13 février 2012

PunisherMAX : récits annexes

Le troisième tome de la série PunisherMAX contient quatre brèves histoires indépendantes rassemblées sous le titre Cible : Castle.

La nouvelle série consacrée au Punisher et menée par Aaron (cf tomes  #1 et #2) s'offre ici une petite pause narrative avec cette compilation de one-shots parus en 2009 et 2010.
On commence par le PunisherMAX : X-Mas Special qui, comme son nom l'indique, se déroule pendant la période de Noël. Scénario de Jason Aaron, dessin de Roland Boschi.
L'ensemble constitue une entrée en matière sympathique et vaut surtout le coup d'oeil pour l'ami Frank, déguisé en père Noël, et le même Castle obligé de s'improviser médecin accoucheur. Final amer et sans concession, à l'image du personnage.

L'épisode suivant s'intitule Butterfly et se penche sur le destin d'une tueuse à gages écrivant un livre autobiographique qui dérange évidemment ses anciens employeurs.
Le scénario est de Valerie d'Orazio, les dessins de Laurence Campbell. Castle est absent de la majorité des planches et vient uniquement apporter une conclusion aussi violente que discutable. Les auteurs mettent ici habilement la morale, extrémiste, du Punisher à rude épreuve en mettant en scène une criminelle qui inspire, sinon la sympathie, du moins une certaine compassion. Le parcours de la jeune femme, bien que n'excusant pas ses actes, la rend à la fois humaine et complexe et contraste fortement avec la froideur de Castle dont on ne peut qu'admettre ici les limites de la logique.
Une manière intelligente de prendre ses distances avec le jusqu'au-boutisme lié à la série.

L'on poursuit avec Get Castle, écrit par Rob Williams et dessiné par Laurence Campbell.
Le justicier se rend au Pays de Galles afin de régler leur compte à une bande d'ex SAS, ayant oeuvré en Afghanistan, et ayant, depuis leur retour, fait main basse sur le trafic de drogue. Un récit plus classique, articulé autour d'une banale vengeance. La dernière planche apporte néanmoins, comme pour les deux épisodes précédents, une forte dimension dramatique.

Enfin, Happy End vient conclure l'album. Le tandem créatif est cette fois composé de Peter Milligan au scénario et de Juan José Ryp au dessin.
Un comptable plutôt timide se retrouve impliqué dans une dangereuse course-poursuite alors qu'il se rendait dans un "salon de massage" pour tromper sa femme pour la première fois. Pas de bol. 
Peut-être l'histoire la moins aboutie. Au niveau graphique, le style de Ryp, sur-détaillé et plein de fioritures inutiles, convient assez mal à certaines scènes. Les flammes, générées par les tirs, à la gueule des canons, font par exemple penser à des sortes de flaques de matière molle. Même remarque pour la fumée ou encore la poussière soulevée par les véhicules, la densité leur donne un aspect étrange. 

Le bilan est plutôt positif, avec l'ambiance sombre et violente habituelle qui est au rendez-vous mais aussi un second degré amusant (pour le premier épisode) et une condamnation intelligente (pour le deuxième) de la rigidité du Punisher.
L'on s'éloigne néanmoins de la ligne directrice tracée par Aaron et qui consistait, avec réussite pour l'instant, à intégrer, en les modifiant quelque peu, les personnages Marvel classiques à l'univers, plus axé polar, de Castle.

Une lecture sympathique donc, mais pas indispensable pour la suite.