27 février 2011

Spider-Man : Back in Black

Un Marvel Deluxe revient ce mois-ci sur la période Back in Black du Tisseur.

Il est nécessaire, pour commencer, de resituer un peu le contexte. Ces aventures se déroulent juste après Civil War, alors que l'identité civile de Spidey est maintenant connue de tous et que Parker et sa famille sont condamnés à mener une vie de fugitifs. A l'époque, Tony Stark est toujours à la tête du SHIELD, Flash Thompson a encore ses jambes et la tante May, qui s'est pris une balle (cf Spider-Man #92), est à l'article de la mort.
Les épisodes regroupés ici sont tirés des séries Sensational Spider-Man (numéros #35 à #40) et Friendly Neighborhood Spider-Man (#17 à #23). Il ne s'agit donc pas de la confrontation entre Spidey et le Caïd (qui a eu lieu dans Amazing SM (cf Spider-Man #97)).
Au scénario, l'on retrouve Peter David et Roberto Aguirre-Sacasa. La partie dessin est assurée par Todd Nauck, Angel Medina, Ramon Bachs, Clayton Crain, Lee Weeks et Rick Hoberg.

On commence par Sensational SM. Le premier arc voit un étrange individu se livrer à une expérience grandeur nature sur des jeunes enlevés dans la rue. Ces derniers se font inoculer un sérum qui leur donne les mêmes pouvoirs que le Monte-en-l'air mais qui, en dégénérant, les transforme peu à peu en véritables araignées (un peu un remake de La Mouche, la télétransportation en moins). Le deuxième récit s'intéresse à Eddie Brock (récemment devenu Anti-Venom), très mal en point (il est malade et a vendu son symbiote aux enchères), qui se retrouve dans le même hôpital que la tantine.
L'on a droit ensuite à un épisode retraçant les origines de Spider-Man et apportant une petite réflexion sur son destin, son futur. Plutôt introspectif voire métaphysique. Une pause agréable avant de passer à Friendly Neighborhood SM.

Dans la première histoire, Parker fait équipe avec l'Homme Sable et tente de prouver l'innocence du père de ce dernier, accusé à tort de meurtre et menacé d'exécution. Un peu plus difficile à suivre peut-être pour les non initiés, il est notamment fait référence au double de Ben Parker et au Spider-Man de 2211 (celui avec un drôle de casque, relativement sophistiqué, pour ceux qui s'en souviennent).
On poursuit ensuite avec une intrigue plus glauque, où il est question d'araignées mystiques qui tentent de se reproduire en utilisant Thompson et Parker comme hôtes (un peu comme dans Aliens, mais sans les M41 et M56). Pour l'anecdote, Betty Brant tient ici un rôle assez important. Enfin, on termine par un épisode permettant une confrontation entre Peter et un J. Jonah Jameson ulcéré d'avoir été berné par son photographe pendant des années. Plutôt bien fichu, avec quelques astuces narratives bien trouvées.

Globalement, nous avons là des histoires qui se laissent lire sans déplaisir et qui sont axées à la fois sur le côté sombre de Peter (du dark "light" si l'on me passe l'expression) et sur la mythologie arachnéenne (au sens large) qui l'entoure. Rien de forcément indispensable - d'autant que tout a été annulé depuis - mais cela montre qu'il était tout à fait possible de construire des intrigues qui prennent en compte l'évolution du personnage (son identité révélée, le fait qu'il soit un hors-la-loi, ses nouveaux pouvoirs) sans aucunement dénaturer ses fondamentaux.

Pas de bonus, par contre Panini a enfin réussi à virer la présentation habituelle (affirmant que chaque Deluxe en contenait) de la jaquette. Surtout, l'on a tout de même ici 13 épisodes, ce qui est correct. Pas de souci de traduction, par contre (il faut bien qu'il y ait quelque chose), une nouvelle pratique assez ahurissante : à un moment, quelqu'un parle du SHIELD et un petit encart explicatif est donc placé en bas de case. Jusque là, tout est normal me direz-vous. Oui, sauf qu'en fait l'explication de l'acronyme s'arrête... à la quatrième lettre (!) pour se terminer par "pour plus de détails, voir internet". En gros, cela veut dire "bon, on n'a pas trop envie de se casser le cul, on a oublié ce que signifient le L et le D, démerdez-vous pour trouver un couillon qui vous expliquera ça sur le net". Là, il fallait quand même oser. Je suis presque admiratif... ils nous auront vraiment tout fait.

Un Deluxe bien fourni et plutôt sympathique mais qui, par le choix d'épisodes issus des séries secondaires et d'une période complexe bien que révolue, s'inscrit dans une épopée bien plus large dont les nouveaux lecteurs auront du mal à saisir les subtilités.