09 juillet 2012

Nouvelle revue Spider-Man et début de Spider-Island

Un traitement tout paninien pour ce Spider-Man #1 qui marque le début de la saga Spider-Island.

On y avait échappé à l'occasion de Brand New Day (alors que le moment aurait été plus approprié) mais cette fois, ça y est, Panini applique la recette des numéros #1 à la revue du Tisseur. Pas mal de choses à dire sur les bourdes et choix étranges de la sandwicherie, mais commençons par nous intéresser à l'évènement principal du mois pour l'ami Spidey, à savoir Spider-Island.

La saga, qui débute dans Amazing Spider-Man, est écrite par Dan Slott et dessinée par Humberto Ramos et Stefano Caselli.
Alors que la nouvelle madame Web, incarnée par Julia Carpenter (ex Arachne, ex Spider-Woman), s'arrange pour que Peter apprenne les arts martiaux avec Shang-Chi, en prévision d'un avenir qu'elle prévoit sombre et mouvementé, la ville de New York connaît une catastrophe de plus. En effet, de nombreux habitants, dont Carlie Cooper, la propre petite amie de Parker, ont acquis des pouvoirs semblables à ceux de Spider-Man.
Cette étrange épidémie est orchestrée par le professeur Warren, alias le Chacal (à l'origine de la Saga du Clone, cf l'Intégrale 1975 et, surtout, les Omnibus consacrés au sujet), qui compte évidemment sur le fait que la plupart des nouveaux surhumains ne se reposeront pas sur une morale aussi rigide que celle de Peter Parker.

Pour l'instant, l'introduction se laisse lire, mais il est difficile de ne pas aborder ce nouvel event avec méfiance, non seulement parce que, depuis One More Day, la série du Monte-en-l'air évolue en dents de scie, mais surtout parce que les derniers "gros coups" de la Maison des Idées se sont révélés plutôt décevants, Fear Itself en tête (malgré pourtant un bon début).
Un point positif, la vioque (à savoir l'insubmersible tante May) met les voiles et part s'installer à Boston ! C'est toujours ça de gagné. Niveau guests, l'on peut signaler la présence des Vengeurs et une courte apparition de la nouvelle Spider-Girl (ex Araña).
Voyons maintenant le plus drôle (ou triste, tout dépend de votre état d'esprit), à savoir comment Panini a articulé son sommaire autour de ces deux épisodes.

L'éditeur continue d'utiliser les épisodes gratuits du Free Comic Book Day comme s'il s'agissait de matériel payant, puisqu'il se sert de celui qui fut consacré à Spidey en 2011. Bon, admettons que cela soit à peu près justifié puisque le récit est en relation directe avec les évènements de Spider-Island. Pas très élégant donc, mais logique.
Passons au beaucoup moins logique. Tout d'abord, la revue débute par Avenging Spider-Man, une sorte de Marvel Team-Up, dont le premier épisode, ici présent, se déroule... après Spider-Island. L'on y apprend notamment que le Tisseur a retrouvé son sens d'araignée. Grasse estime, avec son bon sens habituel, que Panini ne brise pas un énorme suspens en agissant ainsi. Heu, oui, on se doutait bien que Peter allait un jour retrouver son sixième sens, mais est-ce une raison pour nous dévoiler cela à l'avance ? Déjà que les séries mainstream ne sont pas caractérisées par leur énorme suspens (on sait bien que les héros morts ne le restent pas longtemps, que les personnages qui perdent leurs pouvoirs les retrouvent un jour...), si en plus l'ordre de parution spoile les rares (et maigres) "coups de théâtre", l'intérêt de la lecture s'en trouve d'autant réduit.

Vous vous dites que c'est stupide de dévoiler un évènement à venir et que l'on ne peut pas faire pire ? Eh bien Panini va vous prouver le contraire grâce au choix du cinquième épisode de la revue. Il s'agit en fait (tenez-vous bien hein !) d'un court récit décrivant les centres de recherche d'emploi new-yorkais (Workforce 1) et leurs domaines de compétence. Avec Bloomberg qui vante les bienfaits de son administration. C'est un peu, chez nous, comme si Delanoë faisait un topo sur le Pôle Emploi en compagnie de Ric Hochet...
Mais, au nom du ciel, qu'est-ce qu'on en a à battre des agences de recherche d'emploi new-yorkaises ?!
On a déjà eu des épisodes de remplissage, avec des séries secondaires à l'intérêt limité, mais alors là, ça dépasse tout. Ce qui est dingue c'est qu'il n'y en a pas un dans la bande qui se dit "on va passer pour des cons si on publie ça". Non, tout va bien, on s'en fout, on met ce qui vient ! Incroyable...

Bon, pour le reste, on retrouve la Panini touch habituelle. Grasse nous parle de ces fameux cinéphiles qui vont arriver en nombre acheter sa... "revue" si bien pensée (effet "sortie ciné" jamais prouvé et qui n'endigue même pas l'hémorragie de lecteurs aux Etats-Unis). Les vagues infos comprimées en une page sont les mêmes que pour le Avengers (v2) #1 (elles font même doublon avec la bafouille de Grasse qui se croit obligé de reprendre quasiment le même topo), et il y a des coquilles aussi bien dans l'édito que dans les épisodes.
Ben, j'ai envie de dire que c'est plus ou moins un sans faute dans tous les compartiments du jeu. ;o)

Pour ce qui est de l'histoire principale, ça reste correct.
Le traitement éditorial, en revanche, est hallucinant.
Porter l'incompétence et le foutage de gueule à un tel niveau, ça en devient presque beau.