30 mai 2011

Batman : Streets of Gotham

Le premier Batman Universe Hors Série contient le début de la série Batman : Streets of Gotham. Tout de suite, le point sur ce nouveau titre.

Situons d'abord un peu le contexte. Dans l'arc publié ici, Bruce Wayne est considéré comme mort et le rôle de Batman est repris par l'ancien Nightwing, accompagné de Damian (le fils de Bruce) en guise de Robin (cf  Batman & Robin, publiée dans Batman Universe).
Les deux premiers épisodes de la revue (tirés de Detective Comics et Batman) s'attachent essentiellement à suivre les pas de Hush (un ennemi de Batman dont on peut découvrir les premières incartades dans Silence, en DC Deluxe) alors qu'il tente de reprendre le dessus après une grosse défaite. Signalons qu'en plus, Hush s'est fait refaire le visage et possède aujourd'hui les traits de Wayne, ce qui aura son importance par la suite.

Les choses sérieuses commencent réellement avec les quatre épisodes suivants, issus donc de Batman : Streets of Gotham. Le scénario est de Paul Dini, les dessins de Dustin Nguyen.
Comme le titre le laisse entendre, Gotham a une certaine importance, voire une place centrale, dans la série. L'on en apprend d'ailleurs un peu plus sur les secteurs d'activité qui ont marqué la ville et ont contribué à la façonner et lui donner son aspect si étrange. L'idée est d'autant plus intéressante qu'elle permet d'expliquer également le côté parfois fantasques de certains repaires de vilains.
L'intrigue dévoile un Gotham en proie au vice et dominé par un Black Mask qui s'est hissé à la tête du crime organisé, prenant même le Pingouin à son service. La petite galerie de criminels présentée ici (notons la présence de Firefly ou encore de Warren White) est cependant dominée par Zsasz, un pur psychopathe qui a la particularité de se faire une petite entaille sur le corps à chaque fois qu'il tue. Il a d'ailleurs décidé d'élire domicile dans un abattoir abandonné qu'il compte utiliser pour son plaisir personnel... le fameux local désaffecté est encore une occasion de revenir à Gotham et ses particularités grâce à l'intervention du Courtier, personnage plus profond qu'il n'y paraît, qui s'est spécialisé dans l'immobilier ou plutôt la recherche d'endroits pouvant convenir à sa clientèle interlope.

Alors que Gotham est frappé par de nombreux incendies et même une série de combustions spontanées, les amis de Wayne vont également devoir faire face à Hush, bien décidé à dilapider sa fortune en se faisant passer pour lui. Là encore Gotham est au premier plan puisque la stratégie de l'imposteur consiste à faire des dons astronomiques à divers oeuvres ou entreprises de la ville. Seul petit regret au niveau visuel ; alors que Gotham est presque ici le personnage principal (surtout en l'absence de Bruce), l'on n'en voit la plupart du temps que de petits "morceaux" en gros plans. Quelques vues plus larges, rendant l'ambiance de la cité, auraient pu être intégrées avec bonheur au récit.
Le bilan est toutefois très positif pour ce nouveau titre, suffisamment accessible même pour de nouveaux lecteurs et recelant son lot de salopards et de scènes choc.

Des rues que l'on arpente avec plaisir, même sans être un spécialiste des lieux.
Reste à voir si cette publication "irrégulière", sans rythme précis, parviendra à trouver son public. Les prochains numéros devraient en tout cas être aidés par un évènement de taille : le retour (évident mais néanmoins attendu) de Bruce Wayne.  

   

Deadpool Corps : Le Club des Cinq

Un titre de plus consacré au mercenaire déjanté sort ce mois en librairie : Deadpool Corps. Les fans de Wade Wilson auront même la joie d'en découvrir cinq pour le prix d'un !

Pour changer un peu, Wilson n'est pas engagé pour liquider quelqu'un mais pour sauver l'univers, rien que ça ! L'un des Doyens, le Contemplateur, l'a en effet chargé d'une mission de la plus haute importance. Pour cela, Deadpool doit réunir une équipe composée d'autres lui-même venus d'univers alternatifs. Outre le Wade original, l'on a donc droit à Wanda Wayne (que Deadpool surnomme affectueusement "nichons"), Kidpool, le petit jeune de la bande, mais aussi un chien, Dogpool, et même une simple tête issue de l'univers de Marvel Zombies.
On peut difficilement faire plus varié...

Il s'agit ici en fait de cinq épisodes, publiés en 100% Marvel, constituant le prélude à la nouvelle série Deadpool Corps. L'on découvre donc essentiellement les différents membres de l'équipe dans leur "milieu naturel" pendant que le Wade de l'univers 616 les recrute.
Le scénario est de Victor Gischler, les dessins de Rob Liefeld, Whilce Portacio, Philip Bond, Paco Medina et Kyle Baker. Graphiquement, l'ensemble est plutôt sympathique, Bond étant le seul à être un peu en dessous (en dessous des autres, lui il garde son niveau habituel).
Le récit se révèle bien plus intéressant et prometteur que l'on-going Deadpool publiée en kiosque. Cela est sans doute dû aux différentes personnalités présentes mais également aux vannes dont la plupart font mouche (on ne se roule pas par terre non plus, m'enfin on sourit franchement, ce qui n'est déjà pas mal). Mention spéciale pour la partie dédiée à Kidpool. Ce dernier est en fait un pensionnaire de l'orphelinat Xavier, un institut pour jeunes à problèmes. Toutes les têtes connues des X-Men sont présentes (Wolvie, Cyclope, Jean Grey, Colossus...) mais les mutants sont encore de très jeunes enfants. Le Wade gamin, mis en scène ici, est encore plus frappadingue que l'original et il passe son temps à pousser à bout ses petits camarades. Même Xavier est drôle (je crois que c'est la première fois que ce personnage m'inspire autre chose que l'ennui) et est affublé non seulement d'une personnalité très différente - qui lui donne un air à s'échapper du Novotel fissa - mais aussi de perruques irrésistibles (dont il se sert pour draguer plus efficacement, du moins le croit-il). Cet univers là pourrait même faire l'objet d'une série dédiée tant les possibilités qu'il offre sont grandes (et délicieusement décalées).

Signalons également la traduction de Jérémy Manesse, propre comme d'habitude, mais qui ici est particulièrement habile car il a fallu adapter certaines vannes typiquement américaines pour en garder l'esprit et les transposer en références compréhensibles par les lecteurs français (cela fait bien entendu partie du travail courant, mais ce genre de scènes semble ici plus présent que dans d'autres séries). Je ricane encore des "nouveaux Beatles" (faudra lire pour comprendre). ;o)

Un prélude agréable mettant à l'honneur une équipe aussi improbable que plaisante.




25 mai 2011

Vigilantes : coup de coeur du mois !

Aujourd'hui sort le premier tome de Vigilantes, une série qui se révèle être une excellente surprise.

Daryl, Zack, Curtis et Jesse sont des amis d'enfance. Il y a très longtemps, ils partageaient les mêmes jeux, se réfugiaient dans leur cabane dans les bois pour y lire des comics ou y feuilleter un Playboy. Un jour, avec l'aide d'un chaman, ils ont fondé les Vigilantes. De leur union, scellée par le sang, sont nés des pouvoirs qui ont fait d'eux des super-héros.
Aujourd'hui, trente années ont passé. Les anciens amis se sont perdus de vue. Avec la distance, les pouvoirs s'en sont allés et chacun s'est construit une vie "normale", avec un travail, une famille. Les exploits du passé sont oubliés. Jusqu'au jour où l'un d'entre eux reconnaît en William Peter Stahl, un industriel récemment nommé chef de la sécurité intérieure, le monstre qu'ils avaient naguère combattu.
Les adultes vont alors se souvenir et laisser parler leur coeur d'enfant... ils doivent se retrouver, laisser la magie opérer et reformer les Vigilantes. Car, à l'un des postes les plus importants du pays, il y a maintenant un assassin.

Pas énormément de nouveautés enthousiasmantes ces derniers temps, aussi, l'arrivée de Vigilantes constitue un véritable bol d'air frais. La série, publiée chez Soleil, est scénarisée par Jean-Charles Gaudin (auteur notamment de Marlysa ou encore Les Arcanes du Midi-Minuit), les dessins sont l'oeuvre de Riccardo Crosa.
L'histoire fait évidemment référence à bon nombre de séries super-héroïques (nombreux clins d'oeil à Spider-Man, Batman, Hulk...) mais parvient à aborder le genre de manière réaliste et originale. La narration est un exemple de savoir-faire : fluide, efficace, elle permet de dévoiler habilement l'intrigue tout en construisant des personnages crédibles et attachants. Les flashbacks concernant l'enfance des personnages et les évènements à l'origine de leur lien particulier sont également très bien amenés et renforcent encore la psychologie des personnages. Ajoutons à cela de bons dialogues, des scènes de la vie quotidienne bien pensées, et l'on obtient une pure merveille, addictive et passionnante.

Graphiquement, là encore le travail est impressionnant, les planches, très réussies et illustrées dans un style réaliste, sont encore rehaussées par le travail du coloriste, Stéphane Paitreau. Difficile de trouver un quelconque défaut à l'ensemble.
Techniquement, l'ouvrage est réalisé dans un style européen (hardcover, grand format, 46 planches) et est proposé au prix découverte de 9,95 euros (au lieu de 13,50). Allez, juste pour chipoter, signalons deux petites erreurs dans le texte : un "Spiderman" à la place de "Spider-Man" et, plus inquiétant, un "chez pas où" au lieu de "j'sais pas où". On a frôlé le perfect d'un cheveu. ;o)
La saga est prévue en quatre tomes.  

Une série agréable, fraîche et parfaitement maîtrisée, évoquant l'héroïsme mais aussi l'enfance et sa magie.
A accrocher dans les écoles de scénaristes, avec comme légende : "c'est comme ça qu'on raconte une putain de bonne histoire !"

23 mai 2011

Olympus : quand Geoff Johns va se faire voir chez les Grecs

Des pirates associés bien involontairement à des archéologues pour lutter contre des créatures issues de la mythologie grecque, voilà ce que nous réserve Olympus.

Gail Walker, professeur d'archéologie, offre une petite séance de plongée sous-marine à ses élèves afin de célébrer la fin de leur séjour en Europe. Ils ont à peine le temps de se pencher sur une magnifique amphore découverte dans une épave qu'ils sont abordés par des hommes armés qui prennent le contrôle de leur petite embarcation.
La situation s'envenime encore quand, pris dans une tempête, ils échouent sur une île étrange sur laquelle ils vont être accueillis par... un cyclope !
D'autres créatures fantastiques menacent la petite équipe qui, pour pouvoir mettre fin au cauchemar, doit replacer la fameuse amphore - en fait la boîte de Pandore - dans un temple situé au sommet de l'île.
Une mission périlleuse qui ne sera pas réalisée sans quelques décès violents.

L'on reste chez les Humanos avec Olympus, réédité sur le même principe que Flywires ou I am Legion. L'équipe créative est franchement prometteuse puisque l'on retrouve Geoff Johns (Superman : Secret Origin, Blackest Night, Green Lantern, Flash : Rebirth, Green Lantern Corps, Superman : New Krypton...) & Kris Grimminger au scénario ainsi que l'excellent Butch Guice (Ruse) au dessin.
Niveau concept, là encore une très bonne idée de départ qui puise largement dans la mythologie classique et oppose les créatures les plus emblématiques à un groupe improbable qui tentera de se défendre en utilisant son savoir (les archéologues, la "tête" du groupe) et ses flingues (les pirates, les "muscles", souvent inefficaces d'ailleurs). Tout est réuni pour accoucher d'un chef-d'oeuvre et, pourtant, on en est loin.

Tout d'abord, malgré la centaine de pages qui constitue le récit, ce dernier se révèle très court. L'on a l'impression d'assister à un film en accéléré où de nombreuses étapes sont sautées. Les relations entre la bande de malfrats et leurs otages sont caricaturales et à peine exploitées (l'on retrouve le boss, qui se révèle être un brave bougre, le salaud de service et les figurants destinés à se faire occire de moult manières). 
Pire, la mythologie, pourtant une source d'inspiration inépuisable, n'est que survolée également. Cyclope, Minotaure, Méduse, Sphinx, tous défilent rapidement, certains pour ne faire qu'une brève apparition, un peu comme si les auteurs s'étaient sentis obligés de faire figurer les "vedettes" du catalogue sans trop se soucier de les intégrer à l'intrigue. Le Sphinx et son énigme pourrie remportent d'ailleurs la palme du ridicule.
Il faut encore ajouter au tableau des scènes de combat souvent confuses et un final gnangnan au possible. Le résultat n'est pas désastreux pour autant (le début est très bien mené), mais ce comic sera vite oublié et relégué au rang de l'anecdotique.

Notons qu'un sketchbook de dix planches complète l'ouvrage. Les illustrations sont magnifiques et laissent du coup encore plus un sentiment de gâchis.

Un scénariste phare, un dessinateur surdoué, une thématique riche et une idée de départ enthousiasmante ne sont pas forcément un gage de réussite. Là où l'on attendait le feu sacré d'un volcan, la magie de l'Olympe se révèle aussi peu impressionnante que la flamme vacillante d'une allumette.
Décevant.

Résultats du Concours

Voici les résultats du concours organisé à l'occasion du cap des 1000 chroniques publiées sur Univers Marvel & autres Comics. Quatre heureux élus commencent bien la semaine, pour les autres participants, rassurez-vous, il y aura d'autres occasions de venir tenter votre chance. ;o)

Le tirage au sort a donc désigné :

- 1er : Mehdi (47ème post), qui remporte le buste World War Hulk

- 2ème : Mobias (55ème post), qui remporte le tome #1 de Fables

- 3ème : Garvi (85ème post), qui remporte le tome #1 de Courtney Crumrin

- 4ème : thejpsman (51ème post), qui remporte le tome #1 de Y, the last man

Merci aux gagnants de bien vouloir me transmettre leurs coordonnées complètes par mail (e-mail figurant tout en bas de la FAQ) afin que je puisse expédier les lots.

On se retrouve cette après-midi pour une nouvelle chronique où l'on parlera de naufragés et de créatures mythiques. ;o)

20 mai 2011

I am Legion

Une réédition de Je suis Légion vient de sortir récemment, une bonne occasion pour se pencher sur cette saga alliant espionnage et fantastique.

1942. L'obergruppenführer Heyzig, chef du renseignement nazi en Europe de l'Est, dirige un projet spécial appelé Légion. La petite fille, qui en est l'élément central, pourrait tout simplement changer l'issue de la guerre.
Parallèlement, à Londres, l'inspecteur Pilgrim enquête sur la mort d'un notable. Ses investigations vont le mener jusqu'au coeur des services secrets britanniques. Dans l'ombre, quelque chose se trame. Les anglais préparent une opération coup de poing en Roumanie, des millions de livres disparaissent, les cadavres s'accumulent...
Et puis il y a ce nom de code. Walkyrie. Peut-être la dernière chance pour le général Canaris, patron de l'Abwehr, de sauver le Reich en éliminant Hitler et en négociant avec les alliés.
Au milieu de ce jeu d'échec diplomatique, une menace bien pire que la guerre va se révéler. Elle n'a pas d'âge, n'est pas humaine et... est légion.

Je suis Légion est à la base un récit en trois parties qui est ici réédité en un volume. Si l'on passe du traditionnel 24 x 32 cm au plus compact 19 x 26, le prix s'en ressent également puisque cette intégrale, avec softcover, revient à 13,25 euros, soit l'équivalent d'un seul tome cartonné. Cette tendance (cf Flywires ou Médiacop) consistant à ressortir certaines séries dans un format plus proche de celui des comics se poursuit donc et permet de découvrir parfois, comme c'est le cas ici, des oeuvres qui méritent largement le détour.
Le scénario est de Fabien Nury, les dessins de John Cassaday. Graphiquement, le style est réaliste, avec des visages expressifs et détaillés et des plans efficaces. Notons la colorisation de Laura Martin, qui avait déjà travaillé avec Cassaday sur Astonishing X-Men.
L'intrigue, elle, est complexe et fourmille de détails historiques. Nury se révèle particulièrement habile et met en place un ensemble de forces politiques qui s'affrontent à coups de complots et autres coups fourrés. A cette toile de fond, déjà intéressante en soi, le scénariste va incorporer des éléments surnaturels qui, finalement, s'intègrent très bien dans le décor, notamment lorsque l'on connaît la fascination bien réelle des nazis pour l'occulte et le mysticisme.

Le traitement de l'ensemble est très cinématographique et les références, volontaires ou non, à certains films (je pense en particulier au Témoin du Mal de Hoblit) sont nombreuses. Outre la manière originale de se servir du mythe vampirique (et du si sympathique Vlad l'Empaleur), l'on peut également souligner l'intelligence avec laquelle l'auteur s'inspire de l'Histoire, que ce soit en évoquant les premières tentatives d'attentat contre Hitler ou, de façon plus cynique, en "recyclant" les innocents déportés et condamnés par le régime nazi.
Au final, l'on obtient un récit subtil et bien construit, qui commence comme un polar et évolue peu à peu vers le fantastique, le tout dans le cadre dramatique de la seconde guerre mondiale. Seule réserve pouvant être avancée ; le peu d'émotion qui se dégage des protagonistes, ces derniers étant bien décrits mais d'une manière un peu froide. Les révélations sur le passé sentimental de Pilgrim, par exemple, lui donnent de la consistance mais font plus penser à des données brutes qu'à un véritable traumatisme qui façonne le personnage en l'égratignant. La fillette également peine à émouvoir vraiment. Ceci dit, l'on gagne probablement au niveau macroscopique (avec l'intervention de nombreux personnages, dont certains très connus) ce que l'on perd éventuellement du côté de la psychologie individuelle.

Un tout petit prix pour une série bien écrite et documentée, à la frontière de plusieurs genres.



ps : dernière ligne droite (jusqu'à dimanche, minuit) pour participer au concours vous permettant de gagner un buste World War Hulk et les premiers tomes des séries Fables, Courtney Crumrin et Y, the last man. La liste des gagnants sera publiée lundi, en attendant, il suffit de poster un simple commentaire ici pour participer. Bonne chance à tous ! ;o)

18 mai 2011

Spider-Man : Fear Itself / Jackpot / May en rut

Le Spider-Man hors série #34 de ce mois nous dévoile les premiers pas de la nouvelle Jackpot et en profite pour confronter ce brave Peter à... la peur elle-même !

Cet hors série débute par Spider-Man : Fear Itself, une sorte de petite mise en bouche concernant le prochain gros évènement qui embrasera le marvelverse (cf la chronologie). Qui dit peur dit Man-Thing, la créature issue des marais de Floride possédant la particularité de brûler, par simple contact, toute personne éprouvant ce sentiment. Spidey va donc rencontrer l'Homme-Chose mais surtout choper une saloperie à son contact, modifiant son ADN et le transformant en... plante verte.
Le scénario est de Stuart Moore, les dessins de Joe Suitor. Graphiquement, ambiance agréable, dans les tons pastel, avec une très jolie Carlie Cooper en guest. Parker, lui, semble par contre parfois aussi âgé que sa tantine lorsqu'il est en civil !
L'intrigue est sympa, même si la conclusion est un peu vite expédiée. Le côté effrayant de la transformation de Peter aurait pu être mieux exploité, mais l'ensemble reste agréable et bénéficie de la présence, étrange et dérangeante, du si particulier Man-Thing.

On continue avec le plat de résistance, consacré à Jackpot. Alors, cette demoiselle avait servi à détourner l'attention des fans en colère après One More Day, en gros, on se demandait si, sous cette identité, ne se cachait pas Mary Jane (cf, entre autres, cette chronique). Après la révélation de la véritable identité de la miss (et son décès malencontreux), le Tisseur était allé donner une leçon de morale à la Jackpot originale, qui avait troqué son accréditation et son rôle de super-héroïne contre un peu de tranquillité et de vie de famille (oui, il est comme ça Peter, ça lui suffit pas de se pourrir la vie, il faut qu'il gâche celle des autres).
C'est donc de Sara Ehret qu'il est question ici. La jeune femme, rongée par la culpabilité, a de nouveau endossé masque et costume. Bien que prudente, elle tombe malheureusement sur une sombre affaire de trafic qui va l'obliger à affronter Boomerang. Un vilain de seconde zone, certes, mais qui peut faire des dégâts lorsque l'on est soi-même peu expérimentée et vulnérable...
Le scénario est écrit par Marc Guggenheim, les dessins sont assurés par Adriana Melo et David Yardin. Un arc plutôt réussi, avec une Jackpot intéressante et un Spider-Man aussi drôle que parfois agaçant. Boomerang prend une dimension que l'on a rarement l'occasion de voir et la jolie Sara et sa fillette font un peu penser, par certains côtés, à la pauvre Julia Carpenter pendant Civil War (cf ce Monster).

Enfin, l'on termine sur un binz très court issu de Web of Spider-Man. Et, au risque de passer pour un vieux con (bah, je ne suis plus à ça près), j'avoue que le début de ce récit m'a un peu gêné. En gros, il s'agit (encore !) de May et son nouveau mari qui passent leur temps au pieu à baiser comme des malades. Alors, bon, ok, c'est marrant une ou deux fois, j'avais même joué exprès les choqués lors d'une scène plutôt drôle (cf Spider-Man #123), où Peter tombe sur les deux tourtereaux en pleine action, mais à force d'appuyer sans cesse sur la sexualité débridée de la vieille relique, il finit par se dégager quelque chose de vaguement malsain de tout ça. Les plus jeunes lecteurs n'auront peut-être pas la même impression, mais pour ceux qui comme moi ont connu la May des années 80, à l'article de la mort, si fragile qu'on avait peur de lui dire bonjour trop fort, toujours en train d'agoniser entre deux crises cardiaques, la voir ainsi être livrée à des scénaristes qui se régalent d'exposer sa vie sexuelle renaissante est assez déplaisant.
Pas à cause de son âge, à cause de ce qu'elle symbolise. La tante May, bien qu'étant la mère de substitution de Peter (voire sa vraie mère, cf Trouble), est un peu le stéréotype ultime de la grand-mère, que l'on aime tendrement et que l'on suppose aussi asexuée que Tintin. Bien sûr, l'on se doute que nos grands-parents ne font pas que dormir dans leur chambre, mais, bien qu'une hypothèse d'une vie sexuelle puisse être envisagée, bordel, qui a envie de voir ça ou d'en entendre parler ?
- Ah, mémé, tu as bien dormi ? Tu veux un croissant ?
- Oh, non, je ne fais que passer, je viens juste chercher un peu de jus d'orange, ton grand-père m'a fait la fête toute la nuit et il dit que s'il peut épancher sa soif et faire le plein de vitamines C, il est prêt à remettre ça jusqu'au crépuscule !
- Ah... heu... il y a des chaussons aux pommes sinon aussi... heu... tu aurais le numéro d'un bon psy ?
L'épisode s'intitule Love & Marriage, ce qui aurait pu être effectivement sympa à aborder si J.M. DeMatteis nous avait épargné cette ouverture scabreuse qui n'a, en plus, aucun intérêt (si encore ça servait un but précis). Le fait qu'en plus ce genre d'allusions aient lieu dans l'univers de Spider-Man, personnage réputé ultra-coincé avec les filles, rend le contraste plus désagréable encore. Dire que l'on charcute la série mère pour des raisons absurdes de "rajeunissement" du personnage et que, en parallèle, on nous inflige des trucs aussi débiles...
Voilà, c'était le ronchonnage du jour.

Un bon HS, peuplé de personnages secondaires bien traités et bénéficiant des réparties, souvent drôles, du Tisseur.
Gérontophilie en sus. 

Comixheroes Universe

Le numéro #1 de Comixheroes Universe contient trois nouvelles séries Aelement Comics. On passe en revue le contenu.

Jusqu'à présent, les différentes publications Aelement étaient centrées sur un titre particulier (Ringhorn, Dieu le Veut...). Avec Comixheros Universe, l'éditeur lance une revue au contenu plus important et varié. Au menu ; Roncevaux, Golden Stars et Superbug. Ces trois séries ont toutefois un point commun puisqu'elles se déroulent à Europolis, capitale futuriste des Nations-Unies Européennes que l'on avait découverte dans Hoplitea. Plusieurs personnages déjà rencontrés aux côtés de la Lionne de Sparte s'invitent d'ailleurs dans ces planches.
Voyons cela dans le détail.

L'on commence avec Roncevaux, par Laurent Arthaud (scénario) et Nido (dessin). Roncevaux, chevalier astral aidé de sa fidèle Durandal, affronte l'ignoble Obscur et ses sbires. L'essentiel de l'épisode est constitué d'affrontements qui malheureusement tombent un peu à plat à cause d'un enjeu peu évident à cerner et de protagonistes auxquels le lecteur n'est pas encore suffisamment attaché pour réellement se soucier de leurs ennuis. De bonnes idées parsèment malgré tout les pages, comme la relation entre Roncevaux et "l'âme" de son épée, ou encore le plan astral et ses particularités, mais tout cela est insuffisamment développé.

Avec la suite, Golden Stars, on monte d'un cran en qualité. Toujours Laurent Arthaud au scénario, secondé par Frédéric Pham Chuong, artiste qui se charge également du dessin, de l'encrage et de la colorisation. Visuellement, c'est beau, dynamique et inspiré. Même Europolis, jusqu'ici représentée de manière cartoony et un peu fade, acquiert ici une âme. La vue d'ensemble de la deuxième planche donne de la ville une vision fascinante, à la fois un peu inquiétante et totalement réaliste grâce aux détails et à l'aspect "vécu" qui s'en dégage.
Les personnages, bien qu'encore un peu artificiels, doivent beaucoup au traitement graphique qui les fait gagner en charisme. Les différents effets et jeux de lumière sont également habilement dosés et employés, bref, une vraie claque visuelle.
Pour ce qui est du récit, là encore il s'agit essentiellement d'une baston, mais les dialogues, sans échapper à certains stéréotypes, sont un peu plus inspirés. Les rapports entre le boss des Golden Stars et Roncevaux constituent une piste intéressante mais elle reste encore trop embryonnaire et mal servie par un texte et des choix narratifs pesants.  

Enfin, l'on termine par Superbug, une histoire courte mettant en scène le personnage qui donne son nom à la série et qui porte un costume inspiré d'une... coccinelle ! Plutôt amusant et original (bouh ! je vais vous anéantir damnés vilains, car j'ai en moi la force et le courage de... heu... d'une coccinelle...). Laurent Arthaud est rejoint ici par Marti pour la partie graphique.
Là encore, du combat, mais narrativement, c'est déjà plus intéressant, le scénariste parvenant, malgré la brièveté du récit, à donner un peu d'épaisseur - voire simplement de caractéristiques - à Superbug, notamment en en faisant un type un peu maladroit (ou guère rigoureux) ne sachant même pas utiliser son propre équipement. C'est de ce genre d'anecdotes, humanisant fortement les protagonistes, dont on sent souvent cruellement l'absence.

Globalement, les trois titres n'ont rien de repoussants mais souffrent tous des mêmes défauts. L'on en vient trop vite à de l'action qui a un côté superficiel car l'on ne connaît rien des motivations des personnages ni d'ailleurs, souvent, de leur caractère. Si certaines répliques fonctionnent vraiment bien, nombre de dialogues manquent de naturel et flirtent presque avec la parodie. Le travail et la bonne volonté des auteurs sont évidents, mais la marge de progression l'est tout autant.
Le constat, un peu rude, ne doit pas édulcorer les points positifs : la richesse de l'univers partagé semble réelle, même si la façon de le présenter reste maladroite, des pointes d'humour laissent à penser que l'écriture de Laurent Arthaud devrait grandement gagner en efficacité une fois qu'il aura pris ses marques, et, enfin, le travail de Frédéric Pham Chuong apporte un plus indéniable à l'univers. Ajoutons à cela un travail éditorial plutôt bon (impression de qualité, présence de bonus, notamment un sketchbook et un article de fond intéressant) même si, là encore, l'on peut déplorer une ou deux coquilles et un gros ratage qui fait mal aux yeux (on ne dit pas "être en biz biz" mais "en bisbille").
Reste le prix, 7,50 euros tout de même, qui pourrait constituer un frein sérieux à l'achat.

Une entreprise ambitieuse qui n'est pas sans défauts mais pourrait réserver de bonnes surprises si ces derniers sont corrigés.

16 mai 2011

Echo : Collision

On commence la semaine avec le quatrième tome de la très savoureuse série Echo de Moore. Pas le barbu acariâtre, l'autre.

Julie Martin est maintenant sous la protection de Ivy Raven, une sorte de Mulder au féminin, spécialiste des affaires "délicates". De son côté, Dillon, l'ex petit ami de la pilote d'essai décédée dans l'explosion de la combinaison qui a tout déclenché, en apprend plus sur le projet Phi. Annie, qui en était à l'origine, avait fait une découverte fondamentale permettant de résoudre la plupart des problèmes sur lesquels butent les plus grands physiciens depuis des décennies.
Les cadavres, eux, continuent à s'accumuler dans le sillage de Caïn, un psychopathe possédant une partie de l'alliage qui donne ses pouvoirs à Julie. Et de son côté, Cooper, au coeur du projet Phi, s'occupe également de faire le ménage parmi les témoins.
Mais plus que de quelques meurtres, c'est d'un accélérateur à particules qu'il va falloir se soucier en priorité. Cette "usine" à trous noirs pourrait non seulement détruire le Nevada mais la planète entière...

La série de Terry Moore (Strangers in Paradise) continue, relativement discrètement, son petit bonhomme de chemin avec la sortie, le mois dernier, de ce quatrième tome. Si les explications techniques concernant le fameux alliage avait commencé dans le troisième opus, elles se précisent ici avec suffisamment de crédibilité et sans jamais paraître rébarbatives. Certains éléments sont d'ailleurs tout à fait exacts, ce qui renforce encore le réalisme de l'ensemble. Malgré tout, l'action pure n'est pas en reste, agréablement contrebalancée par de petits moments plus légers. Le duo Julie/Ivy notamment fonctionne très bien, les tandems féminins réussissant décidemment très bien à Moore.
Graphiquement, là encore, ce sont les jeunes femmes qui s'en sortent le mieux, les personnages dégageant un charme incroyable et une grande humanité, ce qui compense largement des décors parfois dépouillés et un noir & blanc quelque peu austère. Depuis le premier volume, la qualité ne se dément pas et l'auteur parvient à allier avec bonheur science ardue, fantastique light, action tendance barbouzarde et protagonistes attachants.

L'ouvrage, qui contient les épisodes #16 à #20, est édité chez Delcourt au prix de 12,90 euros. L'on peut noter la présence d'une ou deux coquilles, regrettables mais moins gênantes que la grossière erreur que l'on pouvait trouver dans le premier tome. Les covers originales sont présentes mais reproduites en noir & blanc.

Un titre fort plaisant dont les qualités perdurent sur la longueur.



ps : dans un registre complètement différent, je vous signale la sortie, dans deux jours, du premier tome français de Northlanders, titre Vertigo dont j'avais déjà chroniqué la VO en 2009. Assez sympa si vous aimez le trip viking.    

13 mai 2011

Kill Grant Morrison ?

Sortie ce mois de Kill your boyfriend, une oeuvre de "jeunesse" de Grant Morrison.

Je le sais maintenant, j'ai commis des atrocités dans une vie antérieure et le préposé au karma vient de me faire payer mes actes en mettant sur ma route ce comic. Commençons par le traditionnel résumé de l'histoire. Une lycéenne fadasse déteste son petit ami et est énervée par l'école, ses parents et la société. Elle rencontre un voyou qui va l'entraîner dans une vie de défonce, de sexe et de meurtres gratuits. Pour l'alibi culturel, la petite frappe qui devient le mentor de la jeune fille est une référence à Dionysos. Pour le coup, la transposition du mythe est franchement cheap. Mais commençons par le début.

Le scénario est de Grant Morrison. Il est ici très loin de We3, Batman : Arkham Asylum ou même The Mystery Play qui, tout opaque qu'il était, offrait tout de même quelques pistes de réflexion. A la décharge de l'auteur, cette oeuvre date de 1995, m'enfin, il avait déjà 35 ans à l'époque alors que Kill your boyfriend ressemble plus au travail peu abouti de gamins de douze ans qui se lanceraient dans l'élaboration d'un mauvais fanzine. Car tout ici est naze de bout en bout.
Les personnages n'ont ni charisme ni épaisseur, la narration est d'une platitude ahurissante, le propos aussi vain qu'ennuyeux et le côté sulfureux est totalement surjoué. Là où l'on nous promet de l'humour noir, il n'y a que l'imbécilité et le non-sens, et à la place des rebelles accomplissant un périple sauvage, le lecteur assiste, dépité, au navrant road-trip d'enfants gâtés, capricieux et profondément stupides.

Le dessin, de Philip Bond, est loin de relever le niveau. L'artiste réussit même l'exploit d'aseptiser encore plus les scènes censées être les plus dérangeantes. La colorisation, criarde et sans nuances, achèvera de décourager les plus persévérants.
La postface de Morrison, tout content de lui et nous abreuvant d'anecdotes et d'explications satisfaites, ne rend pas le tout moins absurde mais parvient par contre à lui donner un aspect comiquement pompeux. 

Pour du Morrison et du Vertigo, la surprise est grande ! J'ignore si le but de l'auteur était de réellement recycler ce pauvre Dionysos qui n'a rien demandé, s'il voulait évoquer l'anarchisme ou s'il souhaitait simplement mettre en scène son Natural Born Killers personnel, mais quel qu'ait pu être son but, il est évident qu'il est loin de l'avoir atteint.
Seul point positif de ce grotesque "Graphic Novel", il fera de vous un bon citoyen lorsque vous le recyclerez cet été pour allumer le barbecue.

Mais... mais c'est d'la merde ?
Non, c'est kloug dirait Preskovic, mais le résultat est tout de même très proche.

10 mai 2011

PunisherMAX : Le Caïd

La nouvelle série choc du Punisher sort demain en librairie. Tout de suite, le point sur ce premier arc.

Les familles mafieuses de New York subissent depuis des années les attaques de Frank Castle. Les différents clans décident de tenter une nouvelle fois d'éliminer le justicier en faisant appel à un dur à cuire capable d'encaisser les coups mais surtout d'en donner.
Mais avant tout, les gangsters vont occuper le Punisher en lui offrant un leurre, une légende urbaine, un os à ronger virtuel : le Caïd. Wilson Fisk, le garde du corps de l'un des parrains, est chargé de donner de la consistance au mythe. Il va faire circuler quelques rumeurs, distribuer de l'argent, créer de toutes pièces un seigneur du crime avec un passé, des comptes en banque et un tas de traces informatiques témoignant de son existence.
Un costume vide, parfaitement taillé pour Fisk. L'homme a connu le pire dans son enfance, puis en prison. Aujourd'hui, il se dit qu'il pourrait bien faire d'une pierre deux coups, en se débarrassant du Punisher et en prenant la tête des familles new-yorkaises par la même occasion.
Et dans le monde de Fisk comme dans celui de Castle, toutes les méthodes sont bonnes. Même les plus sanglantes.

Eh bien voilà une bonne surprise et même sans doute la meilleure histoire du Punisher depuis la fin du run de Garth Ennis. Cette nouvelle série est publiée dans la collection Max, ciblant un public averti et étant censée être, en général (bien qu'il y ait des contre-exemples, comme Alias ou The Hood), hors continuité. Ici, le parti pris est assez intéressant puisque, effectivement, l'ambiance est au polar (très) musclé mais les auteurs ont tout de même puisé dans les personnages très connus du marvelverse (comme le Caïd ou Bullseye) afin de les revisiter, dans un cadre plus réaliste et moins costumé.
Pour ce qui est de l'équipe artistique, l'on retrouve au scénario Jason Aaron, qui avait déjà fait ses preuves en ce qui concerne le polar noir et violent avec Scalped chez Vertigo. Niveau dessin, pas de grosse surprise puisque c'est Steve Dillon qui s'y recolle, avec toujours les mêmes petits défauts (visages très semblables, décors un peu vides et lisses). Ces cinq épisodes, malgré un dessin parfois faiblard, sont toutefois excellents.

Tout d'abord, c'est une petite leçon de narration qui nous est donnée là. Le récit est rythmé, cohérent, parfaitement découpé et l'intrigue, bien que classique, ménage un certain suspens. Les personnages principaux ont une véritable épaisseur et ne sont pas là uniquement pour servir de cibles mobiles. Le Mennonite notamment, sans toutefois égaler un Barracuda, est à la fois inquiétant et touchant. C'est cependant le Caïd qui remporte la palme de la profondeur, avec de nombreux flashbacks qui permettent de dresser un portrait convaincant, chaque scène de son passé apportant un petit degré supplémentaire dans l'horreur et le glauque. Enfin, un parallèle intéressant - mais heureusement ni lourdingue ni moralisateur - montre les similitudes qui existent entre les méthodes des gangsters et celles de Castle.
Bref, c'est inspiré, maîtrisé et plutôt prenant.

Reste à préciser une nouvelle fois que le public visé est forcément adulte. La violence (bien qu'un peu édulcorée) est omniprésente : viols, scènes de torture (à base de rats ou d'outils, les amateurs de petits rongeurs et de bricolage seront ravis), yeux arrachés, le tout accompagné d'un langage fleuri, voilà qui donne des planches plutôt corsées.
Notons que la traduction est tout à fait correcte, ce qui n'a rien d'un exploit, c'est simplement normal, mais avec Panini, on a toujours envie de sortir le champagne quand ça arrive.

Du lourd et de l'ultra-violence habilement mis en scène. La relecture de personnages classiques apporte un plus indéniable mais c'est surtout l'écriture de Aaron qui se doit d'être saluée, ce dernier permettant aux "méchants", aussi épouvantables soient-ils, de conserver un côté humain qui les rend à la fois crédibles et troublants.
Peut-être la meilleure des nombreuses nouvelles on-goings lancées récemment.

08 mai 2011

Spider-Man : nouveau Scorpion et vieux Lézard

Le Tisseur fait face à de sales bestioles dans le Spider-Man #136 de ce mois.

La revue débute par Astonishing Spider-Man & Wolverine, par Jason Aaron (scénario) et Adam Kubert (dessin). Ce quatrième épisode dévoile enfin les causes des bonds dans le temps effectués par Spidey et Wolvie. Quelques scènes plutôt sympathiques continuent d'exploiter l'antagonisme existant entre les deux personnages principaux. La version ado de Parker a d'ailleurs le don d'agacer prodigieusement ce pauvre Logan. Dommage que cette partie ne soit pas un peu plus longue. En gros, du classique privilégiant le fun.

On enchaîne ensuite avec Amazing Spider-Man. Dans un premier temps, c'est Fred Van Lente, au scénario, qui va organiser une rencontre entre un  Scorpion nouvelle version (bien plus sexy que l'ancien) et notre Monte-en-l'air. Hood est également de la partie étant donné que les évènements datent d'avant sa fuite précipitée et la perte de ses pouvoirs.
On a le plaisir de retrouver Michael Gaydos (Alias) aux crayons pour cet épisode qui s'attarde notamment sur les relations entre Parker et son irascible colocataire.
Rapide interlude ensuite, avec Mark Waid & Tom Peyer au scénario, Todd Nauck au dessin. Rien d'extraordinaire, Parker cherche du travail (rappelons qu'il a été viré de la mairie par Jameson suite au trucage d'une photo) et il est contrarié dans ses démarches par l'Homme-Absorbant.

On poursuit avec le début de la saga Métamorphose dont on peut découvrir ici le prélude (issu de Web of Spider-Man), le prologue et le premier épisode, par Zeb Wells (scénario) et Chris Bachalo (dessin). Dans la logique du retour des vilains attitrés du Tisseur (cf Mystério ou encore le Vautour et le Rhino), c'est le docteur Curt Connors qui est ramené sur le devant de la scène. Ce dernier tente, avec plus ou moins de réussite, de contenir le Lézard qui ne demande qu'à ressurgir, encore plus violent et sauvage que par le passé.
Côté vie sentimentale, Parker délaisse un peu sa relation compliquée avec Black Cat pour se rapprocher de la jolie Carlie Cooper. Il a tout de même fallu que Osborn (Harry) lui force un peu la main. Toujours aussi débrouillard ce Peter !
Notons que les dessins du prélude, par Xurxo Penalta, ont un style très particulier (perso je dirais même qu'ils sont assez laids).

D'un point de vue pratique, Panini lance son opération Flash-Forward, qui consiste à réduire le décalage entre la parution des séries US et la VF à six mois. Louable attention. Par contre, il faudra leur expliquer qu'imprimer l'édito final en noir sur fond bleu foncé, à moins d'être en partenariat avec Afflelou, ce n'est pas une bonne idée.

Une bonne fournée finalement, avec des histoires qui se laissent lire et sans âneries dans la traduction. Pourvu que ça dure, ce qui, vu la qualité en dents de scie des récents ASM, est loin d'être une certitude.


Trop d'exemples de Stephen King...

A l'époque, j'étais encore au lycée et le prof de français, l'un de ces types chevelus et débonnaires, débordant de savoir mais quelque peu désabusés par le système, m'avait rendu ma dissertation avec une remarque qui me parut étrange. Je ne me souviens ni de la note (qui devait toutefois être bonne, les dissertations présentant l'avantage énorme de ne demander aucun travail préparatoire à la maison, si ce n'est lire un peu, ce que je faisais avec plaisir) ni du sujet, mais la remarque, éraflant la blancheur de ma page d'un pourpre qui ne souffrait aucune discussion, me laissa longtemps perplexe : trop d'exemples de Stephen King !

Je n'étais pas suffisamment naïf pour ne pas la comprendre. Bien sûr que l'éducation nationale, dans son infinie sagesse de vieille dame ankylosée, attendait de moi que je lusse autre chose que les écrits horrifiques d'un auteur qui avait la triple audace d'être américain, populaire et vivant. Zola, Balzac ou Hugo me tendaient des bras décharnés, du fond de leurs tombeaux. Seulement, voilà, ils m'ennuyaient. Avec eux, les mots restaient des mots, secs, vides et sans vie.
C'est cette remarque, pourtant anodine, qui me fit prendre conscience de l'existence de deux genres d'écrivain. De nos jours, l'on classe les livres en littérature blanche et littérature de genre, ou encore en classiques, opposés à la pop culture, mais aucun de ces termes, même rétrospectivement, n'explique vraiment ce qui fait que William Boyd, Dean Koontz ou Jerome K. Jerome parvenaient à m'embarquer ailleurs, dans leur monde, alors que les autres échouaient misérablement. Ni pourquoi, parmi tous ces auteurs, le grand King me fascinait autant. J'en vins à élaborer, au fil des ans, ma propre théorie et à me convaincre qu'il existait effectivement deux castes, aussi opposées que peuvent l'être l'eau et le feu. D'un côté des écrivains certes talentueux mais dont je sentais la présence derrière chaque ligne, de l'autre des conteurs qui humblement s'effaçaient derrière leur histoire et laissaient la vedette à leurs personnages. Bien entendu, il n'existe pas là une frontière nette et précise, ces catégories sont suffisamment poreuses - et la définition qui les sous-tend, suffisamment floue - pour permettre toutes les suppositions possibles et ainsi ménager toutes les susceptibilités. Mais l'essentiel était pourtant là ; certains s'étourdissaient en se regardant écrire, dans un style égocentré et parfois volontairement abscons, alors que d'autres étaient les dignes héritiers de ces hommes et femmes qui, sans manières, s'approchaient encore, au siècle dernier, des âtres rougeoyants pour tromper l'ennui des plus jeunes et les faire frissonner ou rire en saupoudrant, à l'intérieur de contes éculés, des éléments personnels qui, comme d'étranges épices, allaient subtilement en modifier le goût.

Trop d'exemples de Stephen King ? Oui, sans doute, mais mieux valait lire de la littérature que certains prétendaient de gare plutôt que de ne rien lire du tout. Et puis, si King avait effectivement cette modestie naturelle qui permet au conteur de ne pas tirer la couverture à lui, et même de laisser toute la couette au lecteur ravi de cette douce chaleur, il n'y avait rien de médiocre dans les phrases de ce brave type du Maine. Au contraire, il y avait cette magie, qui se travaille un peu mais est surtout un don, que l'on perçoit dans le Papier, lorsque celui-ci parvient à vous fendre l'âme ou à vous serrer le coeur.
Je me fichais bien de Stephen King à l'époque, et je continue d'une certaine façon. S'il lui prenait l'envie de débarquer du côté de Metz pour une séance de dédicace, je ne ferais probablement pas le déplacement. Car ce qui m'intéresse chez cet homme, je l'ai déjà dans mes bibliothèques. Ce sont plus que des souvenirs, ce sont des instants de bonheur absolu où l'on peut s'abandonner en toute confiance en suivant les pas d'un vieil ami qui aurait le don de contrôler notre rêve éveillé. S'il fallait revenir sur ce long chemin que nous avons arpenté ensemble, le vieux Maître et moi, j'y verrais Louis Creed, pénétrant pour la première fois dans un drôle de cimetière pour animaux. Ben Mears, le regard triste, une moto à ses pieds et une chaussure de femme dans une main. James Gardener, dont la dépouille à l'heure qu'il est dérive dans l'infini de l'espace. Bill Denbrough et son bégaiement, Eddie Kaspbrak et sa si étouffante mère, la douce Beverly Marsh et son père à la main leste... l'on croiserait probablement aussi Rose McClendon nous lançant un regard terrifié, la petite Charlie McGee et peut-être un bon gros Saint-bernard avant qu'il n'ait la rage et se transforme en monstre.
C'est vrai qu'ils sont nombreux les exemples de Stephen King. L'homme a abordé tant de sujets... la violence familiale, l'alcoolisme, les terreurs bien réelles de l'enfance, l'injustice, l'apocalypse, les saloperies issues du regard des autres et les bonnes choses issues... du regard des autres. Et pourtant, je n'ai pas peur de sa plume. Quoi qu'elle aborde, je sais que ce sera adapté. Il y aura des moments difficiles, car la vie est ainsi faite, mais il n'y aura pas de complaisance pour la violence et le sale. Il y aura des jours sombres, chargés de nuages lourds prêts à dégueuler leur contenu sur nos têtes, mais il y aura aussi, à la fin, la promesse d'un ciel tranquille. 
Le propre du conteur, voyez-vous, c'est que jamais il ne triche.
Ce qui arrive... arrive.

Mais ce qui arrive est embelli. 
De l'autre côté du miroir, tout est sous contrôle. Même les enculés.
Le clown de Derry, Jack Torrance ou Randall Flagg n'iront jamais trop loin, car un honnête conteur ne le permettrait pas et, même s'il se laissait aller, le Papier corrigerait cela. Ce que j'appelle le "Papier", ce n'en est pas forcément, c'est même souvent plutôt des pixels sur un écran blanc de nos jours, mais j'aime penser cette étendue neigeuse comme ce Papier si noble qui donne, depuis longtemps, de la consistance aux récits. Ce vide là, que je respecte et dont certains ont peur (la fameuse frousse connue sous le nom de syndrome de la Page Blanche), est utile. Il permet aux personnages de prendre parfois une certaine indépendance et aux histoires de ne pas forcément se plier à la volonté du scribouillard. 
Qu'est-ce que je suis en train de raconter vous dites-vous ? Est-ce que je sous-entendrais qu'un écrivain, un Conteur surtout, n'est pas seul à écrire ? Eh bien... il y a un peu de cela, oui. Je ne vous parle pas de fantômes ou de je ne sais quelle écriture automatique dictée par une volonté supérieure, non, c'est plus subtile que ça. Ceux qui écrivent le savent, certains personnages s'avèrent parfois plus "résistants" que ce que l'on pensait et parviennent même à infléchir leur fragile destinée de fiction. Si l'on écrit avec passion, avec rigueur, en étant à l'écoute, en essayant de tirer d'une idée absurde la meilleure histoire possible, alors, parfois, les personnages nous aident.
Je crois que Stephen King est passé maître dans cet art qui consiste à se mettre au service de mots qui deviennent des descriptions, qui deviennent des gens, qui deviennent une forme de réalité qui nous touche. Cela relève certainement autant de l'abnégation que de la folie (douce heureusement), mais c'est bigrement efficace !

Dans Sac d'Os, Stephen King met en scène un écrivain, ce n'est pas la première fois (loin de là !) mais le narrateur parlant à la première personne, il est difficile de ne pas penser que ce qui le séparait, à ce moment là, du personnage était aussi mince qu'une... heu... feuille de papier. Dans ce roman, il parle du blocage de l'écrivain et son personnage, ce brave Mike Noonan, est pris de nausées voire de malaises assez graves lorsqu'il s'approche de son traitement de texte. Je me souviens qu'en lisant ces passages (traduits par William Olivier Desmond, sans doute le pire traducteur de King, aussi à l'aise qu'une Coulomb et aussi inspiré qu'un trombone) je m'étais dit que Noonan était malade parce que Stephen King lui faisait voir ce qui relie nos univers : le blanc, le caniveau, l'immense et pulsant espace vierge et créatif qui fait tampon entre notre monde et tous les autres.
L'on peut y voir la fameuse métaphore du type qui rêve qu'il est un papillon et qui se demande, pendant un bref mais terrifiant instant, s'il ne serait pas plutôt un papillon qui rêve qu'il est un homme. Prendre un personnage par les cheveux et l'obliger à regarder par le trou de notre serrure, ce n'est pas très sympa, mais bon, l'on pardonne tout au Maître. Et la mise en abime est, de toute façon, passionnante. 
Trop d'exemples de Stephen King ?
Je crains personnellement qu'il n'y en ait jamais assez. Car un jour, le Maître ira rejoindre un Ka-tet lointain, sur un plan supérieur. Et que deviendra alors ce petit gosse qui frissonnait autant de joie que de crainte à la lecture de son dernier roman au format poche ? Est-ce que l'adulte qu'il est devenu pourra tourner d'autres pages, profanées par de nouveaux noms, avec le même pincement au coeur et la même excitation ? 

Parce que l'enfant comme l'adulte connaissent la réponse, ils tremblent et savent que jamais il n'y aura assez d'exemples de Stephen King. Il en faudrait plus, beaucoup plus, suffisamment pour pouvoir vivre une vie entière et bien remplie sans jamais avoir à passer une semaine sans la satisfaction, profonde et merveilleuse, de lire du King et de s'en inspirer. Pas en le plagiant, comme un vulgaire Patrick Poivre ou un Thierry Ardisson, ces pseudos auteurs au coeur sec et à la plume tenue par d'autres, mais comme un élève s'inspire de son maître vieillissant, en le regardant, sur le tatami, parer sans effort les attaques d'adversaires nombreux mais désemparés par la profonde justesse de ses gestes.

Vous savez quoi ? J'ai menti. Je crois que si Stephen King venait à Metz, j'irais peut-être y faire un tour. Et, avec un accent anglais approximatif, je le remercierais. En anglais, je ne pourrais pas lui expliquer pourquoi je le remercie, ni à quel point il a changé ma vie, mais peut-être qu'avec un regard suffisamment éloquent... il comprendrait. N'est-ce pas là le propre des Conteurs et de leur sorcellerie ? Comprendre l'essentiel en un regard... et le digérer pour le retranscrire, en mieux.
En beaucoup mieux pour que, plus tard, des enfants passionnés puissent eux-aussi être honorés du cinglant et andrinople mais si jouissif "trop d'exemples de Stephen King".



Stephen King en Comics :
La Tour Sombre (adaptation)
The Stand ("Le Fléau", adaptation)
American Vampires (participation à l'écriture)
Locke & Key (oeuvre de son fils) 

 

Concours & modifications

Je devais vous donner les résultats du concours organisé à l'occasion de la 1000ème chronique du blog, je suis malheureusement dans l'impossibilité de le faire. En effet, le partenaire avec qui je m'étais associé (et qui gérait donc les participations) ne donne pas signe de vie. J'avais demandé un bilan de la participation après environ deux semaines, je ne l'ai jamais eu. A la fin du concours, pas de nouvelles. J'envoie un premier message qui reste lettre morte, j'en envoie un deuxième où là on me répond qu'on m'envoie un fichier avec les participants "ce soir", fichier que j'attends toujours cinq jours après et quasiment deux semaines après la fin du concours... 
Ma patience étant très sérieusement limitée, surtout lorsque je suis confronté au manque de rigueur, je suis dans l'obligation d'annuler purement et simplement le concours et je présente mes excuses à ceux qui avaient pris un peu de temps pour participer.

En remplacement cependant, je vous propose quelque chose de plus simple : il suffit de laisser un commentaire suite à ce message (inutile de poster les réponses du fameux questionnaire, un simple "coucou" suffira). J'effectuerai un tirage au sort parmi les participants (au bout de deux semaines, autrement dit le 23 mai). N'ayant pas prévu de budget spécifique et étant un peu pris de court, les lots de "consolation" seront quelque peu différents de ce qui était prévu. En voici la liste :

1. un buste de Hulk (de la série World War Hulk par Diamond Select)
2. le tome #1 de Fables
3. le tome #1 de Courtney Crumrin
4. le tome #1 de Y, the last man

ps : ne vous inquiétez pas si votre commentaire n'apparait pas immédiatement, je dois les valider et cela peut prendre un peu de temps.  

03 mai 2011

Bertrand Keufterian #2 : Moselle, Aliens et Real-TV

Il y a pire que vivre en Moselle : vivre en Moselle avec des saloperies d'aliens ! Tout de suite, coup de projecteur sur le deuxième opus des aventures de Bertrand Keufterian.

En 2008, une tentative d'invasion extraterrestre a été déjouée. Depuis, les aliens ont été confinés dans des zones spéciales, parfois très proches des habitations humaines. La télévision, suivant son sens pratique et son bon goût habituel, a décidé de recycler les bestioles en les faisant traquer par des chasseurs et en retransmettant le tout dans une émission de télé-réalité...
Bertrand Keufterian est l'un de ces chasseurs. Malchanceux, peu connu en comparaison des stars qui trustent le programme, il va par hasard se retrouver au centre d'un évènement retentissant. Un attentat vient en effet de détruire le mur d'enceinte et les pylônes soniques qui séparaient la population messine des extraterrestres !
Dans la panique générale, Bertrand va faire la connaissance d'une jolie fille aux cheveux magenta, aussi sexy qu'horripilante. L'improbable duo doit maintenant échapper aux monstres.

Deuxième numéro donc pour BK, publié par Phylactères. Au scénario, l'on retrouve Guillaume Matthias et Carlos Rodrigo, les dessins sont assurés par le même Guillaume Matthias, associé cette fois à Céline Labriet pour la colorisation.
Le côté aventures décalées, avec un ton très humoristique, se confirme et se révèle vraiment agréable. Certaines scènes font mouche et vont du passage obligé mais toujours efficace (Bertrand chutant entre les seins de la demoiselle) à de petites touches plus acides (sur les media notamment). Tout cela est rythmé et le binôme fonctionne fort bien, cependant, l'on peut émettre quelques réserves techniques. Au niveau graphique tout d'abord. La plupart des planches sont correctement réalisées mais quelques cases auraient mérité d'être un peu retravaillées. Les membres de la division d'intervention, notamment, se révèlent quelque peu tassés et raides sur certains plans, de plus, la taille de leurs armes et la manière dont ils les tiennent manquent de réalisme. Au niveau des dialogues, deux ou trois petites fautes se sont faufilées entre les relectures et accrochent l'oeil. Rien de bien grave dans l'ensemble - et surtout pas de quoi faire l'impasse sur cette publication - mais la présence de ces défauts est d'autant plus regrettable qu'ils sont mineurs et auraient pu être facilement évités.
Globalement toutefois, une très bonne impression et (et c'est bien là l'essentiel) une immersion immédiate dans un univers sympathique qui sort des sentiers battus. Pour être honnête, je tiens à signaler que je connais maintenant personnellement Guillaume (et qu'il a déjà essayé de me corrompre en cuisinant rien que pour moi !) mais mon enthousiasme date déjà du premier numéro et n'a donc, je l'espère, pas été trop teinté par ma sympathie à son égard (je trouve, d'une manière générale, tous les gens qui me nourrissent relativement sympathiques).  ;o) 

Au niveau éditorial, tout cela est soigné et bien présenté. L'on retrouve bien entendu le traditionnel topo sur les personnages, un résumé de l'intrigue, un mot de l'auteur, un petit article sur les comics français indépendants et deux illustrations d'auteurs justement impliqués dans ce genre un peu à part ; l'une de Fed.M, reprenant Bertrand Keufterian et l'associant au Patrouilleur, à Hoplitea et à Pantz, l'autre de Goblin, un artiste assez exceptionnel (dont vous entendrez encore souvent le nom à l'avenir, ou alors c'est que les éditeurs sont aveugles) qui livre ici une pleine page fourmillant de petits détails et clins d'oeil.

Visite guidée de Metz pour 3,80 euros, comprenant animations extraterrestres, vannes bien humaines et casse-pied en mini-jupe.
Conseillée.


BK : le Blog


ps : je signale aux utilisateurs du navigateur Opera que, dans certains articles, certaines lettres en fin de ligne disparaissent parfois (c'est le cas ici avec le "s" de "avec un ton trèS humoristique"). Ce défaut n'apparaît pas avec IE ou Firefox et j'ignore comment le corriger. Désolé pour ce désagrément. 

pps : suite à ce sujet sur les adaptations cinéma issues de comics, je vous signale l'article dont je parlais (dans Brazil) maintenant repris par son auteur sur son blog.