08 juin 2011

X-Men, Vampires & Transsexuels

Début d'un nouvel arc, et d'une nouvelle série par la même occasion, dans le X-Men Universe #4 de ce mois.

Entre les histoires de messie, la partie de cache-cache entre Cable et Bishop, les persos qui jouent à "coucou, j'suis même pas mort en vérité !" et les sempiternels retours d'Apocalypse et cie, les séries X n'étaient guère passionnantes ces dernières années (mis à part quelques exceptions notables, comme X-Factor) et peinaient à se renouveler vraiment. C'est donc avec une vraie curiosité, mais aussi une prudence légitime, qu'il convient d'accueillir le troisième relaunch de la série X-Men qui ouvre cette revue.
Aux commandes, Victor Gischler (Deadpool Corps) pour le scénario et Paco Medina aux dessins. L'épisode débute avec Jubilé et Pixie qui assistent à un attentat dans San Francisco. Un type franchement louche (habillé comme la Crampe dans Pulp Fiction, pas le genre qui passe inaperçu donc) se fait exploser au milieu de la foule. Après quelques analyses au QG des X-Men, les mutants découvrent que le terroriste a en fait dispersé un virus qui pourrait bien transformer ceux qui sont contaminés en... vampires.
Eh bien voilà un excellent premier épisode. Belles planches, action efficace et thème plutôt intéressant (mieux vaut les vampires qu'un radotage de plus sur Xavier ou le Phénix !). Le charme de l'ensemble doit tout autant au sang neuf (c'est le cas de le dire) apporté par Gischler qu'au style, superbe, de Medina.
Seul petit point négatif : il existe un prologue à cette histoire (Death of Dracula) qui ne sera pas publié, Panini se contentant de nous résumer le binz en une ligne. Dommage.

Tiens, pour continuer sur les panineries, dans la série "Christian Grasse sucre les fraises", il nous parle de Monet dans son édito d'une bien drôle de manière : "... s'il le soignait", "Monet tiendra-t-il une promesse...", etc. Aux dernières nouvelles, Monet, c'est encore une fille (à moins qu'elle ait subi une opération récemment, mais je pense que ça nous aurait marqué), du coup, en général, on emploie le féminin en parlant d'elle. Bon, c'est une vague subtilité de la langue française, c'est sûr que l'on ne peut pas trop en demander non plus.
Pareil dans l'épisode dont je parlais ci-dessus, c'est cette fois le traducteur qui emploie le masculin en parlant de Jubilé (lorsque Scott demande : "vous pouvez le guérir ?"). Ou alors c'est tous des travelos depuis le début et c'est moi qui n'ai jamais rien pigé à ce que voulait réellement dire "séries X". J'attends avec impatience la scène où quelqu'un demandera à Emma Frost si ses tenues moulantes ne lui compressent pas trop les burnes...

Revenons-en au contenu. Je passe rapidement sur X-Men : Hellbound, où l'on se retape une virée en enfer et des combats contre des mutants possédés, pour en arriver directement à X-Factor. Toujours Peter David au scénario, accompagné par Sebastian Fiumara aux crayons. Excellente ouverture avec un David qui joue avec les codes du film noir. La description de la cliente qui arrive au bureau de Madrox vaut le détour : "elle était grande et élégante, avec un corps fait à 80% de jambes et à 100% d'emmerdements." ;o)
L'auteur s'attarde également sur la relation entre Rictor et Shatterstar, l'occasion d'écrire quelques savoureux dialogues mais aussi de nous montrer un roulage de pelle en gros plan. Une preuve de plus que Marvel, contrairement à la légende, n'est pas un éditeur si frileux que ça en ce qui concerne les moeurs et le modèle familial traditionnel.

On termine enfin par Dark Wolverine. Petit épisode tampon écrit par Daniel Way & Marjorie Liu et dessiné par Mirco Pierfederici. Daken se balade dans Rome et fait le point sur l'affrontement entre son paternel et Romulus tout en s'amusant avec les pickpockets et autres détrousseurs qu'il croise.
Rien de bien notable.

Les différents titres du mensuel sont de qualité inégale mais entre X-Factor, la valeur sûre, et le relaunch prometteur de X-Men, le bilan est plutôt positif.
La confrontation entre mutants et dentus devrait en tout cas réserver de bons moments.