12 janvier 2012

Daredevil : Reborn (again ?)

Sortie hier, en librairie, de la mini-série Daredevil : Reborn qui marque le début d'un gros changement éditorial pour le diable de Hell's Kitchen.

Une page se tourne pour Matt Murdock avec plusieurs évolutions éditoriales importantes qui se profilent. En plus du changement d'équipe créative (Mark Waid, au scénario, et Paolo Rivera & Marcos Martin au dessin) qui marque le lancement de la troisième série Daredevil, Panini va dorénavant publier les aventures du Diable Rouge en kiosque (dans une nouvelle revue dans laquelle il côtoiera le Punisher et Ghost Rider).
En attendant ce petit bouleversement, la saga du jour, Reborn, fait un peu office de transition. Elle est écrite par Andy Diggle (The Losers) et dessinée par Davide Gianfelice.

Graphiquement, l'on a droit à de jolies planches, plutôt lumineuses, qui tranchent avec l'ambiance sombre qui caractérisait la série depuis plusieurs années. Au niveau du récit, là encore l'on assiste à une rupture puisque Murdock quitte New York pour s'offrir une petite balade dans le désert avant d'aboutir à un bled paumé.
Là, il convient de revenir un peu sur les derniers travaux de Diggle sur le titre. Shadowland n'a pas forcément laissé que de bons souvenirs, à cause d'un fort sentiment de déjà-vu mais aussi par certains côtés peu vraisemblables. Rien de bien folichon en résumé. Et malheureusement, Diggle poursuit un peu sur la même ligne.

Ce récit peut faire vaguement penser à la célèbre saga Born Again par son titre mais, surtout, il est presque la copie conforme (au moins dans la thématique et l'ouverture) d'un autre épisode écrit par Miller : Terre Maudite (que l'on peut retrouver dans cet Omnibus).
Les similitudes sont très nombreuses : Murdock arrive, à pied (ce qui est loin d'être innocent symboliquement), dans un coin paumé. Il se frotte à de petites frappes locales dans un bar. Il a des ennuis avec les autorités, qui lui conseillent d'ailleurs dans les deux cas de décamper. La petite communauté subit la violence et la corruption des forces de l'ordre. Ceux qui s'élèvent contre cet état de fait subissent le pire des sorts. Daredevil agit dans un cadre inhabituel, il ne porte d'ailleurs jamais son costume traditionnel, etc.

A ce stade, mieux vaut parler d'hommage que de manque d'inspiration. Pourtant Diggle, malgré un point de départ qui aurait pu constituer une bouffée d'air frais, n'apporte rien de marquant ou nouveau. L'auteur en reste à une banale histoire de trafic d'armes et de drogue et nous rejoue, assez maladroitement (ou en tout cas sans beaucoup d'émotion) la bien connue partition de l'introspection et des fantômes venant hanter ce pauvre Matt.
Difficile de réellement se passionner pour ces quatre épisodes sans originalité présentant une renaissance convenue et fade.
Espérons que le nouveau départ, à l'occasion du retour de la série en kiosque, apporte une réelle nouveauté qui ne se limite pas au simple changement de noms sur les covers.

Une quête de rédemption au rabais, accompagnée d'une intrigue light.
Sans intérêt.