20 novembre 2012

Wolverine and the X-Men : Alpha & Omega

Un Logan directeur d'école et manipulé par l'un de ses élèves, c'est le thème de la mini-série publiée ce mois dans le Wolverine hors série #3.

Après le schisme des X-Men, Wolverine et quelques mutants retournent dans le comté de Westchester, quittant ainsi définitivement Utopia et son leader fort contesté. Là, Logan ouvre l'Ecole d'Enseignement Supérieur Jean Grey, sur les ruines de l'ancien institut de Charles Xavier.
Ce rôle est assez nouveau pour le Griffu et, déjà, les premières difficultés surviennent. En effet, alors qu'il est en train d'entraîner Armor, Wolverine et cette dernière sont projetés dans le "concept", une réalité virtuelle issue de l'esprit surpuissant de Quentin Quire, un mutant de niveau oméga.
Cependant, même pour un télépathe aussi doué, maintenir ainsi un monde persistant, avec ses milliers de détails, de personnages et de lieux, n'a rien d'évident. Epuisé, traqué par la personnalité bestiale de Logan, le jeune mutant n'a pas d'autre choix que celui de se plonger lui-même dans le monde qu'il a créé...

Eh bien voilà une petite histoire assez sympa (ce n'est pas si courant que ça en ce moment du côté de chez Marvel) qui exploite le nouveau rôle de Wolvie, assez intéressant finalement en directeur bourru et bienveillant.
Les cinq épisodes sont écrits par Brian Wood (Supermarket, DMZ, Northlanders) et dessinés par Mark Brooks & Roland Boschi, un dessinateur français ayant notamment bossé sur Ghost Rider aux côtés de Jason Aaron (l'on retrouve d'ailleurs le duo dans le PunisherMAX #3, pour un one-shot spécial Noël).
Graphiquement, l'ensemble est très bien fait et joue sur un fort contraste entre le monde réel et le "concept" de Quire, chaque dessinateur donnant vie à l'une des deux parties. C'est un peu de l'anti-Romita Jr (cf. cette chronique), avec des décors inspirés et fouillés, et des gens qui s'appliquent.

Niveau intrigue, au premier abord, l'on peut penser que l'on nous refait pour la énième fois le coup de la réalité alternative (c'est d'ailleurs un peu vrai), mais le côté purement virtuel de ce monde, présenté comme l'émanation parfaite d'un psi virtuose, est assez original et est contrebalancé par les scènes de la vie quotidienne dans la nouvelle école.
Notons que l'on retrouve Rachel Summers ou encore Kitty Pryde au sein de l'établissement.
Aaron nous montre ici un Wolverine certes encore hargneux et dangereux, mais plus positif, plus responsable même que par le passé. Peut-être le futur dirigeant des jeunes mutants, jusqu'ici coincés entre le rêve mort d'un professeur X cynique et menteur, et un Cyclope qui, en endossant enfin son rôle de chef, s'est "namorisé" sans doute au-delà du raisonnable.

L'on termine enfin par un court récit issu du Marvel Holiday Special 2011. C'est un spécial Noël et, en plus, cela a un rapport direct avec l'école de Wolvie. Là on se dit, tiens, chez Panini maintenant, ils font même gaffe à ce qu'ils mettent dans les revues... sauf qu'en fait, avec une innocence aussi drôle que touchante, l'éditeur avoue, dans le petit speech final, qu'il s'agit d'une "pure coïncidence tout à fait fortuite". 
Même plus besoin de démontrer qu'ils s'en remettent au hasard la plupart du temps, voilà qu'ils l'avouent ! Et en plus là, on n'aurait rien vu, on aurait même pu penser à du professionnalisme. ;o)

Une petite saga sympathique, probablement pas indispensable mais plutôt agréable à lire.

+ deux styles graphiques différents très bien exploités
+ le concept du MMORPG psionique
+ un Wolvie qui évolue dans un rôle différent, sans perdre en charisme ou crédibilité
+ un petit bonus loin d'être passionnant mais correspondant à la thématique
+ l'humour bien involontaire de Panini
- Panini, toujours à côté de la plaque, même quand ils arrivent, "par hasard" et de leur propre aveu, à faire un truc bien