10 juin 2011

X-Men Origins : la suite

Nouvelle fournée de one-shots en 100% Marvel avec X-Men : Les Origines #2.

Après un premier opus qui concernait des mutants de "seconde génération", Panini continue de publier la série X-Men Origins avec cette fois une sélection consacrée aux premiers élèves du professeur Xavier. Au menu, nous retrouvons donc Jean Grey, Cyclope, Beast et Iceberg.
C'est avec Scott Summers que nous ouvrons le bal. Au scénario, Stuart Moore, au dessin, Jesse Delperdang. Les premières fois de Cyclope sont passées en revue : découverte de son pouvoir, première confrontation avec Magneto, première passation de pouvoir entre Xavier et lui, et même... première paire de lunettes. Une mise en bouche sympathique, sans plus. Il manque notamment quelques explications au début, lors de la scène de l'attaque de l'avion. Ce n'est pas essentiel mais les nouveaux lecteurs se demanderont sans doute ce que ce vaisseau venait faire là. L'épisode a par contre l'avantage de montrer un Cyclope qui pourrait bien se révéler un juste et bon compromis entre la niaiserie idéaliste du professeur Xavier (qui ne respecte d'ailleurs son propre idéal que quand ça l'arrange) et la radicalisation de Magneto.

On enchaîne avec Iceberg. C'est cette fois Roberto Aguirre-Sacasa qui s'occupe du scénario, secondé par Phil Noto aux crayons. Histoire classique, sans grande surprise, mais bien menée. L'auteur y exploite notamment le rejet que suscitent les mutants, mais il a le bon goût de faire ressentir ce sentiment (mélange de crainte, de dégoût et de haine) à un personnage qui n'est pas l'abruti de service et n'a rien de caricatural.
Graphiquement, l'effet des doubles planches est très largement amoindri par la reliure de type dos carré (notamment la deuxième où le visage de Drake est affreusement coupé). Certaines cases paraissent également un peu troubles, comme si l'encrage ou les couleurs "bavaient" un peu.
Malgré tout, là encore, une lecture plutôt agréable.

On passe à Jean Grey, avec un scénario de Sean McKeever et des dessins de Mike Mayhew. Ce dernier réalise un travail extraordinaire : les planches sont simplement sublimes et réellement impressionnantes, non seulement par leur réalisme mais également leur composition.
Le récit est très bien mené également, avec une vraie progression psychologique du personnage, une mini-scène d'action bien fichue et finalement une très bonne présentation de Jean, qui la rend attachante et très séduisante. Du très bon boulot, mais rien de surprenant de la part de McKeever qui s'était déjà illustré sur Sentinel ou Spider-Man loves Mary Jane, des séries secondaires mais qui possédaient des qualités indéniables.

Enfin, on termine avec ce brave Henry McCoy, écrit par Mike Carey et dessiné par J.K. Woodward. Là encore de très jolies planches et une bonne mise en scène des origines de Beast, alias le Fauve. Seul petit bémol, l'intervention du Conquistador, un vilain un peu kitsch dont la présence respecte certes la continuité mais n'apporte pas grand-chose. L'on aurait largement préféré que l'aspect vie quotidienne soit plus poussé, d'autant que Hank est censé avoir tout de même pas mal souffert des quolibets sur son physique, ce qui n'apparaît pas tellement ici.
Rien de bien méchant cependant et, au final, une histoire sympathique qui devrait largement contribuer à humaniser McCoy auprès des lecteurs qui ne connaissent pas bien le personnage et sont habitués à ne le voir que comme une grosse boule de poils au QI élevé.
Par contre, il fallait bien que ça arrive, encore une énorme bourde de traduction avec l'expression "c'est du chiquet" au lieu de "chiqué" (rappelez-vous, on y avait déjà eu droit dans le Spider-Man #132). Je ne pige pas... que l'on soit inculte, à la limite, je veux bien (encore que cela me paraisse peu compatible avec le métier de traducteur), mais que l'on pousse la fainéantise jusqu'à ne même pas prendre vingt secondes pour ouvrir un dictionnaire, ça me dépasse...
Tant que j'y suis, autant aller jusqu'au bout. Le mot "chiquet" (quasiment jamais employé) existe et désigne une petite partie d'un tout, rien à voir donc avec la scène tirée de cet épisode. "C'est du chiqué" (ça ne se prononce même pas de la même façon !), ça veut par contre dire "c'est du toc", de "l'esbroufe". Même un lapin nain, pour peu qu'on lui explique, parviendrait à faire la différence.
C'est du "chiquet", tsss... et mon cul, c'est du "poulé" ?

Bref, après cette digression sémantique et animalière, il reste à conclure avec plutôt le sourire aux lèvres étant donné que ce tome s'avère, dans l'ensemble, franchement meilleur que le premier. Intéressant et bien réalisé, il devrait convenir aux novices aussi bien qu'aux lecteurs aguerris.