29 mai 2012

Batman Saga : premier numéro en kiosque

Gros plan sur le Batman Saga #1, sorti en kiosque il y a quelques jours.

Nous savons maintenant que, pour ses publications kiosque, Urban Comics a décidé de s'appuyer sur trois mensuels phare, regroupant des séries thématiques : Green Lantern Saga sera centré sur les épopées cosmiques, Batman Saga comprendra des titres liés au justicier de Gotham, et, enfin, DC Saga regroupera les autres séries importantes, dont Justice League, Superman ou encore Flash.
C'est bien entendu l'univers du Dark Knight qui nous intéresse aujourd'hui, notamment parce que, pour une fois, un numéro #1 d'une revue française correspond réellement à un nouveau départ de l'ensemble des séries qu'il contient.
Nous retrouvons en effet dans ce mensuel les premiers épisodes de Batman, Detective Comics, Batman & Robin et Batgirl. Après l'interlude des Batman Showcase, nous entrons donc maintenant véritablement dans l'époque Renaissance du DC Universe (telle qu'expliquée et définie par François Hercouet dans cet entretien).

Commençons par Batman #1, par Scott Snyder (American Vampire) au scénario, et Greg Capullo au dessin. Cette introduction, on ne peut plus classique, a le mérite de présenter un peu le contexte, que ce soit au travers d'un portrait, très sombre, de la ville, quelques vilains emblématiques ou encore une petite visite de la batcave. L'auteur a à peine le temps de poser les bases d'une affaire criminelle que l'on devine pourtant assez étrange et qui a des répercussions directes sur Bruce Wayne.
Visuellement, c'est très réussi si l'on excepte les visages, tous identiques (impossible de faire la différence entre Lincoln March et Bruce Wayne par exemple, ce dernier ayant en plus un aspect assez juvénile, voire niais).
Signalons que cet épisode, ainsi que l'arc complet, sera bientôt disponible parallèlement en librairie, sous le titre La Cour des Hiboux (cf la fin de cette chronique pour plus d'explications, Green Lantern étant publié de la même manière).

L'on attaque ensuite Detective Comics #1, avec cette fois le Joker en tête d'affiche. Pas mal d'action et de bourrinage dans cet épisode, donc pas grand-chose à souligner, si ce n'est le cliffhanger final, très gore mais très inspiré, et l'arrivée d'un nouveau criminel qui a l'air d'être aussi prometteur que cinglé.
Scénario et dessins sont signés Tony Daniel (La résurrection de Ra's Al Ghul) qui s'en sort plutôt bien puisqu'il parvient à aller encore plus loin dans l'aspect malsain d'un Joker pourtant bien connu des lecteurs. Et pour les nouveaux venus, au moins, le portrait a l'avantage d'être clair !

C'est Batman & Robin #1 que l'on retrouve ensuite. Le scénario est ficelé par Peter Tomasi (Green Lantern), accompagné de Patrick Gleason aux crayons.
Le rôle de Robin est bien entendu tenu par Damian, le fils de Bruce. Une occasion là encore de rappeler certains faits (l'assassinat des parents de Bruce) tout en leur apportant un éclairage nouveau. Il s'agit également d'explorer les relations père/fils entre un Batman que l'on sait "rugueux", au minimum, et un rejeton assez antipathique. Une combinaison explosive intéressante, qui devrait offrir quelques dialogues savoureux et qui a le mérite, en faisant de Robin non pas le fils spirituel mais le véritable fils de Batman, de mettre un terme aux divagations de certains qui, depuis l'absurde Seduction of the Innocent - un brûlot anti-comics datant des années 50 - voyaient dans la relation Batman/Robin un discours homosexuel sous-jacent. Argument qui, bien sûr à l'origine, était censé effrayer les parents des gamins qui risquaient l'enfer et la damnation en... lisant des BD.

Et l'on termine par Batgirl #1, la demoiselle étant incarnée par Barbara Gordon, fille du commissaire du même nom et ex Oracle, qui a donc recouvré l'usage de ses jambes. Une très bonne entrée en matière de la part de Gail Simone (scénario) et Ardian Syaf (dessin).
Avec Catwoman (elle aussi accommodée à la sauce relaunch), voici donc l'un des personnages féminins forts, gravitant autour de notre chauve-souris. Les deux jeunes femmes ont d'ailleurs en commun une certaine fragilité, menant parfois à une remise en question de leur activité, qui les rend attachantes et enrichit grandement la dimension psychologique des personnages. Ajoutons à cela un adversaire qui tient la route, et l'on obtient un titre très agréable à lire.

Globalement donc, de bonnes séries, très accessibles (la moindre des choses pour un relaunch, même si ce n'est pas forcément toujours le cas), et bénéficiant dans l'ensemble d'excellents dessins.
Au niveau éditorial, Urban accompagne, comme à son habitude maintenant, chaque épisode d'un texte d'introduction, permettant de fournir quelques informations. L'on peut malheureusement déplorer la présence de quelques coquilles, que ce soit au niveau du rédactionnel ou dans le texte des planches. On a déjà vu pire (même bien pire), m'enfin, cela reste désagréable.

Un premier Batman Saga doté de titres solides et permettant d'accueillir les novices sans les perdre dans une continuité trop opaque.
Un numéro indispensable pour se laisser guider dans les profondeurs de Gotham.