05 janvier 2013

Lancement de Star Wars Comics Magazine

Delcourt débute l'année en lançant Star Wars Comics Magazine, une nouvelle revue kiosque qui contiendra fictions, dossiers et infos. Tout de suite, on décortique la bestiole.

Si l'on peut trouver de nombreux comics Star Wars en librairie, les publications kiosque sont beaucoup plus rares (même si l'on a déjà évoqué ici les Star Wars Comics Collector par exemple), aussi, quand un nouveau titre fait son apparition, il ne risque pas de passer inaperçu. D'autant qu'avec un format comics classique (plus petit et plus pratique que les Star Wars - La Saga en BD) et une cover sobre et élégante, la revue est aussi classe qu'intrigante.
Thierry Mornet nous dévoile la ligne éditoriale dès l'édito. Le magazine contiendra des récits complets ou à suivre sur deux numéros maximum, ainsi que des dossiers sur l'univers Star Wars et des infos concernant les derniers gadgets ou figurines, le tout sur 128 pages.
Un menu plutôt alléchant donc.

Jetons déjà un oeil sur les récits, au nombre de quatre, dont trois complets.
On commence avec Mythology, issu de Star Wars Tales #14, par Chris Eliopoulos (scénario) et Jon Sommariva (dessin). Il s'agit d'une sorte de fable évoquant l'interdiction faite aux Jedi d'éprouver colère ou... amour. Assez bref mais sympa, avec surtout de fort jolies planches dans un style cartoony très expressif.
La deuxième histoire s'intitule The Art of the Bad Deal et est tirée du... Dark Horse Free Comic Book Day 2012. Hou... mais c'est un truc gratuit ça ma bonne dame ! Ce devrait donc logiquement être un bonus et non être intégré à la pagination normale. C'est une pratique couramment utilisée chez Panini (cf. cette chronique ou celle-ci) et qui n'est guère élégante, dommage de voir Delcourt y recourir également.
Bon, on retrouve ici Han Solo et Chewbacca qui ont quelques problèmes avec un client qui a des vues sur leur vaisseau, le Faucon Millenium. Scénario de Zack Whedon (oui, le frère de...) et dessins par Davidé Fabbri. Ce dernier est qualifié de "talentueux" un peu rapidement, car il s'agit sans doute de l'épisode le plus faible graphiquement.

Le troisième récit est en fait la première partie d'une saga en deux chapitres, intitulée Star Wars Blood Ties : Boba Fett is Dead. Le scénario est de Tom Taylor, les dessins de Chris Scalf. Un mystérieux commanditaire a engagé un groupe de tueurs pour liquider Fett, le célèbre chasseur de primes. Alors que l'on apprend sa mort, l'un de ses proches semble bien décidé à le venger...
Une intrigue bien fichue et quelques scènes spectaculaires.
On termine la partie comics par A Death Star is Born, de Star Wars Tales #4. Kevin Rubio à l'écriture, Lucas Marangon aux crayons. Il s'agit d'une histoire humoristique assez réussie, mettant en scène Vador, l'Empereur et le concepteur de la future Etoile Noire. Tous les gags ne sont pas du même niveau, m'enfin, on passe un moment agréable. 

Voyons maintenant le dossier, intitulé La Genèse des Jedi. Les textes sont de John Ostrander, les dessins de Jan Duursema
Le copieux dossier (23 planches) s'intéresse aux racines de l'ordre Jedi et débute par la présentation de nefs stellaires, appelées Tho Yor, qui parcourent la galaxie, 36 000 ans avant la bataille de Yavin, afin de dénicher des êtres en phase avec la Force. La planète Tython, but ultime des fameuses nefs, est détaillée, ainsi que les Je'Daii et leur code. L'on découvre notamment leurs nombreux temples et la spécialité qui est associée à chacun d'entre eux. On a droit également à la présentation de quelques vaisseaux, à la description des planètes du système (et de leurs habitants) ainsi qu'à quelques gros plans sur des personnages importants. Le tout est richement illustré et ferait, ma foi, un excellent support pour JdR. 
Reste enfin la partie "actu", où l'on retrouve un long article consacré à Dark Maul, une présentation des derniers produits dérivés en date (cela va d'un Dark Malgus taille réelle à 6000 $, à des vaisseaux-peluches, en passant par une clé USB Dark Maul ou encore un sac TB-TT), les albums à paraître prochainement et enfin les traditionnelles (et bien pratiques) liste et frise permettant de situer toutes les BD parues par rapport aux différentes époques et aux films.

Un premier numéro réussi, avec une belle présentation et un bon dosage entre comics et infos.

+ récits complets
+ dossier intéressant
+ éclectisme au niveau des produits dérivés présentés
+ présentation claire de chaque épisode
+ les "stars" présentes (Vador, Solo, Maul, Chewbacca, Fett...)
+ l'humour de certains récits
- la brièveté de ces mêmes récits, qui peut se révéler frustrante
- l'utilisation de matériel US gratuit dans la pagination normale du magazine




02 janvier 2013

Any Empire

Petite séance de rattrapage pour ceux qui auraient raté Any Empire, sorti en octobre dernier. En même temps, passer à côté de quelque chose, parfois, ça peut avoir du bon.

Lee est un gentil garçon, qui aime jouer aux soldats et lire des comics. Purdy, lui, est très méchant car il fait du mal aux animaux. Et Sarah est très intelligente, car elle va réussir à mener une enquête - dont on ne verra quasiment rien - pour confondre les auteurs des brutalités animales.
Le tout délivré avec un message magnifique : la guerre, c'est mal.
Voilà donc le résumé de l'histoire. Attention, je ne vous ai pas résumé le début mais tout le livre, soit 300 pages. 

Bon, commençons par voir qui a bien pu pondre un tel navet. Il s'agit de Nate Powell, un type qui a commencé à s'auto-publier dès l'âge de 14 ans. Quand on voit le résultat, on se dit que le filtre éditorial reste tout de même indispensable. L'auteur a maintenant la trentaine et il livre ici un épouvantable ramassis de lieux communs, "soutenu" par une narration totalement bancale.
Les dessins, par contre, sont très réussis. Là on a fait le tour des qualités de Any Empire, pour les défauts, il va falloir malheureusement bien plus de temps.

Le résumé de la quatrième de couverture était pourtant encourageant et permettait d'imaginer le meilleur : des gamins livrés à eux-mêmes, un défi assez terrible à relever (tuer "quelque chose" pour faire partie de la bande), une enquête, un chassé-croisé mêlant les enfants d'hier et les adultes d'aujourd'hui... pourtant, malgré ces ingrédients, le plat est franchement raté (d'où l'importance de la technique, évoquée dans cette chronique).
Le récit est tout d'abord très économe en texte, trop d'ailleurs puisque les scènes muettes totalement incompréhensibles sont légion. L'enchaînement de ces mêmes scènes, allié à des ellipses, flashbacks et digressions sauvages, forment également un incroyable fatras. Alors, il y a bien l'alibi de l'onirisme, m'enfin, entre une scène onirique et une écriture sous acide, il y a une marge qui est ici franchie.

Difficile de juger l'histoire tant il n'y en a pas. L'affaire, si l'on peut appeler ça comme ça, des tueurs de tortues est totalement survolée. Tout comme le dilemme que l'on pensait voir naître chez Lee. Les personnages, eux, à force d'être ébauchés à coups de cases silencieuses et solennelles, sont d'une pauvreté hallucinante.
Rien ne fonctionne.
Mais si l'on commence à s'intéresser au message véhiculé par l'auteur, alors là on arrive vraiment dans le domaine du n'importe quoi. Cela se voudrait intelligent, pas de bol, c'est idiot et prétentieux. Prétentieux parce que, vraiment, pour faire aussi ampoulé et s'étaler pendant 300 pages en aboutissant à un résultat aussi misérable, il faut vraiment avoir plus de balloches que de cervelle. Idiot parce que c'est là un propos aussi facile que vide, politiquement correct jusqu'à la nausée et typique d'une condamnation de principe, sans aucune réflexion ni le moindre recul. Tout ou presque peut pourtant se défendre, mais encore faut-il le faire avec un minimum d'élégance, sans enfoncer des portes déjà ouvertes depuis longtemps.

Powell se sert d'un tas de clichés pour appuyer son délire lourdingue. Cela va des comics GI Joe, jusqu'au paintball ou le hard rock, en passant par le sport et, forcément, les supporters ultra-violents. Le but étant, évidemment, de démontrer l'existence d'un quelconque culte de la violence, culte qui n'existe bien souvent que dans la tête de ceux qui le dénoncent.
Si l'idée consiste à révéler aux lecteurs ébahis que la paix est un état préférable à la guerre, alors bravo à Powell pour sa science du consensus par la niaiserie. Et si l'auteur avait quelque chose de plus subtil en tête, ce dont je doute, c'est raté puisque noyé dans une forme inintelligible.
Bref, tout est à jeter. Enfin non, comme précisé plus haut, le gars dessine bien. Il ne reste plus qu'à lui trouver un scénariste.

Stupide, maladroit et suffisant ; le trio magique.


+ graphiquement, c'est joli
- personnages transparents
- intrigue diluée dans un océan d'effets ratés
- narration sans queue ni tête
- de la pseudo-réflexion "Canada Dry"




ps : Bonne Année à tous ! ;o)