08 avril 2011

Scénario Catastrophe : titre ou mise en garde ?

Une plongée aujourd'hui dans le monde des barbouzes et de la lutte anti-terroriste avec Scénario Catastrophe. Un titre particulièrement bien trouvé.

Après les attentats du 11 septembre, les autorités militaires des Etats-Unis décident de mettre sur pied un "labo d'idées" censé leur permettre d'imaginer les pires menaces pour mieux ensuite y faire face.
Le think tank est composé d'éléments disparates. Un économiste, un hacker, un prédicateur, une microbiologiste et même un romancier vont tenter d'anticiper les pires horreurs. Après quelque temps, le labo est dissout et ses membres retournent à leurs occupations.
Huit ans plus tard, des attentats terroristes ont lieu à travers le monde. Ceux-ci reprennent les idées qui avaient été élaborées par les membres du labo.
L'écrivain Alan Ripley va tenter d'avertir les autorités, mais aucune trace officielle du fameux groupe de réflexion ne semble avoir été conservée, ce qui fait de Ripley un suspect potentiel.
Avec d'autres membres du groupe, l'auteur se lance alors dans une course contre la montre visant à échapper aux autorités tout en faisant échec aux plans d'une puissante et mystérieuse organisation.

Cette histoire est écrite par Mark Sable et dessinée par Julian Totino Tedesco.
Si le concept de base est plutôt intéressant et le début prometteur, l'on bascule malheureusement vite dans une intrigue aussi embrouillée que peu crédible qui entraîne le romancier et ses partenaires dans un voyage improbable passant, entre autres, par la Suisse, Israël ou encore la Chine.
Le laboratoire d'idées est assez mal exploité, les personnages demeurent bien ternes malgré leur potentiel et certaines scènes manquent singulièrement de réalisme (comme ce passage ou l'un des protagonistes ouvre une boite contenant un virus et que les ennemis qui le menaçaient sont instantanément foudroyés). Le thème permettait également de s'attendre à du spectaculaire (promesse tacite renforcée par la cover), mais là encore c'est la déception, les attentats et scènes d'action étant bien vite expédiés. Cela pourrait encore se comprendre si la réflexion prenait le dessus (les dilemmes moraux étant légion dans ce type de situations), mais rien non plus de bien excitant de ce côté là. 
Si l'on ajoute à cela une narration certes rapide mais brouillonne et peinant à impliquer émotionnellement le lecteur, il ne reste plus grand-chose à sauver.

Ces cinq épisodes, publiés à l'origine par Boom! Studios, sont adaptés en VF par Delcourt.
Hardcover et papier glacé. Un peu moins de 15 euros.

Un bon sujet mal exploité. 
Pour de l'espionnage moins tape-à-l'oeil et pourtant plus réussi, l'on optera de préférence pour un Queen & Country, bien mieux réalisé à tout point de vue.