16 juillet 2012

Spider-Man : Season One

Avec Spider-Man : Season One, nous avons de nouveau droit à une énième variation sur les origines du Tisseur.

Difficile de croire qu'il y a encore des lecteurs qui ne connaissent pas les premiers pas de Spidey tant l'histoire du pauvre Peter, timide et maltraité par ses camarades, a été rappelée et déclinée depuis des décennies, avec plus ou moins de réussite d'ailleurs. L'on notera au passage la version Ultimate, pour le coup inspirée et bien fichue, ou encore une curiosité, With Great Power, qui s'attache à développer la période où le jeune Parker embrasse une carrière de catcheur.
La gamme Season One nous est ici présentée comme une collection visant à moderniser les origines des personnages les plus importants du marvelverse. En ce qui concerne Spider-Man, la tache a été confiée à Cullen Bunn pour ce qui est du scénario, et à Neil Edwards pour les dessins.

Sans surprise l'on retrouve les grandes étapes classiques, de la morsure de l'araignée à la mort de l'oncle Ben, en passant par la confection du costume et la découverte des pouvoirs. Niveau modernisation, pas grand-chose de bouleversant, si ce n'est que la séquence "catch" est quasiment passée à la trappe et remplacée par une émission de TV. Ah, et les élèves ont des smartphones. Bref, des détails dont on aurait pu se passer, mais là où cette mini-série s'avère ratée, et c'est le comble, c'est bien dans son aspect plus traditionnel.
La relation Peter/oncle Ben est à peine esquissée, le côté souffre-douleur de Peter est survolé également, tout comme la découverte de ses pouvoirs, un peu comme si cela allait de soi. Même le meurtre de Ben ne suscite aucune émotion et est traité comme un passage obligé.

En fait de modernisation, Season One reprend exactement les défauts de l'histoire originelle, et encore, à l'époque, il s'agissait plus d'un style narratif que de véritables défauts en soi. Il fallait vite expédier ce qui était considéré comme "barbant" pour passer à l'action pure et dure. Ici, bien que les scènes soient un peu plus longues, elles s'enchaînent mollement, sans permettre d'insuffler un peu de vie aux personnages, Parker en tête.
Le combat contre le Vautour est aussi insipide que le reste (la version publiée en Marvel Kid était largement plus agréable), et ne parlons même pas des dialogues, qui feraient passer les scénaristes d'AB Production pour des génies. Reste le style graphique, effectivement plus moderne que celui de 62/63 (encore heureux !), mais qui n'a rien d'extraordinaire non plus.

Au final, ce Season One rate complètement son objectif principal et parvient même à rendre soporifiques les meilleurs moments de la saga originale.
Comme quoi, l'art de la réécriture n'est pas si aisé que l'on pourrait le penser, et il ne suffit pas de prendre un scénariste ayant (physiquement) de faux airs de Bendis pour retrouver la qualité de la plume de ce dernier.

Des ingrédients bien connus mais mal cuisinés et agrémentés d'une sauce fadasse dont on se demande ce qu'elle a de "moderne".