29 août 2011

Rocketeer

Loopings, espions nazis et jolies filles sont au menu de Rocketeer, sorti il y a quelques jours.

Cliff Secord est pilote au sein du cirque volant Bigelow. Le casse-cou est autant réputé pour ses voltiges que son caractère impulsif. Lorsqu'il découvre par hasard une sorte de mini-fusée, il imagine immédiatement quels numéros incroyables il pourrait ajouter à son show. Sa première sortie en public sera pourtant improvisée puisqu'il va devoir porter secours à un pilote qui n'a pas bu que du thé avant de décoller.
Cliff apprend peu à peu à manoeuvrer l'engin, son ami Peevy lui confectionne un casque, le Rocketeer est né !
Mais déjà les ennuis se profilent à l'horizon. Les nazis sont sur les traces de l'engin expérimental, tout comme d'ailleurs son légitime propriétaire. Et pour ne rien arranger, Cliff doit également gérer sa relation houleuse avec la sulfureuse Betty, une starlette qui rêve d'une grande carrière mais se limite surtout, pour le moment, à poser pour des photos de charme, ce qui n'est pas vraiment du goût de son pilote de fiancé.
De Los Angeles jusqu'à New York, l'homme-fusée va bâtir sa légende...

Rocketeer est une série qui date des années 80 et dont scénario et dessins sont signés Dave Stevens. Cette nouvelle édition a été complètement recolorisée par Laura Martin (The Stand, I am Legion, Astonishing X-Men...), un signe de qualité donc. Et en effet, les planches sont magnifiques. Le trait de Stevens est d'une grande modernité et les nouvelles couleurs en font ressortir l'élégance et la finesse, que ce soit au travers des visages, des appareils volants ou des quelques jolies demoiselles (dont Betty, inspirée par Bettie Page) qui parsèment l'oeuvre.
L'histoire rend hommage aux vieux pulps américains et aux BD d'aventures. Le personnage principal se sort de situations rocambolesques de manière assez spectaculaire, sans parfois trop de souci de réalisme. Les scènes de vols notamment sont plutôt parodiques : on s'accroche à une aile, on saute d'un avion à l'autre, on amorce une ressource au ras du sol tout en pétant le pare-brise du véhicule des bandits en fuite, le tout à bord d'un courtaud Gee Bee model R, dont la difficulté de pilotage est légendaire dans le milieu aéronautique. Fun et action prennent donc le pas sur la vraisemblance, ce qui se conçoit tout à fait dans ce genre de récit.

La narration est quelque peu vieillotte (en quelques pages seulement le héros est présenté, équipé et prêt à en découdre) mais, là encore, convient bien à l'aspect rétro de l'ensemble et au parfum si particulier des années 30. La psychologie des personnages est peu développée même si la seconde partie de l'ouvrage, avec la tragique histoire de Teena, s'avère un peu plus riche à ce niveau.
Reste que les lecteurs iront sans doute chercher dans Rocketeer un brin de nostalgie et de nombreuses péripéties, si tel est le cas, le cahier des charges est bien rempli.
Techniquement, cette édition s'avère plutôt luxueuse (hardcover, papier glacé) et contient des illustrations originales issues de Starslayer, Pacific Presents, The Rocketeer Special Edition, The Rocketeer, The Rocketeer Adventure Magazine, The Rocketeer : Cliff's New York Adventure, Amazing Heroes, ainsi qu'un dessin servant d'illustration aux cartes postales personnalisées dont se servait Stevens pour répondre aux fans.
Une quinzaine de dessins en tout.

De l'aventure old school, servie par de superbes planches.