07 décembre 2011

Le procès de Captain America

Le Marvel Icons hors série #23 sort aujourd'hui et s'intéresse aux ennuis judiciaires de Captain America.

Tout d'abord, un petit récapitulatif pour ceux qui n'auraient pas suivi les péripéties de Cap depuis un moment. Après la mort de Steve Rogers suite aux évènements de Civil War (cf Marvel Icons #30), c'est James Buchanan "Bucky" Barnes qui prend la relève et hérite du bouclier et du costume aux couleurs américaines. En effet, contrairement à ce que tout le monde croyait, Bucky n'était pas mort mais était employé, depuis des années, par les russes. Grâce à des techniques de manipulation mentale, ces derniers s'en servaient comme tueur. Un tueur d'ailleurs fort habile qui s'est rapidement fait connaître sous le nom de Soldat de l'Hiver.
Après son retour, Steve Rogers (qui lui aussi va subitement beaucoup mieux, cf Captain America : Reborn), décide de laisser le rôle de Captain America à son remplaçant. Il faut dire que, après le combat final contre Osborn (cf Siege), Rogers est nommé responsable de la sécurité des Etats-Unis, un poste de super-flic qui l'occupe déjà pas mal.

C'est donc bien encore Bucky qui tient le rôle de Cap actuellement. Malheureusement, après quelques informations divulguées publiquement par le baron Helmut Zemo, le passé de Barnes le rattrape. Sous la pression des media qui s'interrogent sur les crimes qu'il a pu commettre, Bucky doit se préparer à affronter un procès qui déterminera s'il est ou non pénalement responsable.
Tout cela ne va cependant pas être si simple car, après son évasion, Sin (fille et héritière de Crâne Rouge) compte bien perturber le procès par tous les moyens...

Ces cinq épisodes (Captain America #611 à #615) sont écrits par Ed Brubaker et dessinés par Butch Guice et Daniel Acuña. Ils se situent chronologiquement avant le début de Fear Itself et permettent de combler certains trous narratifs qui apparaissaient à la lecture du Marvel Stars hors série #1
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le procès en lui-même prend relativement peu de place dans cet arc qui revient brièvement sur le passé du Soldat de l'Hiver avant de nous montrer son incarcération, les réactions de certains Vengeurs (qui n'étaient pas tous au courant des activités "soviétiques" de Bucky), et la rencontre entre Sin et Master Man.
Nous voilà en gros devant du Captain America classique, avec la présence de méchants nazis et de ses habituels comparses, notamment le Faucon et la Veuve Noire. L'ensemble se laisse lire, sans être franchement indispensable, et le style graphique est des plus agréables.

La présentation de Panini, qui proclame toujours dès que possible qu'une saga est "complète", laisse entendre que le récit se suffit à lui-même alors qu'il est tout de même très ancré dans la continuité et qu'il ne possède pas de véritable fin (il se termine même sur un énorme cliffhanger). Que les lecteurs occasionnels ne s'attendent donc pas à autre chose qu'une petite portion d'on-going, indissociable du reste de la série et même du marvelverse.
Revenons également un instant sur la justification de l'éditeur qui, pour expliquer la parution tardive de cet arc, s'appuie sur le fait que même Marvel a eu du mal à faire coïncider chronologiquement certaines publications. L'argument est tout de même spécieux, car si Marvel peut évidemment parfois connaître quelques cafouillages, il faut, pour l'éditeur américain, jongler avec les retards éventuels et les très nombreuses séries dont il encadre la production. Panini n'a évidemment pas ce genre de problèmes et, avec plusieurs mois de temporisation entre la sortie de la VO et celle de la VF, pourrait même profiter de ce délai pour justement essayer de corriger le tir. Bon, ça demanderait quelques efforts... c'est sûr qu'il est largement plus facile de se retrancher derrière l'imparable "regardez, les autres aussi sont nuls". 
Allez, je suis sympa, je file quelques idées du même genre à Grasse pour ses prochaines explications : "on n'a pas fait exprès", "on n'était pas au courant", "heu... c'est quelqu'un qui nous a dit d'le faire", "c'est mon chat qui a mangé le planning" et "putain, je sais pas pourquoi ça a merdé, pourtant là, on était bien parti". ;o)

Du Brubaker sympathique mais sans réelle surprise.
Pour Panini c'est pareil, pas de surprise, la sympathie en moins.