05 février 2011

Avengers : Nouvelles Séries et Evolution

Le point sur les nouvelles séries et équipes de Vengeurs à l'aube de Heroic Age.
(attention aux lecteurs sensibles, un Romita est maltraité dans cet article)

Commençons logiquement par New Avengers Finale, un numéro spécial publié dans le Marvel Icons (v2) #1. C'est évidemment Brian Michael Bendis que l'on retrouve au scénario, alors que la partie graphique est assurée par Bryan Hitch et Stuart Immonen.
Depuis leur formation, suite à l'évasion massive du Raft (cf ce Deluxe), ces New Avengers auront tout de même eu leur lot d'embrouilles et de bons moments. Cet épisode, rallongé pour l'occasion, montre l'équipe après la victoire en Oklahoma sur Norman Osborn et les lance sur la trace de Hood, en cavale avec Madame Masque, sa petite amie.
On termine ensuite en beauté avec une réflexion sur l'engagement des Vengeurs et leur raison d'être, tout au long de doubles pages les montrant en pleine action. Le dernier visuel est des plus symboliques puisqu'il les présente unis, souriants, en train de se balader, sans costume, par une belle journée ensoleillée... une scène finalement attendrissante qui clôture bien une époque mouvementée. Cela fait un peu penser au final de Disassembled. Plutôt émouvant ma foi.
Ah, c'est là qu'on se dit que, même si on aime voir le sang gicler, les mecs cracher leurs dents et les tripes recouvrir les murs, on a quand même son petit côté sensible bordel !

Passons rapidement sur Secret Avengers, déjà évoqué il y a peu (dans cette chronique consacrée à Marvel Stars). En gros, ils sont un peu à Cap ce que les Secret Warriors sont à Fury. Il s'agit donc d'opérations tactiques spéciales censées rester secrètes. Ou en tout cas moins se voir que les habituelles castagnes en plein New York.

Reste deux séries, publiées dans le Marvel Heroes #1. La revue ayant également subi un relaunch, elle en est donc à sa troisième version. C'est fou ce que les fans de comics peuvent avoir comme numéros #1 dans leurs bibliothèques... (même parfois des numéros #1 inventés à l'arrache par Panini, rappelez-vous les Deluxe Daredevil)
Mais revenons-en à l'essentiel, avec tout d'abord Avengers Academy, titre se présentant comme l'héritier de Avengers : The Initiative et reprenant le concept de centre de formation pour jeunes surhumains se destinant à suivre, un jour, la voie de leurs glorieux ainés. Ce premier chapitre est écrit par Christos Gage et dessiné par Mike McKone. Et le début est plus que réussi. Personnages intéressants, un peu d'humour, une petite révélation finale, tous ces éléments font que l'on passe un bon moment de lecture. L'équipe encadrant les jeunes recrues est également plutôt bien pensée. L'on retrouve Hank Pym, Quicksilver, Justice, Tigra et, surtout, un Robert Baldwin, alias Penance, redevenu Speedball pour l'occasion. Ce dernier a évidemment gardé des traces de ses (nombreux) traumatismes passés. Plus ou moins responsables de la mort de centaines d'innocents, il a tout de même remporté le titre peu envié de personne la plus haïe d'Amérique, avant de sombrer dans une sorte de dépression avec automutilation, puis de tomber sous la coupe d'Osborn. Comme profil d'enseignant, on a déjà vu mieux non ? En tout cas, ce personnage borderline peut réserver de très bons moments.
Les apprentis Vengeurs s'en sortent donc plutôt bien pour l'instant. Il faut dire qu'en général, les séries dédiées aux jeunes et nouveaux personnages (Runaways, Young Avengers ou l'Initiative déjà citée plus haut) sont souvent bien écrites et fort intéressantes. Celle-ci ne semble pas déroger à la règle.

On en vient enfin à Avengers, du même Bendis, cette fois rejoint par John Romita Jr aux gribouilla... heu, aux dessins. Alors, qui retrouve-t-on au niveau du groupe ? En gros, les poids lourds du marvelverse : Cap, Iron Man, Thor, Wolverine, Spider-Man, accompagnés de Hawkeye (le vrai cette fois, donc l'ancien Ronin) et Spider-Woman. La bande sera dirigée par Maria Hill, ex directrice du SHIELD.
Niveau intrigue, on fait dans le très classique, avec un Kang et une histoire de voyage dans le temps (car, oui, après la formation de l'équipe vite expédiée, l'auteur passe tout de suite aux réjouissances).
Il faut toutefois parler du gros point noir de la série : les dessins. Pour Bendis, passer de Deodato à Romita, ça doit tout de même faire un sacré choc ! Pour nous aussi d'ailleurs. C'est d'une laideur phénoménale et cela donne à s'interroger sur les derniers travaux de Romita, très loin, en ce qui concerne la qualité, de la réputation flatteuse dont certains l'affublent encore. En fait, cela en est au point où il faut se demander si, de tous les grands noms de la Maison des Idées, Romita Jr n'est pas le moins à sa place. Autant son travail sur Kick-Ass ou encore Wolverine était tout à fait respectable (après, l'apprécier ou non, c'est une question de goût, mais rien n'était foncièrement honteux là-dedans), autant l'artiste semble laissé parfois totalement en roue libre, avec des résultats franchement médiocres (Dark Reign : The List ou World War Hulk par exemple).
Pour faire simple, je vous ai concocté une petite sélection de cases issues de cet épisode, histoire de se baser sur du concret. Non seulement je connais des amateurs capables de mieux faire, mais je me demande comment l'éditeur en charge de la série peut valider des trucs pareils, surtout sur un titre majeur... ils n'osent rien lui dire ou quoi ? Bref, rendez-vous à la fin de cette chronique pour un petit moment de stupéfaction (et de poilade).

En conclusion, même si l'ensemble des titres Avengers aura sans doute son intérêt, il semblerait que les p'tits jeunes de l'Academy soient en mesure d'arriver en tête au niveau de l'originalité et de la profondeur. Reste à confirmer sur la durée...


Petite Galerie des Horreurs (Romita Jr Tribute)

On commence doucement avec un Steve Rogers qui a l'air d'avoir 16 ans. A la limite, sans le contexte, on dirait Johnny Storm (remarquez également le joli Wolvie tout figé à l'arrière plan).

Toujours Rogers, histoire de montrer la différence d'une planche à l'autre. Cette fois, il a l'air adulte, tant mieux, mais comment peut-on considérer que le gamin un peu tête à claques et ce type a l'air grave et au visage marqué sont la seule et même personne ? On dirait le père et le fils...

On monte dans les tours avec Carol Danvers. Carol Danvers ? Mais... c'est quoi ça putain ? Carol Danvers version Nip/Tuck ? Un gros pif, une bouche de traviole, deux traits en travers de la gueule et c'est plié ! Elle est hideuse !! Comment peut-on valider ça ?

Encore mieux, Wolvie, au second plan, qui a tout simplement une tête de singe. Sérieux, vous croisez un gars comme ça dans la rue, vous appelez le zoo, vous ne vous dites pas "ah, tiens, on dirait Logan". [Edit : en fait, on me fait remarquer avec raison qu'il s'agit plutôt de McCoy (Beast) au second plan. Il n'en est pas plus réussi pour autant, et l'on se demande où est passé son côté félin. Difficile de toute façon de reconnaître vraiment les persos de Romita lorsqu'il n'ont pas de costumes ou signes distinctifs]

Séquence foutage de gueule avec un exemple de décor, si tant est que l'on puisse appeler ces quelques lignes parallèles comme ça. Il a au moins bien dû passer trois minutes sur ce truc. Bon, le ciel est joli, mais c'est le coloriste qui est responsable du résultat.

Là, le mec craque complètement, il n'en a plus rien à foutre, il appelle le coloriste et il lui dit "écoute, cette case me casse les burnes, j'ai pas envie de me faire chier, je pige rien à ce que veut Bendis, vas-y, fais-la toi". Ben il a bien fait, c'est la plus belle de l'épisode...

Pour être honnête, il y a de bonnes choses quand même, comme là, avec des persos en costume et de dos. En fait, ça serait peut-être une solution... il y avait bien eu des épisodes sans dialogues à une époque (plutôt réussis d'ailleurs), pourquoi pas un truc spécial Romita, avec que des mecs de dos ? Surtout qu'avec les ombres, le contre-jour et les capes, y'a moyen de pas trop s'emmerder. J'en connais qui pourraient relancer leur carrière avec une telle idée. ;o)