27 juin 2013

Before Watchmen # 3

Le bimestriel Before Watchmen en est à son troisième numéro et nous revient avec un changement de sommaire. En effet, les mini-séries consacrées au  Hibou et Ozymandias sont mises en stand-by pour accueillir Rorschach et Dr. Manhattan.

Les autres continuent leur petit bonhomme de chemin. Ainsi, Minutemen, scénarisée et mise en image par Darwyn Cook, explore encore un peu plus les dessous, pas très glorieux, de l’équipe qui avait précédé les Watchmen, le tout en faisant de fréquents clins d’œil à l’œuvre originale sans que cela ne ressemble à une sorte de compilation de « scènes coupées ». Rétro et référentielle, peut-être bien la meilleure série de ce tome 3.

Le récit suit surtout les pas de Hollis - le Hibou - Mason et de La Silhouette. Le premier étant amoureux de la seconde…qui se trouve être lesbienne.

Bon personnellement, les personnages d’amoureux transis, nobles de cœurs et qui combattent pour gagner la main de leur aimée, me parlent toujours assez bien lorsqu’ils sont correctement écrits (ce qui est le cas ici) sans compter que La Silhouette semble être un personnage fort sympathique et complexe. Non, décidément, cette série est la meilleure du lot.

Spectre Soyeux de Cook et Conner continue d’explorer la vague flower power par les yeux de Laurie Jupiter, ado fugueuse. Si sa quête n’a rien d’haletant, tout le décorum autour de ses parents (sa mère, son « oncle » Hollis, son père, le Comédien, qu’elle ne connaît pas) est intéressant et permet de voir que les dés sont pipés pour cette pauvre gosse qui n’aura finalement pas le choix d’entamer sa vie adulte comme elle l’aurait voulu.




Le Comédien de Brian Azzarello et J.G Jones est fidèle à ce que les autres épisodes avaient lancé : une étude des années post-Kennedy. Si le récit reste très plaisant et bien écrit, le sentiment de voir un Eddy Blake complètement out of character s’accroche aux neurones ! C’est bien là le plus gros défaut de ce titre : tenter de rajouter de la psychologie à un personnage (qui en avait déjà, n’en déplaise à Azzarello) au risque d’en changer la nature profonde !




Rorschach est donc le petit nouveau du magazine. Si on avait pu l’apercevoir faire équipe avec le Hibou, il joue ici en solo. La série est écrite par Brian Azzarello et dessiné par Lee Bermejo. Nos deux lascars sont des collaborateurs de longue date. Azza s’en sort bien mieux ici : le personnage est fidèle à lui-même, la narration reprend l’idée de proposer des passages de son célèbre journal (ce point, pas très original, est compensé par l'idée de voir la fameux journal écrit à la machine à écrire et non pas à la main, ce qui laisse présager sa future déchéance sociale dans les années à venir) et les dessins retranscrivent bien l’ambiance poisseuse du New York des années 70. Mais entre le combat du héros contre des trafiquants de drogue et une intrigue qu’on devine vite devenir plus vaste dans les prochains épisodes, autour d’un serial-killer bien glauque, on a l’impression que l’auteur reste en terrain connu et ne propose rien de bien neuf.




La série consacrée au Dr Manhattan ne semble pas partie pour proposer du neuf non plus. Scénarisée par JMS et dessinée par Adam Hugues (un spécialiste des jolies filles, cherchez l’erreur de casting là), elle lorgne sur les activités du Schtroumpf quantique sur Mars. Celui-ci cherche à comprendre pourquoi il existe et se lance donc dans une enquête identitaire doublée d'un questionnement existentialiste/quantique sur le chat de Schrödinger.
Le temps étant simultané pour lui, les époques se croisent et se décroisent. Rien de bien neuf dans le fonctionnement du Dr Manhattan… jusqu'à ce retournement inattendu qui lance la machine. Plaisant de se faire avoir de la sorte. Les dessins de Hughes ne sont pas honteux mais ne me semblent pas les plus appropriés pour une série comme celle-ci.


 Bon sang ? Mais que lui fait-il par derrière ? 




Before Watchmen continue donc de proposer d’agréables lectures à défaut d’être transcendantes. Elle ne viennent pas salir l’œuvre d’Alan Morre et David Gibbons mais s’avèrent dispensables pour qui voudrait s’attaquer au pavé que les deux hommes ont pondu. La traduction est très bonne et assurée par Edmond Tourriol. On regrettera cependant une coquille (une seule) qui vois le « s » de volais disparaître. Or, sans ce « s », le « ais » ne se prononce pas de la même façon et devient donc un mot vide de sens en plus. Mais à part ça…

Fantomiald : quand Donald joue les justiciers

L'on n'évoque pas très souvent les canards par ici, nous allons donc faire une exception avec un Mickey Parade Géant hors série, sorti hier, et dont la tête d'affiche est Fantomiald.

L'année dernière, à l'occasion d'une chronique concernant L'Intégrale Don Rosa, et plus spécialement les épisodes consacrés à la Jeunesse de Picsou, j'avais émis le souhait de voir un jour les épisodes de Fantomiald regroupés dans une collection à part. Nous n'en sommes pas encore là mais ce hors série, qualifié de collector, nous permet tout de même de nous intéresser au personnage.
Tout d'abord, pour ceux qui seraient vraiment largués, qui est donc Fantomiald ?

Chez les Duck, Donald a toujours attiré la sympathie des lecteurs. Coincé entre un oncle avare et colérique, et des neveux trop malins et quelque peu donneurs de leçons, le canard malchanceux fait office de héros idéal, auquel il est possible de s'identifier facilement. Malgré tout, comme pour tous les personnages de losers, il est particulièrement jouissif de le voir parfois prendre une petite revanche. C'est là que Fantomiald intervient.
Alors qu'il hérite d'une villa qui en réalité était destinée à Gontran, Donald découvre un repaire secret, un costume et un livre racontant l'histoire de l'ancien propriétaire des lieux. Avec l'aide de Géo Trouvetou, qui va lui confectionner de nombreux gadgets, Donald va prendre la relève et devenir Fantomiald.
Si au départ il ne cherche qu'à se venger de son oncle Picsou en lui jouant un bon tour (il lui dérobe son matelas), il va peu à peu évoluer vers un rôle plus traditionnellement super-héroïque en combattant le crime.

Le personnage de Fantomiald n'a pas été développé aux Etats-Unis mais en Italie, en 1969, par Guido Martina, d'après une idée d'Elisa Penna, rédactrice en chef de Topolino (le Journal de Mickey local). Il s'appelle Paperinik dans la version originale, et parodie ouvertement Diabolik, autre série italienne, elle-même inspirée de Fantômas. Pour corser le tout, une autre version du personnage apparaîtra bien des années plus tard sous le nom de Power Duck (exit alors la villa, Géo et le cadre familier de Donaldville, pour laisser place à la Ducklair Tower, un super-ordinateur appelé Uno et des ennemis extraterrestres).
Mais revenons à notre numéro collector, contenant tout de même plus de 330 pages.
Tout commence avec un rappel des origines de Fantomiald et la première aventure du héros (lorsque Donald découvre la villa Rose). Un choix logique et pertinent. Les autres aventures sont ensuite bien plus récentes (post-2000) et sont issues de revues italiennes ou danoises. Fantomiald va affronter Sableman, se faire démasquer par ses neveux, faire face à un hypnotiseur qui souhaite découvrir son identité et même voyager dans le futur. Le dernier récit revient sur Fantomius, le héros ayant inspiré Fantomiald.
Bien entendu, ces histoires sont surtout destinées à un très jeune public, il faudra donc les juger en conséquence. Globalement, l'ensemble est plutôt agréable.

Malheureusement, les trois derniers récits sont consacrés à... Mickey. Bon, le mag porte son nom, donc il fallait bien lui faire une petite place, mais l'éditeur aurait pu se contenter d'une seule histoire, surtout dans un spécial Fantomiald. D'un autre côté, pour être honnête, il faut avouer que la sélection concernant la souris n'est pas trop mal, avec notamment une ambiance assez étrange (et effrayante, brrrr) due à la Dimension M.
Le reste est très bien fichu. Outre les nombreux jeux (mots fléchés, sudoku, rébus, jeux des erreurs, etc.), là encore destinés aux enfants, pas la peine de vous vanter d'avoir tout terminé en cinq minutes (j'en connais qui vont mettre beaucoup plus, ceci dit), l'on trouve des pages d'info bien conçues. Chaque histoire est très bien présentée, avec un topo sur sa première publication et l'équipe créative, ainsi qu'un petit mémo thématique. Les armes et gadgets de Fantomiald sont exposés sur deux pages et les différences entre Fantomiald et Power Duck sont brièvement expliquées également. 
Plutôt complet et soigné donc. 
Petite anecdote amusante : dans l'un des mémos, l'on nous explique que "Fabuland" est le nom danois de Fantomius et que si on le trouve dans une histoire, c'est que le traducteur était mal réveillé. Or, évidemment, pas de bol, il y a effectivement un "Fabuland" dans l'un des récits issus des revues danoises. ;o)

Au final, voilà un hors série qui aurait pu être vraiment collector s'il n'avait contenu que du Fantomiald. L'ensemble reste tout de même bien conçu et parfaitement adapté aux enfants ou aux grands nostalgiques.

+ Les canaaaaaaards !!
+ Fantomiald
+ infos et mise en contexte des récits
+ bourré au maximum sur plus de 330 planches (même les deuxième et troisième de couverture comportent de petits gags dessinés)
+ prix raisonnable (4,90 €)
+/- destiné évidemment en priorité aux plus jeunes (ce qui n'est pas négatif ou positif en soi)
- trois histoires de Mickey, c'est clairement trop pour un spécial Fantomiald




24 juin 2013

Special Iron Maiden : Artbook, Lyrics & Comics

Voilà un dossier spécial Iron Maiden, avec une approche un peu particulière puisque l'on va (presque) laisser de côté la musique pour s'intéresser à l'univers graphique du groupe ainsi qu'à ses textes.

Iron Maiden est un groupe... surprenant. C'est le mot qui convient. Et même si le hard rock n'est pas votre style de prédilection, l'univers Maiden pourrait vous étonner à plus d'un titre tant il est éloigné des idées reçues habituellement véhiculées par des media toujours prompts à s'effrayer de ce qu'ils ne connaissent pas.
Dissipons tout de suite quelques malentendus.
Non, Maiden, ce n'est pas du "bruit", c'est au contraire des morceaux très mélodiques, complexes, aux arrangements subtils.
Non, ça ne parle pas de filles faciles, de bière et de grosses motos, le groupe trouve son inspiration dans des domaines aussi riches et variés que la littérature, l'Histoire, le cinéma ou la métaphysique.
Non, les musiciens qui composent le groupe ne sont pas des abrutis incultes, encore moins des satanistes, ce sont plutôt des gens équilibrés qui développent un discours cohérent. Pour prendre un exemple assez amusant - et déjà peu courant dans le monde de la musique - Bruce Dickinson, l'actuel chanteur, est également... pilote de ligne. C'est d'ailleurs lui qui, souvent, pilote le Boeing 757 que le groupe utilise pour ses tournées.
Mais si vous êtes un fan de la première heure, tout cela, vous le savez déjà.

Cet article s'intéresse à différents ouvrages ayant rapport avec l'univers artistique du groupe. Il a donc notamment été fait abstraction de certains livres relatant son histoire et la biographie de ses membres (comme l'excellent L'Epopée des Killers, de Mick Wall, chez Camion Blanc) pour ne garder que ce qui concerne l'aspect visuel et les textes, qui méritent largement que l'on s'y intéresse de près et constituent déjà un vaste domaine.

Run for Cover
L'on commence avec Run for Cover - The Art of Derek Riggs qui, comme son nom l'indique, est un artbook consacré au créateur d'Eddie the Head, mascotte du groupe présente sur tous les albums mais aussi sur scène.
Difficile en effet, lorsque l'on évoque Maiden, de ne pas penser à ce brave Edward, dont l'évolution est particulièrement remarquable. De simple zombie, Ed deviendra progressivement un concept métaphysique, servant entre autres à illustrer les interrogations existentielles du groupe. Le parcours de ce monstre est en effet assez exceptionnel : divinité, voyageur temporel, force de la nature ou simple rodeur malveillant, il aura réussi à incarner non pas un Mal, absolu et externe, mais les maux inhérents à la condition humaine et la frontière, bien mince, qui nous sépare de notre part d'ombre (dans un autre registre, l'on peut même également "jouer" avec Eddie, puisqu'un set de Heroclix le représentant est désormais disponible).
Bien qu'il ne soit pas le seul à avoir dessiné les pochettes du groupe, Riggs mérite bien que l'on s'attarde un peu sur son travail au travers de Run For Cover, un artbook qui donne toute la mesure de son talent. En 180 pages, et environ 200 illustrations, l'ouvrage retrace la carrière, étroitement liée au monde musical, de Riggs. Bien entendu, Maiden et Eddie se taillent la part du lion, avec les grands classiques ayant servi à illustrer albums, affiches ou singles. Un texte, signé Martin Popoff, accompagne les images. Une bonne occasion de découvrir l'envers du décor et diverses anecdotes. La mythique illustration de Somewhere in Time est notamment largement explicitée (le nombre de références, évidentes ou non, étant assez incroyable).

De magnifiques doubles pages exposent les illustrations les plus importantes, de Seventh Son à Live after Death, en passant par Somewhere in Time, déjà citée. L'on a droit également à quelques inédits ou crayonnés, mais l'essentiel réside bien dans le style, si particulier, de Riggs. Celui-ci parvient en effet à créer des ambiances, des mondes même, qui ne sont pas seulement effrayants ou intrigants mais dans lesquels l'on peut se perdre, à l'affut d'un signe, d'un symbole, d'un regard, qui donnera un sens, unique et personnel, à une oeuvre à la beauté esthétique indéniable.
C'est sans doute en cela - cette souplesse, plus universelle dans l'interprétation qu'hermétique dans la forme - que les compositions de Riggs se rapprochent, et accompagnent de manière si parfaite, les paroles de Maiden.
D'un point de vue pratique, l'artbook peut être commandé directement sur le site de Riggs. Il en existe plusieurs versions (avec hadcover ou softcover, signé ou non signé), la plus économique revenant tout de même à 55 dollars, somme à laquelle il faut ajouter 35 dollars de frais de port pour la France. Le taux de change permet de faire passer la somme aux alentours des 65 euros, mais cela reste tout de même un prix élevé, ce qui m'a permis de tenir presque 55 secondes avant de le commander... ah ben le temps de réflexion, c'est important. ;o)
Trêve de plaisanterie, pas de quoi regretter son achat, avec un ouvrage aussi beau qu'intéressant.




Iron Maiden : Morceaux d'Esprits
Les deux livres suivant concernent les textes du groupe. Ils sont tous deux écrits par Jean-Philippe Ury-Petesch et édités par Camion Blanc. Là encore, j'ai volontairement délaissé d'autres ouvrages, plus sociologiques, s'intéressant à la "tribu" Maiden, pour ne conserver que ce qui a trait à l'aspect artistique.

Morceaux d'Esprits : Thèmes et Origines des Chansons de la Vierge de Fer, est en réalité un travail universitaire, avec tout ce qu'il peut avoir d'aride et rebutant dans sa présentation (présentation du corpus et des documents d'appui, nombreuses notes obligeant à faire des allers-retours, définition des termes utilisés, etc.), néanmoins, si l'on excepte cette forme un peu "dure" pour un livre destiné au "grand public" (je me rends bien compte qu'il est destiné essentiellement aux amateurs de Metal, et plus spécifiquement aux fans de Maiden, toutefois, le public visé est bien plus large que celui des thèses universitaires), cet essai devient vite passionnant.

La première partie de l'ouvrage présente les différents thèmes trouvés par l'auteur. Cela va de l'aliénation aux rêves, en passant par le destin, la folie, la guerre ou encore la liberté ou le didactisme. Une aire de jeu très vaste donc. Les chapitres sont très courts et s'appuient sur des chiffres ou des citations, voire des évidences, qui, parfois, laissent un petit goût d'inachevé.
La deuxième partie, bien plus riche, analyse toutes les chansons du groupe, album par album (jusqu'au quatorzième, The Final Frontier est donc le seul à ne pas y figurer). Cela permet d'avoir une première approche de chaque titre, d'en connaître le sens "premier" et de découvrir également quelques anecdotes.
Bien entendu il ne peut s'agir que d'un premier pas vers l'univers créé et défendu par Iron Maiden au cours des ans. Certaines paroles sont suffisamment habiles (certains iront jusqu'à dire opaques) pour permettre une interprétation personnelle complémentaire, voire même une extrapolation à des lieues de ce que l'auteur suggère.

Il convient toutefois d'émettre une petite réserve sur certaines explications de texte, parfois tout de même très naïves (Fear of the Dark par exemple, où l'auteur nous explique ce qu'est... la peur du noir chez les enfants). Cette approche quelque peu critique n'enlève évidemment rien à la qualité (et la quantité) du travail fourni. Cette étude est brillante à plus d'un titre, bien qu'elle devrait sans doute plus toucher un jeune public découvrant Maiden que certains vieux briscards aguerris.
Notons que ce livre a également le mérite de réduire en poussière les a priori entretenus au sujet du heavy metal, en mettant en lumière la grande qualité d'écriture des chansons. Cela pourra sans doute surprendre ceux qui ne connaissent pas le groupe, mais Maiden tire ses textes de domaines aussi riches que l'Histoire (avec des références à Alexandre le Grand, Jules César, William Wallace, la Bataille d'Angleterre ou la guerre des tranchées...), le cinéma (certains films de Francis Ford Coppola, Wes Craven, Ingmar Bergman ou Jean-Jacques Annaud sont des sources avérées), ou encore la littérature (le Dune de Frank Herbert, Le Fantôme de l'Opéra de Gaston Leroux, Le Meilleur des Mondes d'Aldous Huxley ou encore Double Assassinat dans la rue Morgue d'Edgar Allan Poe). Sans parler de sujets plus sociétaux, comme les télévangélistes ou le clonage humain.
L'on est très loin du rocker décérébré, s'étouffant dans son vomi après avoir tiré la pétasse du coin un soir de beuverie. Du moins dans les textes, et c'est tout ce qui nous importe.


L'ED'dictionnaire
Si ce livre est du même auteur et éditeur que le précédent, il s'en écarte tout de même très nettement, au moins sur son but.

Il s'agit en effet ici d'un dictionnaire, adapté évidemment au contexte Maiden. Là encore, seuls les quatorze premiers albums studio du groupe sont concernés (l'essentiel donc, puisqu'il ne manque que le plus récent).
Le titre annonce très clairement la couleur puisque l'on a bien affaire à un dictionnaire, basé sur les textes de Maiden. Et c'est très bien fait et d'une intelligence rare.
Alors, en quoi est-ce mieux qu'un simple dictionnaire français/anglais ? Eh bien, sans vouloir remettre en cause les mérites du Robert & Collins par exemple, qui m'a bien dépanné à une époque, il s'agit là d'un outil optimisé dans une optique "maidenesque". Chaque mot (et chaque forme verbale) est expliqué dans son contexte, avec à chaque fois une phrase intégralement traduite. Donc, plus de possibilité d'erreurs lorsque l'on rencontre un mot un peu rebelle qui a 50 sens différents dans le dico classique, ce qui est déjà bien, mais l'on dispose également d'une méthode d'apprentissage (ou de remise à niveau) aussi ludique qu'efficace, car directe et toujours basée sur une mise en situation précise.
C'est bien simple, je pense que cela pourrait servir dans un cadre scolaire, pour peu que le prof ne soit pas trop "effrayé" par la couverture.

Signalons que chaque section (chaque "lettre") est illustrée par un Eddie dessiné par Bones, toujours en rapport avec un titre en particulier : R comme Rime, E comme Evil, T comme Time, etc. Très sympa.
Une partie, bien plus courte, intitulée Maiden dans l'Ordinateur, complète le dictionnaire et s'intéresse, de nouveau d'une manière très scolaire, aux techniques utilisées pour analyser les textes.


Seventh Son of a Seventh Son
Le septième album d'Iron Maiden est non seulement le seul concept-album du groupe mais aussi, pour beaucoup, le "meilleur" de la Vierge de Fer. J'avoue qu'il fait partie de mes préférés, de là à faire un classement, c'est beaucoup plus hypothétique. Et puis, le premier opus, Iron Maiden, peut-il seulement se comparer avec Seventh Son ? Et peut-on réellement affirmer qu'entre Somewhere in Time et Piece of Mind, l'un est "supérieur" à l'autre ? Qu'il y ait une différence, oui, une évolution, c'est normal, nécessaire même, mais si l'on prend les titres épiques les plus lyriques du groupe, alors Phantom of the Opera n'a pas vieilli et tient bien la route en face de Seventh Son of a Seventh Son ou du encore plus récent Afraid to Shoot Strangers. Il y a là la même force, le même truc qui prend aux tripes, la même construction musicale, aussi riche qu'enivrante.
Toutefois, Seventh Son est un peu à part, parce qu'il s'agit d'un récit raconté au travers de toutes les chansons de l'album, mais aussi parce que cette histoire a également fait l'objet d'une adaptation en comics.

Publié par NFL Comics, en portugais et en anglais, Seventh Son of a Seventh Son est donc la version dessinée du récit développé dans l'album éponyme. Le scénario est de Hamilton T., les dessins de Fred Macêdo. Pour être honnête, il s'agit plus d'une curiosité qu'autre chose. Ce heavy rock graphic novel ne se contente pas de s'inspirer des paroles des chansons mais les suit scrupuleusement, ce qui limite bien entendu les possibilités. Si elles ne venaient pas illustrer les titres d'un album mythique, ces quarante planches n'auraient, d'un point de vue scénaristique, pas grand intérêt.
Graphiquement, même s'il y a de belles choses, le style reste trop lisse et cartoony pour véritablement impressionner et coller à l'ambiance. Même la colorisation achève de donner un aspect enfantin à l'ensemble.
Malgré tout, un véritable soin à été apporté à la finition du produit. Outre une introduction qui explique un peu l'origine du projet, l'on trouve également des éclaircissements sur les différents symboles présents dans l'histoire, des ébauches de covers alternatives, des explications, accompagnées de croquis, sur le processus créatif, et même l'intégralité des textes de Seventh Son.

En tout, une cinquantaine de pages, certes intéressantes et partant d'une intention originale, mais qui doivent plus être vues comme un hommage ou un aimable clin d'oeil que comme une oeuvre à part entière. De trop grandes lacunes, notamment scénaristiques, n'en font qu'un objet collector pour les fans de Maiden et non un comic ayant un intérêt intrinsèque. Dommage.


En attendant 2014...
Il semblerait, contrairement à ce qui avait pu être dit, qu'un nouvel opus studio de Maiden puisse voir le jour l'année prochaine. En attendant de peut-être découvrir de nouveaux riffs, vous avez maintenant de quoi aborder ce groupe par un autre biais que sa seule musique.
Iron Maiden possède cette force extraordinaire, presque magique, qui lui donne cette dimension si unique. Comme toute oeuvre artistique aboutie, la discographie du groupe est fascinante et possède un véritable pouvoir de séduction, mais elle est également inspirante. Harris, Dickinson et les autres, par leur musique et leurs chants, éveillent en nous des émotions nouvelles, ils nous obligent à arpenter des chemins vers lesquels, seuls, nous n'aurions même pas tourné le regard. La fougue et l'audace de leur jeunesse a été remplacée par la maîtrise et la maturité, avec toujours cette même élégance dans l'écriture. Mais une chose n'a jamais changé : cette authenticité, ce refus de la compromission, qui, en les éloignant des radios, les a peut-être rendu encore plus proches de nous. S'il fallait bien un artbook, un comic et même un dictionnaire pour leur rendre hommage, convenons que l'essentiel est ailleurs. Sur scène. Dans les albums. Et dans l'esprit un peu fou d'un gamin de l'East End qui, après s'être acheté une basse, a rêvé un jour qu'il deviendrait une rock-star. Nous savons aujourd'hui qu'il a fait bien plus que cela. En créant Iron Maiden, il n'a pas seulement fondé un groupe, mais une légende qui continue de s'écrire plus de trente ans plus tard...






12 juin 2013

Avant-Première : The Cape


Le point sur The Cape, qui sortira en France d'ici une dizaine de jours.

A huit ans, Eric et Nick s'amusaient à jouer aux super-héros. Eric avait une cape qu'il aimait particulièrement. Un simple plaid, transformé en doudou, puis en accessoire précieux le jour où sa mère décida d'y coudre un éclair rouge du plus bel effet ainsi que l'écusson des Marines de son père. Mais même les jeux les plus innocents peuvent se révéler dangereux... un jour, alors qu'Eric nargue son frère du haut d'un arbre, il fait une mauvaise chute. 
Gravement blessé, le petit garçon va mettre très longtemps avant de se remettre de ses blessures. Et il va perdre sa précieuse cape, jetée par sa mère. C'est peut-être là le plus grand drame, car avant sa chute, pendant une fraction de seconde, Eric a eu l'impression de voler, d'être exceptionnel. Lui enlever sa cape, c'est lui ôter tout espoir.
Le jour où Eric retrouve enfin son précieux bout d'étoffe, il est adulte, sans emploi, séparé de sa fiancée et aigri au plus haut point.
Pour lui, il n'est pas question de protéger les faibles mais de faire payer ceux qu'il juge responsables de sa situation...

Après le dernier tome en date de Locke & Key, Milady sort un nouveau titre associé au nom de Joe Hill. Il n'est pas lui-même aux commandes mais le scénario, écrit par Jason Ciaramella, est inspiré de l'une de ses nouvelles. Les dessins sont réalisés par Zach Howard.
Le récit, complet, est composé de cinq épisodes. Difficile de dire ce qui est dû à Hill ou ce qui relève de l'adaptation de Ciaramella, toujours est-il que l'histoire tient la route et s'avère prenante, même si l'idée de départ (les pouvoirs n'échoient pas toujours à ceux qui en sont dignes) est loin d'être nouvelle. Dès les premières planches, l'on retrouve certains thèmes apparemment aussi chers à Hill qu'à son illustre pôpa, comme l'enfance et ses dangers, ou encore le fantastique pouvant s'insinuer dans le quotidien le plus banal. L'on bascule ensuite brusquement dans la violence et la folie, une grande partie de l'intérêt de cette histoire provenant d'ailleurs de l'ambivalence du personnage principal, aussi attachant étant jeune qu'antipathique lorsqu'il se transforme en adulte égoïste et insensible. Eric se montrera notamment particulièrement imaginatif lorsqu'il s'agira de trouver un moyen de se venger de ceux qui lui ont - supposément - fait du tort (mention spéciale pour l'ours, qui démontre fort bien ici l'intérêt de circuler dans un véhicule pourvu d'un toit !).  

La fin est quelque peu rapide, et la relation entre les deux frères aurait sans doute pu être un peu plus développée, mais l'ensemble est aussi fluide qu'agréable à lire. Graphiquement, rien de spécial à signaler, les planches sont plutôt jolies et Howard ne verse pas inutilement dans le gore en parvenant tout de même à rendre toute la dureté de certaines scènes.
Une galerie d'illustration (10 planches) complète l'ouvrage. Celui-ci dispose d'une hardcover et sera vendu au prix de 19,90 euros.

Une belle histoire, réalisée par une équipe créative qui parvient à conserver le ton propre à Hill.
(sortie : 21 juin 2013)

+ narration efficace
+ une ambiance et des thèmes proches de ceux de L&K 
+ adaptation soignée, comme souvent chez Milady
- les 110 pages s'avalent si facilement que l'on aurait aimé un ou deux épisodes supplémentaires, d'autant que certaines scènes sont parfois très rapidement menées

08 juin 2013

Marvel NOW : Uncanny Avengers


L'on découvre enfin ce que nous réserve l'évènement Marvel NOW avec la première revue du relaunch : Uncanny Avengers.
(La présentation habituelle des articles a quelque peu changé pour l'occasion.)






Uncanny Avengers
Scénario : Rick Remender
Dessin : John Cassaday
Nombre de planches : 22

Voilà la série tant attendue, qui donne d'ailleurs son nom au mensuel. Remender est certes bien connu, puisqu'il a notamment écrit du Venom ou encore du Punisher chez Marvel. On lui doit aussi des séries comme The End League ou Fear Agent. De là à le considérer comme une pointure... car rappelons que Marvel NOW nous est vendu comme un évènement censé mettre le gratin des artistes aux commandes des nouvelles séries.
Voyons plutôt ce que cela donne. On commence par un hommage appuyé de Wolverine à Charles Xavier, le prof ayant été tué (sans doute très provisoirement) il y a peu par Cyclope. Logan va même jusqu'à dire qu'il se voulait "irréprochable", le mutant oubliant tout de même un peu vite les combines et la morale douteuse de Xavier : entre les maltraitances infligées à une IA ou le troisième frères Summers dont il avait soigneusement caché l'existence, il est quand même loin de l'image de doux idéaliste dont on voudrait l'affubler. 
En parlant des frangins Summers, Scott, emprisonné, reçoit la visite de Havok qui lui balance carrément qu'il est responsable de tout ce qui a pu merder dernièrement. Ce n'est pas encore cette année que la famille va se réunir pour Noël visiblement.
Captain America et Thor interviennent ensuite pour proposer à Havok de prendre la tête d'une équipe formée par des Vengeurs et des X-Men.

Il est encore bien tôt pour juger de la qualité intrinsèque de la série et de l'intrigue qui est mise en place. Le groupe n'est pas encore formé, mais l'on en connaît déjà la composition (clairement visible sur la cover). En plus de Cap, Thor et Havok, déjà cités, l'on retrouve Malicia, la Sorcière Rouge et, bien sûr, Wolverine. Rappelons qu'une équipe sans Wolvie est, selon l'adage, une équipe qui... attend que Wolverine la rejoigne.
L'idée d'associer des membres de deux des plus symboliques groupes Marvel n'est pas mauvaise, mais le concept n'est pas si novateur qu'il en a l'air, nombre de mutants ayant déjà séjournés par le passé chez les Vengeurs.
A voir donc. Le casting n'est pas forcément extraordinaire mais n'importe quel personnage peut devenir intéressant lorsqu'il est bien écrit.


Avengers Arena
Scénario : Dennis Hopeless
Dessin : Kev Walker 
Nombre de planches : 20

La deuxième série du mensuel est en apparence moins prestigieuse mais plutôt prometteuse. Il s'agit en fait de personnages secondaires, tous jeunes, qui sont enlevés par Arcade pour participer à l'un de ses petits jeux. A priori, dit comme ça, rien de bien excitant, et pourtant, l'arc démarre sur les chapeaux de roues, et de fort belle manière.
Arcade tout d'abord, est ici bien loin de l'image de loser un peu kitsch que certains pourraient en avoir. Il se révèle non seulement surpuissant mais plutôt charismatique également. Il a concocté une sorte d'épreuve qui se rapproche un peu d'un Survivor (Koh Lanta en France) ou, comme il semble le dire lui-même sans toutefois le citer, du roman Sa Majesté des Mouches. Les jeunes gens, issus de différents groupes ou écoles (New X-Men, Avengers Academy, Runaways...), se doivent de survivre dans un environnement où ils devront trouver nourriture et ressources. Un seul pourra en sortir vivant au bout de trente jours. 
La première épreuve est d'ailleurs de taille puisque le groupe doit désigner un membre qui sera sacrifié...

Excellent début, avec notamment de très belles scènes entre Hazmat et Cuirasse. Dans le lot des "participants", en vrac, l'on peut citer Nico Minoru, X-23, Reptil ou encore Kid Britain. 
Le thème est des plus fascinants et, avec des seconds couteaux comme personnages, l'on peut espérer une liberté scénaristique plus grande. Rappelons d'ailleurs qu'en général, ces dernières années, les séries de teenagers (Runaways, Young Avengers, Avengers Academy...) ont largement dépassé les titres plus connus en terme de qualité et d'inventivité.
Espérons que Avengers Arena puisse connaître le même destin.


A+X
Scénario : Dan Slott / Jeph Loeb
Dessin : Ron Garney / Dale Keown
Nombre de planches : 11 + 10

Il en fallait une, voilà "LA" grosse bouse de la revue. Il s'agit en fait de courts récits mettant en scène, vous l'aurez compris, un Vengeur et un mutant. Bon, pourquoi pas, l'idée n'est pas plus conne qu'une autre, m'enfin, quand on voit le résultat, on frôle l'évanouissement. D'ennui hein.
Commençons par la première histoire, mettant en scène Captain America et Cable. Cap et Bucky, en 1943, doivent aller dézinguer des robots mis au point par les allemands. En plein milieu de leur mission, Cable débarque du futur pour leur prêter main forte. Finalement, ils gagnent à la fin.
J'en ai lu des merdes dans ma vie, mais alors là, c'est presque admirable tellement il n'y a rien. C'est chiant du début à la fin, il n'y a que onze pages et pourtant j'ai cru en lire mille. Je suis même allé voir dans un miroir si je ne m'étais pas pris quinze ans dans la gueule, mais non, Slott n'est pas bon mais il n'est apparemment pas dangereux pour la santé. Ouf ! c'est déjà ça.

La deuxième "histoire" fait se rencontrer Hulk et Wolverine. Et un autre tandem Hulk/Wolvie, venu, devinez d'où ? Ben ouais, du futur. A croire que les mecs, dans cent ans, ils n'auront rien d'autre à faire de leurs journées que de venir nous emmerder. 
Bon, ce n'est guère mieux mais c'est plus léger, il y a une ou deux tentatives de vannes.

Globalement, on sent que ce A+X pourri va être au moins aussi bien et utile que Avenging Spider-Man, ce qui n'est pas peu dire.


L'aspect éditorial

Beaucoup de choses à dire sur nos amis de Panini, et comme souvent, pas que du bien.
Les plus observateurs auront remarqué que l'on n'a pas ici l'équivalent de quatre (voire cinq séries, comme cela se fait maintenant), mais uniquement trois (63 planches de BD en tout). On est donc loin de la fameuse formule "112 pages à 4,80 euros".
Puisqu'il reste de la place, avec quoi notre gentil éditeur a-t-il pu décider de la remplir ?
Tout d'abord par une page de courrier des lecteurs. Cela permet de retrouver Jérémy Manesse dans un autre rôle, ce qui est plutôt sympa, le monsieur étant un connaisseur qui a, en plus, beaucoup d'humour. Sur le fond, ça n'a pas d'autre intérêt que de satisfaire les lecteurs dont le but ultime est de "passer" dans leur mensuel préféré. A l'heure du net, c'est tout de même de la place gâchée, mais je ne vais pas revenir là-dessus (cf. cette chronique). 

L'on trouve à la fin un dossier, de tout de même dix pages, sur Marvel Now. Là on se dit, wow, dix pages de rédactionnel, qu'est-ce qu'il se passe chez Panini ? En fait, ce n'est pas du rédactionnel à valeur ajoutée, comme on peut le trouver chez Delcourt ou Urban, avec des dossiers sur des personnages, un rappel des évènements passés, etc. Non, ici, il s'agit en fait de... pubs pour les prochaines revues Panini. En gros, pour ceux qui connaissent, ça ressemble à ce que l'on avait auparavant, gratuitement, en début d'année : un catalogue avec une présentation des publications et des équipes artistiques. Sauf que là, ce n'est pas un supplément gratuit, c'est intégré à la pagination du mensuel ! Je vous laisse conclure seuls.

Alors, on apprend quand même quelques trucs, comme la constitution (enfin !) d'un mensuel Avengers qui ne contiendra que des titres Avengers. Pour les lecteurs un peu sélectifs, c'est une excellente nouvelle. Autre nouvelle, un peu risible cette fois, l'on nous dit que pour ce grand relaunch, Panini a tiré des leçons du passé, que l'éditeur sera plus à l'écoute des lecteurs et, surtout (attention, tenez-vous bien) que "la partie rédactionnelle des revues sera renforcée". A mon humble avis, l'on ne peut "renforcer" que quelque chose qui existait déjà. Si le constat de base est faussé, et que les mêmes postures sont ressassées (vive la méthode Coué !), ça part mal et on imagine déjà la gueule du "renfort".

Au niveau de l'adaptation maintenant. Je sais que j'ai dit à plusieurs reprises que, globalement, le niveau s'était amélioré chez Panini. J'ai peut-être été vite en besogne. Précisons (encore une fois !) d'abord une chose : une coquille peut arriver, personne n'est parfait et il est illusoire d'exiger de qui que ce soit une vigilance infaillible. Mais bon, il y a coquille et coquille quand même.
Déjà ici, l'on n'a qu'une soixantaine de pages. Et pas surblindées de texte. En plus, c'est un numéro #1, censé présenter toute la gamme qui va venir derrière. Normalement, pour une occasion comme ça, quand en plus on a les moyens financiers de Panini, on fait un peu gaffe. C'est normal, ils vont à la pêche aux nouveaux lecteurs, donc c'est un peu comme quand on reçoit une nana qu'on veut draguer, on veut faire bonne impression, on passe un coup de balai avant, on se peigne, on pète pas à table, le minimum quoi.
Là, ce n'est pas tout à fait le cas. L'on peut trouver par exemple un très joli "qu'est-ce que qu'on fait ?", un "Avegers", ou bien, dans un registre encore plus inquiétant, un "Stark" à la place de "Trask", donc carrément une erreur de personnage. 
Pour des mecs qui essaient de séduire, ça va, ils sont détendus. ;o)
Peut-être faudrait-il, avant de "renforcer le rédactionnel", penser à renforcer l'équipe des correcteurs. Ou à simplement en embaucher un. Car, si vraiment quelqu'un relit ça, quelle que soit la somme qui lui soit allouée, il est largement trop payé.


Conclusion

J'ai déjà évoqué, dans cet article sur Superior Spider-Man, ce que je pensais du principe de relaunch. Je ne reviens donc pas sur cet aspect.
Au niveau des séries, difficile de condamner d'un bloc la revue. L'on est en fait en présence d'un titre qui commence fort et peut se révéler excellent (Avengers Arena), d'un autre que l'on ne peut encore juger (Uncanny Avengers, un peu faiblard tout de même pour un numéro #1), et de saloperies servant à remplir le vide avant les pubs.
Honnêtement, on a déjà vu mieux et nettement plus inspiré sur le plan éditorial. 
Quelques doutes également concernant Remender, qui semble être un pari risqué, au vu de ses antécédents, pour un titre se voulant aussi clairement rassembleur.
Le résultat est si étrange et mitigé que j'ai décidé, exceptionnellement, d'attribuer un "état" (le petit bonhomme qui est content ou... pas) à chaque série plutôt qu'à la revue entière. Si j'avais dû décider d'une note globale, j'aurais été obligé de choisir au moins un "bof", ce qui n'aurait pas été représentatif de la qualité des séries principales, Panini continuant, par son manque de sérieux et ses choix hasardeux, à plomber le matériel dont il est en charge.

Je tiens également à apporter une sérieuse réserve sur l'effet "porte d'entrée idéale sur l'univers Marvel" que certains psalmodient à l'envie, comme pour mieux se convaincre de leur bonne foi.
Aucun lecteur, jamais, à aucun moment, nulle part, n'a commencé à lire une série ou un roman parce que c'était "facile". La facilité est le plus court chemin vers la médiocrité. Seule la qualité fait vendre. Et elle suppose des efforts (notamment du côté des éditeurs, mais pas seulement), et non une simplification à outrance.
Enfin, j'aimerais rappeler également qu'une porte peut se prendre dans les deux sens. L'entrée de certains fait parfois la sortie de beaucoup. Et présenter les particularités et la richesse d'un univers continu partagé comme un frein à l'épanouissement du lectorat et un défaut à simplifier ou éliminer d'urgence est un non-sens absolu, mais aussi un manque de clairvoyance artistique autant qu'un pari commercial, on le constate, suicidaire à long terme. 

+ Hopeless et son Avengers Arena, à suivre de très près !
+ l'idée d'équipe X-Men/Avengers
+ quelques infos sur Marvel NOW pour les rares lecteurs qui n'auraient pas internet
- un casting mutants/Vengeurs pour le moins peu enthousiasmant
- le peu de contenu BD
- les A+X, vides et ennuyeux
- la longue litanie de publicités Panini, qui prennent la place non pas d'un rédactionnel qui n'a jamais existé chez eux, mais carrément de planches de comics !
- des déclarations d'intention de la part de l'éditeur qui sont en porte-à-faux avec les mauvaises habitudes, toujours constatées ici