18 mai 2011

Spider-Man : Fear Itself / Jackpot / May en rut

Le Spider-Man hors série #34 de ce mois nous dévoile les premiers pas de la nouvelle Jackpot et en profite pour confronter ce brave Peter à... la peur elle-même !

Cet hors série débute par Spider-Man : Fear Itself, une sorte de petite mise en bouche concernant le prochain gros évènement qui embrasera le marvelverse (cf la chronologie). Qui dit peur dit Man-Thing, la créature issue des marais de Floride possédant la particularité de brûler, par simple contact, toute personne éprouvant ce sentiment. Spidey va donc rencontrer l'Homme-Chose mais surtout choper une saloperie à son contact, modifiant son ADN et le transformant en... plante verte.
Le scénario est de Stuart Moore, les dessins de Joe Suitor. Graphiquement, ambiance agréable, dans les tons pastel, avec une très jolie Carlie Cooper en guest. Parker, lui, semble par contre parfois aussi âgé que sa tantine lorsqu'il est en civil !
L'intrigue est sympa, même si la conclusion est un peu vite expédiée. Le côté effrayant de la transformation de Peter aurait pu être mieux exploité, mais l'ensemble reste agréable et bénéficie de la présence, étrange et dérangeante, du si particulier Man-Thing.

On continue avec le plat de résistance, consacré à Jackpot. Alors, cette demoiselle avait servi à détourner l'attention des fans en colère après One More Day, en gros, on se demandait si, sous cette identité, ne se cachait pas Mary Jane (cf, entre autres, cette chronique). Après la révélation de la véritable identité de la miss (et son décès malencontreux), le Tisseur était allé donner une leçon de morale à la Jackpot originale, qui avait troqué son accréditation et son rôle de super-héroïne contre un peu de tranquillité et de vie de famille (oui, il est comme ça Peter, ça lui suffit pas de se pourrir la vie, il faut qu'il gâche celle des autres).
C'est donc de Sara Ehret qu'il est question ici. La jeune femme, rongée par la culpabilité, a de nouveau endossé masque et costume. Bien que prudente, elle tombe malheureusement sur une sombre affaire de trafic qui va l'obliger à affronter Boomerang. Un vilain de seconde zone, certes, mais qui peut faire des dégâts lorsque l'on est soi-même peu expérimentée et vulnérable...
Le scénario est écrit par Marc Guggenheim, les dessins sont assurés par Adriana Melo et David Yardin. Un arc plutôt réussi, avec une Jackpot intéressante et un Spider-Man aussi drôle que parfois agaçant. Boomerang prend une dimension que l'on a rarement l'occasion de voir et la jolie Sara et sa fillette font un peu penser, par certains côtés, à la pauvre Julia Carpenter pendant Civil War (cf ce Monster).

Enfin, l'on termine sur un binz très court issu de Web of Spider-Man. Et, au risque de passer pour un vieux con (bah, je ne suis plus à ça près), j'avoue que le début de ce récit m'a un peu gêné. En gros, il s'agit (encore !) de May et son nouveau mari qui passent leur temps au pieu à baiser comme des malades. Alors, bon, ok, c'est marrant une ou deux fois, j'avais même joué exprès les choqués lors d'une scène plutôt drôle (cf Spider-Man #123), où Peter tombe sur les deux tourtereaux en pleine action, mais à force d'appuyer sans cesse sur la sexualité débridée de la vieille relique, il finit par se dégager quelque chose de vaguement malsain de tout ça. Les plus jeunes lecteurs n'auront peut-être pas la même impression, mais pour ceux qui comme moi ont connu la May des années 80, à l'article de la mort, si fragile qu'on avait peur de lui dire bonjour trop fort, toujours en train d'agoniser entre deux crises cardiaques, la voir ainsi être livrée à des scénaristes qui se régalent d'exposer sa vie sexuelle renaissante est assez déplaisant.
Pas à cause de son âge, à cause de ce qu'elle symbolise. La tante May, bien qu'étant la mère de substitution de Peter (voire sa vraie mère, cf Trouble), est un peu le stéréotype ultime de la grand-mère, que l'on aime tendrement et que l'on suppose aussi asexuée que Tintin. Bien sûr, l'on se doute que nos grands-parents ne font pas que dormir dans leur chambre, mais, bien qu'une hypothèse d'une vie sexuelle puisse être envisagée, bordel, qui a envie de voir ça ou d'en entendre parler ?
- Ah, mémé, tu as bien dormi ? Tu veux un croissant ?
- Oh, non, je ne fais que passer, je viens juste chercher un peu de jus d'orange, ton grand-père m'a fait la fête toute la nuit et il dit que s'il peut épancher sa soif et faire le plein de vitamines C, il est prêt à remettre ça jusqu'au crépuscule !
- Ah... heu... il y a des chaussons aux pommes sinon aussi... heu... tu aurais le numéro d'un bon psy ?
L'épisode s'intitule Love & Marriage, ce qui aurait pu être effectivement sympa à aborder si J.M. DeMatteis nous avait épargné cette ouverture scabreuse qui n'a, en plus, aucun intérêt (si encore ça servait un but précis). Le fait qu'en plus ce genre d'allusions aient lieu dans l'univers de Spider-Man, personnage réputé ultra-coincé avec les filles, rend le contraste plus désagréable encore. Dire que l'on charcute la série mère pour des raisons absurdes de "rajeunissement" du personnage et que, en parallèle, on nous inflige des trucs aussi débiles...
Voilà, c'était le ronchonnage du jour.

Un bon HS, peuplé de personnages secondaires bien traités et bénéficiant des réparties, souvent drôles, du Tisseur.
Gérontophilie en sus.