient bien entraîner l'Europe entière dans la guerre.
Et si, derrière ses machinations politiques, l'ambitieux Lorraine cachait un secret bien plus terrible encore ?

Après un premier tome très réussi, l'on se replonge avec grand plaisir dans cette uchronie ambitieuse alliant polar et thriller politico-religieux. Toujours Arvid Nelson au scénario et Eric Johnson au dessin. Graphiquement, l'on reste dans une ambiance visuelle sombre et inquiétante, avec des ruelles et cimetières plongés dans la pénombre et la brume. Plutôt joli.
L'intrigue se développe peu à peu, les révélations et les nouveaux mystères qui en découlent s'accumulant à un bon rythme. L'univers en lui-même demeure aussi fouillé et cohérent, avec toujours la présence des fameux articles de journaux permettant d'approfondir certains sujets (comme l'organisation de l'église ou le fonctionnement de l'assemblée nationale) ou de placer quelques faits divers parodiques. L'on retrouvera par exemple, dans la rubrique "mondanités", les frasques d'une certaine Paris Huguet-Renoir, riche héritière d'un empire hôtelier, ou encore le mariage rapide - et aussi vite annulé - de la jeune chanteuse Brittany Feuillère avec l'un de ses amis d'enfance. Toute ressemblance avec certaines pintades médiatiques n'est peut-être pas si fortuite que ça. ;o)
Mais pas de méprise, il ne s'agit là que de rares petits clins d'oeil et le reste de l'ouvrage est plus sérieux et continue de mélanger faits historiques et complots sulfureux.

Pour ce qui est des suppléments, l'on trouvera une préface de Scott Allie, la carte déjà présente dans le tome #1, une galerie d'illustrations et une histoire courte de cinq planches. Quant à la traduction, elle est impeccable. La suite est prévue pour janvier 2011.

Une saga palpitante et fort bien pensée dont l'intérêt ne faiblit pas.

22 octobre 2010

Superman : La Nouvelle Krypton

La collection Big Books accueille ce mois Superman : New Krypton, un crossover dans lequel l'homme d'acier retrouve, non sans heurts, quelques-uns de ses compatriotes.

Superman vient de perdre son père adoptif. Contre la peine, ses pouvoirs ne peuvent rien. Seule consolation, la cité de Kandor est maintenant sauvée. Cette dernière avait été miniaturisée par Brainiac, mais en faisant échouer les plans du criminels, Supes a permis à la ville d'échapper à son emprise.
La cité, ayant retrouvé sa taille normale, se dresse maintenant non loin de la forteresse de solitude. Elle abrite près de 100 000 kryptoniens. Et chacun d'entre eux va se voir doté des mêmes pouvoirs que Superman. Mais alors que le héros a eu des années pour apprendre à les maitriser et pour étudier les humains et leur complexe mode de vie, ces nouveaux supermen n'ont pas cette chance. Ils se retrouvent surpuissants, dans un monde inconnu dont ils ne comprennent pas les règles. Bientôt, la méfiance s'installe dans la population. Et si ces milliers de surhommes décidaient d'envahir cette planète ?
Lorsque les premiers incidents éclateront, Superman devra choisir entre sa propre civilisation et l'héritage laissé par un homme qui a fait de lui non pas simplement quelqu'un de fort, mais quelqu'un de juste.

Superman n'est pas un personnage très évident à aborder. Trop puissant, dégoulinant d'une morale simpliste et portant un costume relativement ridicule, il symbolise presque à lui seul les stéréotypes et excès du genre super-héroïque. Pourtant, lorsqu'il est correctement écrit, il peut devenir émouvant (Superman : For All Seasons) ou même quelque peu ambigu (Superman : Red Son). Tout étant en fait une question de scénariste et d'interprétation, la présence de Geoff Johns (Green Lantern Corps : Recharge, Green Lantern : The Sinestro Corps War) est plutôt de nature à rassurer le lecteur craintif. Il est accompagné par James Robinson et Sterling Gates.
Au dessin, il y a beaucoup plus de monde : Gary Frank, Pete Woods, Renato Guedes, Jamal Igle, Jesus Merino, Leno Carvalho, Steve Scott, Pere Perez et Jorge Correa Jr. Ce grand nombre d'intervenants s'explique par les séries impliquées dans l'histoire, les épisodes étant tirés de Action Comics, Superman, Supergirl, Adventure Comics et quelques numéros spéciaux. Graphiquement, le résultat reste relativement homogène et positif, avec des planches élégantes et soignées.

Le récit, même s'il reste compréhensible, fait référence à de nombreux évènements passés et implique plusieurs personnages secondaires pas forcément très connus. De plus, même s'il s'agit d'un arc "complet", le final reste très ouvert et manque cruellement d'une véritable conclusion. Tout cela rend l'ouvrage un peu moins accessible que les exemples cités plus haut. Il ne manque cependant pas d'intérêt. L'arrivée en masse de kryptoniens aux méthodes parfois bien expéditives s'avère une bonne idée, qui aurait peut-être d'ailleurs demandé à être plus exploitée. L'émotion est aussi au rendez-vous, avec un Superman bouleversé par la disparition d'un être cher. Enfin, l'enquête menée par Jimmy Olsen donne un petit arrière-goût de polar à l'ensemble qui n'est pas désagréable.
Malgré des qualités indéniables, la saga possède des limites naturelles inhérentes au fait qu'il s'agit d'un morceau de vie, arraché à la continuité, qu'il est difficile d'apprécier réellement sans le remettre dans son contexte et donc sans chercher à en savoir plus. Or, suivre la suite s'avère presque impossible étant donné, naturellement, que tout ne paraît pas en librairie et que les mensuels kiosque réservés à DC n'en sont plus là et sont, de toute façon, de moins en moins nombreux. Pas évident de déterminer quel public est alors visé (sans doute aucun, comme souvent avec Panini). Pour les nouveaux lecteurs, il ne s'agit pas d'un point d'entrée si évident que ça, et les complétistes ont dû déserter la VF depuis longtemps...
Notons, enfin, la traduction tout à fait correcte de Jérôme Wicky. J'avoue que j'aurais eu du mal à résister deux fois de suite au style coulombien.

Des épisodes plutôt agréables et bien réalisés mais qui, pris isolément, perdent de leur intérêt.

21 octobre 2010

Spider-Man : Intégrale 1980

Sortie hier du tome #21 des Intégrales Spider-Man, avec toute la production de l'année 1980. Et si je vous dis qu'une certaine Geneviève est en charge de la traduction, vous aurez vite compris qu'il faut vous attendre au pire.

Au sommaire de ce volume, douze épisodes d'Amazing Spider-Man (du #200 au #211), plus un annual, dessiné d'ailleurs par Frank Miller. A l'écriture, l'on va retrouver Marv Wolfman, Denny O'Neil ou encore David Michelinie. Parmi les dessinateurs, l'on peut citer Keith Pollard, John Romita Jr, Jim Mooney ou John Byrne.
Pas forcément l'année la plus palpitante pour le Tisseur. On commence avec un petit affrontement l'opposant au malfrat ayant naguère tué son oncle. Par la suite, Spidey va devoir faire face à Mesmero, Kraven, Fusion ou le très kitsch Luminex. Parmi les guests, l'on notera la présence du Punisher et de Black Cat, ainsi qu'une très courte apparition de Spider-Woman.
Rien que du très classique en somme, avec l'habituelle tantine souffreteuse et un Peter Parker qui voit sa vie sentimentale être contrariée par son activité de justicier costumé. A cette époque, il flirte d'ailleurs avec Debbie Whitman, une fille plutôt insipide mais à la patience infinie si l'on en juge par le nombre de fois où Parker la plante.

Rien d'extraordinaire donc dans cet ouvrage si ce n'est qu'il est presque intégralement traduit par la Gengis Khan du Verbe, l'Ultimate Translator ayant donné des sueurs froides à toute une génération de lecteurs, je veux bien sûr parler de l'inestimable Geneviève Coulomb (dont on peut admirer les frasques dans X-Men Forever, Le Rédempteur ou encore X-Men : The 198). C'est elle, entre autres, qui traduit 9/11 par "9 novembre" ou qui tente régulièrement de créer ses propres expressions.
On commence par les fautes habituelles. En vrac, l'on trouve un joli "le Punisher m'a tiré à balles anesthésiantes", un très bon "il faut que je le fasse parler... de façon ou d'autre", mais aussi "je ne meurs pas si pour si peu", "que dal", "la vielle", "s'enlève" à la place de "s'élève", bref, je n'ai pas tout relevé. Si l'on ajoute à cela les erreurs de ponctuation et une impression très moyenne avec parfois un encrage qui bave, ça donne déjà une bonne idée du professionnalisme de Panini.
Par contre, sans que cela soit réellement des erreurs sur le plan de la syntaxe, il faut tout de même évoquer le style ahurissant choisi par Coulomb. Les récits se déroulent en 1980, mais on a l'impression d'être dans le Paris d'avant-guerre ! Petite sélection des termes et expressions employés à longueur de planche par notre traductrice expérimentale : "tu mords le topo !", "mon rigolo" (en parlant d'un flingue), "le schnick", "rachtèque", "foutraque", "je suis allé piquer l'artiche", "le môme Parker", "je galéjais pas", "arsouille" et un "chmilbliz" sorti de nulle part et qui doit vaguement être inspiré par le célèbre schmilblick. En fait, elle est en train d'écrire un dictionnaire d'argot des années 30 !
Du coup, lorsque Laurence Belingard prend les commandes pour le dernier épisode, on a l'impression de faire un bond dans le temps. Le soulagement est immédiat mais difficile de se satisfaire de ce revirement tardif, surtout avec un prix aussi élevé (28 euros) et des covers réduites.

D'un point de vue (involontairement) comique, c'est très réussi. D'un point de vue éditorial, c'est à peine croyable, on touche vraiment le fond. Jamais un travail pareil ne serait validé par un véritable éditeur.
Du Panini dans toute sa splendeur.

20 octobre 2010

Supermarket : pas si super que ça...

Le nouveau Brian Wood, qui sort en France dans deux jours, s'intitule Supermarket et s'intéresse à la société de consommation et... aux yakuza !

Pella Suzuki est une adolescente un peu rebelle, consciente de son époque et dégoutée par une société injuste où l'argent est roi, où la consommation est une valeur, où tout est synthétique et industrialisé. Elle est également issue d'un milieu aisé et profite de la situation de ses parents.
Facile de donner des leçons lorsque l'on vit dans une confortable bulle.
Mais tout va vite devenir bien plus compliqué pour Pella le jour où elle rentre chez elle et découvre ses parents assassinés.
Tout s'effondre alors. Plus d'adultes pour la protéger, plus d'argent pour garantir son train de vie, plus de maison même, car les mafieux qui ont tué ses proches sont sur sa trace.
Livrée à elle-même, la jeune fille va apprendre que ses géniteurs faisaient en fait partie d'un programme de protection des témoins. En clair, c'était d'anciens criminels. Comme héritage, ils lui ont laissé quelques conseils préenregistrés et une bande de yakuza qui veulent la transformer en sushi.
Pour une fois, elle a maintenant une bonne raison de se plaindre...

Supermarket fait partie de ces comics ultra courts (dans le genre, j'aurai l'occasion de vous parler de Red, de Ellis) qui laissent un peu le lecteur sur sa faim. Le scénario est signé Brian Wood (Northlanders, DMZ), les dessins sont de Kristian Donaldson. Graphiquement, cette brève histoire ne manque pas de charme. Couleurs vives et acidulées, paysages urbains fouillés et écrasants, scènes dynamiques et personnages typés permettent de se plonger dans cet univers avec un réel plaisir visuel.
Au niveau du récit, l'impression est plus déroutante. Je n'ose croire qu'il s'agit d'une réelle critique de la société de consommation, car elle serait alors si simpliste et peu pertinente qu'elle correspondrait en fait à l'analyse... d'un enfant. Il faut espérer du coup que Wood fasse parler son personnage à travers lui et non l'inverse. Ceci dit, la ville à la fois uniformisée et compartimentée, régie par l'économie et les gangs, est plutôt bien représentée. L'on notera notamment cet épouvantable empilement vertical de restauration rapide, avec de fort drôles références, dans les noms des snacks, à certains films bien connus (Grill Bill, Food Club...).

Malgré tout, l'on ne peut s'empêcher d'avoir l'impression que l'essentiel est un peu bâclé et que l'auteur ne sait guère où il veut aller. Tout est caricatural et réduit au strict minimum, que ce soit la pègre, Pella elle-même, ou encore les relations entre les personnages. La chute est à la mesure du reste : rapide et peu satisfaisante.
En tant que polar, l'ouvrage est trop peu abouti, en tant que brulot anti-consommation, il frise le ridicule. Reste une ambiance agréable, pour l'essentiel due à Donaldson, et des remises en question certes intéressantes mais trop peu développées. Au final, Supermarket possède les défauts qu'il semble dénoncer : du vite-fait, vite-lu, vite-jeté, prêt-à-consommer flashy mais sans véritable socle narratif solide.

Un comic comparable à une glace italienne, le mélange de vanille et de fraise fait illusion un temps, mais quand on arrive au cornet, sec et sans goût, l'on se rend compte que ce n'est pas si bon que ça.
Sortie : 22 octobre.

Geek : la Pop Culture sous toutes ses formes

Sortie aujourd'hui en kiosque du nouveau numéro de Geek. Contenu, comme d'habitude, varié et chargé !

Voici donc le 9ème numéro de Geek (magazine que j'avais déjà un peu présenté ici), ou, selon sa numérotation particulière, le S02E05.
Au menu : la vague sanglante dans le cinéma français, un long entretien avec Kevin Smith, une plongée passionnante dans la psyché des machines, ou quand Freud s'invite dans la robotique, un dossier sur les adaptations issues des romans du grand Stephen King, le Top 10 des pièges à (la) con de Saw, plus encore Saint Seiya, Civilization V, Nerdz, Didier Super et l'essentiel de ce qu'il faut retenir en matière de musique, science, séries TV, cinéma, jeux vidéos, ouf, autant dire qu'après ça, vous êtes ready pour passer dans Envoyé Spécial (oui, j'en remets une couche).

Pour ma part, je vous parle évidemment de BD dans ce numéro, avec un sujet sur les French Comics actuels (avec entre autres une interview de Serge Lehman), un papier sur les 75 ans de DC Comics et les sorties spéciales qui accompagnent l'évènement, et même un petit mot sur Wolfskin, de Warren Ellis.
Je vous aurais bien concocté en plus une petite rubrique de conseils de jardinage basés sur les cycles lunaires, mais il paraît qu'il n'y avait plus de place... donc vous voilà prévenus, si votre truc c'est les légumes, n'achetez pas ce magazine !

Geek, n'hésitez pas à le réclamer à votre buraliste et à hurler en sortant "quoi ! il ne coûte que 4,90 euros ! mais à ce prix là j'aurais dû en prendre deux !"
;o)

18 octobre 2010

Marvel Zombies : le retour de trop

Les têtes d'affiche du marvelverse reviennent dans Marvel Zombies Return. Les héros ont toujours aussi faim et continuent d'attirer les mouches...

Le Spider-Man zombie, éjecté de sa dimension, arrive sur la terre-Z, encore intacte et vierge de toute épidémie. Peter tente de contenir sa faim et souhaiterait se racheter, mais ne pas manger autrui lorsque l'on est un mort-vivant s'avère un pari relativement difficile à tenir, surtout lorsque Spidey aperçoit Mary Jane et se souvient de son goût délicieux...
Tony Stark, lui, se noie dans l'alcool depuis des mois et paraît bien amorphe lorsque Giant-Man débarque pour déguster ses employés. C'est donc James Rhodes qui va intervenir et endosser le rôle d'Iron Man.
Ce n'est pas tout, un Wolverine, pas plus frais que son confrère arachnéen, se met à boulotter du ninja alors que Hulk, de son côté, revient d'un exil forcé pour se venger des Illuminati. Il passe d'abord par la lune où il constate que Black Bolt et ses sujets sont bien mal en point...
Il reste bien un petit espoir, des nanites qui dévorent la chair putréfiée des zombies, mais le temps joue contre l'humanité car, à chaque instant, les rangs des monstres augmentent.

Après les peu réjouissants tomes #4 et #5, qui ne parvenaient pas à retrouver le ton transgressif et l'humour des premières mini-séries de Kirkman, l'intérêt d'un nouvel opus semblait plus que limité. D'autant que Fred van Lente continue d'officier comme scénariste sur deux des cinq épisodes, sans avoir vraiment jusqu'ici excellé sur le titre. Les autres chapitres sont signés David Wellington, Jonathan Maberry, et Seth Grahame-Smith. Pour la partie dessin, ce sont Nick Dragotta, Wellinton Alves, Andrea Mutti, Jason Shawn Alexander et Richard Elson qui sont aux crayons.
Chaque épisode est centré sur un héros en particulier : Spider-Man, Wolverine, Iron Man et Hulk (plus un final avec un peu tout le monde). Le plus réussi est sans conteste celui mettant en scène le Monte-en-l'air, avec de l'humour noir, de vraies scènes dérangeantes et même de nombreuses références au passé de Spidey. Malheureusement, la suite est beaucoup moins bonne et retombe dans le prévisible et le fadasse. En gros, on se castagne, on se mord, on balance des tripes sur les murs, et on recommence. Le problème, encore une fois, vient du fait que l'effet de surprise est passé et que les histoires ne sont ni drôles, ni effrayantes, ni même particulièrement originales ou palpitantes.
Marvel exploite donc le filon sans chercher à se renouveler. Le résultat est assez ennuyeux, et même si les auteurs tentent d'intégrer certains évènements connus (comme World War Hulk) à l'ensemble, il est difficile d'éprouver autre chose qu'un sentiment de déjà-vu et un ennui profond.

A part le premier épisode, le reste tourne rapidement à la série Z, avec un "Z" qui ne signifie pas "zombies" mais plutôt "zéro".
A éviter.

16 octobre 2010

Spider-Man : La Saga du Clone revisitée

Le Spider-Man hors série #32, sorti hier, propose une relecture très condensée de la célèbre Saga du Clone. Incontournable ou superflue ?

Pour changer, la tante May de notre brave Tisseur est à l'article de la mort et se retrouve à l'hôpital. Rien de bien surprenant donc, sauf que cette fois, Peter trouve à son chevet... un type qui lui ressemble trait pour trait !
Il ne va pas tarder à découvrir qu'il s'agit d'un clone qu'il croyait mort depuis longtemps. Ce dernier, sous le nom de Ben Reilly, a vécu sa vie loin de Parker et de sa famille, résolu à n'être qu'une pâle copie de Peter.
Pourtant, un ancien ennemi de Spider-Man va rentrer en jeu et brouiller les pistes, insinuant que le clone ne serait peut-être pas celui que l'on croit. Pour Peter, c'est peut-être le moment de raccrocher ses lance-toiles et de passer le relai. D'autant que Mary Jane attend un heureux évènement. Ben obtient ainsi ce qu'il n'espérait pas. Une famille, une vie bien à lui et le rôle de... Spider-Man.
C'est désormais lui qui va patrouiller dans les rues de Manhattan et s'occuper des Octopus et autres cinglés du même genre.

Retour donc sur une saga qui, en son temps, avait fait trembler Marvel et chuter les ventes de son personnage phare. Il faut dire que la polémique avait été à la hauteur de celle provoquée plus récemment par One More Day, sauf que les moyens employés pour "rebooter" le personnage étaient finalement bien meilleurs qu'un tour de magie made in Mephisto. L'histoire originale est disponible en Omnibus, l'on avait également eu droit à la version Ultimate, au retour de Reilly dans Amazing Spider-Man, l'on est du coup un peu en droit de douter de l'intérêt d'une telle mini-série.
Le scénario est signé conjointement par Tom DeFalco et Howard Mackie, les dessins sont de Todd Nauck. Visuellement, le résultat est plutôt sympa, mais le récit, lui, n'apporte pas grand-chose de neuf à cette période de la vie de Spidey. L'on retrouve Kaine, le Chacal, le moment où Scarlet Spider devient le nouveau Spider-Man, bref, à part des changements finalement mineurs et des évènements bien plus compressés, pas de quoi vraiment s'enthousiasmer. Au pire, cela permettra aux nouveaux lecteurs de découvrir les premiers pas de Ben Reilly sans avoir à se ruiner pour un Omnibus.

Pour la partie adaptation, c'est du Panini, donc le festival commence dès la deuxième de couverture. A côté de l'édito sont présents des dessins des personnages principaux afin de les présenter. Sauf que nos champions parviennent à se planter et à confondre le Chacal avec le... Bouffon Vert (c'est pas comme si le Bouffon était un personnage connu hein, normal qu'on puisse le confondre avec n'importe quel connard en vert).
La présentation de la saga originale, dans l'édito, est également assez stupéfiante. Elle y est décrite comme "apportant un vent de fraîcheur qui a subjugué les lecteurs", étant "dépassée par sa popularité" et "hissant Spider-Man encore plus haut". C'est tout de même un poil exagéré, et surtout c'est faire peu de cas du développement très anarchique de l'histoire (qui n'en finissait pas et confinait parfois à l'absurde), tout comme de la réaction, brutale, des lecteurs qui n'acceptèrent pas l'astuce du clone pour débarrasser Parker de sa - déjà - trop encombrante épouse. Le tollé fut immense et la Maison des Idées, mal en point financièrement à l'époque, faillit ne pas s'en remettre. D'ailleurs, d'un pur point de vue artistique, la Saga du Clone, même si elle possède de bons moments, n'a rien d'une réussite absolue et comporte de nombreux épisodes tout à fait dispensables et ennuyeux à souhait.
Cette présentation quelque peu tendancieuse serait-elle due au fait que Panini nous incite ensuite à nous procurer les fameux Omnibus ? Sans doute, mais voilà encore la preuve de leur incompétence et de leurs méthodes de marchands de tapis. La Saga du Clone est suffisamment importante, voire historique, pour susciter la curiosité des lecteurs sans pour autant en faire un chef-d'oeuvre qu'elle n'a jamais été. De plus, c'est avoir là une vision à bien court terme pour un éditeur. Car mentir pour vendre un livre peut fonctionner une fois, deux à la rigueur, mais à la troisième "merveille" que l'on tente de vous fourguer, une légère méfiance devrait logiquement commencer à s'installer. Lorsque l'on a comme but de vendre plus que deux livres, ce qui est le cas je pense de Panini, la communication devrait donc se teinter d'un minimum d'objectivité, histoire de créer un climat de confiance... mais ça, ce serait dans un monde idéal. Et dans un monde idéal, des vendeurs d'autocollants ne seraient pas abusivement bombardés éditeurs.

Une mini-série, hors continuité, qui manque de panache et n'apporte que très peu d'éléments nouveaux à une saga qui revient étrangement à la mode ces temps-ci.

ps : l'origine du clone qui deviendra plus tard Ben Reilly remonte à 1975 et est contée dans cette Intégrale.