30 juin 2011

X-Campus, deuxième tentative

Un cas d'école avec le X-Men hors série #2 de ce mois, présentant à la fois une bonne histoire et permettant d'illustrer les pratiques éditoriales douteuses de Panini.

Anna Raven est une adolescente particulière. Elle est plutôt mignonne, a une coupe de cheveux originale, mais ce qui la différencie vraiment du lot, c'est qu'elle peut absorber vos souvenirs et même votre énergie vitale rien qu'en vous touchant.
La jeune fille, après une expérience malheureuse, rejoint l'institut Worthington qui lui a alloué une bourse d'étude. Elle va cependant vite se rendre compte qu'au sein de l'école, d'autres élèves possèdent également des pouvoirs étranges. Certains le vivent comme un don, d'autres ont peur de ces bouleversements incroyables qui affectent leur vie quotidienne.
Mais surtout, les élèves vont découvrir que leurs professeurs sont loin d'être les mentors impartiaux et bienveillants qu'ils sont censés être. Dans l'ombre, une guerre se prépare. Des camps se forment. Et les adultes, pour fourbir leurs armes, vont se servir des jeunes prodiges.

Alors, si le résumé ci-dessus vous dit vaguement quelque chose, c'est tout à fait normal. Nous sommes en fait en présence d'une maxi-série dont le début (deux épisodes sur huit) avait été publié, en 2008, dans la collection Marvel Transatlantique (cf l'article consacré à l'époque à X-Campus). L'histoire était plutôt sympa mais, ô surprise, nous n'avions jamais pu avoir la suite (un exemple parmi tant d'autres de la grande cohérence des décisions paniniennes).
Aujourd'hui, Panini a donc décidé de publier la totalité, en kiosque, pour un prix modique (les 8 épisodes étant deux fois moins chers que les 2 premiers en Transatlantique). Bon, outre le fait que ceux qui s'étaient procurés la version librairie se sont fait méchamment pigeonner (difficile de le dire autrement, ou alors il faut être plus vulgaire), Panini trouve le moyen d'être encore très limite sur cette édition. En effet, sur la cover de cet hors série, l'on peut lire, en rouge bien voyant : "découvrez les origines des super-héros du cinéma".
Ah.
Heu... sauf qu'en fait, X-Campus, c'est tout sauf les origines des X-Men que les gens ont découvert sur grand écran. En plus de l'impéritie chronique, il y a donc mensonge flagrant. Tout ça pour vendre quelques exemplaires de plus en mentant aux pauvres bougres qui auront le malheur de faire confiance aux vendeurs d'autocollants... c'est pas joli-joli, c'est sûr. Mais bon, on sait depuis longtemps que la sandwicherie, c'est plus "je pète, je rote, je te fous la main au cul" que "je t'offre un dîner aux chandelles".
Question de style quoi. Et de morale.

Bon, revenons à l'essentiel : l'histoire qui est ici proposée.
Elle est écrite par Francesco Artibani et Michele Medda, dessinée par Denis Medri, Roberto Di Salvo, Alessandro Vitti, Gianluca Gugliotta et Marco Failla. Oui, ça fait du monde. Et, ma foi, c'est franchement bien fichu. Est-ce encore du comic lorsque les auteurs sont italiens ? Peu importe ! Ce qui compte, c'est l'histoire, pas l'étiquette. Et puis, les italiens savent depuis longtemps exploiter les personnages de papier made in USA pour en faire quelque chose d'aussi bien, voire mieux (Fantomiald fut, à l'époque, une extraordinaire manière de s'approprier le personnage de Donald Duck, cela donna même lieu à une adaptation en roman, dans la mythique Bibliothèque Verte).
Avec l'intro de 2008, l'on sentait un certain potentiel. Ici, avec l'histoire complète, l'on est vraiment transporté dans un what if intéressant, prenant en compte l'âge des protagonistes et employant des héros reconnaissables mais subtilement adaptés à une situation de départ bien éloignée de ce que l'on connaissait (en comics ou au cinéma).
Jean, Bobby, Hank, Logan, tous ont un goût familier mais trouvent, dans ce contexte particulier, une manière différente d'exister. A tel point que l'on ne serait pas contre une suite (une première concernant le désastreux label Transatlantique !).

Graphiquement, l'on peut remarquer parfois de petits défauts, des imperfections d'autant plus irritantes qu'elles auraient pu être corrigées avec un peu plus de rigueur dans la direction artistique. Ceci dit, les planches et les personnages possèdent un charme véritable et un côté cartoony agréable et rafraichissant. L'on se surprend même à s'attarder sur certains décors.
Notons, cette fois au crédit de Panini, que ce HS est d'une dimension bien inhabituelle (27,5 x 19,5 cm), ce qui, si l'on prend en compte la qualité de l'histoire et le prix (4,90 €), en fait l'un des incontournables du mois.
Dommage qu'il repose sur un mensonge (le lien avec les personnages du cinéma) et une publication hasardeuse (la sortie d'un quart du binz, trois ans auparavant, en modèle luxe et cartonné).
Bah, c'est la vie. C'est surtout Panini.

Un bon contenu, publié par un "éditeur" beaucoup moins bon.

29 juin 2011

Les Histoires de Guerre de Garth Ennis

De la Russie à l'Atlantique nord, en passant par l'Italie et sa Ligne Gothique, l'on plonge aujourd'hui dans l'enfer de la deuxième guerre mondiale avec Histoires de Guerre.

Un ouvrage qui porte sur sa couverture les mots "Ennis" et "Vertigo" mérite qu'on lui accorde un minimum d'attention tant ceux-ci sont souvent synonymes de qualité. Garth Ennis, cette fois, malgré le sujet intrinsèquement violent, est bien loin de la provocation de Preacher ou The Boys. Si loin qu'il en paraît presque sur la retenue. Heureusement, l'intelligence de son écriture est, elle, toujours présente et, débarrassée d'une forme que certains jugent parfois excessive, elle n'en devient que plus évidente.
Aux crayons, l'auteur est entouré de Chris Weston, Gary Erskine, John Higgins, Dave Gibbons et David Lloyd. Les styles graphiques sont assez proches, ni foncièrement originaux ni particulièrement beaux mais ils permettent d'aboutir à un résultat tout à fait convenable. L'on peut reprocher une colorisation manquant toutefois de subtilité et, quoi qu'en dise Ennis, quelques soucis parfois dans la représentation de certaines armes. Ceci dit, l'intérêt de l'ouvrage est bien ailleurs.

Le premier des quatre récits regroupés ici décrit le parcours d'un officier allemand et de ses hommes, protégés par leur Panzerkampfwagen VI, plus connu sous le nom de Tigre. L'engin est presque d'ailleurs la véritable "star" de l'épisode. Il faut dire qu'il fut, en son temps, un véritable monstre de puissance et de technologie, ne souffrant aucun rival sur le champ de bataille.
Bon, évidemment, Ennis ne fait pas une pub sur le savoir-faire allemand et l'on va vite plonger dans les atrocités (plus suggérées que réellement montrées) auxquelles les soldats doivent faire face. Non seulement les  personnages doivent combattre le monstre rouge qui, déjà, déferle sur l'Europe, mais, pire encore, ils sont également confrontés aux fanatiques de leur propre camp, incarnés ici par la Geheme Feldpolizei, un organe de sécurité chargé notamment de s'assurer que les troufions mettent suffisamment d'ardeur à défendre le Reich. 
Une bonne entrée en matière, avec le point de vue de "l'ennemi", cet être si souvent caricaturé par la propagande (de tout temps et de tout camp) qu'il est bon parfois de rappeler qu'en son sein se cachent des hommes, définis non par leurs uniformes mais leurs actes.

L'on monte en puissance avec D-Day Dodgers, où l'on bascule cette fois dans le camp anglais avec les troupes qui, dès septembre 43, débarquèrent en Italie alors que le monde allait bientôt avoir les yeux tournés uniquement sur l'opération Overlord et la campagne de France. Le titre original de l'épisode (que l'on peut traduire par "les tire-au-flanc du Jour J") fait référence à des propos qui auraient été tenus par Lady Astor (première femme a avoir siégé au parlement britannique). Le conditionnel est de rigueur puisque cette dernière a ensuite démenti les avoir tenus. Il n'en reste pas moins que la rumeur parvint jusqu'en Italie...
Il faut imaginer la réaction d'hommes épuisés, risquant leur vie tous les jours, loin des leurs, des hommes qui connaîtront l'âpreté des combats de Monte Cassino (ils n'eurent en face d'eux "que" 4 divisions de Panzers, 10 divisions d'infanterie et une division de Panzergrenadier, soit environ... 100 000 hommes !) et durent s'y prendre à quatre reprises pour enfin venir à bout du mont Cassin.
Ennis a bien compris que traiter de tels hommes de lâches relevait, au minimum, d'une méconnaissance totale de la situation, voire de la pure imbécilité. Les dernières planches, poignantes, dévoilent le destin tragique de la plupart de ces "tire-au-flanc".
Là encore Ennis ne se contente pas de montrer de la "baston" mais accroche à son tableau de chasse virtuel ceux qui jugent, mal et vite, dans la tranquille sécurité de l'arrière.

Le troisième chapitre nous fait rejoindre le camp américain, alors que la victoire n'est plus très loin. Des hommes de la 101ème division aéroportée (très connue depuis la série télévisée Band of Brothers) doivent partir en reconnaissance pour s'assurer qu'un château peut convenir comme résidence provisoire pour un général. Il est question ici du fossé, presque inévitable, qui peut exister parfois entre le haut commandement d'une armée en guerre et les hommes de terrain qui la composent.
Ennis semble dans un premier temps opter pour une approche plus légère (la scène du taureau est assez amusante) mais n'oublie pas de rappeler, par de brefs flashbacks, le lourd tribut payé par les unités qui, des plages normandes, sont ensuite parvenus jusqu'à Bastogne puis jusqu'en Allemagne.

Enfin, l'on termine par un récit mettant en scène l'équipage du Nightingale, un navire d'escorte protégeant les convois entre la Grande-Bretagne et la Russie soviétique. L'histoire est inspirée d'un fait réel, basé sur la terreur qu'inspirait le Tirpitz (le plus grand cuirassé de la Kriegsmarine, sans équivalent en Europe). En été 1942, l'amirauté britannique, pensant que le Tirpitz est de sortie, ordonne aux navires de guerre escortant un convoi pour Mourmansk de se disperser. Les navires de transport, sans protection, sont la proie des bombardiers et U-Boot. Par la suite, il s'avéra que le Tirpitz n'avait même pas levé l'ancre.
Un épisode naval intéressant et chargé en émotion.

L'on a tellement écrit sur cette guerre que l'on aurait pu craindre un sentiment de déjà-vu. Loin de là, Ennis nous dépeint, avec subtilité, des situations fort différentes, bien réelles et souvent déplaisantes (comme se devrait d'être tout récit de guerre se réclamant d'un certain réalisme).
L'auteur parvient à rendre hommage au courage individuel tout en condamnant la machine militaire et les petits juges de salon. Un exercice périlleux, mais parfaitement exécuté.

De vrais récits de guerre, teintés par l'horreur, le sang, le froid, la peine et les remords.

"Si on fait bien, on est des bouchers. Et si on foire, on est des lâches. [...] N'ayant pas affronté ce que j'ai affronté, vous ne pouvez dire si vous êtes mieux que moi. Sachez-le bien... car il y aura d'autres guerres."
Capitaine Lovatt, sous la plume de Garth Ennis.

28 juin 2011

Ultimate Spider-Man #150

Numéro spécial ce mois pour Ultimate Spider-Man qui passe le cap des 150 épisodes.

Après avoir connu une période plutôt agitée, Peter se remet doucement de son enlèvement et du trouble que le Caméléon a semé dans sa vie. Le bilan n'est pas très positif, non seulement Peter est en froid avec Gwen mais une nouvelle personne connaît maintenant l'identité, censée être "secrète", de Spider-Man. Eh oui, ce bon vieux Jameson sait maintenant que le Tisseur et Peter ne font qu'un.
Pour compliquer encore les choses, le SHIELD s'intéresse de près à Spidey. En effet, Carol Danvers a succédé à Nick Fury à la tête de l'organisation et elle compte bien régler le problème Spider-Man. Celui-ci, bien qu'animé de bonnes intentions, cause énormément de dégâts à la ville de New York et souffre en plus d'une image désastreuse auprès du public.
Pour les autorités, il est grand temps de mettre un terme à ces coûteuses activités super-héroïques.

La saga Tainted Love laissait déjà entrevoir un mieux pour la série, ce retour à l'ambiance qui avait fait le succès des premiers épisodes de USM semble maintenant se confirmer. Au scénario, toujours l'indéboulonnable Brian Michael Bendis, les dessins sont l'oeuvre de David Lafuente, rejoint ici par Sara Pichelli, Joëlle Jones, Jamie McKelvie et Skottie Young. Ces artistes sont venus se joindre à l'équipe à l'occasion du 150ème numéro de Ultimate Spider-Man, la série reprenant à cette occasion sa numérotation originelle (du coup, on se demande bien à quoi a servi le relaunch pour seulement une quinzaine d'épisodes !).
Bendis semble enfin avoir retrouvé une meilleure forme, l'auteur se plongeant avec un bonheur visible dans les méandres de la vie privée agitée du Monte-en-l'air : en plus de Gwen et Stacy, une nouvelle venue débarque au lycée de Midtown (la pétillante Lana Baumgartner), Bobby Drake et Johnny Storm (alias Iceberg et la Torche, qui habitent toujours chez Peter) sont parfaits dans leurs rôles d'acolytes, et la manière dont Danvers va régler le cas Spider-Man s'avère aussi surprenante que prometteuse. Notons également la présence des Ultimates, Cap, Thor et Iron Man étant sollicités pour donner leur avis sur Parker et ses agissements.
Bref, plutôt du très bon, ce qui constitue un réel soulagement après le long passage à vide qui avait suivi Ultimatum.

Autre bonne nouvelle, Mark Bagley, qui avait battu avec Bendis le record de la plus longue prestation continue sur une série (cf cet USM spécial #100), s'apprête à faire son grand retour. Voilà qui devrait réjouir ceux qui, tout comme moi, ont un peu de mal avec le style de Lafuente.

Une bonne fournée, renouant avec la fraîcheur des débuts de la série et offrant quelques rebondissements intéressants.

27 juin 2011

Locke & Key : Casse-Tête

Nouveau jeu de clés avec le volume #2 de Locke & Key, sorti tout récemment.

La famille Locke a beau s'être débarrassée d'un serial-killer, les ennuis ne sont pas finis pour autant. Tout commence cette fois alors que Bode dévoile à sa soeur et son frère les propriétés fantastiques d'une nouvelle clé trouvée dans l'étrange demeure qu'ils habitent maintenant. Celle-ci fait apparaître une serrure au niveau de la nuque des individus et permet tout simplement de leur ouvrir la tête pour aller farfouiller dedans et en extraire ou ajouter souvenirs et émotions !
Voilà qui est pratique pour rattraper un retard scolaire, en engouffrant rapidement quelques ouvrages, mais de bien plus dangereuses manipulations peuvent être tentées par des personnes malintentionnées.
Et justement, Tyler et Kinsey se sont entichés d'un étrange ami qui ne leur veut pas forcément que du bien. Ils ignorent que le garçon connaît le secret des clés, ils ignorent surtout qu'il est censé être mort depuis très longtemps...
Pour les Locke, décidemment, rien n'est jamais simple.

Après un splendide premier arc (cf cet article), c'est avec plaisir que l'on revient à Lovecraft en compagnie de Joe Hill, auteur du scénario, et de Gabriel Rodriguez, grand architecte de la partie graphique. L'on retrouve les ingrédients qui avaient fait le succès des premiers épisodes, à savoir des personnages solidement campés, qu'ils soient touchants ou odieux, et une narration nerveuse et efficace. Au niveau des dessins, le style de Rodriguez, doux et expressif, continue de faire des merveilles. Sa manière de représenter ce que les personnages ont "dans la tête" est notamment très habile : l'on va de l'anecdotique amusant (Mme Mayhew quelque peu transformée dans les souvenirs de Bode) au plus dérangeant (la Peur et la Pleureuse de Kinsey) en passant par de véritables fresques adaptées à la personnalité du sujet.

Cet aspect fantastique est non seulement réussi mais renforcé par rapport au premier volume. Le récit est toutefois ancrée dans la réalité, avec des meurtres bien réels et sordides mais également des conflits relationnels complexes et tout ce qu'il y a de plus humains. A ce titre, la mère d'Ellie et son fils font sans doute partie des protagonistes les mieux écrits, avec d'un côté une représentation presque palpable d'une méchanceté sans borne et de l'autre une manière subtile, presque poétique, d'évoquer le handicap mental et de ne pas cantonner ceux qui en souffrent au seul rôle de figurant ou de faire-valoir.
Du grand art.

Comme souvent avec Milady, la traduction est soignée et les bonus sont au rendez-vous. L'on trouve une intro de Warren Ellis (qui n'a pas grand intérêt sur le fond, puisqu'il balance les compliments d'usage, mais il a au moins le bon goût d'être drôle), une galerie d'illustrations, un sujet, très détaillé, sur les différentes étapes du processus de création d'une planche (commenté par l'artiste himself), et même deux planches présentant, de fort jolie manière, les différentes clés connues.

Intelligente, esthétique, fascinante, la série confirme ses qualités et s'affirme comme l'une des grandes références du fantastique. 
Un très grand comic dont les clés n'ouvrent pas seulement des portes ou des têtes mais bien les champs de perception du lecteur.

25 juin 2011

Transformers : Une Nouvelle Ere

Sortie d'une nouvelle revue Panini dédiée aux célèbres Transformers. Les robots roulent-ils toujours autant des mécaniques ?

La guerre est terminée depuis longtemps entre les Autobots et les Decepticans, les humains se remettant lentement des dégâts occasionnés. Des Transformers demeurent néanmoins sur terre, traqués impitoyablement par Skywatch, une organisation utilisant des moyens militaires et scientifiques importants pour neutraliser les indésirables. Des inhibiteurs, permettant aux humains de rendre les transformers inoffensifs, ou encore des exosquelettes de combat permettent de faire jeu égal avec la technologie cybertronienne.
Dans ce contexte, la dissension règne chez les autobots. Après la mort de l'un d'eux, Optimus Prime, dont l'autorité était remise en cause, abandonne son poste de commandement et se livre aux humains. Deux factions opposées s'affrontent alors : certains souhaitent rester sur terre pour protéger ses habitants d'un éventuel retour de Megatron, d'autres estiment qu'il vaut mieux quitter cette planète hostile.
En ces temps incertains, l'impossible risque même de se produire : une alliance entre autobots et decepticans !

Si vous ne connaissez pas encore la fameuse gamme de jouets dont est tirée la série, rassurez-vous, avec la sortie prochaine de Transformers 3 au cinéma, vous allez bouffer du robot à tous les repas. Panini a d'ailleurs prévu la sortie de deux albums librairie servant de prologues au film, ainsi que d'un hors série kiosque qui reprendra son intrigue. En parallèle, nous avons ici droit à une nouvelle série, scénarisée par Mike Costa et dessinée par Don Figueroa.
Contre toute attente, ces deux premiers épisodes se révèlent plutôt intéressants et bien fichus, malgré quelques petits défauts. Tout d'abord, il n'est pas très facile de différencier les nombreux tas de ferra... heu... les personnages. Ensuite, la colorisation de James Brown, aux teintes assez vives, donne aux machines une apparence enfantine qui n'aide pas à les prendre au sérieux. Bon, en même temps pour un mec mort et qui à la base est chanteur, il ne se débrouille pas si mal (oui, bah, c'était difficile de pas la faire celle-là).

Reste que l'on suit l'intrigue sans déplaisir et que, même si l'on ne connaît pas bien l'univers de Transformers, l'on en comprend rapidement les fondements et le rôle de chacun. Quant au conflit dont il est question, il s'avère plus subtil qu'il n'y paraît, les auteurs rendant les frontières entre les camps relativement floues. Autre bon point, les robots apparaissent moins froids que l'on pouvait le craindre, certaines scènes parvenant à très bien rendre compte de leur psychologie et de leur statut d'êtres pensants (ne serait-ce que la crainte exprimée de finir comme "une bête de somme, avec un humain dans le ventre").
Tout cela donne un bilan plutôt positif pour ce bimestriel qui devrait ravir les fans de la première heure et peut-être convaincre quelques nouveaux lecteurs.

Des robots qui se castagnent mais ont aussi des états d'âme.
A découvrir.

22 juin 2011

Araña devient Spider-Girl

Petit coup de projecteur sur la nouvelle série Spider-Girl publiée depuis quelques temps aux Etats-Unis.

Le moins que l'on puisse dire est que les titres Spider-Girl n'ont pas eu une énorme carrière en France. Pendant une courte durée, alors que Mayday Parker endossait le costume, seules quelques revues portant son nom verront le jour, la miss "échouant" ensuite pour un temps dans le mensuel du Tisseur. Exit cette fois la pétillante Mayday et place à Anya Corazon, ex Araña, que l'on avait notamment pu voir  aux côtés de Ms. Marvel (cf ce Deluxe pour l'époque Civil War). La jeune fille, sous la plume de Fiona Avery, avait connu des aventures (inédites en France, sauf le premier arc, publié dans le Spider-Man hors série #19) plutôt agréables à suivre et bien dessinées avant de faire ensuite des apparitions dans d'autres séries. Cette fois, Anya a de nouveau le rôle principal et reprend le pseudo de Spider-Girl.

Au scénario, l'on retrouve Paul Tobin (qui s'occupe déjà de la version "kids" des aventures de Spidey), les dessins sont l'oeuvre de Clayton Henry.
Tout commence après que Anya "hérite" du costume noir de Arachne (ex Spider-Woman) des mains de Julia Carpenter et quitte le groupe des Young Allies dont elle faisait partie (là encore, c'est inédit en VF) pour commencer à opérer en solo. Petite précision, suite à divers déboires, elle se retrouve sans pouvoirs. En attendant de les récupérer (on se doute bien que ce n'est pas définitif), elle conserve tout de même des qualités physiques exceptionnelles et une technique issue d'un entraînement poussé. Donc, oui, elle s'occupe des petits malfrats qui sont à sa portée, voire de certains "super-vilains" de seconde zone, comme  Screwball (cf scène #62 du bêtisier).
Après quelques péripéties mineures et une exposition de sa vie quotidienne (peu reluisante, Anya n'ayant guère d'amis), les choses sérieuses commencent avec l'intervention d'un Red Hulk qui va causer la mort de son père...

Il faut se rendre à l'évidence, ces premiers épisodes sont tout simplement très bons. Les scènes en costume sont très bien fichues (il faut dire que la tenue version Carpenter en jette plus que l'originale), il y a de l'action, de l'émotion, un peu d'humour, des guests prestigieux (les FF mais surtout en fait Susan Richards qui fait ici  office de mère de substitution pour Anya, un peu comme Carol Danvers pendant un temps), de bons dialogues, bref, tout ce qu'il faut pour ne pas s'ennuyer et vite rentrer dans l'histoire.
Certains petits éléments narratifs sont également assez originaux. Par exemple, à la place des petits pavés de texte habituels reflétant les pensées ou l'état d'esprit du personnage, l'auteur a opté pour des posts Twitter que la jeune fille adresse à ses fans. Petite astuce éditoriale : le compte twitter de Spider-Girl existe réellement ! Marrant à suivre. ;o)

Au final, le premier arc donne clairement envie de continuer à suivre Anya. Cette dernière apparaît comme une jeune fille sympathique, intéressante (infiniment plus que le Spider-Man actuel) et permettant aux auteurs d'explorer des directions très différentes.
De plus, même si la série n'est pas spécifiquement destinée aux plus jeunes ou aux filles, ce titre pourrait bien permettre à votre petite soeur ou votre copine de s'initier aux joies du tabassage de vilains et du saut d'immeubles en pyjama moulant. Que demander de plus ?

Un personnage attachant que l'on retrouve avec grand plaisir et qui s'avère bien plus fédérateur dans l'âme que bien des têtes d'affiche.
A découvrir si la VO ne vous rebute pas.

20 juin 2011

Kids Marvel : Iron Man & Spider-Man

Le point sur les récentes séries Panini Kids lancées récemment à destination des plus jeunes.

Après la gamme Marvel Kids, qui accueillait entre autres les premières aventures de Spidey dans une version modernisée ainsi que la très bonne série Spider-Man loves Mary Jane, ou encore Spider-Man Poche, magazine dans lequel on pouvait retrouver le début de Ultimate Spider-Man, Panini complète son offre de BD orientées vers les plus jeunes avec de nouvelles collections librairie : Kids Marvel : Spider-Man, dont le premier tome est sorti en avril, et Kids Marvel : Iron Man, paru le mois dernier.

Les ouvrages respectent les standards européens : grand format et couverture dure. Pour le Tisseur, ce sont Paul Tobin au scénario et Matteo Lolli au dessin qui sont aux commandes. Tête de Fer sera lui scénarisé par Fred Van Lente et dessiné par Graham Nolan et Scott Koblish. Les deux séries ont toutefois de nombreux points communs malgré les équipes différentes.
Visuellement tout d'abord, le style est assez agréable, moderne, avec une colorisation vive et contrastée qui vous en met plein les yeux (il paraît que les enfants n'aiment pas trop le pastel). Au niveau des intrigues, c'est bien sûr tout public, la violence est édulcorée et les auteurs privilégient des récits brefs, simples, aux conclusions rapides.
Voyons cela plus en détail.

L'univers du Tisseur semble le mieux convenir à un public très jeune puisque Peter Parker y est encore à l'école et que sa vie quotidienne y tient une place non négligeable. Dans les personnages connus, l'on retrouve Gwen Stacy (en apprenti journaliste) mais cette dernière n'est pas la petite amie de Peter, ce rôle étant tenu par Sophia "Chat" Sandoval, une brunette qui a la particularité de pouvoir communiquer avec les animaux. Le personnage a été créé par Tobin mais ce n'est pas ici sa première apparition. Du coup, l'on ne sait rien de la relation qui l'unit à Spidey et l'on doit plus ou moins deviner ses pouvoirs (et en déduire que c'est une mutante). Pour un tome #1, c'est un peu embêtant, l'on a l'impression de prendre le train en marche.
Pour ce qui est des adversaires du Monte-en-l'air, les auteurs lui ont mis dans les jambes les classiques mafieux ainsi que Bullseye. Notons aussi l'apparition de Shang-Chi en guest.

Si Parker reste à New York, Tony Stark va, lui, se balader jusque dans le grand Nord canadien où il rencontrera le groupe Alpha Flight. Iron Man cherche en fait, avec l'aide de Jessica Drew, alias Spider-Woman, à retrouver son père disparu. Il devra également déjouer les plans du Caméléon, ce dernier ayant réussi à se faire passer pour lui.
De la baston, quelques vannes et bien entendu un univers toujours très technologique sont au menu.

Globalement, ces deux titres sont loin d'être inintéressants. L'aspect graphique est soigné et les auteurs ont pris soin de placer régulièrement quelques scènes humoristiques assez sympathiques. L'aspect psychologique des personnages est malgré tout beaucoup moins poussé que dans un Spider-Man loves Mary Jane par exemple, et l'ambiance, un peu superficielle, s'en ressent.
Le choix du format, moins pratique et plus onéreux que les anciens Marvel Kids, peut également paraître discutable, mais l'ensemble devrait parfaitement convenir à de jeunes enfants et faire office de petite introduction convenable au vaste marvelverse.

Des aventures légères et hors continuité permettant d'insuffler un peu de super-héroïsme dans la bibliothèque des tout petits. 

17 juin 2011

The Boys : Les Origines

Le dixième tome de The Boys se penche sur les origines de certains personnages. Et comme toujours avec Ennis, c'est plutôt gratiné.

Nous sommes maintenant arrivés à peu près à la moitié de cette excellente série, écrite par Garth Ennis et dessinée par Darick Robertson (cf ces articles sur les tomes #1 et #7 si vous avez manqué le début). Jusqu'ici les "P'tits Gars" s'étaient montrés particulièrement efficaces dans leur domaine si particulier - consistant à garder un oeil sur les "super-slips" et éviter leurs dérives - mais nous ne connaissions pas réellement leur passé. Voilà une lacune comblée grâce à ces quatre épisodes revenant sur les jeunes années de la Crème, du Français et de la Fille. Pour Butcher, le big boss, il faudra attendre.

On commence avec la Crème et son enfance pour le moins chaotique. En effet, sa mère ayant été contaminée par du composé V bien avant sa naissance, sa famille entière a subi les retombées des activités de Vought-American. Un frère sérieusement handicapé, un père se tuant à la tâche pour tenter de confondre la société responsable de leurs malheurs, et, surtout, pour la Crème, une particularité très spéciale : il ne pouvait se passer de lait maternel. Sans ce breuvage, il dépérissait et devenait dangereusement rachitique. L'on imagine bien les problèmes que peut poser une telle alimentation passé un certain âge...
Cette première partie est également l'occasion pour l'auteur d'évoquer indirectement les attentats du 11 septembre mais aussi de décrire la première rencontre entre la Crème et Butcher, ce dernier étant évidemment le point commun de tous les récits.

L'on poursuit ensuite avec le Français. Il fallait s'y attendre, c'est ici l'occasion d'égratigner un peu la douce France et son attitude parfois si étrange. C'est de bonne guerre dirons-nous. Par contre, cela s'accompagne de clichés aussi ridicules que surannés. Il est par exemple question d'une joute à vélo dans laquelle les lances sont remplacées par des... baguettes de pain. Sans parler des bérets évidemment, car c'est bien connu, nous ne sortons jamais sans.
Bon, ce n'est pas bien méchant, mais il est tout de même dommage qu'un auteur s'en tienne à l'utilisation de lieux communs éculés lorsqu'il doit aborder une culture étrangère. Même l'humour qui entoure ces stéréotypes ne parvient pas à masquer cette fâcheuse tentation de céder à la facilité (ce n'est d'ailleurs pas la première fois, cf ce tome de Preacher). Ceci dit, Ennis s'est quelque peu "couvert" puisqu'il a lui-même évoqué la possibilité que le Français ne le soit pas forcément (français), ce qui reviendrait à faire endosser la responsabilité de cet épisode poussif au seul personnage et à sa mythomanie.
Ce n'est pas à un vieux briscard que l'on apprend à trouver des échappatoires. ;o)

Enfin, l'on termine par l'histoire consacrée à la Fille. Le Japon y est traité avec plus d'égards et Ennis s'amuse à parsemer son intrigue de diverses références qui vont de Alien à Astérix. L'on ne peut s'empêcher de constater une certaine ressemblance entre la Fille et Laura Kinney, alias X-23. Les deux personnages sont fort jeunes, n'ont pas eu d'enfance, ils baignent dans une ultra-violence constante et sont considérés comme des armes plus que des êtres humains. Tous ces éléments dramatiques rendent bien entendu la Fille, murée dans son silence, encore plus touchante malgré son côté froid et dangereux. La scène finale est notamment particulièrement poignante.

Notons que ce volume débute par une petite introduction où l'éditeur prend soin de nous expliquer que le titre original du quatrième épisode est tiré d'une poésie (The Female of Species) de Rudyard Kipling. Voilà le genre de petits plus intéressants et instructifs que l'on aimerait voir plus souvent. Un bon point pour Panini. Wow !

Au final, un ensemble plutôt bon (si l'on excepte le petit ratage "français") qui permet de fouiller un peu le passé, chargé, des protagonistes et délaisse pour un temps les habituels encapés et leurs nombreuses perversions.

15 juin 2011

De l'importance des Mots et de ceux qui les manipulent

Après les nombreuses critiques concernant les différentes maisons d'édition qui laissent passer un nombre croissant de fautes dans les ouvrages qu'elles publient, il m'a semblé important de revenir un peu sur l'essentiel et de tenter de démontrer en quoi le respect de la langue est vital, surtout lorsque l'on se prétend écrivain ou éditeur.

Tout d'abord, je tiens à préciser que, bien malheureusement, Panini n'est pas seul en cause. L'on a encore vu récemment, chez un éditeur réputé (Albin Michel), une adaptation d'un roman de Stephen King qui était bourrée de fautes, de coquilles et d'expressions étranges. D'autres éditeurs, petits ou grands, font également parfois preuve de négligence voire de légèreté. Pourtant, ce blog étant essentiellement consacré aux comics, il est normal que des exemples concernant Panini (géant dans ce domaine) reviennent régulièrement. Précisons également que certains traducteurs, chez ce même éditeur, sont plus doués (ou rigoureux) que d'autres. Il n'est donc pas question de mettre ici en cause telle ou telle personne, ni même de souligner les égarements de Panini (cela a déjà été fait, ici par exemple), au contraire, plutôt que de pointer du doigt des exemples, il convient maintenant de tenter d'expliquer pourquoi un manque de sérieux dans le domaine éditorial est synonyme de catastrophe culturelle et humaine.

Gaston Gallimard parlait de son métier en soulignant sa particularité par cet aphorisme édifiant : "un éditeur est un commerçant qui a passé un pacte avec l'esprit."
Tout est dit ou presque, pourtant, qui peut se vanter, de nos jours, de réellement appréhender les implications d'un tel pacte ? Les particularités d'autres professions apparaissent parfois plus naturellement. Ainsi, tout le monde comprend qu'un médecin mérite une attention particulière. Cela se traduit même par un serment. Tout simplement parce que le travail du médecin touche à votre intégrité physique, à votre santé, à votre profonde intimité. C'est le type qui vous ouvre le bide, met au monde votre enfant ou vous fourre un doigt dans le... enfin, ça dépend des spécialités ça. C'est également le type qui lit le charabia du compte-rendu de votre prise de sang et qui vous traduit les chiffres en espoir ou en terreur indicible. Ce n'est donc pas n'importe quoi et, dans un domaine aussi important, l'on comprend que la rigueur soit de mise.
Eh bien les Mots, eux, concernent tout et pas seulement la médecine.
Ce sont eux qui permettent à un habile avocat de trouver des failles dans la loi et de vous éviter des années de prison, ce sont eux qui vous permettent d'exprimer à la femme (ou à l'homme) de votre vie combien vous l'aimez, ce sont eux qui permettent d'accoucher des pires souffrances en psychothérapie, ce sont eux, encore, qui racontent l'Histoire avec un grand H ou qui plantent les bases de la culture dans les manuels scolaires, ce sont eux qui vous indiquent les directions sur la route ou la provenance d'un aliment sur une boîte de conserve, ce sont eux qui délimitent vos droits et vos contraintes, ce sont eux, enfin, qui permettent d'appeler au secours, de hurler de joie ou de convaincre par l'éloquence.
Ils sont les lignes, parfois invisibles, qui sous-tendent notre monde.

Cette architecture primordiale apparaît d'ailleurs avec encore plus d'évidence lorsque vous partez à l'étranger, dans un pays dont vous ne maîtrisez pas la langue. Ne pouvant vous référer ni aux inscriptions ni au langage parlé, vous êtes démuni, affaibli, désorienté. Parce que vous avez perdu l'essentiel, le ciment véritable, et que votre monde s'écroule.
Certains peuvent objecter que la communication passe aussi par les gestes et les grimaces, je ne le nie pas, mais cette forme n'est qu'embryonnaire et dépend énormément de la culture (définie par des mots) de la personne qui les utilise.
Tout medium a besoin de mots : la télévision, la radio, internet, les livres, la musique (même lorsqu'elle n'est pas accompagnée de chants). Il faut des mots également pour neutraliser la bêtise, expliquer une opinion, élever un enfant ou simplement faire connaissance avec un inconnu.

Une fois cette constatation faite, il est alors important de parler de la justesse de ces mots et des maltraitances qu'ils subissent. Car, bien entendu, cela a un impact sur nos vies. Sur notre destin, nos pouvoirs ou nos faiblesses.
Dans le domaine écrit, tout ce qui est incorrect, toutes les fautes, les approximations, les coquilles, les lapsus calami, constituent du bruit. Et, comme dans une conversation orale, plus le bruit ambiant est fort, moins les paroles de votre interlocuteur sont compréhensibles. La négligence dans la forme, c'est un marteau-piqueur entre les lignes.
Faut-il pour autant vilipender ceux qui font des erreurs et ne maîtrisent pas parfaitement le français ? Non, évidemment. Personne, à ma connaissance, ne peut se vanter de connaître dans ses moindres recoins une langue aussi complexe. D'autant qu'il faut bien avouer qu'elle recèle quelques idioties et aberrations, notamment dans son rapport avec les autres langues (pourquoi "karate" en japonais est-il traduit par "karaté", correct phonétiquement, alors que "kamikaze", qui se prononce "kamikazé", devient "kamikaze" ? un même cas, deux décisions contraires...).
Il existe toutefois une grande différence entre un simple internaute qui va commettre une faute et une personne qui travaille dans le milieu de l'édition et contribue à "fixer" cette faute sur du papier. Tout comme il existe également une différence entre l'étourderie ou la faute de calame et le manque de sérieux qui consiste à inventer là où il faudrait faire des recherches (qui se limitent, le plus souvent, à une poignée de secondes passée à consulter un dictionnaire, ce qui n'est tout de même pas trop demander).
Les fautes commises par les gens de lettres ont un impact durable et néfaste. Car, quoi de plus respecté et cru qu'un Livre ? N'est-ce pas là le siège de la pensée et de l'exactitude ? Et si un gamin ne peut pas faire confiance aux éditeurs et à leurs ouvrages, vers qui se tournera-t-il pour épancher sa soif de savoir ?

Une tendance actuelle, très moderne dans l'âme, consiste à admettre comme juste une forme incorrecte une fois qu'elle est massivement employée. C'est ce qui permet aujourd'hui d'écrire "autant pour moi" à la place du bien plus judicieux "au temps pour moi", ou de penser que "ne pas faire long feu" signifie "ne pas durer longtemps", alors que l'expression veut dire, en fait, "ne pas échouer". Il en va de même pour une expression bien connue, assez ancienne mais toujours utilisée, dont le destin se révèle fascinant.
Connaissez-vous l'expression "remède de bonne femme" ?
En gros, elle se base sur un sexisme épouvantable et hors d'âge qui tend à faire comprendre que les pires idioties sont véhiculées par les femmes. Un remède de bonne femme est donc un "truc" qui ne fonctionne pas. Sauf qu'à l'origine, l'expression s'écrit "remède de bonne fame", ce qui signifie de "bonne réputation" (fameux). Sans le support écrit, l'expression n'a survécu que par le langage, les mots se sont déformés, et leur sens en a été changé !
Voilà la vraie magie des mots : permettre, par une forme différente, de changer le sens de ce qu'ils désignaient au départ. Dans l'exemple présent, une simple information se gonfle de misogynie phonétique pour finalement devenir son contraire.
Vous allez me dire, "oh, de nos jours, cela ne risque plus d'arriver, nous ne sommes plus au Moyen Age !", et là je vous répondrai qu'au contraire, nous n'avons jamais été autant confrontés à la dégradation des Mots.

La Peste véritable, il faut bien l'avouer, vient du Net et, en général, de l'outil informatique. Bien des gens, une fois un traitement de texte installé sur leur ordinateur, se sont pensés écrivains alors qu'ils n'avaient jamais noirci de pages auparavant ou, pire, qu'ils n'avaient jamais réellement lu. Et lorsque je parle de lecture, je parle de quatre, cinq, six heures par jour, pendant dix, quinze, vingt ans. Autrement dit un terreau fertile dont on ne peut faire l'économie lorsque l'on se destine à manier les munitions que sont les Mots. Il ne s'agit pas de se couper des outils modernes, cela n'aurait aucun sens, mais de simplement admettre que l'écrivain ou l'éditeur est avant tout un lecteur, et un lecteur à l'appétit pantagruélique !
L'on ne devient pas détenteur du record du 100 mètres du jour au lendemain, sans jamais avoir couru et expérimenté les crampes, le souffle court et les coups sourds du coeur qui cogne dans la poitrine comme s'il allait s'en extraire. Tout comme l'on ne devient pas pilote de chasse sans avoir d'abord posé ses fesses sur de petits appareils d'aéroclub.
Aujourd'hui, cette progression logique, permettant de faire le tri entre bon grain et ivraie, semble ne plus exister. La facilité technologique masquant alors - maladroitement s'entend - les tares littéraires profondes.

Mais revenons aux effets.
L'on pourrait se dire "laissons faire les incompétents, Dieu - ou le Lecteur Averti - reconnaîtra les siens". Rien n'est plus faux !
Car, comme dit précédemment, une carrière d'écrivain, de traducteur ou d'éditeur se prépare très en amont, en étant un lecteur. Et le lecteur ne peut s'abreuver qu'à la rivière éditoriale, quelle que soit la qualité de l'eau. Pire, il n'a, dans ses plus jeunes années, même pas conscience de sa possible pollution.
Comment combattre la novlangue si votre langue maternelle est la novlangue ? C'est impossible, Orwell le savait bien.
En tout domaine, celui qui est le mieux outillé l'emporte. Le cuistot, le mécanicien, l'ébéniste ont tous besoin de connaissances et d'outils appropriés pour faire correctement leur travail. Mais, si ce n'est pas le cas, l'on va alors manger ailleurs, faire réparer sa voiture ailleurs ou acheter des meubles ailleurs. Seulement, quand tous les acteurs fondamentaux de l'édition en viennent à appauvrir les Mots, vers qui le lecteur peut-il se tourner ?
Encore une fois, je tiens à préciser qu'il n'est pas question de dire que l'erreur est inconcevable, elle est, par nature, inévitable. Ce qui est par contre inacceptable, c'est de s'en accommoder et de la minimiser.
Se tromper n'a rien de honteux, surtout lorsque l'on travaille beaucoup, mais se complaire dans la suffisance et la facilité, c'est inacceptable. Des excuses ou des circonstances atténuantes, tout le monde peut en produire. Lorsqu'une erreur apparaît, l'important n'est pas de trouver un moyen de la justifier, mais de l'admettre, de la corriger si possible et de faire en sorte qu'elle ne se reproduise plus dans le futur.

Personne n'a envie de tomber sur un pilote incompétent quand il faut prendre l'avion. Ni d'avoir comme dentiste un abruti qui vous arrache la mauvaise dent. L'on devrait être tout autant exigeant envers ceux qui manient les Mots. Car les Mots façonnent le monde. Pas seulement le monde de Papier, mais le nôtre aussi. Ils peuvent nous faire de tendres câlins ou nous briser pour de bon. Ils rayonnent et influencent, s'insinuent partout et, au final, se rient de nous lorsque nous ne les respectons pas suffisamment.
Et lorsqu'on les maltraite, peu à peu, ils plient la réalité environnante à leur nouveau sens. Les bons remèdes de naguère ne valent plus un clou et les conseils avisés deviennent des blagues grasses et désespérantes. Il ne s'agit pas d'élitisme ou de snobisme, consistant à tenir une cuillère d'une certaine façon ou à placer un couteau à droite plutôt qu'à gauche, non, il s'agit du véritable sens de l'univers. Le seul que l'on puisse lui donner en tout cas. Celui que Platon, Shakespeare, Racine, Freud ou King ont tenté de définir à leur façon. Avec des Mots. Imparfaits, certes, mais correctement calligraphiés.
Les amoureux de la culture nippone le savent bien, le shodo est le plus beau des arts. Car avec la forme vient le sens. L'un et l'autre sont indissociables. L'oublier, c'est se perdre vraiment.

"Lorsque les mots perdent leur sens, les gens perdent parfois leur liberté."
Confucius





Sam & Twitch : Udaku

Sortie aujourd'hui du premier tome d'une Intégrale consacrée à Sam & Twitch. Prenez vos donuts, on embarque pour une virée avec la police de New York !

Sam Burke et Twitch Williams ne paient pas de mine : le premier est doté d'un solide embonpoint et ne s'arrête de grignoter que pour fumer, le second cache ses cheveux hirsutes et son visage émacié derrière d'énormes lunettes qui lui donnent plus l'air d'un scientifique un peu cinglé que d'un fin limier. Pourtant, les deux hommes sont des as dans leur domaine. Intègres, efficaces, aussi intuitifs que minutieux, ils font office d'exceptions dans un commissariat gangréné par la corruption.
L'enquête dont ils sont chargés s'avère difficile à plus d'un titre. Non seulement ils ont les Affaires Internes sur le dos, mais ils doivent également résoudre un mystère étonnant : sur le lieu de plusieurs meurtres sont retrouvés des pouces tranchés qui n'appartiennent pas aux victimes et qui, en plus, possèdent tous les mêmes empreintes digitales. Or, nous en conviendrons, quatre pouces provenant de la même personne, c'est un peu trop.
Un mot revient souvent dans la bouche des témoins que les deux flics interrogent : udaku. Un mot qui inspire une terreur indicible et semble être la clé de toute l'affaire...

Sam & Twitch, spin-off de Spawn (cf cet ouvrage dans lequel les personnages font leur première apparition) dont Todd McFarlane est à l'origine, a d'abord été publié en France chez Semic, puis chez Delcourt dans la revue kiosque Les Chroniques de Spawn. Les huit épisodes réunis ici ne sont pas inédits mais bénéficient d'un traitement plus luxueux, à la hauteur des qualités du titre.
Le scénariste n'est autre que Brian Michael Bendis, l'un des auteurs phare de Marvel à qui l'on doit Alias, House of M, Ultimate Spider-Man, New Avengers ou encore un excellent run sur Daredevil mais aussi des polars comme Torso, Goldfish et même Powers qui allie les codes de la série policière à une trame de fond super-héroïque. C'est à cette seconde catégorie qu'appartient Sam & Twitch, mélangeant ambiance sombre et fantastique.
Au niveau du dessin, il faut souligner le magnifique travail de Angel Medina qui a su doter la série d'une identité visuelle propre convenant parfaitement à l'atmosphère désirée. Les personnages principaux sont notamment particulièrement charismatiques. Totalement atypiques et loin des clichés véhiculés habituellement, ils contribuent grandement à ancrer la série dans un certain réalisme mais aussi à créer l'empathie chez le lecteur.

Les auteurs ont inséré quelques clins d'oeil sympathiques dans cette histoire, que ce soit par le biais de certains noms utilisés ou de scènes particulières, comme l'utilisation d'un concert de Kiss, groupe dont Medina a dessiné l'une des adaptations en BD (pas celle dont je vous ai mis le lien, mais je vous le mets quand même ;o)).
Il ne faut toutefois pas penser que tout tourne à la blague de potaches, il est avant tout question ici de meurtres et de corruption, dans un cadre inquiétant, le tout servi par des dialogues souvent brillants. Le vécu des protagonistes est également bien travaillé, et ici l'on ne parle plus de leur physique mais bien des peines et coups durs qui forgent un caractère et donnent à l'âme cette douloureuse profondeur qui fait la différence entre de simples coups de crayon sur une feuille et un vrai type dont le regard peut vous serrer la gorge et vous picoter les yeux. 
Bref, du travail de pro.

Delcourt a ajouté deux petites bafouilles à la fin de l'ouvrage, l'une de McFarlane, l'autre de Bendis. L'on peut y dénicher quelques informations intéressantes entre les remerciements et autres louanges d'usage. Alors que l'on ne relève pas de fautes dans le texte des épisodes, les postfaces en contiennent quelques-unes malheureusement.
Enfin, vous aurez droit également aux traditionnelles covers, de Ashley Wood, en pleine page. La précision est d'importance car se contenter de reproductions réduites aurait été une faute de goût impardonnable tant le talent de cet artiste est impressionnant.

Du polar tendance fantastique, bien écrit et parfaitement mis en images.
Conseillé si vous ne possédez pas déjà les tomes Semic.

"Je déteste ces histoires de mafia. C'est toujours l'histoire d'un mec qui emmerde le cousin d'un autre mec qui le traite d'enculé et l'enculé en question tire une balle dans les boules du frère de l'autre et si y'en a un qui s'en tire... il écrit un bouquin et De Niro gagne un oscar."
Sam Burke, sous la plume de Brian Michael Bendis. 

10 juin 2011

X-Men Origins : la suite

Nouvelle fournée de one-shots en 100% Marvel avec X-Men : Les Origines #2.

Après un premier opus qui concernait des mutants de "seconde génération", Panini continue de publier la série X-Men Origins avec cette fois une sélection consacrée aux premiers élèves du professeur Xavier. Au menu, nous retrouvons donc Jean Grey, Cyclope, Beast et Iceberg.
C'est avec Scott Summers que nous ouvrons le bal. Au scénario, Stuart Moore, au dessin, Jesse Delperdang. Les premières fois de Cyclope sont passées en revue : découverte de son pouvoir, première confrontation avec Magneto, première passation de pouvoir entre Xavier et lui, et même... première paire de lunettes. Une mise en bouche sympathique, sans plus. Il manque notamment quelques explications au début, lors de la scène de l'attaque de l'avion. Ce n'est pas essentiel mais les nouveaux lecteurs se demanderont sans doute ce que ce vaisseau venait faire là. L'épisode a par contre l'avantage de montrer un Cyclope qui pourrait bien se révéler un juste et bon compromis entre la niaiserie idéaliste du professeur Xavier (qui ne respecte d'ailleurs son propre idéal que quand ça l'arrange) et la radicalisation de Magneto.

On enchaîne avec Iceberg. C'est cette fois Roberto Aguirre-Sacasa qui s'occupe du scénario, secondé par Phil Noto aux crayons. Histoire classique, sans grande surprise, mais bien menée. L'auteur y exploite notamment le rejet que suscitent les mutants, mais il a le bon goût de faire ressentir ce sentiment (mélange de crainte, de dégoût et de haine) à un personnage qui n'est pas l'abruti de service et n'a rien de caricatural.
Graphiquement, l'effet des doubles planches est très largement amoindri par la reliure de type dos carré (notamment la deuxième où le visage de Drake est affreusement coupé). Certaines cases paraissent également un peu troubles, comme si l'encrage ou les couleurs "bavaient" un peu.
Malgré tout, là encore, une lecture plutôt agréable.

On passe à Jean Grey, avec un scénario de Sean McKeever et des dessins de Mike Mayhew. Ce dernier réalise un travail extraordinaire : les planches sont simplement sublimes et réellement impressionnantes, non seulement par leur réalisme mais également leur composition.
Le récit est très bien mené également, avec une vraie progression psychologique du personnage, une mini-scène d'action bien fichue et finalement une très bonne présentation de Jean, qui la rend attachante et très séduisante. Du très bon boulot, mais rien de surprenant de la part de McKeever qui s'était déjà illustré sur Sentinel ou Spider-Man loves Mary Jane, des séries secondaires mais qui possédaient des qualités indéniables.

Enfin, on termine avec ce brave Henry McCoy, écrit par Mike Carey et dessiné par J.K. Woodward. Là encore de très jolies planches et une bonne mise en scène des origines de Beast, alias le Fauve. Seul petit bémol, l'intervention du Conquistador, un vilain un peu kitsch dont la présence respecte certes la continuité mais n'apporte pas grand-chose. L'on aurait largement préféré que l'aspect vie quotidienne soit plus poussé, d'autant que Hank est censé avoir tout de même pas mal souffert des quolibets sur son physique, ce qui n'apparaît pas tellement ici.
Rien de bien méchant cependant et, au final, une histoire sympathique qui devrait largement contribuer à humaniser McCoy auprès des lecteurs qui ne connaissent pas bien le personnage et sont habitués à ne le voir que comme une grosse boule de poils au QI élevé.
Par contre, il fallait bien que ça arrive, encore une énorme bourde de traduction avec l'expression "c'est du chiquet" au lieu de "chiqué" (rappelez-vous, on y avait déjà eu droit dans le Spider-Man #132). Je ne pige pas... que l'on soit inculte, à la limite, je veux bien (encore que cela me paraisse peu compatible avec le métier de traducteur), mais que l'on pousse la fainéantise jusqu'à ne même pas prendre vingt secondes pour ouvrir un dictionnaire, ça me dépasse...
Tant que j'y suis, autant aller jusqu'au bout. Le mot "chiquet" (quasiment jamais employé) existe et désigne une petite partie d'un tout, rien à voir donc avec la scène tirée de cet épisode. "C'est du chiqué" (ça ne se prononce même pas de la même façon !), ça veut par contre dire "c'est du toc", de "l'esbroufe". Même un lapin nain, pour peu qu'on lui explique, parviendrait à faire la différence.
C'est du "chiquet", tsss... et mon cul, c'est du "poulé" ?

Bref, après cette digression sémantique et animalière, il reste à conclure avec plutôt le sourire aux lèvres étant donné que ce tome s'avère, dans l'ensemble, franchement meilleur que le premier. Intéressant et bien réalisé, il devrait convenir aux novices aussi bien qu'aux lecteurs aguerris.

08 juin 2011

X-Men, Vampires & Transsexuels

Début d'un nouvel arc, et d'une nouvelle série par la même occasion, dans le X-Men Universe #4 de ce mois.

Entre les histoires de messie, la partie de cache-cache entre Cable et Bishop, les persos qui jouent à "coucou, j'suis même pas mort en vérité !" et les sempiternels retours d'Apocalypse et cie, les séries X n'étaient guère passionnantes ces dernières années (mis à part quelques exceptions notables, comme X-Factor) et peinaient à se renouveler vraiment. C'est donc avec une vraie curiosité, mais aussi une prudence légitime, qu'il convient d'accueillir le troisième relaunch de la série X-Men qui ouvre cette revue.
Aux commandes, Victor Gischler (Deadpool Corps) pour le scénario et Paco Medina aux dessins. L'épisode débute avec Jubilé et Pixie qui assistent à un attentat dans San Francisco. Un type franchement louche (habillé comme la Crampe dans Pulp Fiction, pas le genre qui passe inaperçu donc) se fait exploser au milieu de la foule. Après quelques analyses au QG des X-Men, les mutants découvrent que le terroriste a en fait dispersé un virus qui pourrait bien transformer ceux qui sont contaminés en... vampires.
Eh bien voilà un excellent premier épisode. Belles planches, action efficace et thème plutôt intéressant (mieux vaut les vampires qu'un radotage de plus sur Xavier ou le Phénix !). Le charme de l'ensemble doit tout autant au sang neuf (c'est le cas de le dire) apporté par Gischler qu'au style, superbe, de Medina.
Seul petit point négatif : il existe un prologue à cette histoire (Death of Dracula) qui ne sera pas publié, Panini se contentant de nous résumer le binz en une ligne. Dommage.

Tiens, pour continuer sur les panineries, dans la série "Christian Grasse sucre les fraises", il nous parle de Monet dans son édito d'une bien drôle de manière : "... s'il le soignait", "Monet tiendra-t-il une promesse...", etc. Aux dernières nouvelles, Monet, c'est encore une fille (à moins qu'elle ait subi une opération récemment, mais je pense que ça nous aurait marqué), du coup, en général, on emploie le féminin en parlant d'elle. Bon, c'est une vague subtilité de la langue française, c'est sûr que l'on ne peut pas trop en demander non plus.
Pareil dans l'épisode dont je parlais ci-dessus, c'est cette fois le traducteur qui emploie le masculin en parlant de Jubilé (lorsque Scott demande : "vous pouvez le guérir ?"). Ou alors c'est tous des travelos depuis le début et c'est moi qui n'ai jamais rien pigé à ce que voulait réellement dire "séries X". J'attends avec impatience la scène où quelqu'un demandera à Emma Frost si ses tenues moulantes ne lui compressent pas trop les burnes...

Revenons-en au contenu. Je passe rapidement sur X-Men : Hellbound, où l'on se retape une virée en enfer et des combats contre des mutants possédés, pour en arriver directement à X-Factor. Toujours Peter David au scénario, accompagné par Sebastian Fiumara aux crayons. Excellente ouverture avec un David qui joue avec les codes du film noir. La description de la cliente qui arrive au bureau de Madrox vaut le détour : "elle était grande et élégante, avec un corps fait à 80% de jambes et à 100% d'emmerdements." ;o)
L'auteur s'attarde également sur la relation entre Rictor et Shatterstar, l'occasion d'écrire quelques savoureux dialogues mais aussi de nous montrer un roulage de pelle en gros plan. Une preuve de plus que Marvel, contrairement à la légende, n'est pas un éditeur si frileux que ça en ce qui concerne les moeurs et le modèle familial traditionnel.

On termine enfin par Dark Wolverine. Petit épisode tampon écrit par Daniel Way & Marjorie Liu et dessiné par Mirco Pierfederici. Daken se balade dans Rome et fait le point sur l'affrontement entre son paternel et Romulus tout en s'amusant avec les pickpockets et autres détrousseurs qu'il croise.
Rien de bien notable.

Les différents titres du mensuel sont de qualité inégale mais entre X-Factor, la valeur sûre, et le relaunch prometteur de X-Men, le bilan est plutôt positif.
La confrontation entre mutants et dentus devrait en tout cas réserver de bons moments.