19 avril 2011

Marvel Heroes Extra : Hawkeye & Mockingbird

Oeil de Faucon et Oiseau Moqueur se retrouvent dans le Marvel Heroes Extra #6 pour une saga intitulée Fantômes.

Bobby Morse a connu un destin pour le moins difficile. Après avoir fondé les West Coast Avengers, la jeune femme subit un viol, fait une entorse au code d'honneur des Vengeurs en laissant mourir son agresseur, se fait quitter par son compagnon, Clint Barton, puis meurt en lui sauvant la vie. Ce n'est pas tout, après Secret Invasion, l'on apprend qu'elle avait en fait été enlevée et remplacée par un Skrull. De retour sur terre, elle renoue avec Clint et, surtout, fonde sa propre agence antiterroriste, loin du SHIELD ou des Vengeurs.
Entourée par divers spécialistes, elle mène une lutte sans merci contre Crossfire qui, après la chute de Hood, semble vouloir s'imposer dans le milieu criminel. Malheureusement pour Bobby, de vieux fantômes vont rapidement ressurgir du passé, avec à leur tête Phantom Rider, ou plutôt sa nouvelle incarnation.
Autant d'épreuves qui vont mettre en péril la fragile relation renouée entre Bobby et Clint.

La revue contient le premier (et dernier) arc de la série Hawkeye & Mockingbird, remplacée par la suite par des mini-séries (qui conviennent sans doute mieux à ces personnages somme toute secondaires). Au scénario, Jim McCann, qui avait déjà pris en main les deux protagonistes en mettant en scène leurs retrouvailles (cf Dark Reign Saga #1). Le résultat était à l'époque franchement médiocre, il est ici un peu meilleur (en même temps, on partait de bien bas) mais toujours insuffisant.
Dans les points positifs, l'on notera les nombreuses références à la continuité et la volonté de faire évoluer la relation, plutôt complexe, qui unit Bobby et Clint. Pour la partie graphique, McCann est de nouveau associé à un David Lopez qui se débrouille relativement bien.

Malheureusement, tout n'est pas réussi pour autant, loin de là. Les dialogues sont d'une rare platitude. Le fait qu'il y en ait beaucoup n'est pas un souci en soi, mais encore faut-il qu'ils soient bons. A la décharge de l'auteur, la traduction et ses habituelles maladresses n'aident pas franchement à améliorer le tout.
L'intrigue en elle-même est également assez peu captivante et accumule des clichés dignes d'une série B d'espionnage : les gadgets improbables, la petite rivalité entre deux membres de l'équipe qui finissent ensuite par s'apprécier, le méchant qu'on pense sonné et qui se relève au dernier moment pour le tir final, bref, il ne faut pas chercher une quelconque innovation là-dedans.
En soi, les personnages ne sont pas inintéressants (ils sont de toute façon ce que le scénariste en fait) et pourraient même réserver de jolies surprises, mais McCann ne semble guère inspiré et peine à leur donner du coffre. Surtout, à quoi sert-il d'utiliser des personnages secondaires, offrant une plus grande liberté éditoriale que les grands noms du marvelverse, si c'est pour nous servir un plat tiède, interchangeable et déjà goûté 100 fois ?
L'on peut même se demander comment les responsables éditoriaux américains, devant un tel résultat, ont pu penser qu'il intéresserait les lecteurs sur le long terme (le titre a commencé aux alentours des 27 000 ventes aux Etats-Unis, ce qui semble déjà énorme pour ce que c'est, avant de chuter régulièrement, jusqu'à moins de 15 000).

Il faudra vraiment être bienveillant pour prendre du plaisir à cette lecture.
Totalement dispensable.