10 août 2013

Batman Begins

Retour sur le Batman Saga #14 qui contient les numéros #0 de Batman, Detective Comics, Batman & Robin et Batgirl ainsi que l’annual #1 de Detective Comics.

Commençons par la grosse bouse de ce numéro : Detective Comics Annual #1 scénarisé par Tony Daniel et co-dessiné par Romano Molenaar et Pere Perez. Daniel continue sa déchéance de scénariste qui avait débuté avec le commencement de l’ére New 52 de DC Comics (l’après Flashpoint donc). Il revient ici avec le vilain qui avait marqué son run pré-new 52 : Black Mask. Black Mask est lancé dans une guerre contre Le Chapelier Fou et Gotham est prise au milieu. Batman sauvera-t-il la ville, le suspense est insoutenable. Les dessins s’échinent à copier le style de Daniel sans y arriver pleinement.

Batman #0 de Scott Snyder et Greg Capullo ouvre le numéro. On le sait (ou peut-être ne le savez-vous pas), depuis le reboot post-Flashpoint, l’univers DC a vu officiellement les super-héros débarquer il y a 5 ans (et ça va foutre un beau bordel dans le bat-verse, mais j’y reviendrai).

Le numéro #0 débute donc il y a 6 ans et nous narre la lutte d’un Bruce Wayne, pas encore frappé par l’image de la chauve-souris, s’attaquer au gang du Red Hood. Snyder pose bien les enjeux, joue le suspense et arrive à faire du neuf dans les origines de Batounet tout en faisant sens (Bruce n’habite pas le manoir et pour une bonne raison, etc…). Capullo assure toujours autant aux dessins. 
Le reproche c’est que cet épisode n’est rien d’autre qu’un teaser de luxe pour le gros futur arc narratif Année Zéro (Snyder jure qu’il ne touchera pas trop à Année Un mais ce début le contredit déjà) qui ne débarquera pas avant plusieurs mois par ici. J’imagine que cet épisode sera intégré aux albums qu’Urban consacrera à cette histoire et ne sera pas inclus dans ceux voyant le retour annoncé du Joker. L’épisode back-up scénarisé par James Tynion et dessiné par Andy Clark est anecdotique (comme souvent avec les back-ups, sauf ceux de La nuit des Hiboux) et révèle la première utilisation du bat-signal.





Detective Comics #0 est scénarisé par Gregg Hurtwitz et dessiné par Tony Daniel qui laisse sa place de scénariste. Tant mieux. Intitulée La dernière leçon, l’histoire voit Bruce Wayne terminer son tour du monde pour s’entraîner auprès d’un sensei extrême et de sa femme plus ouverte d’esprit. Récit d’initiation rondement mené qui se terminera dans le sang (Wayne est un habitué), il est agréable à lire ET à regarder car Tony Daniel a rendu de très belles planches. Le back-up est scénarisé par James Tynion (oui, encore lui ) et se passe juste après. Il narre le retour de Bruce au manoir alors que la famille Kane (la famille de sa mère) tente de récupérer ce dernier. Pour l’anecdote, sachez que la famille Kane en question est bien celle de l’ancienne et de l’actuelle Batwoman qui sont des cousines à des degrés divers de Bruce. Entre sa famille naturelle et celle qu’il s’est créée, on peut dire qu’ils ont tous une chauve-souris au plafond !



Batman & Robin #0 est le cas d’école en matière de continuité branlante (j’en parlais avec Batman #0 ). Ce n’est pas la faute du scénariste Peter Tomasi, c’est bien l’idée débile des rédacteurs en chef de DC qui leur explose à la gueule. L’histoire (qu’il est d’ailleurs conseillé de lire en parallèle de Batman Inc. #2 dans le Batman Saga HS #2 et qui retrace la vie de Talia Al Ghul, la mère du petit) raconte le parcours de Damian Wayne de sa naissance à sa rencontre avec son père dans « Batman & Fils » de Grant Morrison. Hors, ce petit bonhomme est né il y a 10 ans et sa mère connaissait les deux facettes de Bruce/Batman. Comment, par Jupiter et ses roubignoles, Bruce pouvait-il être Batman il y a dix ans s’il ne savait pas encore le pouvoir de l’imagerie de la chauve-souris il y a 6 ans (Batman #0) ? Passé ce « détail », l’épisode est encore une pure merveille de construction  de personnages et un bel exemple de narration  pour passer d’une année à l’autre jusque la rencontre entre le fils et le père. Tomasi insère son récit sans accroc dans la toile tissée par Grant Morrison et mériterait presque de voir son épisode édité dans les intégrales consacrées par Urban au scénariste écossais ! Si si. Les dessins de Patrick Gleason sont égaux à eux-mêmes, c'est-à-dire très beaux et épurés.



Batgirl #0 loupe le coche d’être un bon épisode, mais la série étant un étron depuis le début… Pourtant, cela commence bien mais se tire en longueur pour expliquer comment Barbara Gordon devient Batgirl. Malheureusement cela met 17 pages ! Ensuite, nous assistons à une narration en ellipses qui raconte sa carrière d’aventurière jusqu'à sa rencontre avec le Joker (narrée dans Killig Joke). Si Gail Simone voulait bien redevenir LA Gail Simone, la série en serait changée. Cependant, les dernières pages (dès que Barbara endosse un bat-costume) démontre que la scénariste a encore des fulgurances pour parler du personnage. Les dessins de Ed Benes sont tout en courbes et flatteur pour l’œil !