27 juin 2013

Before Watchmen # 3

Le bimestriel Before Watchmen en est à son troisième numéro et nous revient avec un changement de sommaire. En effet, les mini-séries consacrées au  Hibou et Ozymandias sont mises en stand-by pour accueillir Rorschach et Dr. Manhattan.

Les autres continuent leur petit bonhomme de chemin. Ainsi, Minutemen, scénarisée et mise en image par Darwyn Cook, explore encore un peu plus les dessous, pas très glorieux, de l’équipe qui avait précédé les Watchmen, le tout en faisant de fréquents clins d’œil à l’œuvre originale sans que cela ne ressemble à une sorte de compilation de « scènes coupées ». Rétro et référentielle, peut-être bien la meilleure série de ce tome 3.

Le récit suit surtout les pas de Hollis - le Hibou - Mason et de La Silhouette. Le premier étant amoureux de la seconde…qui se trouve être lesbienne.

Bon personnellement, les personnages d’amoureux transis, nobles de cœurs et qui combattent pour gagner la main de leur aimée, me parlent toujours assez bien lorsqu’ils sont correctement écrits (ce qui est le cas ici) sans compter que La Silhouette semble être un personnage fort sympathique et complexe. Non, décidément, cette série est la meilleure du lot.

Spectre Soyeux de Cook et Conner continue d’explorer la vague flower power par les yeux de Laurie Jupiter, ado fugueuse. Si sa quête n’a rien d’haletant, tout le décorum autour de ses parents (sa mère, son « oncle » Hollis, son père, le Comédien, qu’elle ne connaît pas) est intéressant et permet de voir que les dés sont pipés pour cette pauvre gosse qui n’aura finalement pas le choix d’entamer sa vie adulte comme elle l’aurait voulu.




Le Comédien de Brian Azzarello et J.G Jones est fidèle à ce que les autres épisodes avaient lancé : une étude des années post-Kennedy. Si le récit reste très plaisant et bien écrit, le sentiment de voir un Eddy Blake complètement out of character s’accroche aux neurones ! C’est bien là le plus gros défaut de ce titre : tenter de rajouter de la psychologie à un personnage (qui en avait déjà, n’en déplaise à Azzarello) au risque d’en changer la nature profonde !




Rorschach est donc le petit nouveau du magazine. Si on avait pu l’apercevoir faire équipe avec le Hibou, il joue ici en solo. La série est écrite par Brian Azzarello et dessiné par Lee Bermejo. Nos deux lascars sont des collaborateurs de longue date. Azza s’en sort bien mieux ici : le personnage est fidèle à lui-même, la narration reprend l’idée de proposer des passages de son célèbre journal (ce point, pas très original, est compensé par l'idée de voir la fameux journal écrit à la machine à écrire et non pas à la main, ce qui laisse présager sa future déchéance sociale dans les années à venir) et les dessins retranscrivent bien l’ambiance poisseuse du New York des années 70. Mais entre le combat du héros contre des trafiquants de drogue et une intrigue qu’on devine vite devenir plus vaste dans les prochains épisodes, autour d’un serial-killer bien glauque, on a l’impression que l’auteur reste en terrain connu et ne propose rien de bien neuf.




La série consacrée au Dr Manhattan ne semble pas partie pour proposer du neuf non plus. Scénarisée par JMS et dessinée par Adam Hugues (un spécialiste des jolies filles, cherchez l’erreur de casting là), elle lorgne sur les activités du Schtroumpf quantique sur Mars. Celui-ci cherche à comprendre pourquoi il existe et se lance donc dans une enquête identitaire doublée d'un questionnement existentialiste/quantique sur le chat de Schrödinger.
Le temps étant simultané pour lui, les époques se croisent et se décroisent. Rien de bien neuf dans le fonctionnement du Dr Manhattan… jusqu'à ce retournement inattendu qui lance la machine. Plaisant de se faire avoir de la sorte. Les dessins de Hughes ne sont pas honteux mais ne me semblent pas les plus appropriés pour une série comme celle-ci.


 Bon sang ? Mais que lui fait-il par derrière ? 




Before Watchmen continue donc de proposer d’agréables lectures à défaut d’être transcendantes. Elle ne viennent pas salir l’œuvre d’Alan Morre et David Gibbons mais s’avèrent dispensables pour qui voudrait s’attaquer au pavé que les deux hommes ont pondu. La traduction est très bonne et assurée par Edmond Tourriol. On regrettera cependant une coquille (une seule) qui vois le « s » de volais disparaître. Or, sans ce « s », le « ais » ne se prononce pas de la même façon et devient donc un mot vide de sens en plus. Mais à part ça…