28 juillet 2013

Bad Médecine : Nouvelle Lune


première de couverture première édition françaiseGrâce à une opportune opération Masse critique spéciale BD, j’ai pu me porter candidat pour la lecture – et la critique – d’une histoire publiée chez Atlantic BD, un jeune éditeur français que j’avais découvert avec Mystery Society.
L’accroche était alléchante et remplissait allègrement son office : un médecin aux pratiques alternatives et discutables, un corps sans tête, des loups-garous et des enquêtes menées avec des membres des forces de l’ordre rien moins que sceptiques. J’y ai tout de suite adhéré, d’autant que le « casting technique » était prometteur, Nunzio DeFilippis & Christina Weir (sa femme dans la vie) ayant déjà officié chez les grands éditeurs de comics (je les avais découverts sur New Mutants chez Marvel). De fait, le script s’avère aussi intéressant que banal : Horne est un praticien qui a été radié pour une erreur médicale fatale et qui s’est retiré du monde pour explorer des pistes alternatives. Lorsqu’un corps sans tête est retrouvé dans un laboratoire de recherche de Brooklyn, le nom de Randal Horne est mentionné. Il va donc se retrouver malgré lui impliqué dans la résolution de cette affaire, sous la pression de la police et du Center for Disease Control, tous résolument hostiles aux méthodes de l’ex-docteur.
L’aspect surnaturel du problème apparaît très vite, stimulant l’intérêt de Horne et mettant à mal les a priori des autres enquêteurs – à part Hogarth, l’un des deux délégués du CDC, joyeux drille à l’esprit ouvert, le gai-luron de l’histoire. L’équipe hétéroclite est complétée par l’inspecteur Huffman, jolie blonde déterminée qui n’a pas froid aux yeux. A peine cette affaire résolue que s’en enchaîne une autre lorsqu’une jeune fille est poursuivie par une créature qui, une fois abattue, redeviendra humaine. Deux enquêtes qui permettront à Horne de mettre en avant une théorie discutable sur les champs morphogénétiques

Disons-le tout de suite : si l’histoire n’a rien d’original quoique suffisamment haletante pour maintenir l’intérêt du lecteur (on est loin de Fringe, c’est plus proche d’un épisode mineur de X-Files), les dessins de Mitten et l’encrage de Crabtree la rendent assez difficile à supporter. Je veux bien admettre qu’on abandonne la ligne claire, le respect des proportions et des perspectives pour affirmer un style (les traits prononcés et anguleux rappellent – d’assez loin – Mignola), mais ni le découpage vieillot ni le choix des couleurs ne rendent justice à l’intrigue. En outre, l’action est systématiquement illisible, et les détails importants disparaissent d’une case à l’autre (comme la blessure au bras de Huffman, page 79). Quant au gore, il est rarement présent, mais les amateurs de tripailles seront servis. Sinon, c’est tout de même assez laid. Pourtant, on ne peut pas condamner le talent de Mitten, qui a réalisé quelques jolies couvertures pour cette série et semble avoir remporté un succès d’estime pour une autre (Wasteland). Toujours est-il que ses dessins gâchent véritablement le plaisir.

L’ouvrage est malgré tout assez agréable dans sa présentation, avec quelques petits suppléments en fin de volume et des couvertures à volet de belle facture, à l’image de l’impression (faite en Slovénie). La traduction ne m’a pas parue discutable et je n’ai relevé que deux coquilles, ce qui est appréciable. Je le conseillerais aux amateurs de glauque et de paranormal, surtout s’ils sont adeptes d’un tel graphisme, ce qui n’est pas mon cas.

+    Du surnaturel
+    Un peu de gore
+    Un ouvrage agréable au toucher
-    Des dessins très laids
-    Un encrage masquant les détails
-    Rien d'original

23 juillet 2013

Tu mourras moins bête


On associe sciences et déconne aujourd'hui, avec Tu mourras moins bête, qui est à la fois un blog, une BD, et une manière de vous initier à la zoologie, la médecine ou la balistique.

Est-ce qu'il est vrai qu'il nous arrive d'avaler des araignées pendant la nuit (heurk, dire qu'avant je n'étais même pas au courant de cette légende urbaine  (faites que ce soit une légende urbaine,  faites que ce soit une légende urbaine !)) ? Peut-on vraiment utiliser un Mac 10 comme au cinéma, sans se brûler les paluches ? Voulez-vous tout savoir sur la sexualité des acariens ou des manchots ? Eh bien, Tu mourras moins bête est fait pour vous.
Cette BD en ligne, dont deux tomes sont aussi disponibles en version papier, explore avec humour les grands mystères de l'univers et démonte les idées reçues qui sont parfois véhiculées par les media, tout cela grâce à la plume et aux crayons de Marion Montaigne.

Mais alors, est-ce que c'est vraiment drôle ?
Oui, cent fois oui, et surtout, voilà une artiste qui parvient à nous faire marrer sans nous imposer de pseudo-réflexions autobiographiques parfaitement indigestes. Hmm ? Oui, bien sûr qu'un auteur parle toujours de lui, au moins indirectement, mais les mieux élevés font en sorte que ça ne se voit pas. 
Et on apprend vraiment des trucs ?
Ben oui, m'enfin, c'est tout de même plus fait pour passer un bon moment que pour préparer un doctorat ou votre brevet de pilote (en général, les futurs docteurs ou pilotes s'en rendront compte d'eux-mêmes, du moins je l'espère).
Plus sérieusement, l'auteur se sert de faits scientifiques, voire d'anecdotes ou de faits divers, pour en livrer une relecture pétillante et légèrement acide. Tout cela avec l'aide d'un style graphique bien particulier.

Niveau dessin, effectivement, on est dans du minimaliste, très percutant mais très difficile à maîtriser, à la Carali. En général, soit l'on se vautre lamentablement, soit l'on touche à l'irrésistible, ce qui est ici le cas. Marion Montaigne parvient presque à chaque fois à trouver l'expression, le décalage, l'absurdité qui convient, que cela soit pour évoquer le cas Lisa Nowak (à mourir de rire, même si en réalité cela n'a rien de bien marrant), ou expliquer pourquoi ce ne sont pas nos aisselles qui puent mais les "pets" des bactéries qui "bouffent" notre sueur.
L'on part pour lire un ou deux billets, et on s'embarque pour presque une après-midi à glander et se poiler en réfléchissant sur l'aspect comique de la cryogénisation ou de la vie de Pythagore.

Mais alors, c'est bien ?!
C'est très bien, ça respire le travail, la passion et c'est souvent surprenant. Et en plus, c'est gratuit, sur un blog jeté en pâture aux internautes fauchés ou en mal de stimuli des zygomatiques.
Idéal pour l'été. Ou même l'hiver d'ailleurs, on se fout de la saison quand c'est bon.


+ drôle (vraiment drôle)
+ original
+ basé sur des "faits" réels et des notions scientifiques
+ gratuit...
- un style graphique un peu "brut", très efficace, mais qui ne plaira pas à tout le monde (en même temps, c'est pas le but)



21 juillet 2013

Côté Comics


Je sors du brouillard ce matin (hier, j'ai passé un cap...), je zappe sur Mirabelle, et boum, je tombe sur une émission de Côté Comics. Et là, je me traîne jusqu'au PC pour...

... me rendre compte que, merde, je ne vous ai jamais vanté ces trucs, agréables à regarder et instructifs ?
Bah, au temps pour moi. Rattrapons ce manque. 
Alors, c'est l'émission #15 qui m'a doucement réveillé aujourd'hui. 
Ça parle de Freaks Squeele, Masqué et Empowered. Et même de Locke & Key, dernier en date. Le thème ? Les BD aux influences multiples. Du pays du Soleil Levant en passant par les cousins ricains, avec une pointe de French Touch, on a quelques conseils bien vus pour s'en mettre plein la rétine. 
C'est très bien fichu, bien illustré, et les mecs ont lu les trucs qu'ils présentent (oui, ça paraît évident, mais ce n'est pas forcément le cas de tout ce que l'on trouve sur le net).


Vous pouvez piocher dans les autres émissions en ligne, histoire de vous faire une idée sur des comics aussi différents que We3, Irrécupérable, Y the last man, Picsou, Buffy ou Sandman.

Et quand y a des zombies : tu cours !  
(bon sens mosellan)

15 juillet 2013

Les conseils de la rédaction pour l'été !


Après une dure année de labeur, vous pouvez enfin échapper à votre patron ou vos profs, mais n'allez pas croire que la période estivale peut s'improviser avec nonchalance ! Houlà, malheureux, tu l'as échappé belle… heureusement, toute la rédaction de UMaC a décidé de te prodiguer moult conseils pour profiter pleinement de ton désœuvrement.
Attention néanmoins, nous déclinons toute responsabilité au cas où l'un de nos prodigieux conseils pourrait déclencher une catastrophe, de type rupture sentimentale, arrestation par la maréchaussée ou trouble obsessionnel.

Allez, on se lance, honneur bien entendu aux dames puisque c'est notre Jiji qui ouvre le bal (c'est également à elle que l'on doit le dessin ci-dessus).

Les conseils de Jiji83
Surnom : ???
Age : ???
Pouvoir : peut tourner son cou à 360° avec des bruits de claquage en crescendo
Formation de base : ???


Serveur erroné
Accès aux informations personnelles impossible

Les examens passés, les résultats tombés, il est temps de se reposer. Chacun cherche sa destination idéale : à la plage pour certains, devant les ventilos pour d’autres (héhé mes sauveurs !) et, dans mon cas, clouée sur mon lit ou cloitrée dans une (bat)cave, à l’abri de la chaleur et en proie à une humidité écrasante. 
Et puis, il y a le ciel, empli de lueurs d’espoir et de créatures cosmiques aux allures les plus diverses…
Womanthology: Space, la petite sœur de l’anthologie Heroic ayant connu un succès phénoménal sur Kickstarter l’an dernier, emmène dans sa navette un grand nombre de femmes, de tout âge et expérience, pour de nouvelles aventures chez IDW !

Ce qui plait de prime abord, c’est la diversité du titre. Du fait que chaque histoire est très courte (ne dépassant pas les 10 pages), cela permet  de voir différents styles aux travers des nombreuses planches et illustrations que comportent l’anthologie, et donc de satisfaire tous les goûts.
Cependant, ce que je retiens surtout, c’est l’histoire du tandem formé par Rachel Deering et Stephanie Hans (Scaling Heaven) et celle de Stacie Ponder (Space Girls) avec un graphisme à couper le souffle pour l’une et un style minimaliste et une narration pleine d’humour pour l’autre.
Sans oublier des tutoriels en fin d’anthologie pour les amateurs du crayon ainsi que la biographie d’une femme ayant marqué son temps dans la bande dessinée, en la personne de Lily Renee.

Il va sans dire qu’en plus de la qualité du bouquin, l’avoir sur son étagère permet de soutenir la gent féminine dans les comics, en prouvant son savoir-faire et son talent à des entreprises très souvent machistes (même s’ils le cachent pour ne pas perdre une partie de leur lectorat, les vilains). 

Womanthology en un mot : GRANDIOSE.

Les conseils de Geoffrey
Surnom : Geoker ( Ha ha ha ha hi hi ho ha ha )
Âge : Trop peu pour avoir des rides, assez pour avoir des cheveux blancs.
Pouvoir : Je sais comment on obtient 4 galons d’eau avec une fontaine, un bidon de 3 et un bidon de 5 galons. C’est ça la puissance intellectuelle, BAC+2 les enfants !
Formation de base : Diplômé de la Xavier’s school for gifted ! Deal with it !
Distinction : A reçu un Hot d’Or pour son rôle dans Game of Throats !

C’est l’été, il fait chaud, il fait beau... et vous tenez enfin une occasion de vous venger de votre "bien aimée" qui vous a fait endurer la saga Twilight jusqu’au bout ! Des années vous avez supporté ses "Oh Edward et Bella, c’est trop beau, c’est le vrai romantisme !" tout en vous retenant de ne pas saisir un verre sur la table et de le lui fracasser sur la tête ! Du romantisme… du vrai, selon elle. Et votre première rencontre complètement bourrés au "One to Two", au milieu des néons et des flashs stroboscopiques, ce n’était pas romantique ? Vos premières vacances en Bretagne, logés dans la grange percée familiale, ce n’était pas du romantisme peut-être ? 
Mais ça y est, vous pouvez enfin lui rendre la monnaie de sa pièce, lui faire subir en un seul coup gagnant la souffrance que vous avez ressentie de manière diffuse (quoique) durant des années et 5 films… parfois projetés en marathon au ciné ou pire, sur votre magnifique écran plat LED dernier cri. Vos yeux n’ont-ils pas menacés d’exploser quand vous avez vu la tête de sangsue* de Robert Pattinson en 3D pour la première fois ? Dans VOTRE salon ? 

Car voila, cette année, pour éviter les témoins qui pourraient vous connaître et fournir (sciemment ou non) un mobile aux enquêteurs, vous avez décidé d’emmener votre future motif de veuvage sur une plage exotique en Australie. Dans vos bagages ? L’intégrale d’American Vampire (5 tomes, chez Urban comics). Etendus sur vos serviettes de bain, elle ne se doute de rien. Et soudain, vous sortez le premier tome, vous voilà mordu ! Et absorbé par une lecture de qualité ! 
Bientôt, votre chérie vous trouvant bien calme (vous ne parlez ni de foot ni ne rotez votre bière, ciments de votre relation érotique !), elle se retourne et découvre le titre que vous lisez. Et là, se dit-elle, ça y est ! Vous avez enfin succombé au charme des vampires, voici la preuve que vous vous intéressez à ce qu’elle aime. Le piège est tendu et elle vient de mordre à l’hameçon !

Chérie, mon amour ! Cette histoire est fantastique ! Tu devrais la lire, toi qui aimes les belles histoires de vampires ! Et lorsqu’elle aura pris le livre entre ses mains et qu’elle commencera la lecture… et bien. Le sang, le sexe, la rigueur d’écriture, tout ce à quoi elle n’est pas habituée à force d’avoir lu, vu et ingurgité la saga vide et sans âme de Stephenie Meyer, concourra à lui provoquer le pire AVC de toute l’histoire de l’humanité. 
Propre, net, sans bavure. Certes, cela ne vaudra jamais vos visions hallucinatoires sanglantes qui vous ont permis de supporter ses déclamations sur le sofa ("Mais elle connait vraiment tout ça par cœur nom d’une bite asthmatique !"), pas de coup de couteau dans la gorge ("Tiens t’en vois maintenant du sang !!!!!!") ou de traitement "Orange Mécanique" avec la musique de Muse à fond (faudrait pas la privé de tout non plus, vous êtes humain merde !).

 Alors que les dernières convulsions de son corps mourant agitent les grains de sable alentour, vous vous éloignez dans le soleil couchant. La marée aura vite fait d’emporter son corps au loin, un requin blanc se chargera du reste ou peut-être un crocodile marin. Il y a bien des baleines pas loin mais vous ne pouvez pas compter sur ces aimables cétacés, 1° parce qu’ils ne sont pas cannibales, et c’est vrai que Babette avait pris du poids en mangeant religieusement son pop-corn au beurre. Et que 2°, les Japonais sont surement en train eux-mêmes de manger les derniers spécimens… donc non, l’option baleine, faut pas compter dessus. 
Voila, n’oubliez pas de reprendre avec vous l’arme du crime et de prévenir votre ambassade que votre femme/petite amie/fiancée/concubine/excédent de bagages (biffez les mentions inutiles) a disparu avant de rentrer. 

Votre belle-famille, pardon, votre ex-belle-famille vous regardera toujours bizarrement mais ne pourra rien prouver. Et puis, vous n’avez pas vraiment envie de les revoir après lecture du testament, alors leurs regards, vous vous en tamponnez pas mal, pas vrai ?  Bonnes vacances !

*rappelons que les sangsues peuvent luire au soleil, tout se recoupe ma petite dame !

Les conseils de Vance
Surnom : "the Grrreat Wenceslas" (bien insister sur le roulement de « r », il remplace gratuitement le roulement de tambour qui devrait normalement – si ce que m’a révélé une vieille gitane édentée sur ma destinée rayonnante est avéré – accompagner la moindre mention de mon nom de scène) ;
Age : Vance est éternel, mais plus proche de Hugh Jackman que de Wolverine – quand même ;
Pouvoir : capable de glisser 118 adjectifs dans une phrase de 2 pages (oui madame, et ça reste lisible – quoique pénible) ; a pu aussi survivre à une projection de Dirty Dancing et s’est montré capable de dire à sa dulcinée : "Ben c’était pas si nul !" ("lâcheté par amour" n’est pas considéré comme un superpouvoir, si ?) ;
Formation de base : D.E.U.G. de jeu de rôles, licence de SF, maîtrise en vieux comics et prépare depuis 25 ans une thèse sur les origines extraterrestres des Templiers, véritables descendants des Jedi d’une autre galaxie lointaine, très lointaine…

Grâce à Neault et "Geoker", vous pourrez briller en société (balnéaire), hypnotiser les minettes ou en remontrer aux geeks tout en ruminant les meilleurs moyens de vous débarrasser de leur corps et de rester présentable et séduisant lorsque vous jouerez votre propre rôle dans CSI-la Baule ou NCIS-Golfe Juan.

Mais le reste du temps ? Eh oui, ces experts ont-ils pensé aux files d’attente interminables aux guichets de Disneyland ou dans la cour du château de Versailles ? Et l’ennui qui pointe lorsque votre guide de randonnée, juste après le frugal pique-nique à quelques hectomètres du Tourmalet, commence à vanter les produits mis en vente dans sa ferme située au fond de la vallée sous les nuages – tandis que vous vous demandez si vous avez bien pensé à refermer les vitres de la voiture ? Et comment tuer le temps jusqu’à la fin du tour en poney que vous avez fini par concéder à la petiote (en espérant secrètement y retrouver l’accorte monitrice qui – vous en êtes persuadé – vous a fait des avances au moment de l’inscription de votre exigeante progéniture) ? Que faire de constructif pendant que votre doulce (et si compréhensive) compagne prépare l’apéritif, que les enfants, à coups répétés d’avertissement proférés de votre voix de stentor, dressent la table et qu’enfin le chien a cessé de vous renifler l’entrejambe ? 

Lire bien sûr. Et quitter pour quelques minutes la surface d’un monde qui vous hait en vous faisant suer à grosses gouttes alors que vous essayez de faire bonne figure devant la jolie hôtesse rousse qui enregistre vos bagages ; ou en engendrant d’épouvantables borborygmes, bien aidé par le ½ litre de cidre doux englouti au restoroute entre Lyon et Valence, au moment où vous tentiez de faire valoir l’incontestable supériorité de votre culture face à l’incompétence confondante de cet énergumène boutonneux qui s’efforce de vous guider dans les méandres sucrés du musée du nougat ; ou encore en vous affublant d’une affreuse teinte violacée là où vos congénères arborent déjà un magnifique hâle mordoré – quand ce n’est pas cette saloperie d’allergie aux fruits de mer qui vous chope dans ce resto huppé de Deauville, lequel vous a coûté la moitié du budget vacances péniblement accumulé en sacrifiant (contre votre gré) le renouvellement pourtant nécessaire de votre home cinéma.

Lire donc. Mais quoi ? Vous vous dites peut-être que les comics ne sont pas (ou plus) pour vous. Vous vous trompez. Vous vous dites alors que vous voulez vous lancer dans ce monde merveilleux mais que la profusion incroyable de titres, tant en kiosque qu’en librairie, vous fait craindre pour votre porte-monnaie. Là, vous avez raison. En passant chez Univers Marvel & autre Comics, vous avez frappé à la bonne porte. Alors vous espérez le conseil, le bon choix à effectuer dans cette litanie d’albums, parmi ces histoires dont certaines vous rappellent quelques noms célèbres, perdus dans des souvenirs éthérés ; vous avez peut-être frémi d’aise devant le film Avengers mais vous ne voulez pas passer pour un loser en demandant à votre père (qui, lui, a connu les grandes heures des super-héros mais s’est efforcé ensuite de tout dissimuler dans une caisse poussiéreuse et de faire comme s’ils étaient morts le jour où Jean Grey a été tuée – pour la première fois) s’il pouvait en dire plus sur les origines de ces personnages hauts en couleur. Mais que craignez-vous au juste ? Hormis quelques anecdotes honteuses sur sa première érection (c’était, il s’en souvient bien, fiston, lorsqu’Arcade vient kidnapper Tornade alors qu’elle est sous sa douche et que son peignoir de bain ne parvient qu’à grand peine à dissimuler ses courbes généreusement crayonnées par John Byrne), il y a tout à gagner à se replonger ainsi dans le passé. 

Car Marvel, DC et même les autres firmes ne se sont pas faites en quelques mois, ma bonne dame, mon bon monsieur, que ces personnages qui vous fascinent aujourd’hui ont parfois plus de 5 décennies d’existence, parfaitement, et que, même, c’était mieux avant. Enfin, souvent.
Tenez, prenez Iron Man. Ah oui, vous souriez. Ah la coolitude de l’acteur dont vous êtes incapable de prononcer décemment le nom ! Sans lui, nul doute que le héros de papier aurait continué à péricliter : au moins, dans les films, c’est puissant, c’est drôle, c’est clinquant et Stark, ben il a de la profondeur, hein ? Rhalala, toute une éducation à refaire ! Alors oui, l’Homme de fer a connu ses heures pataudes et toutes ses séries ne se valent pas. Mais achetez donc Le Diable en bouteille, rassemblant dans la collection "Gold" de Marvel, chez Panini comics, 8 épisodes de la série de 1979 : certes, les vêtements, les coiffures vous feront peut-être sourire, mais le script solide et plutôt osé de Michelinie associé aux graphismes très high-tech du duo Romita Jr/Layton vous confirmeront que des bases ambitieuses étaient déjà jetées depuis longtemps, et que c’est très agréable à lire. Et si vous voulez doubler votre plaisir (décuplé par la ligne claire des artistes susnommés), vous pourrez tenter de vous procurer Armor Wars (le grand Barry Windsor Smith y remplaçant Romita Jr) qui se situe quelques années plus tard lorsque Stark décide de retrouver tous ceux qui ont usé de sa technologie, quitte à s’aliéner le S.H.I.E.L.D. Pour 25$, vous pouvez dénicher un recueil des 8 épisodes de cet arc majeur, édité en 2010. L’armure présentée, argent et rouge, est une petite réussite, qui pour moi n’est surpassée que par la version Heroes Reborn de Whilce Portacio et la Stealth Armor noire, quoique dépourvue de toute arme. Pour finir, si le passé vous horripile – et que vous avez un peu plus d’argent en poche, jetez-vous sur les volumes 1 & 2 d’Invincible Iron Man dans la collection Marvel Deluxe, toujours chez Panini. La paire Fraction/Larocca y signe une histoire remarquable, complexe, dense et belle.

Ah, vous froncez les sourcils. Iron Man n’est pas assez glamour, pas assez spectaculaire, pas assez tonitruant. Vous lui préférez la grandeur de Thor, qui y ajoute un aspect mythologique pas du tout déplaisant – à moins que vous n’ayez été sensible à la plastique impeccable du jeune acteur dont vous ne vous souvenez que des imposants pectoraux. Soit, mais je tiens à vous prévenir : l’intérêt de Thor est bien davantage dans les ressorts shakespeariens ponctuant ses aventures que dans sa blondeur, sa générosité ou ses muscles. Pour vous en convaincre à moindre frais, la collection "Best Comics" de Panini offre quelques perles, dont les Guerres obscures, un arc impressionnant datant de 1986 pour lequel Dan Jurgens a su faire honneur à ses glorieux aînés (comment oublier le phrasé pompeux adopté par Stan Lee pour les Asgardiens ?) tout en concoctant un drame épique dévastateur, à la hauteur du Dieu du tonnerre. Vous y retrouverez John Romita Jr dans un style plus proche de celui d’aujourd’hui, mais qui sied parfaitement au déferlement de pouvoirs accompagnant chacun des combats du fils d’Odin. A lui tout seul, il doit sauver Asgard : vaste programme.

Non, décidément, vous êtes plus "groupe" ? Rassurez-vous, on en a aussi en magasin. Pourquoi pas les Avengers justement ? Ça n’a pas été toujours facile de suivre leurs exploits. Mais un génial dessinateur a su rendre à merveille l’effet de multitude qu’impliquait cette série, tout en demeurant scrupuleusement pointilleux tant sur le physique de chacun des membres que sur l’intelligibilité de leurs scènes : c’est George Pérez et vous pouvez vous faire une idée de son talent dans le n°9 de la collection "Grandes Sagas", consacré aux Avengers de 1999 confrontés à l’un de leurs pires ennemis ; Ultron. La plume de Kurt Busiek se marie à merveille aux graphismes précis et virevoltants de Pérez qui sait en outre fort bien représenter les femmes, sans forcément leur attribuer des silhouettes fantasmatiques (et jamais la Sorcière Rouge n’a été aussi sexy qu’avec lui).

Enfin, si ces dessins vous ont séduits mais que votre cœur est trop fermement attaché à la Distinguée Concurrence, alors faites-vous une cure de Crisis on Infinite Earths.  Ça date de 1985, c’est illustré par George Pérez et ça a induit une véritable révolution dans le monde de DC, avec la volonté de "dégraisser" dans le but de réduire le nombre de séries parallèles et de versions alternatives d’un même personnage – c'est-à-dire de se rapprocher d’une continuité vantée par les concurrents de chez Marvel. Quoique postérieur aux Guerres secrètes, ce crossover a été construit par Marv Wolfman avec la ferme intention d’en finir avec certains piliers du DCUniverse. C’est peut-être parfois confus, mais véritablement haletant et brillant. De multiples éditions, plus ou moins complètes, existent en français. Vous y verrez, au sein d’une trame d’une amplitude inégalée, des combats désespérés, des mondes entiers qui s’effondrent, des civilisations anéanties et des sacrifices insensés à la mesure de ces êtres à part, ces demi-dieux aux costumes trop voyants, aux dialogues improbables et aux vertus inaltérables. C’était encore ainsi en ces années où l’innocence disparut, presque brutalement, laissant entrer ce cynisme et cette ironie qui phagocytent désormais la plupart des titres. En ce temps-là, les héros étaient encore héroïques. Ils étaient beaux, ils étaient forts, leurs poings faisaient trembler la terre, leurs cris fissuraient les cieux.
Et peut-être qu’en relevant les yeux de votre lecture, vous verserez une larme sur cette ère révolue, et c’est en frissonnant que vous arpenterez les corridors sombres et froids de cette abbaye qui se trouvait sur le chemin de vos vacances…

Les conseils de Neault
Surnom : Herr Nölt
Age : plus proche du père Fouras que de Justin Bieber
Pouvoir : peut effacer sa mémoire à court terme à l'aide d'une boisson écossaise magique
Formation de base : CAP de mousquetaire ("c'est un métier d'avenir" qu'il disait... si je retrouve ce conseiller d'éducation...)

Tout d'abord, puisqu'il faut bien se désaltérer par un temps pareil, je ne puis que vous recommander une Trooper, bière floquée aux couleurs de Iron Maiden et dispo à la vente depuis peu. Bien entendu, par souci déontologique, je vais suivre de près cette affaire et tester ce breuvage de manière approfondie. Ce n'est pas de l'alcoolisme, c'est un mélange de conscience professionnelle et de mélomanie. 

Bon, nous voilà maintenant à la plage, ou affalé à une terrasse, avec l'idée d'impressionner la galerie, voire même de dragouiller un peu. Comment faire pour avoir l'air intelligent ? Eh bien il suffit de se procurer par exemple le premier numéro d'une nouvelle collection kiosque, Tout le Savoir, numéro entièrement consacré à l'espace et aux mystères de l'univers.
200 pages, grand format, blindées d'infos, et richement illustrées, pour à peine 9,90 euros.
Après, il est de votre responsabilité de faire dévier la conversation vers le nombre de lunes de Jupiter ou l'expansion cosmique, on ne va pas vous mâcher tout le travail.

Allez, une petite astuce tout de même en plus. Si vous voulez vraiment être au top de la coolitude, il est grand temps de vous ruer sur les séries WEBellipses. Cet éditeur numérique (que je connais bien) a d'ailleurs réalisé dernièrement un petit exploit technique en organisant une séance de dédicaces virtuelles grâce à l'excellente émission Côté Comics. Une première qui a permis aux internautes de repartir avec des dédicaces (avec dessins, sisi !) sur leurs tablettes ! Et même des exemplaires gratos. 

Maintenant que l'on est désaltéré, un peu plus cultivé, et à la page en matière de technologie, on peut aller farfouiller dans les comics. Si vous avez la patience d'attendre la fin août, Batman Terre-Un, chez Urban, devrait intéresser même ceux qui ne connaissent pas bien le personnage. C'est beau (cf. cette planche), accessible et bien écrit.
Dans un autre genre, pour se détendre un peu et (re)découvrir des séries plus anciennes, je ne puis que vous inciter à mettre dans vos valises les Girls des frères Luna (en 4 tomes chez Delcourt) ou les Strangers in Paradise de Terry Moore (chez Kymera). Beaucoup d'humour dans les deux cas et une petite touche sexy en prime.

Enfin, si vraiment vous ne pouvez vous passer de pop culture même pendant les vacances, ou si vous ne pouvez pas partir parce que vous avez englouti votre budget en vous procurant l'intégrale Goldorak et les quelques babioles qui vont avec, eh bien vous pouvez toujours postuler chez Les Enfants de la BD, qui recherchent actuellement techniciens et chroniqueurs. Vous ne gagnerez pas d'argent, mais au moins vous vous ferez quelques amis. ;o)

Vous voilà donc parés, avec du old school, des émissions sur le web, de la bière, un recueil très féminin, de la bière, des vampires, quelques notions scientifiques et même de la bière. Ainsi qu'une méthode pour vous venger des conjoints qui aiment Twilight. Franchement, si avec ça vous ne passez pas de bonnes vacances, on s'engage à vous rembours... heu, non, on s'engage à s'excuser. C'est... ça nous arrange mieux, niveau pognon.

A bientôt ô nobles lecteurs, et, de la part de toute la bande, très bon été à tous !!   



Faut-il continuer à lire Crossed ?




En achetant le 5e volume de la série Crossed, initiée par Garth Ennis & Jacen Burrows, j’en suis très vite venu à me poser cette question.
Qu’est-ce qui me pousse à acheter ce comic-book ? 

La beauté, c’est la beauté, Shaky. L’art, c’est l’art. Pas besoin d’être vu, ou lu, pour compter. Nous créons juste pour créer, non ? Tu le sais. Pas pour être admiré. Tout le reste, c’est du narcissisime.

Alors oui, le nom de l’auteur et le genre « zombiesque » étaient des arguments suffisants pour se procurer, apprécier et même conserver les deux premiers tomes [lire par ailleurs la présentation par Neault du 1er tome] qui, tout en surfant sur la tendance encore très forte (il suffit de voir le succès de la série TV the Walking Dead et du film World War Z), permettaient à Garth Ennis d’explorer davantage les perversions auxquelles peuvent s’adonner les êtres humains (les survivants étant amenés, dans le seul but de se donner plus de chances de survivre, à se conduire comme des monstres). Le ton outrancier et le sujet permettaient quelques délires graphiques et moments intenses, à la limite de l’écœurement, sensation exacerbée avec les deux tomes suivants, Valeurs familiales et Psychopathe : exit Garth Ennis, et une volonté d’en faire juste davantage (plus de sang, plus de cruauté, plus de perversions et plus de sexe) sans fournir de justification réelle dans le script autre que la satisfaction de voir apposé sur la couverture un avertissement sur l’extrême amoralité du contenu. Les infectés sont d’implacables machines à violence, et les hommes doivent se montrer au moins aussi implacables pour survivre : les valeurs sociales et familiales s’affaissent sous leur poids, les pervers et psychopathes peuvent agir sans rien pour les réfréner. Intéressant au début, puis lassant et nauséeux.
J’avais pourtant acheté le numéro 4. Et je me retrouve avec le 5. Suis-je malade ? Qu’est-ce que je peux bien trouver de fascinant dans cette litanie de tortures et d’abjections ?

Voilà ce qu’il se passe avec les volontaires ! Les meilleurs y vont et meurent, putain ! Et ceux qui restent, ce sont les connards inutiles qui ne méritaient pas d’être sauvés !


A bien y réfléchir, je crois que j’espère tomber sur une perle. Peut-être pas à la hauteur du travail d’Ennis, mais dans l’exploration d’un monde apocalyptique et la quête d’une humanité perdue, confrontée à ses propres démons. Comment s’en sortir quand tout semble vain ? Moins que le goût du stupre et de l’hémoglobine, c’est finalement celui de l’acte héroïque ultime et des combats désespérés qui me pousse à lire. D’autant que le mode de narration choisi radicalise le parti-pris de tous les volumes (narration à la première personne par un des protagonistes de l’histoire) : ici, on lit carrément les 18 premiers chapitres du journal de bord de Shaky, le surnom donné à l’écrivaillon qui s’est retrouvé embarqué avec ce groupe hétéroclite sur un îlot britannique, après avoir réussi, miraculeusement (et le mot est faible) à fuir une Londres en proie à la dévastation. Et si les dessins de Barreno manquent sérieusement de raffinement (l’encrage très « old school » de Gary Erskine n’aide pas vraiment), ils confèrent un côté primitif à l’ouvrage qui permet de prendre un recul salvateur et complémentaire de l’extrême ironie dont le narrateur fait preuve, avec des métaphores désenchantées et un humour noir douloureux. Comme chez Ennis (c’était patent dans Crossed 2), on ne s’étend jamais sur les moments forts (les attaques des infectés ou les nécessaires accommodements moraux de cette société humaine en miniature), la cruauté résidant parfois davantage dans le commentaire désabusé de Shaky que dans le dessin épuré. Il faut souligner que cet album regroupe les premiers épisodes d’un webcomics (Crossed : Wish you were here) et que son découpage, son rythme, l’ambiance pesante et les secrets qui se révèlent doucement agrémentent fort heureusement une lecture qui aurait pu être délicate, chaotique ou laborieuse. Le narrateur, jeune homme conscient de ses faiblesses, malin mais veule, joue en outre constamment avec la notion de voyeurisme, parfois indispensable pour la survie, parfois incompatible avec les dernières notions d’humanité persistant sur l’île. Posant plus de questions qu’il n’en résout, il se veut une conscience déviante qu’il est le premier à vouloir abandonner.


Tu sais à quoi sert un auteur, gamin ? Maintenant ? Là ? […] Je vais te le dire avec poésie : à rien. Que dalle. Plus personne à impressionner. Le travail de toute ta vie sert juste à se torcher le cul.

Une optique qui relance l’intérêt propre de la série, moins outrageusement malsaine mais désireuse de pointer habilement du doigt les travers de notre monde au bord de la rupture. A noter qu'après Milady, c'est chez Panini comics qu'on trouvera les nouveaux épisodes de la franchise.
A suivre donc.

11 juillet 2013

Dicks : à ne pas mettre entre toutes les mains

Eloignez les enfants, les personnes sensibles, les religieux, le CSA et les "journalistes" d'Envoyé Spécial, car accablés de chaleur, nous nous lançons aujourd'hui dans de l'humour tendance cradingue avec Dicks.

Dougie Patterson et Ivor Thompson sont deux abrutis sans emploi qui aiment glander et faire des blagues douteuses. Les deux irlandais, s'ils n'ont pas beaucoup de neurones, les mettent pourtant à profit pour trouver l'idée du siècle : devenir détectives privés.
Bien entendu, le fait qu'ils n'aient aucune expérience en la matière ne les troublent pas le moins du monde. Les voilà sur leur première affaire en compagnie d'un tonton revenu d'entre les morts, d'un ex-beau-père très nerveux, d'un mafieux cherchant sa coke et de leur pote "la Pignole".

Ce titre, sorti sous le label Fusion de Panini, est écrit par Garth Ennis et dessiné par John McCrea. Attention, même les fans purs et durs de ce brave Ennis risquent d'être quelque peu... étonnés. Le scénariste nous a toujours habitués à un style très cru, allant très loin dans la violence, les pratiques sexuelles les plus perverses et la destruction systématique des tabous et institutions. Malgré tout, le propos sous-jacent était toujours intelligent et le trash servait une narration bien plus habile et profonde que ce que la forme seule pouvait suggérer, que ce soit dans Preacher, The Boys, The Authority : Kev ou le déjà très extrême, mais touchant, La Pro. Ici cependant, l'outrance est presque le sujet en soi tant il n'y a rien qui vient la justifier ou la soutenir.

Ennis sort donc l'artillerie lourde avec des gros mots à toutes les cases, du graveleux, du scato et du gore cartoonesque. L'on a droit à tout dans le genre lourdingue : vomi, pet, caca, sperme, bref, ce n'est pas là-dedans que vous trouverez une bonne blague à ressortir à votre mémé lors du prochain repas de famille. A moins que vous ayez une mémé particulièrement rock n'roll. Ou sourde.
Alors du coup, qu'est-ce que ça donne ? Faut-il se munir d'un crucifix pour faire s'enflammer l'odieux ouvrage et se désinfecter les pupilles à l'eau bénite ? Ben... peut-être pas.
Tout d'abord, bien que n'étant pas franchement fan de ce type d'humour, j'avoue que c'est tellement n'importe quoi que j'ai fini deux ou trois fois par sourire, voire rire franchement. Pas forcément avec le caca-prout, mais avec certaines tirades ou situations. Ensuite, les graphismes de McCrea (bien meilleur ici que dans The Boys ou The 99) collent parfaitement au propos déjanté, on est dans le burlesque total, avec tronches improbables et exagération d'à peu près tout, ce qui permet presque d'adoucir le truc, en mettant entre le lecteur et les ignominies proférées par les personnages la distance de la fiction, qui est ici clairement rappelée et non occultée.

Malgré tout, difficile de crier au chef-d'oeuvre. Car la série a bien des défauts, et en premier lieu celui de ne rien développer d'autre que l'absurdité et la transgression gratuite. Ce qui peut fonctionner (parfois même très bien) sur quelques cases (je pense notamment à Edika ou Carali, infiniment plus drôles dans le genre) a du mal à tenir la longueur sans réelle intrigue. De plus, il semble maladroit de mettre les deux tarés principaux en présence d'autres tarés, souvent pires qu'eux. Les faire se déchaîner dans un contexte "normal" aurait apporté un contraste sans doute salvateur. Le moindre personnage secondaire étant aussi débile, grossier et apte à la surenchère que les deux "héros", il est d'autant plus difficile de tirer des effets comiques d'une folie qui semble sans limite.

Précisons que chaque épisode se termine par quelques planches d'histoires courtes présentant l'Histoire de la branlette à travers les siècles, des mauvaises idées de super-héros ou encore les grands hommes de Belfast. C'est très inégal mais bien plus digeste finalement.
Enfin, un dicksionnaire illustré termine le binz et offre aux lecteurs quelques précisions sur l'argot irlandais (par contre, vous ne pourrez peut-être pas tout replacer lors d'un voyage en famille).

Jamais un comic n'a aussi bien porté son titre. Dicks s'avère bourrin au possible, dégoulinant de gras et de sécrétions corporelles en tout genre. C'est très con mais ça peut détendre, surtout en période estivale.

+ sans aucune limite
+ particulièrement bien illustré (et même "géré") par McCrea
+ quelques gags et situations qui finissent par amuser
+ des citations très justes : "tout ce dont t'as besoin dans la vie, tu peux l'apprendre de la bière"
- pipi-caca-vomi : faut aimer...
- une surenchère constante sans réel récit construit qui pourrait lui donner un sens
- clairement pour adultes, et encore, pas tous



08 juillet 2013

Top 5 des pires castings cinéma pour une adaptation BD

C'est l'été, on se détend, on se relaxe, les doigts de pied en éventail et le sourire aux lèvres. Tout en sirotant une boisson glacée, les idées nous viennent à une vitesse sidérante. Après que Jiji, et même le reste de l'équipe, ait refusé de se prêter à un innocent concours de t-shirts mouillés qui me semblait sympathique et de bon aloi, je me rabats sur un top 5 des pires choix possibles dans un rôle tiré d'une BD.
C'est bien entendu tout à fait subjectif. ;o)

Numéro 5 : Jennifer Garner dans le rôle d'Elektra
WouaaaaAA !! Putain, elle m'a fait peur...
Désolé, je n'avais plus revu des photos tirées du film depuis un moment.
Alors, là, je suis dans l'incompréhension totale. Pour jouer Daisy Duck, ok, mais Elektra...
Bon, heureusement, ce n'est pas non plus un personnage extraordinaire, et le charisme souffreteux de Garner suffit finalement à l'incarner, mais bon, tant qu'à jouer la carte de la déconne, moi j'aurais pris Britney Spears.
Choix personnel pour ce rôle : ben Britney, ou Sam Fox...
Attention, je vais t'attaquer très fort avec mes machins pointus !

Numéro 4 : Jamel Debbouze dans le rôle de Numérobis... heu, non, pardon, dans son propre rôle
Cet "acteur" fait en réalité partie des gens qui ne savent pas jouer et sont condamnés à répéter à l'infini des tics agaçants que même les plus doués des réalisateurs ne parviennent pas à gommer ou simplement amoindrir. On a donc ici un Astérix avec des extraits de one-man-show debbouzien. Faut aimer...
Choix personnel pour ce rôle : Cyril Hanouna
J'ai pas eu le temps d'apprendre le texte, mais je sens une bonne impro qui vient là...

Numéro 3 : Vincent Cassel dans le rôle de Blueberry
Déjà le film est d'un chiant relativement exceptionnel, mais alors Cassel, c'est la cerise sur le néant.
Il est néanmoins intéressant de constater à quel point quelqu'un dont le physique est banal (pour rester gentil) peut se faire affubler du titre, rendu insipide par son systématisme, de "beau gosse" dès que les caméras adoucissent des traits pourtant ingrats. 
Blueberry, sans être effectivement un canon de beauté, avait au moins du charisme lorsqu'il s'incarnait par la magie des coups de crayon. Cassel tente parfois de singer, très maladroitement, les poses que prenait autrefois Eastwood, il y parvient de la pire des manières, en baissant les yeux, quand il est caché par un galure trop grand pour lui. Dès que l'on voit son regard, la réalité reprend le dessus, ce qui est sans doute le pire effet dans une fiction.
Choix personnel pour ce rôle : Nabilla 
Heu, les gars, quand je relève la tête, ça fait clodo quand même, non ?

Numéro 2 : Tobey Maguire dans le rôle de Peter Parker
Niais et antipathique au possible, Maguire réussit l'exploit d'être l'antithèse de ce pauvre Parker.
On a envie de le frapper (sisi, avouons-le, il le cherche un peu), ce qui fait que l'on s'identifie à ses persécuteurs, ce qui est loin d'être l'effet recherché.
Film infect, acteur demeuré au regard éteint : le duo gagnant des bouses éternelles.
Choix personnel pour ce rôle : Jérôme Cahuzac  
Putain mais j'avais pas des pouces moi avant ?!

Numéro 1 : Elijah Wood dans le rôle de Frodon Sacquet
Là, il faut qu'on prenne deux minutes pour en parler. Déjà, le SDA en soi doit se lire. L'oeuvre de Tolkien est infiniment plus passionnante et riche que la trilogie épouvantable de Jackson. Alors, bien sûr les décors sont jolis, m'enfin, un Son & Lumière d'un quart d'heure suffirait pour nous épargner cette épouvantable suite de misère cinématographique et d'aridité dans l'adaptation (qui n'est d'ailleurs pas une adaptation BD, mais bon, on s'en fout, c'est l'été). 
Malgré tout, dans cet océan de platitude et de mièvrerie, Elijah parvient à tirer la couverture à lui, en incarnant une sorte de catalogue de ce qui se fait de pire dans le sur-jeu et la pleurnicherie. 
C'est bien simple, au bout de cinq minutes, j'avais déjà envie que Sauron lui nique sa... heu, enfin, je l'avais pris en grippe disons.
Choix personnel pour ce rôle : Davy Mourier
Oh mon dieu, je joue bien !!

J'espère que ce top 5, à base de méchanceté fondamentale et petites perfidies, vous aura plu et donné l'occasion de cracher, vous aussi, sur diverses choses. Le prochain top 5 aura pour sujet l'administration et les collectivités locales... ou pas, c'est encore plus ou moins à l'étude.