29 août 2012

The Twelve : la dernière partie enfin disponible

Voilà un moment que nous l'attendions, certains avaient même fini par ne plus y croire, mais le final de The Twelve vient tout de même de débarquer en librairie il y a quelques jours.

Les douze héros de l'âge d'or, qui ont émergé d'un sommeil cryogénique de soixante ans, ont bien du mal à se faire au monde moderne. Tout a changé, tout va plus vite. Leurs proches ont disparu ou sont très âgés...
Malgré tout, ils reprennent du service et tentent de se rendre utiles.
Une série de meurtres va cependant déchirer le petit groupe. Les soupçons se portent en effet sur l'un de ces justiciers d'un autre temps. L'enquête risque de balayer bien des certitudes et de révéler des origines pour le moins étranges.

Eh bien, il a fallu s'armer de patience mais le lectorat français a maintenant droit à cette seconde et dernière partie. Dans sa petite introduction, Panini nous précise modestement que le premier tome est sorti "il y a plus d'un an", en effet, février 2009 (cf. cette chronique), ça fait même carrément trois ans et demi. Difficile du coup de se rappeler vraiment des détails et de se remettre dans le bain. A ce sujet, un petit topo sur les personnages n'aurait pas été de trop, mais non, Panini, dans sa grande sagesse, fait confiance à votre mémoire. Bon, évidemment, pour ce qui est de l'exceptionnel laps de temps entre la parution des deux tomes VF, l'éditeur n'y est pour rien, les derniers épisodes venant seulement de sortir il y a quelques mois aux Etats-Unis (démentant par la même occasion les propos très durs tenus sur l'auteur, il y a deux ans, par les vendeurs d'autocollants).

Pour ce qui est du tandem créatif, l'on retrouve J.M. Straczynski (cf. la série d'articles présente ici et revenant sur les oeuvres de cet auteur) au scénario et Chris Weston aux crayons. Ces épisodes s'inscrivent sans surprise dans la lignée des précédents et sont donc construits d'habile manière, notamment grâce à un savant mélange de péripéties et d'émotion. C'est d'ailleurs dans ce dernier domaine que Straczynski va encore une fois exceller, en donnant à ses personnages une épaisseur et une humanité indiscutables (et ce malgré leurs accoutrements, volontairement rétro voire kitsch).
Contrairement à un Project Superpowers, dont la thématique était semblable mais qui restait quelque peu froid et inutilement complexe, The Twelve s'impose comme un fort beau récit, où se mêlent drame, action et réflexions sur l'héroïsme, les valeurs universelles ou le terrible et sinistre écoulement du temps.

L'on a droit en bonus à The Twelve : Spearhead, un épisode moins intéressant (Weston est ici seul aux commandes) mais qui permet tout de même de revenir un peu sur le passé des personnages et de voir brièvement leurs débuts, pendant la guerre (avec notamment Captain America en guest).
Au final, voilà un bilan très positif avec une excellente série, une bonne traduction et un bon gros bonus. Un petit effort pour rappeler un peu les évènements précédents (largement oubliés après plus de trois ans et non un seul !) et cela aurait été parfait.

Douze héros au charme certain dont le destin tragique est parfaitement retranscrit par un Straczynski en grande forme.