28 novembre 2011

The Boys : Croire

Le douzième tome de The Boys contient l'arc Believe et comporte un grand nombre de révélations et d'évènements importants.

Un énorme évènement héroïco-religieux se prépare avec le festival "Croire". Pour le citoyen lambda, c'est l'occasion de rencontrer les Masques qu'il adule et de faire acte de dévotion. Le Protecteur en profite pour rencontrer Oh Père, un autre super-héros à la moralité douteuse. Le Protecteur cherche en effet à savoir quel pourcentage de la communauté surhumaine le suivrait en cas de crise grave qui l'opposerait aux autorités.
De son côté, Hughie file le parfait amour avec Annie. Malheureusement, leur relation va vite tourner au cauchemar lorsque la jeune femme décide d'avouer qui elle est exactement...

Après un tome #10 qui revenait sur les origines des personnages et faisait office de petite pause dans l'histoire, le tome #11 relançait la machine et celui-ci passe à la vitesse supérieure.
Garth Ennis reste bien entendu au scénario alors que c'est Russ Braun que l'on retrouve au dessin.
Dans l'univers profondément cynique décrit par les auteurs, seul l'amour liant Annie et Hughie permettait de contrebalancer la noirceur des Masques et les méthodes de la CIA. C'était la goutte de pureté dans un océan de merde. La romance vire pourtant ici au tragique, non seulement à cause des mensonges qui la sous-tendaient mais surtout parce que Hughie découvre, grâce à "l'aide" de Butcher, comment Stella a pu rejoindre les Sept (rappelons que ces derniers l'ont à l'époque obligée à avoir des rapports sexuels avec eux).

Tout dans ce tome, l'un des plus réussis, n'est que violence. Pourtant, elle n'est pas forcément apparente. C'est la folie contenue du Protecteur, les traces de sang sur un siège qui en disent long sur les pratiques pédophiles d'un personnage, c'est Butcher et la vidéo qu'il dévoile à Hughie... pas d'orgies cette fois, pas de dépeçages, mais une perfidie constante, totale, et le sentiment que rien ne peut échapper à la corruption et à la saleté.
La réaction de Hughie est représentée de manière magistrale. Après la stupéfaction et la peine, celui-ci souffre tellement qu'il n'a qu'une idée en tête ; s'engager dans une fuite en avant, faire souffrir Annie également, quitte à tout détruire, à aller jusqu'au point de non-retour. Il sait pourtant qu'il fait fausse route, que ce n'est pas là une réaction sensée, mais la douleur est telle qu'au lieu de chercher à l'atténuer par la discussion, il ne peut que se résoudre à l'augmenter, encore et encore, en insultant, en humiliant, en essayant de faire mal à son tour.
Rarement la psychologie humaine aura été aussi bien décrite dans un comic.

Tout n'est cependant pas centré sur les déboires sentimentaux et l'on apprend pas mal de choses, notamment l'identité de la taupe que Butcher utilise chez les Sept. Les projets du Protecteur prennent également un tour plus concret alors que son détachement et l'ignominie de ses actes montent d'un cran. Et au milieu de tout cela, il y a même encore de la place pour un brin d'humour, avec le duo formé par le Français et la Fille.
Dommage que, contrairement aux TPB américains, Panini ait choisi de nous livrer des volumes ultra-minces.

Pas de combats, de flingues ou de déferlement de super-pouvoirs et, pourtant, on s'en prend plein la gueule !
Brillant.