14 mai 2012

Spider-Man : La mort de Jean Dewolff

Les aventures du Tisseur en Marvel Best Of s'étoffent ce mois avec la sortie de La mort de Jean Dewolff.

Le capitaine Jean Dewolff vient d'être retrouvée chez elle, abattue par un tueur en série. L'homme, qui se fait appeler le Rédempteur, va rapidement allonger la liste de ses victimes en s'en prenant à un juge, puis un prêtre.
Spider-Man est bouleversé par la nouvelle de la mort de la jeune femme et va tout faire pour retrouver son assassin. Mais alors que d'habitude, seul son sens de la justice le guide, il a cette fois envie d'autre chose. De vengeance.
Et si après toutes ces morts autour de lui, Peter allait trop loin ? Après son oncle Ben, Gwen, le capitaine Stacy, maintenant Jean... il est plus que jamais décidé à protéger les innocents des criminels. Quitte, peut-être, à en devenir un lui aussi.

Les sept épisodes regroupés ici sont signés Peter David (La Tour Sombre, X-Factor) et dessinés par Rich Buckler et Sal Buscema. La première saga (tirée de Peter Parker, The Spectacular Spider-Man #107 à #110) date de 1985/1986 et est suivie par un récit contant, un an après, le retour du Rédempteur (Spectacular Spider-Man #134 à #136).
Graphiquement, c'est surtout la colorisation qui s'avère grossière et particulièrement flashy, mais bon, rien de surprenant si l'on se réfère aux standards de l'époque. L'histoire, par contre, est plutôt quelque peu en avance sur son temps, avec une thématique sombre et adulte. Spidey est confronté à ses propres pulsions violentes mais, surtout, Peter David parvient à n'être jamais manichéen et à ne pas imposer un point de vue absolu. Les failles de la justice sont notamment évoquées, tout comme la peur des victimes, les risques de débordements liés à l'auto-défense, la force abêtissante et brutale des mouvements de foule, et cetera. Même le tueur en série est décrit de manière très humaine et inspire plus pitié et amertume que sentiments revanchards.
Les auteurs glissent également quelques messages "subliminaux" en forme de clins d'oeil, avec par exemple un passant ressemblant curieusement à Charles Bronson (interprète de la série, polémique à l'époque, des Death Wish) tenant un journal titrant "un soi-disant justicier".

Avec la justice comme sujet principal, l'on ne s'étonnera pas de voir en guest Daredevil, alias l'avocat Matt Murdock. Electro joue également un rôle dans la deuxième partie de l'ouvrage, dont la lecture s'avère plutôt agréable.
La traduction est correcte mais signalons tout de même un petit problème technique sur quelques planches : un texte en italien, en bleu, apparait parfois en dessous de la traduction française. Cela ne pose pas trop de problèmes sur des phylactères blancs, mais lorsque ceux-ci ont un fond de couleur, l'ensemble a un côté "gribouillis" peu esthétique.

Un bon comic, bénéficiant d'un sujet sérieux traité avec intelligence.

- En entendant les battements de coeur de Peter Parker, puis, plus tard, ceux de Spider-Man, tu as su que c'était la même personne ? Comment tu appelles ce pouvoir ?
- Ecouter.
Peter Parker et Matt Murdock, sous la plume de Peter David.